HISPANIARUM ET IND. REX
8. Ocho niaravedis ou pièce de 8 maravedis de cuivre. Elle porte à l’avers la tête nue du roi accostée de l’indication de la valeur, au revers, dans une grande couronne de laurier, une croix ornée, portant au centre l’aigle de l’empire français et cantonnée de deux tours de Castille et de deux lions de Léon.
Les monnaies d’or et d’argent de Joseph-Napoléon ont été frappées à Madrid (différent: un m couronné), celles de cuivre, à Ségovie (différent : un aqueduc). Aux émissions de Joseph- Napoléon se rattachent les monnaies frappées à Barcelone, qui de 1808 à 1814 ne cessa d'être occupée par une garnison française. Les pièces barcelonaises, d'un caractère municipal, portent à l’avers l’écu losangédela Députation entre deux branches de laurier, au revers le nom de la ville, la valeur et le millésime. On a frappé ainsi, conformément au système de compte particulier en usage en Catalogne, en or, le doublon de 20 pesetas, en argent, le doiu'o de 5 pesetas et les pièces de 2 pesetas et de i peseta, en cuivre, les pièces de 4, 2 quartos et i quarto (fig. 397).
Tandis que Joseph-Napoléon ou les généraux français émettaient les espèces que nous venons d’énumérer, les juntes insurrectionnelles faisaient battre monnaie au nom de Ferdinand VIL Les produits de ce monnavage forment deux groupes: l’un comprend les espèces régulières frappées dans les ateliers de Madrid, Séville, Valence et Cadix, et dans un atelier créé en 1808 à Reus, qui fut transporté en 1810 à Tarragone
et en 1811 à Palma de Majorque; l’autre embrasse les monnaies obsidionales ou de nécessité frappées en 1808 et 1809 dans des officines tempo" raires, disposant d’un matériel rudimentaire, improvisées suivant les vicissitudes de la lutte à Gérone, à Lérida, à Tarragone, à Tortose, à Palma de Majorque.
Le premier groupe comprend des monnaies d’or de 8 et 2 escudos, des monnaies d’argent frappées suivant le compte en reales de plata et valant 8, 4, 2 reales de plata, un real et un demi-real, des pièces de cuivre de 8, 4 et 2 maravedis. Le type de l’or et de l’argent a le buste ou la tête, parfois laurés, de Ferdinand VII et les armes couronnées. Les différents des ateliers sont un m couronné pour Madrid, un c couronné pour Cadix, un s pour Séville, un v pour Valence, enfin un c pour l’atelier qui siégea successivement à Reus, à T arragone et à Palma. Le cuivre frappé à Jubia porte le différent j.
La série des monnaies obsidionales ne comprend que des d’ar-
gent, dont voici l’indication sommaire:
Gérone. — Une émission faite en 1808, pendant les deux sièges soutenus contre le général Duhesme, comprend des pièces formées d’un disque d’argent portant à l’avers un poinçon avec la légende : gna. 1808. un douro, au revers, un autre poinçon avec le nom du roi, fer. vu. Une autre émission en date de 1809, pendant le siège du maréchal Mortier, est faite avec des coins véritables, mais d’une gravure très grossière ; les pièces ont d’un côté le buste de Ferdinand VII, de l’autre l’écu couronné accosté de la mention 5 vÇesetas) et entouré de la légende : gerona ano de 1809.
Lérida. — Donros de 5 pesetas, frappés en 1809. Il y eut deux émissions, la première de disques d’argent, contremarqués de l’écu de la ville au-dessus du nom : ILDE, et de quatre poinçons; 5 ps. fer. vu. 1809., le seconde de pièces frappées au moyen de coins, identiques aux pièces de Gérone, sauf le nom de lérida.
Tarragone. — Disques d’argent, portant d’un côté un poinçon à l’écu de Catalogne, de l’autre quatre poinçons : 5 ps fer. vu. 1809.
Tortosa. — Disques d’argent, marqués, d’un seul côté, d’un poinçon aux armes de la ville, entouré de trois poinçons : i duro tor.sa. Ces pièces n’ont pas de millésime.
Palma de Majorque. — Donros de 30 sous, ronds ou de forme octogonale ; l’une des deux fices porte un poinçon aux armes de Palma ou de Majorque, l’autre face, les poinçons ; 30 s. fer. vu. 1808.
Comme nous l’avons dit plus haut, Ferdinand VII rentra en Espagne en mai 1814. Le monnayage continua à son nom, sans changement ni dans le système, ni dans les types. Le nombre des pièces d’or s’augmenta toutefois de quelques unités. On frappa des o;zce.s ou pièces de 8 escudos, des médias on^as de 4 escudos, des pièces de 2 escudos, des escudos et des escudillos ou medios escudos, valant respectivement 320, 160,80,40 et 20 reales de vellon.
Le Conseil de régence qui, de Cadix, avait dirigé la guerre de l’indépendance, avait donné en 1812 à l’Espagne une constitution parlemen-
l’eSPAGNE et le PORTUGAL
taire. Ferdinand VII s’était hâté d’abolir cette constitution, mais en janvier 1820, son absolutisme et sa cruauté provoquèrent une révolution qui ne prit fin qu’en 1823, par l’intervention d’une armée française. Dès le mois de mars 1820, le roi avait rétabli la constitution de 1812. Cet événement politique eut son écho dans le monnayage ; le type des espèces subit certaines modifications; le revers des douros reçut les armes d’Espagne placées entre les colonnes d’Hercule, type qui avait été réservé jusqu’alors aux émissions de l’Amérique espagnole; les titres du roi devinrent : Ferdinand 7° por la gracia de Bios y la constitucion rey de las Espanas. Dans le nord de l’Espagne circulaient un grand nombre d’anciennes pièces d’argent françaises de 3 livres. En 1821, le gouvernement espagnol les fit refrapper sans les refondre et les remit dans la circulation pour un denii-douro ou 10 réaux. Leur type comprend à l’avers la tête nue du roi, à droite, au revers le mot resellado (surfrappé) et l’indication de la valeur dans une couronne. Des officines temporaires furent créées pour cette opération de surfrappage. Le catalogue Quadras indique des
resellados pour Madrid (s couronné), Séville (s), Bilbao (b) et San-
tander (s).
En 1821, pendant les événements politiques dont l’Espagne continentale était le théâtre, un atelier provisoire fut ouvert à Raima de Majorque, dans le château de Bellver. On y frappa des doiii'os de nécessité portant à l’avers deux poinçons, l’un à l’écu losangé de Majorque, l’autre aux mots sALus POPULi; au revers quatre poinçons : fr® vu 30 sous 1821. En 1823, une nouvelle fabrication de nécessité eut lieu à Raima dans l’ancien couvent des Capucins ; l’avers de ces nouveaux douros d’argent porte l’écu de Majorque, le nom et les titres du roi, au revers, les mots YSLAS BALEARES et le millésime dans une couronne de laurier.
Rendant que l’expédition française envoyée en Espagne par les gouvernements réactionnaires de l’Europe pour rétablir le pouvoir absolu de Ferdinand VII, assiégeait en 1823 la ville de Valence, on frappa dans cette place des pièces obsidionales d’argent de 4 réaux. L’avers porte le buste du roi entouré de ses titres constitutionnels, le revers, l’écu losangé de la ville, couronné et entouré de la légende : yal(c;zc/u) sitiado por los