I. Voyez p. 37 la description de ces pièces
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nance royale, en date du 10 décembre 1779, prescrivit d’en envoyer une nouvelle quantité, pour 30,000 livres, à Cayenne; comme la plupart des anciens doubles sols disponibles avaient été utilisés, on frappa les nouvelles pièces sur des flans de billon neufs. Ces monnaies, appelées
en créole marqués ou tampés, circulèrent pour deux sous à Cayenne et pour 3 sous 9 deniers aux Antilles. On en rencontre un très grand nombre d’exemplaires qui ont été contremarqués dans des îles voisines des colonies françaises.
Le dernier édit de Louis XV concernant la fabrication en France de monnaies destinées aux colonies, date du mois d’octobre 1766. Il ordonne la fabrication de pièces de cuivre d’un sou pour les possessions d’Amérique. Nous donnons ici la figure de cette monnaie. Sous la République, ce sou reçut à la Guadeloupe une contremarque RF, placée de m.anière à effacer les fleurs de lis.
Le règne de Louis XVI donna lieu en France à de nouvelles émissions de monnaies coloniales. Un édit du mois d’août 1779 prescrivit la
fabrication, dans l’atelier de Paris, de pièces de billon de trois sols destinées, comme l’indique la légende du revers aux ISLES DE ?Kance ET DE BOVRBON. L’avers porte le nom du roi et trois lis sous une couronne.
L’édit du mois de mars 1781 ordonna la fabrication de pièces de trois sols du même type, réservées, les unes aux COLONIES FRANÇAISES de l'Amérique, c’est-à-dire aux Antilles, les autres à la COLONIE DE CAYENNE, les dernières enfin pour les ISLES DE ?Rance ET DE BOVRBON. Les pièces destinées à Cayenne ne circulèrent pas, et un
nouvel édit de janvier 1782 les remplaça par des monnaies de type identique, mais valant 2 SOVS au lieu de trois sous. Une seconde émission de ces pièces de deux sous de Cayenne eut lieu à Paris en 1789. On y fabriqua la même année des pièces de 2 SOUS 6 pour les
ISLES DU VENT ET SOUS LE VENT, mais elles ne furent pas mises en circulation, à la demande des députés de Saint-Domingue à TAssemblée nationale.
b). — Monnaies frappées dans les Colonies.
Saint-Domingue. — Le 1 5 juillet 1781 les administrateurs de Saint- Domingue décidèrent que, pour parer au manque de petite monnaie, un navire serait envoyé à la Havane pour y chercher des pièces d’argent d’un réal et d’un demi-réal, dites huitièmes et seizièmes de gourde. Ces pièces devaient être mises en circulation dans la colonie au taux de deux escalins et d’un escalin, après avoir reçu une contremarque, sans doute les initiales S D, qui retrouvent sur des pièces de cuivre.
Ile Bourbon ou de la Réunion. — En 1723, la Compagnie des Indes fit frapper à Pondichéry, pour être mises en circulation à l’Ile Bourbon,
des pièces de cuivre d’un sol et de deux sols (fig. 3 3 2) portant à l’avers une grande couronne, au revers neuf lis dans le champ, sans légende.
Inde française. — Dans le cours du xviiE siècle, la Compagnie des Indes fit frapper à Pondichéry des doubles fanams^ fanams et demi-fa-
Fig- 3)3
Fis- 3)4
nams d’argent, des doudous, demi-doiidous et caches de cuivre. Les premiers fanams ont à Pavcrs un lis entouré de la légende PONDICHERY
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1700, et au revers une croix formée de huit L avec un lis au centre. La seconde émission de monnaies d’argent se distingue, par la présence au droit d’un grand lis couronné (fig. 353).
A partir de 1720, la deuxième Compagnie des Indes mit à Tavers de ses pièces d’argent une grande couronne et au revers cinq lis (fig. 354). Le cuivre porte d’un côté un lis, de l’autre le nom de Pondichéry en langue et en caractères tamouls. Aucune inscription française ne figure sur ces diverses monnaies.
L’atelier de Pondichéry frappa pour la colonie de Mahé et les établissements français de la côte de Malabar des monnaies d’argent et de cuivre. Les premières ont des deux côtés des légendes hindoues. Les pièces de cuivre portent au droit cinq lis, au revers, le millésime.
Indépendamment des monnaies qui par leur type rappellent la domination française, la Compagnie des Indes fit frapper à Pondichéry, à Surate, à Mazulipatam, un grand nombre de \)\hcQs. pagodes d’or, roupies et divisions, à empreintes purement indigènes. Ces monnaies sortent du cadre que nous nous sommes tracé.
§ V. — Colonies hollandaises.
Les colonies hollandaises comprennent les îles de la Malaisie ou Indes orientales, le Brésil perdu en 1654,1a Guyane, et enfin quelques-unes des Antilles ou Indes occidentales.
a). — Indes orientales.
En 1600 la Compagnie van Verre (i 594-1602) d’Amsterdam demanda aux Etats de Hollande l’autorisation de frapper, dans l’atelier de Dordrecht, des monnaies pour les Indes orientales où le numéraire faisait défaut. L’autorisation fut donnée le 1 mars 1601, mais à la condition que les pièces n’auraient pas cours aux Pays-Bas. On frappa la même année six pièces diverses en argent: piastre de huit réaux, demi-piastre, quart, huitième, seizième et trente-deuxième de piastre. Le type de ces pièces se compose à l’avers de l’écu couronné au lion néerlandais, au revers de l’écu couronné de la ville d’Amsterdam soutenu par deux lions; les légendes, absentes en partie sur les seizièmes et en totalité sur les trente-deuxièmes de piastre, sont : INSIGNIA HOLLANDIÆ — ET CIVITATiS AMSTELREDAMENSIS ; la valeur est indiquée dans le champ du droit par des barres ou des annelets.
A l'exemple de la Compagnie d’Amsterdam, la Compagnie van Verre
de Middelbourg sollicita une permission analogue, que les États de Zélande lui accordèrent le 16 novembre 1601. La seule pièce frappée en vertu de cet octroi est une piastre de huit idéaux au millésime de 1602, portant d’un côté l’écu de Zélande ét la devise : LVCTOR ET
EMERGO, de l’autre l’écu aux neuf quartiers de la Noblesse et des villes zélandaises, avec les mots : MONE • ARG ■ ORDI • ZEELANDIÆ.
Le 20 mars 1602, les diverses compagnies commerciales fusionnèrent et firent place à la Compagnie unie des Indes orientales : Vereenigde Oostindische Compagnie. En 1619, la ville de Batavia fut fondée.
En 1645, la Compagnie fit fabriquer aux Indes des monnaies d’argent dites couronnes^ demi-com'onnes et quarts de couronne de Batavia qui circulèrent respectivement pour 48, 24 et 12 stuivers, mais dès 1647 ces pièces furent retirées de la circulation. Leur type se compose d’une épée brochant sur deux branches de laurier en sautoir, et du monogramme de la Compagnie dans une couronne. Les légendes se composent des mots ANNO 1645 BATAVIÆ et de l’indication de la valeur.
Les premières monnaies d’or consistèrent en pièces contremarquées. Par résolution du 20 août 1686 il fut, par exemple, ordonné d’émettre les ducats d’or que la Compagnie avait dans ses caisses, après les avoir contremarquées d’un B. Une autre décision du 8 juin 1690 porta que les kobangs et les it^ebous, monnaies d’or chinoises et japonaises qui circulaient en grand nombre, seraient contremarquées d’un petit lion et vaudraient dès lors 10 ryksdaalders et 20 schellingen.
En 1726 parurent, en argent, les ducaions au type du cavalier, et les dûtes de cuivre frappés par les divers ateliers provinciaux hollandais pour être ensuite transportés aux Indes orientales. La dernière émission de ducatons est de 17 s h A partir de 1786 les ateliers de la métropole frappèrent des pièces de trois florins d’argent au type de la Vierge Hollandaise. Les petites transactions étaient facilitées par de nombreuses pièces
de cuivre, stuivers, divisions de stuivers et dûtes, frappées soit dans les ateliers provin- (\ I) ciaux des Pays-Bas et portant,
dan s ce cas, l’écu de la province, soit dans les officines coloniales. Ces dernières, mal outillées, livraient parfois à la circulation de simples lingots de métal, portant, comme d’ailleurs toutes les monnaies des Indes néerlandaises, les lettres VOC liées, initiales des mots Vereenigde Oostindische Compagnie. La dute de 1794 que nous reproduisons (fig. 355) est frappée dans l’atelier zélandais de Middelbourg.
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Les dûtes des Indes néerlandaises furent copiées par quelques états indigènes des îles de la Sonde, notamment à Djambi et à Bandjermasin. Dans ce dernier atelier les meubles de Técusson placé à l’avers sont habilement remplacés par le mot Bandjey'inasin écrit en deux lignes en caractères arabes.
b) . — Brésil septentrional.
En 1621, se forma une Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, Geoctroy'eei'de Westindisclie Compagnie , qui avait dans sa zone d’exploitation les colonies portugaises conquises par la Hollande sur les côtes du Brésil, notamment le Rio Grande del Norte, Parahybo, Hamaraca, Pernambuco et Sergipe. En 1641, les Brésiliens soutenus par le Portugal se révoltèrent contre la domination hollandaise. La guerre dura plus de dix ans et se termina par la chute de la domination néerlandaise et le retour du pays au Portugal.
En 1645 et 1646, la Compagnie des Indes occidentales frappa des monnaies d’or de nécessité de 12, 6 et 3 jlot'ins, carrées, marquées à l’avers d’un poinçon au monogrammeGWCde la Compagnie, au revers des mots ANNO 1645 (1646) BRASIL. Une seconde émission de monnaies en argent eut lieu en 1654 pour payer la solde des troupes ; ces pièces émises pour 40, 12 ou \o stuivet's, sont carrées, unifaces, et marquées d’un poinçon qui donne le millésime, le chiffre de la valeur et le monogramme de la Compagnie (fig. 356).
c) . — Guyane hollandaise.
La colonie hollandaise de Guyane ou colonie de Surinam fut fondée en 1653. En 1676, furent frappées pour son usage des pièces de 4 duiten, de 2 duiten, et des dûtes de cuivre. Leur type principal se compose d’un perroquet perché sur une branche à quatre feuilles.
De nouvelles dûtes émises en 1764 portent à l’avers un arbuste et au revers les mots SOCŒTEIT VAN SURINAME, en trois lignes.
d). — Antilles hollandaises.
Les possessions néerlandaises aux Antilles comprennent Curaçao, Saint-Eustache, et la partie méridionale de Saint-Martin. En 1794, on
émit à Utrecht pour ces divers établissements communément désignés sous le nom d’Indes occidentales, des pièces de 3 florins d’argent au type de la Vierge Hollandaise et des espèces divisionnaires.
§ VI. — Colonies danoises.
Les colonies danoises forment trois groupes géographiques : les établissements de l’Hindoustan, les établissements des Antilles et les établissements de Guinée.
a). — Inde danoise.
En i6i6 fut constituée à Copenhague, sous la protection du roi de Danemark, une Compagnie des Indes Orientales. Deux ans plus tard, l’amiral Ove Gjedde fut chargé d’organiser une colonie dans l’Océan Indien. Après une tentative infructueuse à Ceylan, l’amiral parvint à conclure, le 19 novembre 1620, avec le radjah de Tandjaour, un traité par lequel celui-ci lui céda la bourgade de Tranquebar, sur la côte de Coromandel. L’année suivante, le fort de Danisborg fut construit pour la défense de la colonie.
Les premières pièces mises en circulation dans la possession danoise tiennent plutôt du méreau que de la monnaie proprement dite ; ce sont des plombs portant le nom du fort DANISBORG (hg- D7)? monogramme du roi Christian IV, et, au revers, le nom d’un personnage que
M. Bergsoë suppose celui du directeur de la Monnaie. A partir de 1644, les pièces sont datées. Les émissions de plombs continuèrent sous Frédéric 111 (1648-70); mais en 1667 apparaissent des de cuivre.
Nous entrons dans une période de monnayage moins rudimentaire.
Sous Christian V (1670-99), le plomb et le cuivre continuèrent à circuler de concert dans la colonie. Les cash de cuivre, d’une gravure assez fine, portent le monogramme du roi couronné, les initiales du gouverneur et celles de la Dansk Ostindiske Compagni. Ce type reste, avec les modifications nécessaires, celui des monnaies frappées sous
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Frédéric IV (1699-1730); mais outre le cash (fig. 359), la série des pièces de cuivre comprend des pièces de 10 cash (fig. 358), de 4 et de 2 cash. En i7305se montrent pour la première fois des fanons et doubles fanons d’argent portant au revers le lion danois.
Le 12 avril 1732, sous Christian VI (1730-46), fut créée la Dansk Asiatiske Compagni, pour remplacer la Dansk Ostindiske Compagjii dis-
Fig. 359 Fig. 360 Fig. 361
soute en 1729. Cette nouvelle société poursuivit la fabrication des cash de cuivre avec son chiffre DAC et le chiffre du roi.
Sous Frédéric V (1746-66), l’atelier de Tranquebar frappa des pièces de un et deux royalins d’argent, des cash et leurs multiples en cuivre. Sous Christian VII (1766-1808), le système s’enrichit d’une pagode d’or (fig. 360): en argent, le double royalin (fig. 361) reste la plus forte valeur.
Les pièces que nous venons d’énumérer, étaient destinées aux transactions locales de la côte de Coromandel. En 1671 et 1672, le roi Christian V autorisa la Dansk Ostindiske Compagni à frapper à Copenhague des species et doubles species d’argent destinés au commerce avec l’Orient. Ces pièces portent le buste du roi, son monogramme couronné et le monogramme DOC de la Compagnie.
Sous Christian VII furent faites en 177 1 et 1 777 à Copenhague des émissions de piastres d’argent pour le compte de la Dansk Asiatiske Compagni. Ces pièces, spécialement destinées à l’extrême Orient, sont copiées des piastres espagnoles: elles portent à l’avers l’écu couronné de Danemark, Norvège et Suède, au revers deux petits écus ronds sous une couronne, entre les colonnes d’Hercule sortant de la mer; au premier plan sont dessinées trois îles portant les mots ISLAND GRONLAN FERO.
b). — Antilles danoises.
Les possessions danoises aux Antilles furent l’île de Saint-Jean depuis 1684, l’île de Saint-Thomas depuis 1716, et l’île de Sainte-Croix depuis 1733.
Le roi Christian VI (i 730-46) fit frapper en 1740 à Copenhague, pour les possessions des Antilles, diverses monnaies de cuivre et d’argent, skillings et multiples. Le type de l’avers se compose uniformément du monogramme royal : les pièces d'argent ont au revers un trois-mâts; les pièces
de cuivre portent dans le champ l’indication de la valeur et le millésime. Les légendes sont en latin à l’avers, en danois au revers ; ces dernières indiquent la destination des pièces, par exemple : DE DANSK • AMERIC* EYLANDKAAB-MYNT, monnaie des îles danoises de l’Amérique.
Sous Frédéric V (1746-66) et sous Christian VII (1766-1808), il y eut des émissions analogues. Le type spécial consiste toujours en un trois-mâts.
c). — Guinée.
Il n’y eut pas de monnaies spéciales pour les colonies danoises de Guinée, mais les pièces d’or frappées à Copenhague avec le métal provenant d’Afrique portèrent le nom du comptoir de Friderichsberg, puis de celui de Christiansborg. Bien que se rapportant aux colonies, ces pièces, dont nous avons parlé (page 521) ne sont pas des monnaies coloniales, aussi ne les mentionnons-nous que pour mémoire.
Colonies suédoises.
En 1783, à la paix de Versailles, l’île de Saint-Barthélemy, dans les Antilles, qui appartenait à la France depuis 1648, fut cédée à la Suède.
Le 4 août 1797, le gouverneur de l’île présenta au gouvernement suédois une proposition pour la frappe d’une menue monnaie spéciale, en remplacement des pièces de billon que l’on importait des îles voisines. Après examen au Conseil d’État, la proposition fut rejetée, mais le gouvernement local poinçonna d’une couronne suédoise (fig. 362) les monnaies étrangères dont il autorisait le cours.
§ VIII. — Colonies prussiennes.
Le grand-électeur Frédéric-Guillaume, désireux de faire contribuer ses sujets aux avantages que les autres nations européennes retiraient de leurs colonies, agrandit le port d’Emden et fit de cette ville le siège de plusieurs compagnies de navigation qui se partagèrent le monopole du trafic avec les pays d’outremer. Des comptoirs furent créés en 1 68 1 sur les côtes de Guinée, sous les noms de Fort-Brandenburg et Gross- Friedrichsburg, mais cette tentative d’expansion coloniale ne fut pas couronnée de succès, et en 1720, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume I
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céda ses possessions africaines à la République des Provinces-Unies. De 1682 à 1687, il fut frappé en Prusse des ducats avec Por importé de Guinée. Ces ducats portent à Pavers le buste du grand électeur et au revers un trois-mâts avec les mots DEO DUCE.
Frédéric II reprit les tentatives de son prédécesseur. Il existe des piasti'cs d’argent frappées en 1751 pour la Compagnie royale prussienne asiatique d’Emden. Ces pièces portent à Pavers le [buste du roi et la légende FRIDERICUS BORUSSORUM REX. Le revers montre 1 ecu de la
Compagnie, un trois-mâts toutes voiles dehors, surmonté de Paigle de Prusse et supporté par un sauvage et un Chinois ; au-dessous, un cartouche porte les initiales K P AC VE des mots Kdnigliche py'ciissiscJie Asiatische Compagnie von Emden; une banderolle porte la devise CONFIDENTIA IN DEO ET VIGILANTIA; la légende circulaire est REGIA BORUSS. SOCIETAS ASIATICA EMBDAE. Notre figure 363 reproduit le type de ces curieuses piastres, les seuls souvenirs durables laissés par la tentative d’expansion coloniale allemande au xviiF siècle.
Fig. 363
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