Tiers de gros de cuivre, à 360 à la livre
Les ateliers de Varsovie et de Cracovie furent chargés de pourvoir à la fabrication de ces diverses pièces. On s’aperçut de bonne heure que dans le système ainsi fixé, le rapport entre les deux métaux précieux
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avait été inexactement établi. L’argent, qui avait été évalué trop bas, fut drainé parles agioteurs et exporté avec une prime dépassant 6 pour cent. On résolut de modifier légèrement le titre des espèces et, le 5 1 janvier 1787, une ordonnance établit les nouvelles proportions. Nous reproduisons (fig. 315) le ducat de cette émission. Les types monétaires ne sortent guère du portrait ou du monogramme royal, des emblèmes héraldiques ou de l’inscription disposée en plusieurs lignes au milieu du champ.
En 1794, de nouveaux changements furent faits dans le système des monnaies; on créa deux pièces d’or de valeur supérieure au ducat, le Stanislas d’or et le demi-stanislas d’or; la valeur intrinsèque des pièces d’argent fut un peu diminuée. Cette réglementation termina l’histoire monétaire de la Pologne indépendante.
§ IL — Grand duché de Lithuanie.
Le grand duché de Lithuanie (en allemand Lithauen) s’étendait au nord-est de la Pologne. Sa capitale était Wilna. Le duché de Lithuanie avait deux blasons différents qui tous deux se rencontrent sur les monnaies. Nous avons décrit avec les armes de Pologne l’écu lithuanien au cavalier dit pogon. Le second écusson était: d’argent à la figure dite koluniny de gueules ; cette figure offre une grande analogie avec la porte, la janua de Gênes.
Depuis le mariage d’Hedwige d’Anjou, reine de Pologne, avec le grand duc Jagellon f 1 386), la Pologne et la Lithuanie furent très fréquemment réunies sous le même sceptre. En 1369, la diète de Lublin vota la réunion définitive des deux pays, mais l’administration, les lois, et notamment les monnaies restèrent particulières à chaque pays.
Sigismond I, grand duc en 1 306, roi de Pologne en 1 507, frappa, à Wilna, des demi-gros d’argent de 1508 à 1529 et des gro5 en 1533 et 1536. Legros lithuanien se divisait en 10 deniers lithuaniens. Suivant
un rapport établi en 1 508, quatre deniers lithuaniens valaient un demigros polonais, ce qui établissait entre le gros polonais et le gros lithuanien le rapport 4:5.
Les pièces de Sigismond I portent à Tavers le cavalier dit pogon^ au revers l’aigle des armes de Pologne. Les gros étaient taillés à 1 54 au marc brut de Cracovie et à 6 loth de fin, les demi-gros, à l’avenant.
En 1 544, Sigismond I abdiqua en Lithuanie en faveur de son fils, Sigismond-Auguste (i 544-72). Celui-ci eut en Lithuanie deux ateliers monétaires, l’un à Wilna, l’autre à Tykocin, où furent frappés notamment les ^ro5 dont nous donnons la figure (fig. 317). Lorsqu’il fut monté
sur le trône de Pologne en 1 548, il supprima les Monnaies de la Couronne polonaise et concentra tout le monnayage de ses états en Lithuanie, où il échappait au contrôle souvent tracassier des diètes. A partir de 1547 il frappa des ducats d’or. En 1564 et 1565 parurent ses premiers thalers et demi-thalers d’argent circulant pour 30 et 15 gros de Lithuanie ou 37 1/2 et 18 3/4 gros de Pologne. Leur type se compose du monogramme royal et d’un écusson où se voient l’aigle de Pologne, le cavalier de Lithuanie, l’ange de Kiew, l’ours de Samogitie, la croix de Volhynie et, sur le tout, la guivre des Visconti.
Sigismond-Auguste hérita en 1568 de sa mère Bonne Visconti, duchesse de Milan; une partie de la fortune liquide de cette princesse fut comptée au roi de Pologne en écus et demi-écus d’argent de Charles- Quint et de Philippe II d’Espagne frappés à Naples. En 1 564, un grand nombre de ces pièces furent mises en circulation en Lithuanie après avoir reçu comme contremarque un poinçon au monogramme royal accosté du millésime. Ces pièces improvisées, connues des collectionneurs sous le nom de feldthaler, étaient spécialement destinées à payer la solde des troupes.
A partir du règne d’Etienne Bathory, les monnaies lithuaniennes furent frappées sur le pied de celles de la couronne. Par analogie avec
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ce qui se passait en Pologne, les grands trésoriers de Lithuanie introduisirent l’usage de mettre leurs armes au nombre des emblèmes accessoires des monnaies. Voici la liste de ces fonctionnaires sous Étienne Bathory et Sigismond III :
Étienne Bathory (1575-1586). Wawrzene Woyna, mort en 1580.
Jean Chlebowicz, 1581-83.
Sapieha, 1585.
Théodore-Skumin Tyszkiewicz, 1586.
Sigismond III (1587-1632). Le même, 1587-90.
Demetrius Chalecki, 1590-98.
Georges Zawisza, 1598-1603.
Jérôme Wolowicz, 1603-18.
Christophe Naruszewicz, 1618-31.
On ne monnaya pas en Lithuanie sous Wladislas IV, mais sous Jean- Casimir, en 1652, un atelier dont la guerre interrompit presque aussitôt les travaux fut de nouveau ouvert à Wilna. En 1666, une autre officine fut niomentanément en activité à Brzesc; mais à partir de cette époque, il ne fut plus émis d’espèces en Lithuanie.
Les divers démembrements de la Pologne ont fait passer la Lithuanie sous la domination russe, excepté le district de Gumbinnen, qui appartient à la Prusse.
§ ni. — Villes de Pologne.
Deux villes de Pologne, Wschow, en allemand Fraustadt, et Posen, avaient obtenu au xiv*^ siècle des concessions royales leur accordant le droit d’émettre des espèces municipales.
Le monnayage de Wschow prit quelque extension sous Sigismond- Auguste, surtout de 1 5 50 à 1 562, où de nombreuses émissions de deniers eurent lieu. Ces pièces portent une aigle à l’avers, et au revers une croix double et les initiales W ou C • W • F. De 1 562 à 1 588 la fabrication cessa; elle reprit en cette année jusqu’en i6o8, et consista en hellers parfois unifaces. L’atelier fut définitivement fermé en 1616.
La ville de Posen reprit l’usage de son droit monétaire en 1 602, et l’on connaît des deniers et ternare municipaux au nom de Sigismond III. Les dernières pièces portant un millésime sont de 1627. Les armes de Posen, deux clefs en sautoir, figurent généralement sur les espèces.
§ IV. — Duché et villes de Prusse^.
Le 4 février 1454, dans une assemblée tenue à Thorn, les délégués des villes de Prusse, révoltées contre l’Ordre teutonique, déclarèrent se mettre sous la protection du trône de Pologne. Une guerre de douze ans entre les chevaliers et le roi Casimir se termina en 1466 par la cession à la Pologne de la Poméranie et de la partie orientale de la Prusse. L’Ordre teutonique conserva la partie occidentale du pays, mais dut se reconnaître le vassal de la couronne polonaise.
Les monnaies frappées dans la Prusse polonaise, pendant les temps modernes, émanent soit du roi-duc, soit des villes de Danzig, d’Elbing et de Thorn.
Duché de Prusse. — Sigismond Ifit frapper de 1528 à 1535, dans un atelier qu’il ouvrit à Thorn, sans préjudice des droits monétaires de la ville, des deniers, des shillings, des gros, des pièces de trois gros et des pièces de six gros, de billon et d’argent, sur lesquels il prend les titres de Sigismundus primiis rex Polonie doniimis (parfois tocius) Prussie. Le type de ces pièces se compose du buste ou de l’initiale couronnée du roi ; au revers figurent l’aigle de Prusse ou une légende en plusieurs lignes. L’inscription du revers indique toujours la valeur de la pièce, par exemple: grossus communis ter- RARUM PRUSSIE, GROSSUS ARGENTEUS SEX DUPLEX PRUSSIE. Une assemblée tenue à Marienbourg le 8 mai 1528 et à laquelle assistaient les représentants du roi, des villes de Prusse et du duc Albert de Brandebourg, avait décidé que dorénavant les monnaies prussiennes et polonaises seraient frappées suivant un aloi et une taille uniformes.
Sous Étienne Bathory, un atelier prussien fut ouvert à Marienbourg. En 1584 et 1585, on y battit des schillings, des gros, des pièces de trois gros d’argent et des ducats d’or; ceux-ci portent comme légende : moneta nova aurea terrarum prussie. Après 1585 aucune monnaie ne fut frappée pour la Prusse polonaise.
Ville de Danzig. — Le monnayage municipal de Danzig fut considérable et comprit
à la fois l’or et l’argent. Sous Sigismond I la ville frappa d’abord, de 1524 à 1526, des demi-gros d’argent sur le modèle des demi-gros de la couronne frappés à Cracovie, puis, après 1528, elle se conforma aux règles adoptées à l’assemblée de Marienbourg et frappa des deniers, des schillings, des gros, des pièces de trois gros, des pièces de six gros d’argent et des ducats d’or. La pièce de six gros que
I. Il n’est question ici que de la Prusse polonaise. Pour le duché, puis royaume de Prusse, le lecteur est prié de se reporter à la page 380.
Fig. 318
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nous reproduisons (fig. 318) donnera une idée des types, qui consistent généralement, pour l’un des côtés de la monnaie, dans l’écusson de la ville soutenu par deux lions.
Sous Sigis m O nd - A U gu ste les émissions continuèrent suivant le même système. En 1567, Danzig frappa ses premiers thalers. Lors de l’élection au trône d’Etienne Bathori, la ville refusa de le reconnaître. Le 13 juillet 1577 investie par une
armée polonaise. Pendant le siège qui dura jusqu’au 16 décembre de cette année, l’atelier frappa des monnaies obsidionales sur lesquelles l’effigie du roi est remplacée par celle du Christ. Il y eut des thalers (fig. 319), àts gros, des schillings d’argent et des ducats d’or. Le cours des autres monnaies en circulation fut surélevé par l’apposition d’une contremarque.
Fig. 319
Après la soumission de la ville, les émissions régulières recommencèrent et se poursuivirent, avec des interruptions parfois longues et des ralentissements d’activité, pendant tout les xviu et xviiu siècles. Sous le règne de Sigis mon d III, la mode s’introduisit à Danzig de frapper des pièces dites donatives, médailles d’or à valeur monétaire qui étaient destinées à être offertes en cadeau, par les magistrats, soit au roi, soit à des personnages de distinction, à l’occasion d’événements politiques. Ces pièces sont toujours des multiples du ditcat,le plus souvent de la valeur de cinq ou de six ducats. Les donatives frappées en 1614 sont d’une gravure particulièrement remarquable.
En 1793, le roi de Prusse prit possession de Danzig, mais les privilèges municipaux, en ce qui concerne le monnayage, furent nominalement respectés, et en 1801 la ville put encore frapper des schillings.
Ville de Tkorn. — Le monnayage municipal de Thorn reprit en 1630 par l’émission d’espèces commémoratives du siège vaillamment soutenu, l’année précédente, par les habitants contre le feldmaréchal Wrangel. Ces gedenkthaler frappés en grande quantité circulèrent comme monnaie. Leur fabrication fut suivie par celle de thalers, denii-thalers et ducats ordinaires.
Les dernières monnaies de la ville de Thorn furent frappées en 1765. Le type habituel des espèces comprend, sur l’une des faces, l’écu de la cité entouré des mots : moneta civiTATis THORUNENSis. Notre figure 320 représente les armoiries de la ville, telles qu’elles figurent sur les thalers contemporains du roi Sigismond III.
Ville d’Elhing. — La série monétaire d’Elbing est moins riche que celle de ses
voisines. Sous Sigismond I, la ville frappa des deniers, des schillings, des gros, des pièces de trois gros et enfin des pièces de six gros dont notre figure 321 reproduit le type. Sous Sigismond- Auguste, les émissions ne consistèrent qu’en deniers, et en 1557 l’atelier entra en chômage.
En 1626, Elbing ouvrit ses portes à Gustave-Adolphe, roi de Suède, qui étendit ses privilèges monétaires par un diplôme daté de juillet 1627, dont voici les dispositions essentielles ; « Vigore itaque harnin concediniiis non soluni ut imposterum hoc jure
cudendae monetae fruatur, sed ex démenti erga eandem voluntate hac etiani accessione ornandiim decrevimus, ut oninis generis tant grandioris quant minutioris, tant aureae quam argenteae monetae cudendae facultate, cum onini ejiis emolumento, gaudere debeat, ita tamen, ut ex una numismatis parte effigies nostra vel insignia regni nostri cum iiostro titulo, ex altéra civitatis insignia exprimantur, ac denique ut pondus, honitas ac valor hiijus monetae Elbingensis ponderi, valori et bonitali monetae nostrae regniqiie nostri similia sint et constitutionibus nionetariis nostris per omnia conforment. » Le nouvel atelier fut ouvert en 1628 et les émissions commencèrent aussitôt; elles ne consistèrent qu’en espèces d’argent et de billon.
En 1635, Elbing retourna à la domination polonaise. Sous W la dislas IV les seules pièces frappées sont des gcdenhthaler frappés en 1636 pour célébrer la fin du régime suédois ; la légende qui, au revers, entoure l’écu de la ville est : elbinga