DEPUIS L’INVASION FRANÇAISE DE BONAPARTE
Sources : F. et E. Gnecchi, Sa^gio di Inbliografia numismatica âelle :^ecche italiam luedioevali e moderne. Milan, 1889, gr. in-8. — D. Promis, Monete dei reali di Savoja. Turin, 1841, 2 vol. in-4. — F. et E. Gnecchi, Le monete di Milano da Carlo Magno a Vittorio-Emmamiele IL Milan, 1884, gr. in-4. — A. Cinagli, Le monete dei Papi descritte in tavole sinottiche. Fermo, 1848, in-fol. — J. et A. Sambon, CoIle:(ione Samhon. Monete delV Italia méridionale. Milan, 1897, in-8. — S. Ambrosoli, Numismatica, dans la collection des Manuali Hoepli, Milan, in- 12. — Les sources citées en tête du chapitre premier.
Nous diviserons la numismatique italienne du xix^^ siècle en deux parties. Dans la première nous passerons en revue toutes les divisions politiques, — survivances du moyen-âge, improvisations éphémères de la révolution française et de Napoléon 1, créations des traités de 181^, — qui, à Lexception de la république de Saint-Marin, ont successivement disparu par la formation de l’unité nationale. Dans la seconde partie nous passerons en revue l’histoire monétaire du royaume de Sardaigne, qui, par ses annexions successives, est devenu ITtalie actuelle.
§ I. — États antérieurs à Vunité italienne.
a). — Rèpnhliqne pièmontaise ou Gaule subalpine.
En 1798. Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne, fut chassé de ses états continentaux par une armée française qui y organisa une République pièmontaise. La Monnaie de Turin frappa aussitôt des denü-écus et
quarts d'écu d’argent et des pièces de 2 soldi de cuivre au nom du nouveau gouvernement.
Le type des pièces d’argent se compose, à l’avers, d’une Liberté en marche, casquée, tenant le faisceau et montrant les Alpes; la légende est: LiBERTA. viRTu. EGUAGLiANZA. Au revers, les mots: anno vu rep. i DELLA LIBERTA piEMONTESE eiitourent Une couronne de chêne dans laquelle est inscrit le nom de la pièce. Les pièces de 2 soldi portent à l’avers un niveau.
En 1799, les troupes françaises furent chassées d’Italie, mais la victoire de Marengo, en 1800, rétablit la République piémontaise sous le nom de Gaule subalpine. Deux monnaies frappées à Turin l’an 9 et l’an 10, et dont les coins, dus à Lavy, peuvent compter parmi les chefs-d’œuvre de la gravure monétaire, rappellent ces événements. La pièce d’or de 20 francs, connue sous le nom de Marenghino, porte à l’avers une tête de Minerve casquée et la légende: l’italie délivrée a marengo. Le revers porte les mots: liberté égalité eridania autour d’une couronne qui renferme, placées en trois lignes, les indications de la valeur et de l’année républicaine. La pièce de 5 francs en argent représente la Gaule subalpine, tenant une palme et une couronne, et posant la main gauche sur l’épaule de la France républicaine, qui porte le niveau et la pique surmontée du bonnet phrygien ; le revers reproduit à quelques détails près celui de la pièce d’or.
En 1802, le Piémont fut annexé à la France, et Turin devint un atelier monétaire français.
b). — République ligurienne.
En 1796, la ville de Gênes fut occupée par la France et, l’année suivante, Bonaparte y substitua à l’ancien gouvernement aristocratique une république démocratique qui prit le nom de République ligurienne. En 1805, Gênes fut annexée à l’empire français.
De 1798 à 1805, la République ligurienne émit une série de monnaies comprenant les unités suivantes : pièces d’or de 96, 48, 24 et 12 lire, pièces d’argent de 8, 4, 2 lire et d’une lira, pièces de billon de 10 soldi. Le type des pièces d’or se compose, à l’avers, de la République assise à gauche, tenant une pique et s’appuyant sur l’ancien écu de la cité: repu- BLiCA LIGURE, au rcvcrs, d’un faisceau avec bonnet phrygien dans une couronne: nell’ unione la eorza. Les pièces d’argent ont d’un côté la Liberté et l’Égalité debout, se tenant enlacées, de l'autre, l’écu génois brochant sur le faisceau dans une couronne. Les coins sont gravés par Vassallo.
L ITALIE
c). — Venise pendant l’occupation française de
En avril 1797, après le massacre des Français à Vérone, Bonaparte déclara que l’antique république de Venise avait cessé d’exister. Le doge Louis Manin se démit de ses fonctions et une armée française occupa la cité de l’Adriatique. Le traité de Campo-Formio, du 17 octobre 1797, céda Venise à l’Autriche.
Pendant l’occupation française de 1797, la ^ecca de Venise émit des écus d’argent de 10 /fre, portant à l’avers la Liberté debout devant un amas d'armes et de drapeaux; la légende circulaire est: liberta egua- GLiANZA. Au revers, les mots: anno i della liberta italiana 1797, entourent une couronne dans laquelle est inscrite en trois lignes la valeur de la pièce : lire dieci venete. 11 existe de ces pièces deux coins différents.
d). — Républiques cispadane et transpadane.
Après la victoire de Lodi, remportée, le 10 mai 1796, sur les Autrichiens, Bonaparte créa sur la rive méridionale du Pô une République cispadane qui comprit Bologne, Modène, Reggio et Ferrare. L’atelier monétaire de Bologne, qui avait ouvré jusque-là pour le pape, continua en 1796 et 1797 l'émission, déjà commencée en 1795, des pièces d’argent, écus et demi-écus, sans mention du gouvernement pontifical. L’avers porte le buste de la Madone, dans les nuages au-dessus de la ville, avec la légende: praesidivm et decvs: le revers montre l’écu écartelé de Bologne : popvLvs ET SENATVS BONON. ; à l’exergue figurent l’indication de la valeur, 10 ou 5 paoli, et la date.
La République transpadane, fondée également par Bonaparte, en 1796, au nord du Pô, n’a pas laissé de souvenirs monétaires.
e). — République cisalpine.
Les deux Républiques transpadane et cispadane furent réunies en une République cisalpine, dont l’existence fut reconnue en 1797 traité
de Campo-Formio. Pendant que Bonaparte se trouvait en Egypte, les Autrichiens envahirent la Lombardie. Le général Foissac- Latour, cerné dans Mantoue.dut capituler le 30 juillet 1799., après soixante-douze jours de blocus et vingt jours de siège. Pendant l’investissement, il ht frapper des pièces de 10 et de 5 soldi en billon, et couler des pièces d’un solda en métal de cloches. Le type de ces monnaies se compose d’un faisceau consulaire surmonté du bonnet phrygien, avec la légende : assedio ni
MANTOVA ANNO VII R. On émit également des pièces empreintes d’anciens coins autrichiens du règne de Marie-Thérèse'.
Reconstituée après la bataille de Marengo, en 2800, la République cisalpine fut reconnue de nouveau, l’année suivante, par la paix de Lunéville. Pendant cette seconde période, l’atelier monétaire de Milan émit deux monnaies d’argent aussi remarquables par leur exécution que par leur intérêt historique. La première, un écu de six lire, représente à l’avers la République cisalpine debout, dans une attitude de remerciement, devant la France assise: alla naz. fran. la rep. cisal. riconoscente; le revers porte, au milieu d’une couronne de chêne, en quatre lignes : scudo di lire sei 27 pratile anno viii. La seconde monnaie, une pièce de 30 soldi, porte à l’avers le buste cuirassé, casqué et couronné d’épis de la République cisalpine, et au revers, au milieu du champ, en cinq lignes: page celebrata foro Bonaparte fon-