DEPUIS LES GUERRES DE NAPOLÉON I
Sources: A. Bonneville, Encyclopédie wonètaire ou nouveau traité des monnaies d’or et d’argent en circulation chei^ les divers peuples du monde. Paris, 1849, in-foL — Neiieste Mum^liunde. Abhildung und Beschreibung der jet^t coursirenden Gold-und Silbermünien. Leipzig, E. Schàfer, 1853, 2 vol. in-8. — C. Schwalbach, Dei neuesten deutschen Tbaler, Doppelthaler und Doppelgulden. Leipzig, 1895, in 4, 5e édition. — C. Schwalbach, Die neuesten deutschen Müm^en iinter Thalergrôsse, vor Einführung der Reichsgelder. Leipzig, 2^ édition, 1895, in-4. — A. Lemale, Monnaies, poids, mesures et usages commerciaux de tous les états du monde. Le Havre, 1873, in-8. — A. de Foville. Administration des monnaies et médailles. Rapports au ministre des finances. Paris, 1896 et suiv. in-8. — Sources citées dans le cours du chapitre cinquième de la i^e partie, p. 118 et suiv.
§ I. — Résumé historique, systèmes monétaires, notions générales.
Le 12 juillet i8o6, sur les ruines de l’ancien empire germanique, Napoléon I, vainqueur à Austerlitz, et tenant l’Autriche à sa merci, fonda la Confédération du Rhin, dont il se réserva le protectorat. Cette confédération, qui comprit à l’origine les royaumes de Bavière et de W^urtemberg, le grand-duché de Bade, la principauté électorale de Hesse- Darmstadt et plusieurs souverainetés de moindre importance, s’accrut, en I 807, après la paix deTilsitt, du royaume de Saxe et du royaume, nouvellement créé, de Westphalie, de sorte qu’elle englobait toute l’Allemagne non annexée à l’empire français, sauf la Prusse et l’Autriche.
L’édifice napoléonien s’écroula, en 1813, à la bataille de Leipzig, et, en 1813, le congrès de Vienne reconstitua sur de nouvelles bases la Confédération germanique, sous l’hégémonie de l’empereur d’Autriche. La confédération comprenait 39 états, mais des extinctions de dynasties ou des renoncements volontaires à l’exercice de la souveraineté étaient
venus en diminuer le nombre, lorsqu'en 1866 la guerre éclata entre la Prusse et PAutriche soutenue par la majorité des confédérés.
L’Autriche, vaincue à Sadowa, fut exclue du concert germanique. La Prusse s’annexa le Hanovre, la Hesse-Cassel, le Nassau, Francfort-surle-Mein et le Schleswig-Holstein ; elle devint le centre d’une nouvelle Confédération de l’Allemagne du Nord, tandis que les trois états allemands du Sud, Bavière, Bade et Wurtemberg, furent forcés de s’unir à elle par une alliance offensive et défensive; cette alliance fut l’objet d’articles secrets. La guerre avec la France amena en 1871 la création de V Empire d’Allemagne, empire fédéral comprenant 2$ états dont le roi de Prusse est le chef avec le titre de Deutscher Kaiser.
Les événements politiques du commencement du xix^ siècle ne concordent pas avec des modifications dans les systèmes monétaires de l’Allemagne. Sauf dans le royaume éphémère de Westphalie, où eut lieu une tentative, promptement avortée, d’introduction du système décimal et métrique français, les états allemands conservèrent leur monnaie nationale ', le Sud comptant en gulden ou florins, et le Nord en thalers. En Prusse, on taillait les espèces sur le pied de 14 thalers au marc. Dans le Sud, on était sous le régime du pied de convention ou de 20 florins, qui s’était transformé en 1766 en pied de 24 florins, utilisé principalement pour les monnaies divisionnaires. L’émission de celles-ci se multiplia dans des proportions tout à fait anormales durant les guerres de la Révolution et de l’Empire. Vers 1808 s’introduisit aussi dans le Sud un pied dit kronenthaler fiiss, qui avait pour base le kronaithaler de Brabant, frappé à la fin du xvni^ siècle aux Pays-Bas autrichiens. Le hasard des relations commerciales et la présence des troupes autrichiennes dans les pays rhénans avaient importé cette monnaie en grande quantité en Allemagne, et elle y avait reçu un accueil si favorable que successivement la Bavière, le Wurtemberg, Bade, le Nassau, le grandduché de Hesse, Saxe-Cobourg et Waldeck se mirent à frapper, sur le vnoôihledies kronenthaler , des écus d’argent qui circulaient pour 2 florins 42 kreuzers.
La première modification sérieuse du monnayage, faite en Allemagne dans le sens de l’unification des systèmes, remonte à 1857. Le 25 août de cette année, la Bavière, le Wurtemberg, la Hesse-Darmstadt et la ville libre de Francfort-sur-le-Mein signèrent à Munich une convention monétaire à laquelle adhérèrent, en 1858, la Hesse-Hombourg et les deux principautés de Hohenzollern. Ces pays adoptèrent le pied de 2 f ï\ O vins ou 2 âf f guldenfuss, suivant lequel 24 florins et demi