‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 156 sur 193 · ET SES POSSESSIONS EUROPÉENNES · texte numérisé non relu

ET SES POSSESSIONS EUROPÉENNES

Sources: Les sources citées en tête du chapitre quatrième de la ue partie, p. 98. — Reports of ihe Depiity Master of the Mint. Londres, in-8, 1869 et années suivantes.

§ I. — La Grande-Bretagne.

Nous avons arrêté notre exposé de l’histoire monétaire anglaise sous le règne de Georges III (1760-1820), à Tannée 1 800, au moment où le roi prit le titre dQ Britanniaruni rex, Fidei defensor. Le pied monétaire en usage à cette époque datait du milieu du xvi^ siècle. La monnaie de compte était la livre sterling à 20 shillings à 12 pence, de sorte qu’il y avait 240 pence à la livre L On tirait 62 shillings d’une livre d’argent au titre de 1 1 onces 2 pennyw^eights, et 44 livres sterling 10 shillings d’une livre d’or au titre de 22 carats. Le rapport légal de Tor à Targent était comme i est à 14 .

Comme monnaies réelles, on avait, en or, des gainées ou pièces de 21 shillings, des demi-guinées et tiers de gainées. Le type des pièces d’or frappées après 1800 se composait de la tête laurée de Georges III à droite; au revers des gainées et demi-guinées figuraient les armes du royaume entourées d’une jarretière portant la devise lioni soit qui mal y pense, et au revers des tiers de gainées une couronne. Pour des raisons économiques, la frappe de l’argent avait été suspendue, en 1798, par acte du

I . Le poids dont on se sert en Angleterre pour les métaux précieux est la livre troy (standard troy poinid), qui équivaut à 373 gr. 24. Elle se divise en 12 onces (oiinces, en abrégé: op), à 20 pennyiveights (en abrégé: diuts) à 24 grains. Pour la détermination du titre, on divise la livre troy en 24 carats à 4 grains, pour Tor, et en 12 onces à 20 pennyweights, pour l’argent.

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parlement', mais le numéraire en circulation consistait en couronnes ou pièces de ^ shillings, denii-coiu'onnes, shillings et six pence, sans parler des pièces de 4,^^3, 2 pence et i penny, dites maundy money, frappées uniquement pour les distributions faites par le roi aux pauvres à l’occasion du jeudi saint. En cuivre, les monnaies étaient des pennys, deniipeimys ef farthings ou quarts de penny; leur type comprend l’effigie de Georges 111 tournée à droite, et, au revers, l’image allégorique de la Britannia assise.

Le 22 juin 1816, une modification notable fut apportée au système monétaire de la Grande-Bretagne, qui, depuis cette époque jusqu’à nos jours, resta à peu près immuable. On décida la création d’une monnaie d’or appelée valant exactement une livre sterling ou 20 shillings,

aux lieu et place des anciennes guinées. On établit, au surplus, l’étalon d’or, car seules les monnaies de ce métal devaient, à l'avenir, avoir force libératoire illimitée; l'argent se trouva réduit au rang de monnaie d’appoint. Il fut décidé que de la livre-poids d’or à 22 carats on tirerait 46 ^ sorereigns. Le type du sorereign consista, à l’avers, en une tète de Georges III, à droite et, au revers, en une image équestre de saint Georges, terrassant le dragon. On frappa également des demisovereigns : leur revers porte les armes de Grande-Bretagne.

Pour l’argent, il fut décidé qu’on tirerait, à l’avenir, de la livre-troy 66 shillings au lieu de 62. Sur les couronnes, œuvres particulièrement remarquables du graveur Pistrucci, nous retrouvons le type des sovereigns. Les autres monnaies d’argent portent la tète du roi et les armes. Les pièces divisionnaires dites niaundy-inoney eurent, au revers, un chiffre arabe indiquant leur valeur.

En 1820. Georges IV succéda à son père. Il mourut en 1830. I.e

Fig. 3S

I. En 1804 Banque d’Angleterre fut autorisée à frapper des tokois d’argent de 5 shillings; puis, de 1811 à 1816, elle émit des pièces de 3 shillings et d’un shilling et demi. De nombreuses monnaies d’argent étrangères furent, vers cette même époque, naturalisées anglaises par l’apposition d’une contremarque consistant en la tète du roi Georges III. Ces pièces diverses n’étant pas de véritables monnaies d’état, nous ne faisons que les mentionner. En 1818, l’émission de monnaies particulières fut complètement interdite.

système monétaire ne subit pas de changements. De 1821 à 1825, on frappa en or des doubles sovereigns (lig. 381), des sovereigns et des derni-sovereigns. Le type des premiers comprend la tête du roi tournée à gauche et l’image équestre de saint Georges; sur les demi-sovereigns, le saint Georges est remplacé par les armes. A partir de 1826, ces armes prirent uniformément place sur toutes les monnaies d’or.

Le couronne d’argent reproduit au revers le type de saint Georges ; la demi-couronne, le shilling cl le six pence ont les armes, mais il y eut, en ce qui concerne les détails du type, trois émissions différentes; enfin les pièces de niaundy money portent le chiffre arabe qui en indique la valeur. Les pièces de cuivre conservent la tête du roi et la Britannia assise, comme celles de Georges III.

Le numéraire de Georges IV fut gravé par Pistrucci, William Wyon et Merlen.

A la mort de Georges IV, son frère Guillaume IV (1830-1837) monta sur le trône. Le 22 novembre 1830, un ordre en conseil décida la fabrication d’espèces à l’efhgie du nouveau souverain. Le double sovereign d’or, la couronne et la demi-couronne d’argent devaient porter au revers les armes du Royaume-Uni entourées de la Jarretière, ornées du manteau et surmontées de la couronne royale. Le sovereign et \e demi-sovereign devaient porter les mêmes armes sans les ornements accessoires. Le shilling et le six pence devaient porter leur valeur, inscrite en toutes lettres, au revers, au centre d’une couronne de chêne. Le cuivre reproduisit le type de Georges IV : la Britannia assise. 11 y eut aussi l’émission traditionnelle de maundy money, faite, comme d’usage, sur l’ordre du lord haut trésorier. Le 3 février 1836, un ordre en conseil créa une pièce d’argent nouvelle : le four pence ou groat, dont le revers porte la Britannia assise.

Toutes les monnaies de Guillaume IV furent gravées par W. Wyon et J. -B. Merlen.

Victoria succéda en 1837 à son oncle Guillaume IV, décédé sans enfants légitimes. Depuis 1714, le Hanovre se trouvait sous le sceptre des rois d’Angleterre et les armes placées sur les monnaies anglaises portaient l’écu de Hanovre sur l’écartelé d’Angleterre-Ecosse-Irlande. L’avènement de la reine Victoria mit fin à cette union personnelle et une proclamation du 26 juillet 1837 annonça que désormais l’écu de Hanovre serait omis sur les monnaies britanniques.

Un ordre en conseil du 8 juin 1838 créa une pièce d’or de 3 livres ou five pounds. à côté du sovereign et du demi-sovereign. La pièce de 3 livres

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ne fut toutefois émise qu’à titre d'essai ou pattern \ Cette monnaie a pour type la tête de la jeune reine à gauche, les cheveux retenus par un bandeau, et au revers, les armes. Pour les sovereigns. on reprit toutefois à partir de 1871, l’image équestre de saint Georges.

La couronne et la demi-couronne portent au revers les armes. Le shilling, le six pence, le groat et la maiindy money conservent le revers qu’ils avaient sous Guillaume IV. Le cuivre reproduit la Britannia assise ; une pièce nouvelle, le demi-farthing, porte dans le champ l’indication de sa valeur en toutes lettres.

En 1848, pour préparer l’introduction en Angleterre d’un système monétaire décimal, le Parlement décida la fabrication de pièces d’argent de 2 shillings ou dixièmes de livre sterling, auxquelles on donna le nom de Jlorins. La première émission de ces pièces eut lieu en 1849. Elles ont pour type la tête couronnée de la reine, à gauche, entourée des mots : VICTORIA regina; le revers porte une croix formée de quatre écussons.

avec la légende circulaire : one florin one tenth of a round. Lorsque ces pièces eurent été émises, on s’aperçut qu’on avait oublié de joindre au titre de regina les mots Dei gratia, et la fabrication des graceless Jlorins fut arrêtée.

En 1851 un nouveau florin fit son apparition : le type en est le même qu’en 1849, mais les légendes, conformes cette fois aux exigences du protocole, sont écrites en minuscules gothiques du plus charmant effet décoratif. En 1860, on substitua aux anciennes monnaies de cuivre de nouvelles pièces de bronze d’un penny, d’un demi-penny et d’un farthing. Ces pièces ont à l’avers la tête laurée de Vhctoria, tournée à gauche, et au revers, la Britannia assise (fig. 582).

I. La série numismatique anglaise est très riche en essais. Ce genre de pièces ne peut entrer dans notre cadre et nous devons nous borner à citer, entre tous, la couronne d’argent à légendes gothiques frappée en 1847. — On pourra consulter sur les patterns anglais le livre spécial de Montagu ou celui de de M. G. -F. Crowther, A guide to english pattern coins in gohl, siiver, copper and peivter, front Edward I to Victoria, with Iheir V aille.

En 1887, TAngleterre célébra le jubilé de la reine, pour le cinquantième anniversaire de son avènement. Le type des monnaies d’or et d’argent fut changé à cette occasion. A la tête, toujours jeune, de Victoria, on substitua un buste couronné et drapé, dont les traits, discrètement vieillis, furent plus en rapport avec l’âge réel de la souveraine. On fit aussi une émission de pièces d’or de cinq livres :\e revers porta l’image équestre de saint Georges, qui fut reproduite sur le double sovereign, le sovereign et la couronne d’argent. Le florin conserva son revers aux quatre écussons couronnés posés en croix, mais aux inscriptions en minuscules gothiques on substitua des capitales ordinaires. Une proclamation du 1 3 mai 1887 avait créé un double florin d’argent; cette monnaie nouvelle ne diffère du florin que par le module et le poids.

Un nouveau jubilé, plus solennel encore que le premier, fêta en 1897 la soixantième année du règne de Victoria. L’effigie de la reine fut de nouveau modifiée à cette occasion.

§ IL — Dépendances et possessions européennes de la Grande-Bretagne.

a) . — L’Irlande.

Sous le règne de Georges 1 1 1, il y eut pour l’Irlande une fabrication de pièces de cuivre, penny, demi-penny' et farthing. Elles portent d’un côté le buste à droite du roi, de l’autre la harpe d’Erin sous une couronne '. De nouveaux penny s et demi-pennys furent frappés sous Georges IV, en 1822 et 1823 ; ils ne diffèrent que par l’effigie de ceux de son prédécesseur. Ces monnaies clôturent la série particulière de l’Irlande.

b) . — Ile de Man 2,

Georges 1 1 1 fit frapper en 1813, pour cette île, des pennys et demipennys de cuivre. L’avers porte la tête du roi; le revers a l’emblème particulier à nie de Man, un triquetrum, trois jambes attachées à un centre commun, et la légende en creux: qvocvnqve ieceris stabit.

En 1839, le reine Victoria fit frapper des pennys, des demi-penny^s et des farthings de cuivre de types analogues. L’année suivante un acte du

1. La Banque d’Irlande émit de 1804 à 1813 divers tol^ens d’argent, pour assurer la circulation monétaire de file. Ces pièces ne rentrent pas dans le cadre de ce traité.

2. Ph. Nelson, Coinaye of ihc hic of Man, dans le Nninisniatic cbronicle de 1899.

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Parlement décida que seules les monnaies anglaises avaient cours dans Pile de Man.

^ c). — Ile de Guernesey.

Des émissions de monnaies de cuivre furent faites pour Guernesey en 183O5 1834, 1858, 1864, 1868, 1874 et 1885, en pièces de 8, 4, 2 doubles et ! double. Le type de ces pièces comprend, d\m côté, l’écu chargé de trois léopards et le mot: guernesey; de Pautre, Pindication de la valeur et du millésime

d). Ile de Jersey.

Sous le règne de Victoria, on fit à plusieurs reprises, depuis 1841, des émissions de monnaies de cuivre, puis, à partir de 1866, de monnaies de bronze, pour Pile de Jersey. Ces pièces portent à l’avers la tète à gauche de la reine, au revers Pécu de Normandie entouré des mots : states of JERSEY et de chifires indiquant la fraction de shilling que les pièces représentent, d’abord -74 ? shilling, puis, à partir de 1877, ^

ou ^ de shilling.

e). — Gibraltar.

Gibraltar appartient à l'Angleterre depuis 1704. Les seules monnaies frappées pour cette possession datent de 1842; ce sont des pièces de cuivre de deux quarts, un quart et un demi-quart, conformes, par conséquent, au système monétaire espagnol. Leur type se compose, d’un côté, du buste de la reine Victoria, de Pautre, d’un château à trois tours crénelées, sous lequel est placé une clef. Une nouvelle émission fut projetée en 1861, mais elle n’est représentée que par des essais.

f). — lie de Malte.

L’île de Malte, conquise en 1800, fut assurée à l'Angleterre par le traité de Paris, en 1814. Sous Georges I V et sous Victoria, on a frappé pour Malte des pièces de cuivre, puis de bronze, d’un tiers de farthing. Ces pièces portent à l'avers le buste du roi ou de la reine, et au revers la Britannia assise. Rien, ni dans le type, ni dans les légendes, n’annonce leur destination spéciale.

I . Au commencement de ce siècle la Banque de Guernesey émit des tohus d’argent et de cuivre, que nous nous bornons à mentionner.

g). — Iles Ioniennes.

Ces îles furent soumises au protectorat de la Grande-Bretagne en 1815. Elles furent cédées à la Grèce en 1864. Le 1 1 février 1819, le gouvernement britannique ordonna la frappe de monnaies de cuivre de 10 obolt\ 5 oboli et 2 ^ équivalentes au penny, au halfpenny et au farthing.

Le 23 août 1854, cette série fut complétée par une pièce d’argent de 30 oboli et par un obolus de cuivre. Toutes ces pièces portent à l’avers la Britannia assise à droite, tenant son trident, et, au-dessus d’elle, le mot BRiTANNiA ; au revers des pièces d’argent figure l’indication de la valeur dans une couronne de chêne et, en légende, ioniron kpatos, avec le millésime; les pièces de cuivre portent le lion de saint Marc tenant un faisceau chargé d'une croix.

h). — Ile de Chypre.

L’île de Chypre fut cédée à l’Angleterre par la Turquie le 4 juin 1878. Des monnaies de bronze d’une piastre, d’une demi-piastre et d’un quart de piastre ont été frappées pour cette possession ; elles portent à l’avers la légende : Victoria queen, le buste de la reine couronné, à gauche, et le millésime ; au revers, l’indication de la valeur en chiffres est placée au milieu du champ: la légende se compose de cette même indication en anglais et du mot: cyprus. La première émission date de 1880.

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