‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 154 sur 193 · LA HOLLANDE ET LA BELGKXUE · texte numérisé non relu

LA HOLLANDE ET LA BELGKXUE

1816. Le système eut pour unité l’ancien florin (en hollandais: gulden)^ divisé en loo cents; il admettait le double étalon avec un rapport de 1 5 entre l’or et l’argent. L’échelle des monnaies réelles devait comprendre les pièces suivantes :

En or : ducats (monnaie de négoce), pièce de 10 florins.

En argent : triple florin, florin, demi-florin, pièces de 25, 10 et 5 cents.

En bronze : cent et demi-cent.

Le florin d’argent contenait 9 gr. 6 m d’argent fin. A la demande des provinces méridionales, \e franc français fut déclaré monnaie courante et admis dans la circulation pour 47 cents. Par décret royal du 4 octobre i8m, le graveur Michaut, de Paris, avait été nommé médailleur du roi ; un autre décret, du 9 décembre 1816, lui confia la gravure des coins pour les pièces de 10, 5, i et un demi-florin, à l’effigie du roi Guillaume I. Les graveurs D. van der Kellen et A. -J. van der Monde firent les coins des pièces d’appoint d’argent et de cuivre ainsi que des ducats d’or. Une loi du 22 décembre 1825 ordonna qu’il serait fabriqué, outre les pièces d'or de 10 florins, des pièces d’or de 5 florins, et supprima la circulation des francs français comme monnaie légale. En 1826, le graveur Braemt, de Bruxelles, fut chargé de graver les coins de la pièce d’or de 5 florins.

La dépréciation constante de l'or vint modifier le rapport établi par la loi de 1816 entre la valeur de ce métal et celle de l’argent, et fut cause

Fig- 577

que la monnaie d’argent tendit à disparaître de la circulation. Afin de remédiera cet inconvénient, une loi du 22 mars 1859 fixa le titre du florin à 9 gr. 450 d’argent fin, et le poids de chaque pièce à 10 grammes au lieu de 10 gr. 766; les multiples et les fractions du florin devaient être frappés dans la même proportion. Par cette même loi, la pièce de 3 florins fut remplacée par une pièce de 2 florins. Les coins des pièces de 2 -Y florins et d’un florin à l’effigie de (juillaume 1, frappées en vertu de cette disposition législative et portant le millésime de 1840, année de l’abdication de ce roi, sont dus au graveur J. -P. Schouberg.

Le type des monnaies de Guillaume I se compose, pour les pièces d’or de 10 et de 5 florins et pour les pièces d'argent de 3, 2 -^ , 1 et ^ florin,

de sa tête nue, tournée à gauche sur l’or, à droite sur l’argent, et, au revers, des armes du royaume ' accostées de l’indication de la valeur (fig. 377). Les légendes sont : ^willem koning der ned. g. h. v. l. (Guillaume, roi des Pays-Bas, grand-duc de Luxembourg), et : munt van het koningryk der NEDERLANDEN (monnaie du royaume des Pays-Bas). Les pièces divisionnaires d’argent et les monnaies de cuivre portent à l’avers l’initiale W couronnée et le millésime, au revers l’écu du royaume et l’indication de la valeur. Le ducat d’or conserve son type traditionnel du guerrier debout, tenant un faisceau de flèches. Pendant le règne de Guillaume I, deux ateliers fournirent les espèces du royaume des Pays-Bas, celui d’Utrecht, dont la marque était un caducée, et celui de Bruxelles, qui marquait ses produits par un B. L’hôtel monétaire de Bruxelles ne commença ses émissions qu’en 1822: elles furent arrêtées en 1850 par la révolution belge, et, depuis cette époque, Ltrecht est l’unique atelier du royaume des Pays-Bas.

L’histoire monétaire du règne de Guillaume 11 (1840-49) se divise en deux périodes. De 1841 à 1847, les monnaies sont frappées sous le régime des lois existantes. Les types ne subissent d’autre modification que la substitution de la tête du nouveau roi à celle de son père, mais l’image est tournée à droite sur l’or, à gauche sur l’argent. La gravure des coins fut exécutée par D. van der Kellen et Schonberg. La seconde période du règne commence par la loi du 26 novembre 1847, qui établit l’étalon unique d’argent. Les monnaies d'or, considérées comme pièces de négoce, negotie penningen, prirent le nom de guillaumes, doubles guillaumes ei demi-guillaumes. Le type des monnaies d’argent d’appoint fut changé et rendu conforme à celui des plus fortes espèces du même métal.

Le règne de Guillaume 111 (1849-90) fut marqué par le retour au régime du double étalon. Le 3 décembre 1874, la frappe des monnaies d’argent fut suspendue à cause de la baisse de ce métal, et la loi du 6 juin 187$ rétablit le bimétallisme avec un rapport de I à M et ordonna la frappe de pièces d'or de 3 et de 10 florins. Le type des monnaies de Guillaume 111 ne présente pas de différences avec celui des pièces de son prédécesseur, à part la substitution d’effigie.

Une loi du 28 mars 1877 vint modifier les menues espèces, en remplaçant le cent et le demi-cent de cuivre par des pièces de bronze de , 1 et 2 ~ cents: ce changement avait surtout pour but d’empêcher l’introduction aux Pays-Bas des monnaies de cuivre belges, avec lesquelles

I . D'azur semé de biJIettes d’or, au lion du même, armé et himpassé de gueules, brochant sur le tout, sommé d’une couronne royale et tenant dans sa patte dextre une épée d’argent gaimie d’or, et, dans sa senestre, un Jaisceaii de flèches d’argent.

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une identité de module rendait la confusion très facile. Les nouvelles monnaies de bronze néerlandaises portent à Lavers un champ armorié au lion national, au revers un grand chiffre indiquant la valeur.

Les monnaies de la reine Whlhelmine, qui succéda à son père en 1890, continuent le système établi, avec la moditication de type résultant du changement d’effigie.

§ III. — Royaume de Belgique.

La révolution de 1830 vint dissoudre l’imion de la Néerlande et de la Belgique. Le 4 juin 1851 le Congrès national belge élut roi Léopold de Saxe-Cobourg sous le nom de Léopold 1 : 1831-65).

Par arrêté royal du 29 décembre 1831, l’administration de l’Hotel monétaire de Bruxelles fut réorganisée. La loi du 5 juin 1832 fixa le système monétaire en adoptant le système décimal et bimétallique français. Les pièces dont cette loi permet la fabrication sont: en or, des pièces de 40 francs et de 20 francs; en argent, des pièces de 5 fr., de 2 fr., d’un franc, d'un demi-franc et d’un quart de franc; en cuivre, des pièces de lo centimes, de 5 centimes, de 2 centimes et d’un centime. Les monnaies d’or et d’argent portent au droit la tête laurée du roi, tournée à droite sur l’or, à gauche sur l’argent, avec la légende :

LEOPOLD PREMIER ROI DES BELGES ; aU

revers une couronne de chêne entoure l’indication de la valeur et du millésime. Les pièces de 5 francs ont sur Fig. 378

la tranche, en creux : dieu protège

LA BELGIQUE. Les moniiaies de cuivre ont pour type le lion belge assis, tenant les tables de la constitution, et au revers, l’initiale couronnée du roi. Les coins de ces diverses monnaies furent gravés par Braemt. Les pièces d’or ne furent pas mises en circulation; il n’en fut frappé que des exemplaires d’essai.

La loi du 31 mars 1847 vint considérablement modifier celle de juin 1832. Elle décida l’émission de pièces d'or de 25 fr. (fig. 378) et de 10 fr. On ajouta aux pièces d’argent existantes des pièces de 2 fr. 50. Ces pièces, comme celles de 5 fr., de 2 fr. et de 25 fr., devaient porter sur la tranche l'inscription: dieu protège la Belgique en relief. Cette partie de la loi ne reçut exécution que pour ce qui regarde les monnaies de 5 fr. ; les autres furent frappées en virole cannelée. Le type des espèces d’or et d’argent fut changé. Ces dernières portèrent désormais la tète nue du roi, tournée à

gauche, et au revers Técusson national ‘ entre deux branches de laurier, avec la devise: l'union fait la force. Les monnaies d’or eurent la tête nue de Léopold I à droite, et, au revers, les armoiries complètes du royaume avec couronne, pavillon et supports. Les nouveaux coins monétaires furent gravés par Léopold Wiener, lauréat du concours spécial ouvert par arrêté royal du lo mai 1847.

La loi du 28 décembre 1850 rapporta celle du 31 mars 1847 en ce qui concernait la fabrication de pièces d’or de 25 fr. et de 10 fr. Celle du décembre 1852 décida le remplacement des pièces d’un quart de franc par des pièces en argent de 20 centimes.

En 1 8 5 5 , à l’occasion du mariage du duc de Brabant, aujourd’hui Léopold I Lavée Marie-Henriette de Lorraine-Autriche, on frappa des médailles officielles qui eurent cours légal, en orpour 100 fr., en argent pour 5 fr., et en cuivre pour 10 centimes. Ces pièces portent d’un côté la tête du roi, de l’autre les effigies conjuguées du duc et de la duchesse de Brabant. En 1855, à l’occasion du 25^ anniversaire de l’inauguration du roi, on fabriqua de nouvelles médailles commémoratives assimilées aux monnaies. Elles ont à l’avers la Déesse de l’Histoire écrivant au-dessus du buste de Léopold I, au revers une inscription, soit française, soit flamande, au

20 centimes. Les coins furent gravés par Braemt. La pièce de 20 centimes porte la tête nue du roi à droite, et le lion belge (fig. ^79): les pièces de $ et de 10 centimes portent le lion belge sur champ quadrillé et, au revers, la valeur nominale, se détachant en creux sur un champ quadrillé.

Par la loi du 4 juin 1861, la Belgique en revint pour l'or et l’argent au système monétaire français et au double étalon avec le rapport de i à 1 5 4" • Cette loi autorisa la frappe de pièces d’or de 20 et de 40 fr., en conformité avec celle de 1832, et des pièces d’or de 10 et de 5 fr. aux mêmes poids et dimensions que les monnaies françaises; elle ne fut toutefois exécutée qu’en ce qui concerne les pièces de 20 fr.

L’avènement de Léopold II ne modifia pas dans ses grandes lignes le

milieu du champ. Les pièces d’or valaient 40 fr., les pièces d’argent, 2 fr., les pièces de cuivre, 5 centimes.

Fig- 379

La monnaie d’appoint fut changée par la loi du 20 décembre 1 860.

On devait dorénavant frapper des pièces de nickel de 10 et

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