‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 133 sur 193 · Memorial numismatico espahol, t. IV, p · texte numérisé non relu

Memorial numismatico espahol, t. IV, p

Cortez soumit le Mexique; de 1524 a 1541, le Pérou et le royaume de Quito furent conquis par Pizarre et ses frères; en 1 532 la région vénézuélienne le fut à son tour; puis de 1 5 36 à 1 540, le Chili ; enfin à partir de 1535 les premiers établissements furent créés à l’embouchure du Rio de la Plata. En 1541, toute l’Amérique centrale et méridionale, sauf le Brésil, appartenait effectivement ou nominalement à la couronne d’Espagne. L’année suivante, les colonies furent divisées en deux viceroyautés dont l’une eut pour capitale Mexico, l’autre, Lima. En 1739, aux deux vice-royautés primitives fut ajoutée celle de la Nouvelle-Grenade; enfin une quatrième vice-royauté fut créée en 1776 avec Buenos- Aires comme chef-lieu.

Par ordonnance de Charles-Quint et de sa mère Jeanne, en date du 1 1 mai 1535, un atelier monétaire fut établi à Mexico. On y frappa des pièces

de huit réaux ou pesos d’argent et leurs divisions :

pièces de quatre, de trois, de deux réaux, réaux simples, ou reales sencillos, demi-réaux et quarts de réaux. Les pièces de trois réaux furent retirées de la circulation parce qu’on les confondait trop facilement avec celles de quatre réaux ou tostones dont nous reproduisons la figure (fig. 333). Toutes ces monnaies portent au revers un chiffre qui indique leur valeur.

Le type des réaux et multiples comprend d’un côté l’écu couronné de Castille-Léon-Grenade, de l’autre les colonnes d’Hercule issant de la mer

et les mots PLVS VLTRA. Sur les demi-réaux, l’écu de l’avers est remplacé par les initiales K • I sous une couronne. Une ordonnance du 3 1 mai 1535 avait fixé la valeurdu réal à 34 maravédis.

Le 28 juin 1542, le vice-roi F'g- 334 Antonio de Mendoza décida

qu’on frapperait à Mexico douze mille marcs de cuivre en pièces de quatre et de deux maravédis, mais ces pièces reçurent de la population un accueil si défavorable que la fabrication en fut arrêtée.

Sous le règne de Philippe II (1556-98), une ordonnance royale du 10 mai 1570 décida que les monnaies mexicaines seraient dorénavant

Fig- 333

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frappées au même type, au même, titre, au même poids que les monnaies d'Espagne. On ne put donc plus distinguer les espèces américaines de celles des ateliers européens que par les différents de l’officine, certaines particularités du dessin et la présence uniforme dans les légendes des mots et INDIARVM à la suite du titre du monarque.

Sous P h i 1 i P P e 1 1 1 (1598-1621), un second atelier fut ouvert à Lima, capitale de la seconde vice-royauté de l’Amérique espagnole. Sous Philippe IV (1621-65), une troisième officine fut créée à Potosi, en 1650. Dans cet atelier, comme dans celui de Lima, on reprit, à la suite d’un décret du 22 décembre 1650, l’ancien type aux colonnes d’Hercule, qui reçut la dénomination populaire de perulero (fig. 3 3 4), tandis que le type à la croix, en usage en Espagne, et dont Philippe II avait, comme nous l’avons dit plus haut, étendu l’emploi à l’Amérique, était dit macuquino.

Le règne de Charles II (1665-1700) vit s’augmenter encore le nombre des centres de fabrication monétaire: aux Monnaies de Mexico, de Lima et de Potosi vint s’ajouter celle de Santa Fé de Bogota. Notre figure 335 représente le real de a ocho ou peso d’argent frappé dans cette officine.

Comme la plupart des monnaies américaines de l’époque, l’exemplaire a perdu une grande partie de ses dimen-

& U Fig. 33S

sions primitives par un rognage frauduleux; il rentre ainsi dans la catégorie des pièces dites cortadas, littéralement, pièces écourtées.

Le 25 février 1675, l’atelier de Mexico fut autorisé à frapper des monnaies d’or, de même que l’atelier de Lima, dont les émissions furent dès le début de beaucoup les plus importantes. Pour Charles II elles consistent en doblones à 8 escudos, pièces de quatre, de deux escudos et d’un escudo, toutes au type dit perulero.

Sous Philippe V (1701-24-46), un atelier nouveau fut organisé à Guatemala. En 1732, la Monnaie de Mexico, pourvue d’un outillage mécanique, commença à frapper des espèces conformément à des ordonnances de 1728 et 1730; le type se composa, d’un côté de l’écu couronné, de l’autre de deux hémisphères couronnés, placés au-dessus de la mer et accostés des colonnes d’Hercule couronnées. Ce type, qui obtint une

faveur énorme, est connu des numismates espagnols sous les noms de columnario ou de miindos y mares. Les autres officines adoptèrent successivement ce même dispositif et, sous Ferdinand VI (1746-59), celle de Lima fut dotée d'un outillage mécanique. Des ateliers nouveaux furent créés sous ce règne à Santiago de Chile et à Popayan.

Le 19 septembre 1759,011 ordonna de mettre sur les espèces coloniales le buste du roi; les essais furent approuvés le 1 3 mai 1761, mais pendant dix ans les coins nouveaux restèrent sans emploi. C'est en 1772 seulement que parurent les premières pièces d’or et d'argent à l’effigie de Charles III (1759-88). Le nombre des ateliers s’accrut de celui de Guanajuato.

Il nous reste à donner la liste des marques spéciales aux divers ateliers de l’Amérique espagnole. Le tableau très exact nous en est fourni par l’excellent manuel de M. Campaner:

Guanajuato

Guatemala, puis Nouvelle Guatemala

Lima

Mexico

Popayan

Potosi

Santa Fé de Bogota

Santiago de Chile.

GO (Fo au milieu du g).

G, puis NG.

L ou LiMAE en monogramme.

M surmonté d’un petit o (fig. 333).

P ou PN.

le mot POTOSI (fig. 334).

N R ou NR liés, initiales de Nuevo Reino, c’est-à-dire Nouveau royaume de Grenade (fig. 335). Dans le catalogue Fonrobert, ce différent est attribué par erreur à Léon de Nicaragua.

c). — lies Philippines.

Les monnaies les plus anciennes frappées pour les îles Philippines sont des pièces de cuivre de Charles 111 (1759-88). Elles portent à l’avers un château crénelé surmonté d’une couronne, avec la légende ClUDAD DE MAN(z/^) 1766: le revers a les armes couronnées des Philippines : une sirène couronnée tenant une épée et nageant à dextre.

§ IL — Colonies portugaises.

Les colonies portugaises dont il y a lieu de s’occuper ici forment trois groupes géographiques: les établissements des Indes, le Brésil et les établissements d’Afrique.

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a). — Inde portugaise.

Le monnayage de Tlnde portugaise commença à Goa sous le règne d'Emmanuel (1500-21); il consiste en demi-criisades d’or et en pièces divisionnaires de cuivre. Le type de la monnaie d’or se compose à l’avers du mot MEIA sous une couronne, au revers d’une sphère terrestre, d’où le nom de meia esphera, ou demi-sphère d’or donné à la pièce.

Sous Jean III (i 5 2 1-57) l’image de saint Thomas forma le type des pièces d’or; sur la pièce la plus forte, dite san thome d’or, cette image est entourée des mots INDIA TIBI CESSIT. Le règne de Sébastien I (1557-78) vit apparaître la monnaie d’argent, portant soit l’image de saint Sébastien, soit deux des flèches de son supplice en sautoir sous une couronne.

Pendant la domination espagnole en Portugal, les émissions de l’atelier de Goa se bornent à des espèces d’argent et de cuivre. La gravure des coins due à des artistes indigènes devient, ainsi que la frappe, de plus en plus mauvaise.

La technique ne s’améliora pas quand le Portugal eut recouvré son

indépendance. Lorsque sous Jean V (1706-1750), on décida de mettre sur les espèces d’argent, l’effigie du roi, celle-ci devint une véritable caricature (fig. 336).

La barbarie augmente encore dans le cours du xviiU siècle, tant dans l’atelier de Goa que dans celui de Diu qui était venu se joindre à l’officine primitive. D’affreuses pièces d’étain, dont notre figure 337 donne un échantillon au millésime de 1799, servaient aux transactions de détail.

b). — Brésil.

Les Portugais découvrirent le Brésil en 1500 et en prirent possession en 1503. Les Hollandais s’emparèrent de tout le nord du pays en 1624 et ne furent expulsés qu’en 1654.

Les premiers témoins monétaires de la domination portugaise au Brésil sont des monnaies espagnoles contremarquées en 1679, à Rio-de- Janeiro, d’un poinçon gravé au chiffre 640, indiquant le nombre de reïs pour lesquels le gouvernement les admettait dans la circulation. Cette opération, ne donnant pas de bénéfice au trésor, fut suspendue par une ordonnance royale du 17 novembre 1681.

Le 8 mars 1694, le roi Pierre II ordonna la création d’un atelier monétaire à Bahia. Il devait y être frappé des monnaies dites moedas provinciaes, destinées uniquement à circuler au Brésil. Le système monétaire était analogue à celui de la mère patrie, mais le titre des espèces était réglé de manière à établir entre l’or et l’argent un rapport de i : 1 4,82 , tandis qu’en Portugal le rapport était: i: 16. Les pièces suivantes devaient être frappées :

Moeda de 4000 reis, d’or. Pièce de 2 patacas d’argent, valant 640 reis.

Moeda de 2000 reis, d’or. Pataca d’argent, valant 320 reis.

Moeda de milreis, d’or. Meia pataca d’argent, valant 160 reis.

Pièce de 4 vintens d’argent, valant 80 reis.

Pièce de 2 vintens d’argent, valant 40 reis.

Vinteni d’argent, valant 20 reis.

Pierre II s’intitule sur ses monnaies brésiliennes: Petrus II Dei gratia Portugaliae rex et Brasiliae dominus. Le type des pièces d’or se compose de l’écu couronné de Portugal, et d’une croix, dite de saint Georges, dans un quadrilobe. Les pièces d’argent ont au revers un globe posé sur une croix de l’ordre du Christ et accompagné, dans les cantons, des mots SVBQwe- SIGNo • NATA ■ STABfA Ce type restera, par excellence, celui des monnaies brésiliennes. La valeur en 7^eis est toujours indiquée par des chiffres placés à côté de l’écu de l’avers.

En 1699, l’atelier de Bahia fut transféré à Rio-de-Janeiro, et une seconde officine fut ouverte, de 1700 à 1702, à Pernambuco. Ses produits reçurent comme différent un p.

En 1703, une ordonnance met les monnaies d’or frappées à Rio-de- Janeiro sur le même pied que celles du Portugal, dont elles eurent dorénavant non seulement le titre mais le type. L’atelier brésilien différencia ses produits en cantonnant de quatre R la croix du revers, comme sur la 7iioeda de Jean V (1706-50) reproduite ici (fîg. 338), ou en mettant

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l’initiale R sous le buste du roi, quand après 1722 les empreintes eurent été modifiées

En 1714, l’atelier de Bahia fut réouvert: il reçut la lettre B comme marque spéciale. Un décret du 19 mars 1720 décida la création d’une officine à Villa Rica de Ouro Preto, chef-lieu de la province de Minas Geraes, si riche en mines d’or; les travaux commencèrent en 1724; les pièces de cet atelier (fig. 339) ont comme différent la lettre M-

Comme le Brésil ne possédait pas de cuivre, on frappa à partir de 1715 à Lisbonne des pièces de ce métal destinées à y être transportées; en 1729, toutefois, une fabrication de cuivre commença à Bahia. Toutes ces monnaies portent au revers la légende PECUNIA TOTUM CIRCUMIT ORBEM autour du globe brésilien. En 1722, une émission de cuivre spécialement destinée à la province de Minas Geraes eut lieu à Lisbonne; ces pièces portent la légende AES VSIBVS APTIVS AVRO. L’atelier de Villa Rica de Ouro Preto fut fermé en 1734.

En 1749, fi-irent frappées à Lisbonne des monnaies d’or, d’argent et de cuivre pour la province de Maranhao. De 1752 à 1774, sous le règne de

ug. 339

Joseph I (1750-77), on émit à Bahia et à Rio-de-Janeiro des monnaies d’argent spéciales pour les régions minières ; il y eut ainsi des pièces de 600, de 300, de 150 et de 75 reis dites moedas minieras. Leur type se compose de l’initiale du roi, un J couronné, avec le millésime et l'indication de la valeur, et, au revers, du globe posé sur la croix du Christ; dans les cantons, la devise SVBQ • SIGN • N ATA ■ STAB.

I. Voir p. 513 au chapitre consacré à la numismatique du Portugal.

c) — Afrique portugaise,

Mozambique. — Les premières monnaies de la colonie de Mozambique remontent au règne de Jean V (1706-50) et consistent en pièces de cuivre de 30 et de 15 reis frappées à Goa, en vertu d’une autorisation du 17 janvier 1725. Leur type se compose de Técu de Portugal accosté des lettres M*E, initiale et finale du mot Moçambique; au revers l’initiale du roi et le chiffre indicatif de la valeur occupent le champ.

En 1735, l’atelier de Goa frappa pour le Mozambique des monnaies d’argent, puis une nouvelle émission eut lieu en 1743. L’avers porte la croix du Christ cantonnée des chiffres du millésime; le revers, les armes de Portugal accostées de G* A, indice de Goa.

Sous Joseph I (1750-77), l’atelier de Lisbonne frappa en 1755 et 1756 diverses espèces d’or et d’argent pour la même colonie. Le roi y prend les titres de : Dei gratia Portugaliae rex et dominus Africae orientalis. Le type des monnaies d’or se compose des armes et de la croix dite de saint Georges; celui des monnaies d’argent des armes et du globe posé sur la croix du Christ avec la devise SU BQ • SIGN ■ N ATA ■ STAB.

Afrique occidentale. — M. Weil, dans le catalogue de la collection Fonrobert, rapporte à la Guinée les monnaies portugaises de Jean II (1481-95), d’Emmanuel I (1495-1521) et de Jean III (1521-57), sur lesquelles ces souverains ajoutent à leurs titres celui de dominus Guineae. Nous ignorons jusqu’à quel point il y a lieu de le suivre dans cette voie.

Sous Pierre II (1683-1706), l’atelier de Porto émit de 1693 à 1699, pour l’usage de l’Afrique occidentale, et plus spécialement pour Angola des pièces de cuivre de 20 et de 10 reis sur lesquelles le roi ajoute à son titre portugais celui de dominus Aethiopiae. Le type de ces pièces comporte l’écu portugais et au revers l’indice de la valeur, XX ou X? entouré de quatre P (différent de Porto), avec cette légende: MODERATO SPLEN- DEAT VSV. Une partie de ces pièces furent détournées de leur destination primitive et envoyées au Brésil.

Sous Joseph I (1750-77), de nouvelles émissions pour l’Afrique eurent lieu à Lisbonne. Elles consistèrent d’abord, de 1752 à 1757 en pièces de cuivre de 20 et de 10 reis, puis, à partir de 1762, en monnaies d’argent et de cuivre comprenant des pièces de 12, 10, 8, 6, 4 et 2 macutas d’argent, et des macutas, meias ?nacutas, equipagas et panos de cuivre. Ces pièces

LES COLONIES EUROPEENNES d’ouTRE-MER

portent à Tavers les armes de Portugal, au revers les mote AFRICA PORTUGUEZA et l’indication de la valeur. La macuta équivalait à 50 reis. Ce système resta en vigueur sous le successeur de Joseph 1.

îles Açores et Madère. — Nous avons parlé, au chapitre traitant des monnaies portugaises, des pièces frappées dans l’île de Terceire par le prétendant Antoine I. Ces pièces n’ont, en effet, aucun caractère colonial.

Les premières pièces destinées à la circulation locale des îles sont des monnaies de cuivre de 10, 5 et 3 reis, frappées à Lisbonne en 1750 et 1751, sous Joseph I. Leur inscription PECVNIA INSVLANA indique leur destination spéciale. .

Sous Marie I (1786-99), on fît pour les îles, de 1794 à 1798, des monnaies divisionnaires d’argent et de cuivre.

§ III. — Colonies anglaises.

Les colonies anglaises dont nous avons à parler sont : en Asie, les établissements de l’Inde, l’île de Poulo-Pinang et celle de Sumatra; en Amérique, la Nouvelle-Angleterre, les Bermudes et les Antilles; enfin en Afrique, la Côte-d’or et Sierra-Leone.

a). — Inde anglaise.

Le premier voyage anglais aux Indes fut entrepris dans un but commercial en 1591. Les rapports faits au retour provoquèrent d’autres expédiditions, et finalement une compagnie fut créée, à laquelle la reine Élisabeth accorda en 1600 une charte constitutive. D’autres compagnies reçurent des privilèges en 1698 et en 1702, jusqu’à ce qu’enfin, en 1708, fut établie la Neiv East India Company.

A l’arrivée des Anglais aux Indes, deux systèmes monétaires s’y trouvaient en présence, l’ancien système hindou et le système musulman, dont l’extension allait croissant, en même temps que l’expansion de rislam.

Le système monétaire hindou avait pour unité une pièce d’or appelée hun ou houn, mot qui dans l’ancienne langue carnatique signifie or. Les Portugais avaient donné à cette pièce le nom de pagoda, du temple pyramidal, varaha en hindou, qui occupe une des faces. La hun ou

pagode se divisait en fanams ou panams et ceux-ci en falous et en caches, de manière à former Téchelle suivante :

20 caches — i falou.

80 caches ■= 4 falous zz; i fanam.

3360 caches = 168 falous = 42 faiiams = i pagode.

Le système musulman avait l’argent pour étalon. Son unité était la roupie, et seize roupies équivalaient nominalement à un mohur d’or; mais comme le poids et le titre des mohurs variaient de temps en temps, le taux du change du mohur variait en pratique de 14 à 16 roupies. La roupie se divisait en annas, en pysas et en pie, de manière à former la concordance suivante :

3 pie — I pysa.

12 pie = 4 pysa == i anua.

192 pie = 64 pysa = 16 aimas = i roupie.

Le système hindou était spécialement en usage dans les pays qui formèrent la présidence de Madras, c’est-à-dire dans la pointe méridionale et la péninsule, tandis que le système musulman réglait les échanges dans les régions du centre et du nord, comprises dans les présidences de Bombay et du Bengale.

Les premières monnaies anglaises émises pour les Indes furent frappées en Angleterre sous Élisabeth, en 1600 et 1601. Ce sont des crowns, des half-cromis, des shillings et des six pence d’argent, correspondant à 8, 4, 2 réaux et 1 réal espagnols, dont le type se compose à l’avers de l’écu couronné de Grande-Bretagne, au revers d’une herse couronnée.

Pendant le règne de Charles II, la compagnie des Indes commença à forger des espèces à Bombay, en 1671, et quelques années plus tard, le 5 octobre 1677, le roi sanctionna formellement le droit que la Compagnie

s’était adjugé. Ces monnaies de Bombay consistent en roupies et demi-roupies d’argent et pices de cuivre ; leurs types consistent en un écu chargé de trois navires avec chef d’Angleterre, et en une inscription au milieu du champ.

Les légendes circulaires ou centrales sont : PAX DEO. MONETA BOM- BAIENSIS sur la roupie \‘à ancienne (fig. 340), HON*SOC-ANG* IND - ORL MON BOMBAY ANGLIC • REGIMS A DEO PAX ET INCRE- MENTVM sur des roupies et des pièces de cuivre, THE RVPEE OF

LES COLONIES EUROPEENNES d’oUTRE-MER

BOMBAIM. BY AVTHORITY OF CHARLES THE SECOND KING OF GREAT BRITAIN FRANCE & IRELAND, sur la roupie de 1678. Ces monnaies d’aspect européen furent bientôt remplacées par des pièces servilement copiées des espèces indigènes et qui, dès lors, sortent du cadre de ce livre. En 1765 parurent des monnaies d’or à légendes anglaises: ENGLISH EAST INDIA COMPANY, mais dès 1770 une inscription persane reprit place au revers.

Dans la présidence du Bengale, les monnaies coloniales apparaissent plus tard qu’à Bombay. Jusqu’en 17^7, le seul privilège accordé à la Compagnie fut la permission de faire convertir en monnaies du pays le métal qu’elle apportait aux ateliers du Nabab de Bengale, à Dacca, à Moorshedabad et à Patna. Après la prise de Calcutta en 1757, un atelier fut établi dans cette ville, mais on se borna à y frapper des imitations du monnayage indigène. Les ateliers de Dacca et de Moorshedabad fi rent

fanams, etc., sur le modèle des espèces indigènes, furent frappées vers 1671 au fort Saint-Georges. Le 12 avril 1686, le roi Jacques II accorda

pièces analogues à celles qui étaient forgées dans le pays.

En 1743, un atelier fut créé à Arcot, capitale du nabab de Carnatique. Les quelques monnaies de bronze, à types européens, frappées à la fin du xviii^ siècle, portent les armes de la Compagnie des Indes et sa marque commerciale, une sorte de cœur surmonté d’un 4 et portant les lettres V-E • I • C (hg- 340-

supprimés en 1793 et des officines nouvelles, subordonnées à celle de Calcutta, furent ouvertes à Benarès et à Lurrukabad.

Dans la présidence de Madras, des pagodes,

à la Compagnie le droit de frapper, comme bon lui semblerait, toutes

b). — lie de Sumatra.

En 1685 , les Anglais fondèrent dans l’île de Sumatra la colonie de Eort Marlborough ou Bencoulen. A partir de

1783 la Compagnie des Indes fit frapper pour cette possession diverses espèces d’argent et de cuivre portant d’un côté sa marque, ses armes ou une courte inscription anglaise, de l’autre une inscription en langue malaise (fig. 342).

c). — lie de Poiilo-Pinang .

Cette île, dans le détroit de Malacca, vint en la possession de la Compagnie des Indes orientales en 1786. Dès Tannée suivante on frappa des roupies et leurs divisions en argent et en cuivre, destinées à y pourvoir aux besoins de la circulation. Le type de ces pièces consiste à Tavers en la marque commerciale de la Compagnie et, au revers, en une légende persane signifiant : île du prince de Galles, nom donné à Poulo- Pinang par les Anglais.

d). — Amérique du Nord ou Nouvelle Angleterre.

Nous groupons dans ce paragraphe les divers monnayages qui eurent lieu dans l’Amérique du Nord antérieurement à Tannée 1776, c’est-àdire à la déclaration de l’indépendance des États-Unis.

Massachusetts. — Cette colonie fut la première qui organisa un monnayage particulier. Avant 1651, elle mit en circulation des disques d’argent valant un shilling, sixpence et threepence portant d’un côté un

poinçon aux lettres NE liées, initiales de New England, de l’autre un poinçon à Tun des nombres XII, VI ou III, indiquant la valeur. En 1652 une fabrication régulière fut commencée. Les pièces portèrent à Tavers un arbre, tantôt un pin, tantôt un chêne, et au revers le millésime et l’indication de la valeur; les légendes circulaires sont: |N MASATHVSETS — NEW EN- GLAND AN^io üOWni. Ces pièces furent frappées pendant une trentaine d’années, sans que la date de 1652 subît aucune modification (fig. 343).

Maryland. — En 1660, lord Baltimore fit frapper en Angleterre pour sa colonie de Maryland des shillings, sixpence et groats d’argent, et des pennies de cuivre. L’avers porte son buste entouré des mots : CÆ- CILIVS DNS TERRÆ MARIÆ & CT. Le revers des pièces d’argent présente un écu couronné accosté de l’indication de la valeur et entouré de la devise: CRESCITE ET MVLTIPLICAMINI. Sur \e penny, le revers porte une couronne ducale surmontée de deux drapeaux: DENARIVM TERRÆ MARIÆ.

LES COLONIES EUROPÉENNES d’oUTRE-MER

Certaines pièces de cuivre frappées pour la Caroline et le Connecticut rentrent plutôt dans la catégorie des méreaux et des iokens que dans celle des monnaies véritables. Nous nous dispenserons donc d’en parler. Nous devons toutefois mentionner encore les pièces de cuivre, twopence, pennies et halfpennies, frappées de 1717 à 1753 par Georges I et Georges II. L’avers porte le buste du roi, le revers une rose et les mots ROSA AMERICANA UTILE DULCI. Ces pièces faites en Angleterre, furent très mal accueillies en Amérique où elles n’eurent pour ainsi dire pas de circulation effective.

Vers la fin du xvii^ siècle, on frappa pour les Bermudes des pièces de cuivre, d’une valeur conventionnelle d’un shillings de six pence, de threepence et de twopence, portant à l’avers un porc surmonté du

chiffre indiquant la valeur et au revers un navire. L’unique légende est: SOMMER ISLANDS (fig. M4)-

En 1793, Georges III fit frapper pour les Bermudes des pennies de cuivre portant à l’avers son buste lauré, au revers un trois-mâts surmonté

du mot BERMVDA.

La circulation métallique des possessions britanniques aux Antilles était exclusivement alimentée par l’importation des monnaies étrangères, que les gouvernements locaux faisaient fréquemment contremarquer pour en légitimer le cours. Fréquemment aussi ces contremarques se trouvent sur des fragments de pesos espagnols, qui ont été intentionnellement coupés pour parer à l’absence d’espèces divisionnaires.

Voici, d’après M. Atkins, la plupart des poinçons usités dans les Antilles anglaises à la fin du xviiE siècle ou dans les premières années du xix^ :

e). — Les îles Bermudes ou Sommer islands.

f). — Antilles anglaises.

St. Kitts ou Saint-Christophe

Ste-Lucie

Nevis

Saint-Vincent

Tabago

Tortola

Saint-Eustache

s. Lucie.

SV en monogramme.

T ou TB ou TB OU TABAGO.

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