DATO ANNO IX
f). — République italienne.
En 1802, Bonaparte transforma la République cisalpine en une République italienne, dont il se fit donner la présidence.
La république italienne n’a pas laissé de monnaies effectives, mais il existe deux séries complètes de projets monétaires officiels. Les pièces d’or portent l’effigie de Bonaparte: Bonaparte fondatore e présidente; les pièces d’argent et de cuivre se distinguent par les attributs du commerce, de l’agriculture ou de la justice.
g). — Royaume d’Italie.
En 1805, la République italienne devint le royaume d’Italie sous le sceptre de Napoléon 1, qui avait ceint en France la couronne impériale. La même année, le territoire du royaume s’augmenta de la Vénétie, enlevée à l’Autriche par le traité signé à Presbourg le 26 décembre.
Par décret du 21 mars 1806, Napoléon I introduisit dans son royaume d’Italie le système monétaire français, mais en conservant les dénominations de lira et de soldo. Un décret du 24 janvier 1807 donna cours en France à toutes les monnaies du royaume. Trois ateliers, Milan, Bologne et Venise, fabriquèrent ces espèces en différenciant leurs émissions par leurs initiales m, b, v.
I. E. Zay, La monnaie ohsidionale de Mantoue, dans I Annuaire de la Soc. franç. denuniisni., 1891.
l’italie
En 18135 lorsque les Alliés envahirent les possessions napoléoniennes, une armée pénétra en Vénétie. La capitale fut bloquée et émit une monnaie obsidionale. En 1814, lapetite ville de Palmanova, près d’Udine, se trouvant assiégée à son tour, frappa des pièces de nécessité de 30 centesimi, en cuivre saucé, au type de la couronne de fer. La fabrication de ces pièces est extrêmement grossière.
h). — . Venise sous la première domination autrichienne (1797-1805).
Venise appartint une première fois à l’Autriche, depuis le traité de Campo-Formio jusqu’à celui de Presbourg. Pendant cette période, le monnayage se fit au nom de l’empereur François II, et les pièces d'argent portèrent à l’avers l’aigle autrichienne, mais le système monétaire vénitien fut conservé.
i). — ■ Royaume d’Ètrurie.
Legrand-duché de Toscane fut occupé par les armées françaises en 1796. Le traité de Lunéville, en 1801, l'enleva à Ferdinand III d’Autriche et l’érigea en royaume d’Etrurie en faveur du jeune duc de Parme, Louis I, dont les états furent réunis à la France.
Louis I, roi d’Étrurie, mourut en 1803 ; son fils Charles-Louis lui succéda sous la tutelle de sa mère, Marie-Louise de Bourbon, fille de Charles IV, roi d’Espagne. En 1807 le royaume d’Étrurie fut annexé à la France.
Les monnaies du royaume d’Étrurie furent frappées à Florence et à Pise. Les pièces d’or, sequins, demi-sequins et triples sequins ou rusponi, ne portent pas l’effigie du roi; à l’avers nous retrouvons l’antique fleur de lis florentine ; au revers, l’image traditionnelle de saint Jean- Baptiste. Sous Charles- Foui s, les plus fortes monnaies d’argent portent les bustes du jeune roi et de sa mère et tutrice; les pièces frappées à fflorence, écus de 10 et de 5 lire, présentent ces deux bustes accolés à droite; sur les monnaies émises à Pise, conformes au système de compte pisan, qui avait le paolo, et non la lire, comme base, les deux bustes sont affrontés.
j). — ■ Principautés de Lacques et de Piombino.
En 1805, Napoléon érigea Lucques et Piombino en principautés, et en fit don à son beau-frère Félix Bacciochi, mari d’Élisa Bonaparte.
De 1805 à 1808 furent frappées, aux bustes des deux époux, des pièces
d'argent de 5 franchi et d’un franco, et des pièces de cuivre de 5 et de 3 centesimi. En 1809, les principautés de Lucques et de Piombino furent jointes au royaume d’Étrurie, qui avait été reconstitué au profit d’Élisa Bonaparte.
k). — République romaine.
En 1798, Rome fut occupée par une armée française et le pape fut dépouillé de ses états. Le 15 février 1798 (27 pluviôse an VII) la République romaine fut proclamée. En 1799 gouvernement pontifical fut rétabli et, en 1801, la paix de Lunéville reconnut la souveraineté du pape. La série monétaire de la République romaine comprend des écus d’argent frappés à Rome (type : la Liberté debout, appuyée sur un faisceau) et à Pérouse (type: aigle sur un foudre), et un grand nombre de pièces de cuivre : due baiocchi, baiocco, meyço baiocco et quatrino, frappées à Rome, Ancône, Macerata, Fermo, Ascoli, Fotigno, Pérouse, Gubbio et Pergola.
1). — Royaume lombardo-vènitien.
A la chute de Napoléon I, la partie septentrionale du royaume d’Italie fut donnée à François I, empereur d’Autriche, et forma le royaume lombardo-vènitien. Les monnaies frappées par François I (181 5-1835) dans ses ateliers de Milan et de Venise, consistent en lires autrichiennes. Ces lires autrichiennes se divisaient, comme le franc ou lire italienne, en 100 centesimi, mais avaient une valeur moindre. La lira austriaca ne valait en effet que 87 centesimi italiani.
A partir du novembre 1823, ce système monétaire fut imposé à toutes les parties du royaume lombardo-vènitien; il avait l’avantage d’être en rapport avec le système de l’empire d’Autriche, car trois lire austriache valaient exactement un florin autrichien.
Les monnaies d’argent de François I {lira austriaca, me^^a lira et quarto di lira) ont l’effigie du monarque, qui prend les titres de d. g. AusTRiAE iMPERATOR LOME. ET VEN. REX. A. A. Le revers porte les armes écartelées de Lombardie et de Vénétie, avec un petit écusson d’Autriche sur le tout. Le nom du roi n’est pas inscrit sur les pièces de cuivre ; celles-ci portent à l’avers la couronne de fer surmontée de la couronne impériale, entourées des mots : regno lombardo veneto, et au revers se trouve, dans le champ, l’indication de la valeur: 5 ou 3 centesimi. ou:
1 CENTEsiMO, avec le millésime.
l’ ITALIE
Indépendamment des monnaies destinées spécialement à la Lombardie et à la Vénétie, les ateliers de Milan et de Venise frappèrent des monnaies dVr {souverains et demi-souverains) et d’argent (conventionsthaler et divisions) pour la circulation générale de l’empire d’Autriche. Ces officines différenciaient leurs produits par les lettres M ou V.
Sous Ferdinand I (1835-1848), ce monnayage continua, mais, pour le royaume lombardo-vénitien, on n’émit que des pièces de cuivre, que le millésime distingue seul de celles de François I.
En 1848, les révolutions de Paris et de Vienne eurent leur contre-coup à Milan et à Venise, qui s’insurgèrent contre la domination despotique des tedeschi. A Milan, le gouvernement provisoire, governo provvisoRio DI LOMBARDiA, s’empi'essa de frapper des monnaies nouvelles, conformes au système monétaire français, qui était celui de l’ancien royaume d’Italie. Il y eut des pièces d’or de 40 et de 20 lire italiane, des pièces d’argent de 5 lire, 2 lire et i lira\ ces deux dernières ne furent frappées qu’à titre d'essai. Le type de l’avers montre l’Italie debout, la main levée; la légende est: italia libéra dio lo vuole. A Venise, l’ancien système français fut également remis en vigueur par les insurgés : on frappa des pièces d’or de 20 lire, des pièces d’argent de 5 lire et des monnaies divisionnaires au type traditionnel du lion de Saint-Marc. Un troisième monnayage se rattache à la révolution italienne de 1848: les Autrichiens assiégés dans Mantoue y frappèrent des monnaies obsidionales. François-Joseph I, qui succéda en i 848 à Ferdinand I, après l'abdication de celui-ci, reprit à Milan et à Venise le monnayage des lire ausiriache et de leurs divisions. Les pièces d’argent portent son nom et son effigie. Les pièces de cuivre de François-Joseph, dont la série s’augmente d’une pièce de 10 centesimi, sont d’abord, au millésime près, identiques à celles de ses prédécesseurs; mais en 1852 leur type change, les mots : regno lombardo veneto et les couronnes disparaissent pour faire place à l’aigle autrichienne entourée de la légende: impero aus- TRiACO. Comme sous François I et Ferdinand I, les ateliers de Milan et de Venise frappèrent, indépendamment de ces espèces locales, des monnaies d’or, d’argent et de cuivre pour l’usage général de l’empire d'.Autriche. En 1859, la guerre de l’Autriche contre la Sardaigne et la France amena la cession de la Lombardie à Victor-Emmanuel IL En 1866, la AVnétie lui fut également abandonnée par les Autrichiens.
m). — Duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla.
En 1814, l'empereur d’Autriche revendiqua les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla et en ht don à sa fille Marie-Louise, épouse de
Napoléon I, sous la condition qu’à la mort de cette princesse ils feraient retour aux descendants de l’infant d’Espagne, ancien roi d’Étrurie.
Marie-Louise a laissé une série monétaire très complète, frappée suivant le système français. Les pièces d’or de 40 et de 20 lire, les pièces d’argent de 5 lire, 2 lire et i lira portent à l’avers le buste, au revers les armes. Sur les pièces d’argent de 10 et de 5 soldi le buste est remplacé par le chiffre couronné de Marie-Louise. Le cuivre porte à l’avers les armes, au revers l’indication de la valeur dans le champ. La duchesse s’intitule sur ses espèces: maria luigia imp. arcid. d’austria per la gr. di Dio DUCH. DI PARMA piAC. E GUAST. Elle mourut en 1847.
n). — Duché de Lucqiies.
Le traité de Vienne, en 1815, accorda le duché de Lucques à l’ancienne reine d’Etrurie Marie-Louise, infante d’Espagne. Elle régna jusqu’en 1824, et laissa son trône à son fils Charles-Louis I, qui, en 1847, haï de ses sujets, abdiqua en faveur du grand-duc de Toscane.
Charles-Louis I, duc de Lucques, a fait frapper à son buste ou à ses armes des monnaies conformes au système monétaire français. La pièce la plus forte est celle de 2 lire.
o). — Grand-duché de Toscane.
En 1814, la Toscane fit retour à la maison d’Autriche et Ferdinand III, qui avait été dépossédé par la France en 1801, remonta sur le trône. En 1824, fils Léopold II lui succéda; il régna jusqu’en 1859; l’année suivante, un plébiscite des Toscans réunit leurs pays au nouveau royaume constitutionnel de Victor-Emmanuel IL
Après la restauration de Ferdinand III, le système monétaire français, qui avait été mis en vigueur pendant la réunion de la Toscane au royaume d’Italie, fut supprimé et remplacé par les anciens systèmes toscans. Un grand désordre régna toujours dans les monnaies, malgré la réforme de 1826, complétée par les ordonnances additionnelles de 1837. On adopta à cette époque comme poids monétaire la lihhra à 12 onces, à 24 denari, à 24 grani, équivalente à 339 gr. 542, et comme unité monétaire la lira délia moneta buona, renfermant 83 grani d’argent lin. La lira se subdivisait en 20 soldi à 12 denari, soit en 240 denari. Dans l’impossibilité où le gouvernement se trouvait de supprimer complètement les anciennes monnaies de compte, on continua toutefois à frapper des florins d’argent, qui se divisaient en 100 quatrini ou 400 denari, et qui valaient par conséquent i ^ autre monnaie de
L ITALIE
compte qui survécut fut le paolo, dont dix valaient 4 florins. En somme, toutes ces espèces, en apparence disparates, avaient le denier pour base; c’est comme multiples de ce denier que toutes les monnaies réelles de la Toscane figurent en italiques dans le tableau suivant :
Denier ou picciolo.
4 deniers = quatrino.
12 deniers = 3 quatrini = soldo.
20 deniers = 5 quatrini ou crawla.
40 deniers = 10 quatrini ou pièce de 2 cra^ie.
80 deniers = 20 quatrini = demi-paolo.
100 deniers = 25 quatrini = quart de florin.
120 deniers = 30 quatrini = niei^ia lira ou denii-lira.
160 deniers = 40 quatrini — paolo.
200 deniers = 30 quatrini = nie^Tfi fiorino ou demi-florin.
240 deniers — 60 quatrini = lira délia nioneta buona = i ^ paoli.
400 deniers = 100 quatrini = florino ou florin = i ~ lire =2 -D paoli. 800 deniers = 200 quatrini = 2 florins = 3 paoli.
1200 deniers = 300 quatrini = 3 lire ou me:{^a dena.
1600 deniers = 400 quatrini = 4 florins ou francescone ou léopoldone — 10 paoli.
2400 deniers = 600 quatrini = 10 lire ou de7m.
3200 deniers = 800 quatrini = 8 florins ou lecchino = 20 paoli.
9600 deniers = 2400 quatrini = 24 florins ou ruspone — 60 paoli.
32000 deniers = 8000 quatrini = 80 florins ou Uopoldine = 200 paoli.
Les types monétaires de la Toscane sont, en or, la fleur de lis florentine, l’image de saint Jean-Baptiste ou les armes ; en argent, l’effigie du grand-duc, ses armes, la même fleur de lis, ou enfin une inscription indiquant la valeur placée au milieu du champ.
Cuivre.
Argent.
Or.
p). — Étals de V Église.
En 1799, la République romaine, dont nous avons parlé plus haut, prit fin et le pape Pie Vil reprit possession de ses états. Ce ne fut toutefois que pour quelques années. En 1808, il fut obligé de céder ses provinces du nord au royaume d’Italie, et l’année suivante Napoléon 1 incorpora le reste des états romains à l’empire français : à son fils, né en 1811, il donna le titre de roi de Rome. Les traités de 1814 rendirent au pape toutes ses possessions italiennes. En 1848, la révolution éclata à Rome et la république romaine fut rétablie, mais l'année suivante une expédition française ramena le pape dans sa capitale. En septembre 1 870, une armée italienne entra à Rome et, le 9 octobre suivant, le pouvoir temporel fut définiti-
vement aboli. Voici la chronologie des papes pendant la période dont nous venons de résumer Thistoire :
*Pie VII Chiaramonti, 1799-1809.
[* Réunion de Rome à l’empire français, 1809-14.]
* Pie VII, rétabli, 1814-23.
* Vacance du Saint-Siège, 1823 ; cardinal Bartolomeo Pacca, camerlingue.
* Léon XII délia Genga, 1823-29.
* Vacance du Saint-Siège, 1829 ; cardinal Pier Francesco Galleffi, camerlingue.
* Pie VIII Castiglione, 1829-30.
* Vacance du Saint-Siège, 1830-31; cardinal P. -F. Galleffi, camerlingue.
* Grégoire XVI Capellari, 1831-46.
* Vacance du Saint-Siège, 1846; cardinal Riario Sforza, camerlingue.
* Pie IX Mastaï Ferretti, 1846-48.
[* République romaine , 1 848-49] .
*Pie IX, rétabli, 1849-70.
Après le retour du pape Pie VIT, le système monétaire français fut remplacé par les anciens systèmes de Rome et de Bologne, précédemment en usage dans les États de l’Église. Une ordonnance du 23 mars 1818 décida que le système romain serait désormais le seul en usage. Les monnaies frappées à Bologne continuèrent toutefois à porter des empreintes spéciales.
Une nouvelle ordonnance, du 11 janvier 1833, vint apporter dans le monnayage pontifical des modifications importantes. Le système décimal français fut adopté pour les poids des espèces ; de nouvelles monnaies d’or furent créées: la diversité des types, qui avait fait jusqu’alors le charme des séries pontificales, prit fin : désormais les pièces portèrent au droit l'effigie du pape, au revers l’indication de leur valeur, inscrite dans une couronne de laurier. Les lettres R et B différencièrent seules les produits de l’atelier de Rome et de celui de Bologne. Il y eut, en or, des pièces de /o sciidi, de 5 scudi, de deux scudi et demi, puis, plus tard, d’un scudo ; en argent l’échelle des valeurs comprit six pièces : scudo de 100 baiocchi, me{{0 scudo de 30 baiocchi, teston de 30 baiocchi, pièce
de 20 baiocchi dite aussi papetto, pièce de 10 baiocchi ou paolo, grosso ou demi-paolo. Quelques pièces de cuivre complétaient la série.
Après la mort de Grégoire XVI, en 1846, le Sacré Collège émit pour la dernière fois des monnaies pendant la vacance du Saint-Siège; ces pièces reproduisent le type traditionnel; d’un côté les armes du cardinal camerlingue, de l’autre, la colombe du Saint-Esprit dans une gloire.
l’ ITALIE
Pie IX frappa ses premières espèces suivant, la législation adoptée en 1835. La république romaine de 1848 frappa des pièces de billon et de cuivre, depuis le quattrino jusqu'à 40 baiocchi, portant à Tavers un aigle tenant le faisceau consulaire, dans une couronne de chêne.
Pie IX, rétabli, introduisit, en i8ô6, dans ses états, le système monétaire décimal français; on possède de lui, en or des pièces de 100, 50, 20 (fig. 391) et 10 lire, en argent des pièces de 5, 2 , 2 lire, i lira, 10,
et 5 soldi, en cuivre des pièces de 4, 2 soldi, un soldo, un me^^o soldo et un centesimo. En^février 1867, le gouvernement pontifical déclara se rallier à la convention de l’Union monétaire latine.
q). — Répiihliqm napolitaine.
En janvier 1799, une armée française, sous les ordres du général Championnet, prit la ville de Naples, qui se constitua en république. Dès le mois de juin de la même année, Eerdinand IV de Bourbon, roi des Deux-Siciles, rentrait en possession de sa capitale.
La République napolitaine, malgré son existence éphémère, a frappé des écus d’argent de i 2 carlins, des demi-écus d’argent de six carlins, des pièces de cuivre de 6 et 4 tornesi. Les monnaies d’argent portent la déesse de la Liberté debout, entourée des mots : republica napolitana ; au revers les mots : anno settimo della liberta entourent l’indication de la valeur placée au milieu du champ. Le type des pièces de cuivre se compose du faisceau consulaire.
r). — Royaume des Deux-Siciles .
Au commencement du xix^ siècle, Naples et la Sicile appartenaient à Ferdinand de Bourbon, qui était monté sur le trône en 1759, sous les noms de Ferdinand IV à Naples et de Ferdinand III en Sicile. De 1806 à 1815, deux princes français, Joseph Bonaparte, puis Joachim Murat, occupèrent la partie continentale de ses états, mais ils ne parvinrent pas à se rendre maîtres de la partie insulaire. En 1816, Ferdinand de Bourbon rentra en possession de Naples et prit le titre de Ferdinand I. Il eut pour successeurs :
* François I, 1825-34. * François II, 1858-60.
* Ferdinand II, 1834-58.
En 1860, les troupes de Garibaldi mirent fin à la domination bourbonienne, et le royaume des Deux-Siciles fut déclaré partie intégrante de l’Italie unie. Le système et les types monétaires de Naples et de la
Sicile étant distincts, nous examinerons successivement la numismatique des deux parties du royaume :
Sicile. — On comptait en Sicile par onces divisées en 30 tari à 20 grani. Le poids monétaire était la lihhra siciliana, qui se divisait en 5760 grani et correspondait à 317 gr. 368, Ferdinand III frappa dans son atelier de Palermedes pièces d’or de 2 onces portant, à l’avers, sa tête avec couronne radiée, tournée à droite, au revers, la trinacria, emblème de la Sicile. Les monnaies d’argent consistent en onces ou pièces de 30 tari, piastres de 12 tari, pièces de 6 et de 3 tari, d’un tari et d’un demi-tari; les monnaies de cuivre en pièces de 10 grana, 5 grana, 2 grana, i grano. 'Lo.grano de Sicile ne valait que la moitié de celui de Naples. Le type des pièces d’argent et de cuivre se compose du buste royal, d’un phénix renaissant de ses cendres, d’un aigle, d’une croix portant une couronne à l’extrémité de trois de ses bras, d’une gerbe de blé entre deux cornes d’abondance.
Naples. — On comptait à Naples èn ducats ou ducati di regno et, sous Ferdinand IV, l’on frappait en or des pièces de 6, 4 et 2 ducats, en argent des ducats ou pièces de 10 carlins, des demi-ducats ào. 5 carlins, des scndi de 12 carlins ou 120 grani, des nieni-sciidi de 6 carlins, des doubles carlins ou tari, des carlins, enfin, en cuivre une grande quantité d’espèces divisionnaires, multiples du lornese, du cavallo et du quattrino.
Joseph -Napoléon (1806-1808) régla son monnayage par décret du 12 janvier 1807, mais les seules pièces qui nous restent de son règne sont des scndi de 120 grani d’argent portant à l’avers sa tête nue tournée à gauche, au revers, les armes soutenues par deux sirènes. Ses titres sont ; ioseph. napol. d. g. utr. sicil. rex. princeps gal- Licus MAGNUS ELECTOR iMPERii. Lorsque Joacliim Murat (1808-1815) eut remplacé son beau-frère, il frappa d’abord des scudi àt 120 grani et quelques pièces de cuivre du système napolitain. Puis, dès 1810, il introduisit le système monétaire français dans ses états; de celte année, nous avons des pièces d’or de 40 franchi. Le monnayage, interrompu, reprit en 1813 avec des pièces d’or de 40 et de 20 lire, des pièces d’argent de 5, 2 et I li?'e et des essais de cuivre. Toutes ces pièces sont d une glyptique particulièrement remarquable. Murat s’intitule d’abord gioacchino napoleone re belle due siciLiE PRINCIPE E GRAND’ AMMiRAGLio DI FRANCIA, mais SLir l’émission de 1813 le titre de grand amiral est omis.
Ferdinand I de Bourbon, restauré (1816-1825), en revint au système monétaire napolitain. En 1818, par édit du 20 avril, il accomplit une réforme qui unifia la circulation métallique de Naples et de la Sicile. Le nouveau système eut pour base le nouveau ducat d’argent, divisé en 100 grani à 10 cavalli. Comme poids monétaire, il adopta la lihhra divisée en 12 onces à 30 trappes! à 20 acini ou grani, équivalent à 320 gr. 759. En or on frappa des pièces de 10 oncette ou 30 ducats, de 5 oncette ou 15 ducats, de 2 omette ou 6 ducats, et oncette ou 3 ducats; en argent, des scudi de 12 carlins, des ducats de 10 carlins, des pièces de 6 carlins, des pièces de 2 carlins et des carlins. Le type des pièces d’or se compose de la tête du roi et, au revers, d’un génie nu, debout, tenant un bouclier fleurdelisé et s’appuyant de la main droite sur un autel, sur lequel est posée la couronne royale. Le revers des monnaies d’argent porte l’écu couronné du royaume. Toutes ces pièces ont l’indication de leur valeur; l’or porte en outre l’indication de son poids en acini et de son titre en millesimi. Le monnayage du royaume des Deux- Siciles ne subit aucune modification notable sous les successeurs de Ferdinand I.
l’italie
s). — République de Saint-Marin.
La république de Saint-Marin, située sur une montagne, autrefois enclavée dans les Etats de l'Eglise, est le seul des anciens états italiens qui ait conservé son indépendance depuis la formation de Tunité nationale. En 1861, et depuis lors à plusieurs reprises, la minuscule république a fait frapper dans les ateliers du royaume d’Italie des monnaies de bronze de lo et de 5 centesimi\ elles portent à l’avers les armes de Saint-Marin : une montagne surmontée de trois châteaux. En 1898, la république a fait frapper pour la première fois des pièces d’argent de 50 centesimi^ d’une //re, deux lire et cinq lire. Le type est analogue à celui des pièces de bronze; les coins sont l’œuvre du graveur italien Speranza.
§ IL — Le roymiinc de Sardaigne et V Italie actuelle.
En 1798, la Erance s’étant annexé toutes les possessions de terre ferme du royaume, le roi Charles-Emmanuel IV se retira dans l’île de Sardaigne. En 1802, il abdiqua en faveur de son frère Victor-Emmanuel 1, qui, en 1814, rentra dans ses anciennes provinces continentales, auxquelles vinrent s’ajouter Gènes et ses dépendances. Il mourut en 1821. Il eut pour successeurs Charles-Félix (1821-1851), puis Charles-Albert (1831-1849), qui abdiqua en 1849 en faveur de son fils Victor-Emmanuel IL En 1859, grâce à l’appui de la France, Victor-Emmanuel II put vaincre les x\utrichiens et réunir la Lombardie à ses états, mais la Savoie et Nice furent rendues à la France. Dans le courant de la même année et en 1860, Parme, Modène, la Toscane et la Romagne votèrent leur annexion à la Sardaigne. En 1860, le royaume des Deux-Siciles fut conquis par Garibaldi, et en février 1861, le parlement de Turin proclama Victor-Emmanuel II roi d’Italie. En 1866, la Vénétie fut réunie au rovaume, enfin en 1870 une armée italienne entra à Rome, qui en devint la capitale.
Les premières monnaies de Victor-Emmanuel I furent frappées en 1812 à Cagliari, dans l’île de Sardaigne: elles sont conformes au
système spécial en usage dans cette île. Elles consistent en réaux de billon au buste et aux armes, et en pièces de cuivre de 3 cagliaresi ; celles-ci portent d’un côté les armes de Tîle de Sardaigne, occupant tout le champ, de l’autre les mots cagliaresi tre en deux lignes. Lorsqu’en 1814, il fut retourné dans ses anciens états de terre ferme, Victor-Emmanuel I réorganisa l’atelier de Turin et décida le retour à l’ancien système monétaire piémontais. On frappa donc des doppie d’or de 24 lire piémontaises, puis des pièces de billon de 2 soldi 6 de?iart\ enfin des demi-scuti identiques à ceux qu’on frappait avant l’invasion française.
L’usage de compter en monnaie de France s’était tellement bien implanté en Savoie et en Piémont, que la tentative réactionnaire du roi provoqua des réclamations unanimes, si bien que, le 6 août 1816, Victor-Emmanuel I se décida à frapper de nouvelles pièces de 20 et de 5 lire conformes au système français. En 1819, il compléta la réforme en adoptant le système métrique pour le poids des monnaies et des matières précieuses. En 1820, le roi fit frappera Turin et à Gênes des pièces d’or de 40 et de 80 lire, indépendamment de la pièce de 20 lire, puis des pièces d’argent de 5, 2 lire et i lira. Le revers ne porta plus que l’écu couronné de Savoie, au lieu des anciennes armes à multiples quartiers. Depuis 1816, Victor-Emmanuel I avait ajouté à ses titres celui de duc de Gênes : diix Janiiœ.
Charles-Félix (1821-1831) émit les mêmes espèces que son prédé-
cesseur, mais l’échelle des valeurs s’augmenta de pièces d’argent de 50 et et de 25 centesimi. Les types comprennent l’effigie royale et, au revers, l’écu à nombreux quartiers (fig. 39 1)^ sauf sur les pièces de 50 et 2 5 centesimi qui eurent l’écu simple à la croix de Savoie. A partir de 1825, on émit des pièces de cuivre de 3 centesimi et i centesimo. Leur type se compose à l’avers d’un écu à l’aigle chargé, en abîme, d’un petit écu ovale de Savoie; l’écu est couronné et entouré de deux branches de chêne ; au revers ne figurent que des inscriptions : titulature du roi, indication de la valeur et millésime.
Charles-Albert (183 1-1849; frappa des pièces d’or de 100, 50, 20 et
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10 lire et des pièces d’argent de 5, 2 lire, i lira, 50 et 25 centeümi. Le revers des espèces est orné de Técu simple à la croix de Savoie (fîg. 394).
Les premières monnaies de Victor-Emmanuel II (1849-78) ne diffèrent guère de celles de son père que par le buste. La titulature resta la même: Victorius Emmanuel IL D. g. rex. Sard. Cypr. et Hier, dux Sab. Genuae et Montisf. princ. Ped. etc. La tête du roi est tournée à gauche sur l’or, à droite sur l’argent. En 1859, l’annexion de la Lombardie vint ajouter l’atelier de Milan à ceux de Turin et de Gênes. L’année suivante l’annexion de Parme et de Plaisance, de Modène, de la Toscane et des Romagnes, donna à Victor- Emmanuel deux ateliers nouveaux, ceux de Bologne et de Florence. Les pièces frappées dans ces ateliers portent l’inscription : regie provincie dell’