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LA FRANCE
par M. d’Uxelles, frappa d'intéressantes obsidionales d'argent, mais ces pièces fabriquées avec l'outillage régulier d'un atelier officiel n’ont pas l’aspect d'un numéraire improvisé. La série se compose de florins ou Va derixdale, de demi-florins ou tiers de rixdale, de doubles sols et de sols. On lità l'avers: MONETA NOVA ARGENTEA, autour d'un écusson couronné renfermant un chiffre formé de quatre L entrelacés. Le type du revers se compose de l'indication de la valeur, avec GLORIA IN EXCEL- SIS DEO.
A Landau, en 1702, pendant le siège que la ville eut à soutenir contre les Impériaux, le gouverneur, M. de Mélac, convertit sa vaisselle en monnaie, comme l’avait fait Turenne devant Saint- Venant. Les morceaux d’argent portent à Landau diverses estampilles, des fleurs de lis, les armes de M. de Mélac (fig. 44), le nom de la place investie, le millésime et les indications des valeurs : 4 livres 4 sols, 2 1.
2 s. ou I 1. I s.
Le siège de Lille par les alliés en 1708 donna lieu ^'^s- 44 aune monnaie obsidionale de fabrication plus parfaite. C’est que le maréchal de Boufflers avait à sa disposition, comme M. d’Uxelles à Mayence, un atelier bien outillé. On émit à Lille des pièces de cuivre de vingt, dix et cinq sols. Leur type se compose, d'un côté, des armes de M. de Boufflers, posées sur deux bâtons de maréchal mis en sautoir et sur un manteau ducal. Elles sont entourées des trois ordres de Saint- Louis, de Saint-Michel et du Saint-Esprit. L'empreinte du revers est simplement épigraphique : elle donne, en six lignes horizontales, la valeur d’émission, la légende PRO DEFENSIONE VRBIS ET PATRIÆ et la date. Suivant un renseignement recueilli par M. Van Rende, le savant auteur de la Numismatique lilloise, il fut frappé 100,000 exemplaires des pièces lilloises de 20 et de 5 sols et 1 50,000 de celles de 10 sols.
Le 27 juin 1709, les troupes alliées investirent Tournai où commandait au nom de la France Charles de Hautefort, marquis de Surville : Le M juillet, la Cour approuva l’émission, par ordre du gouverneur, d’obsidionales en argent : « Sur le réquisitoire du procureur général du Roy, contenant que quoy qu’il n’appartienne qu audit seigneur Roy d'ordonner la fabrication et l’évaluation de la monnoye, les commandans des villes assiégées ont souvent pratique^ de faù'e frapper des espèces
pour avoir cours dans la nécessité Messire de Surville avoit
ordonné aux orphèvres de fabriquer des pièces d’argent du poids d’un
quart d’écu et d’employer les dittes pièces au payement des troup-
pes sur le pied de vingt patars ou vingt-cinq sols, avec promesse de
les reprendre sur le même pied après la fin du siège la cour ordonne
que les dittes pièces seront reçues dans le public ...» Ces pièces carrées, unifaces, découpées dans la vaisselle des habitants, portent la tête du gouverneur à gauche, accompagnée de son nom: M. DE SVRVILLE- Le 20 juillet, un nouvel arrêt autorisa la circulation des pièces de cuivre rondes, de huit et de deux patars. Les premières représentent « d’un côté les armes dudit sieur marquis de Surville (d’or à trois forces hautes de sable) et de l’autre cette inscription: MONETA IN OBSIDIONE TORNACENSI CVSA ».
Les pièces de deux patars sont unifaces et empreintes d’une tour, armes de la ville, avec la légende TORNACO OBSESSO 1709. Tournai capitula le 29 juillet '.
Le 2 septembre 1710, l’armée des alliés commandée par Marlborough et le prince Eugène mit le siège devant Aire-sur-la-Lys. Le marquis de Guébriant, qui commandait la garnison, donna le 28 octobre, aux orfèvres de la ville, pour la valeur de 4,000 écus de sa vaisselle, afin qu’ils la convertissent en pièces de 25 et 50 sols. Les coins dont on se servit pour la fabrication de ces pièces étaient ronds, mais les flans sont de toutes formes. Le type de ces monnaies unifaces est un écu rond aux armes de Guébriant : d’azur à la fasce d’or^ surmonté d’une couronne à cinq fleurons. La légende circulaire est: PRO REGE ET PATRIA ARIA OB^ Dans le champ ou sous l’écu est placée la date 1710, et au-dessus de la couronne se trouve l’indication de la valeur. Le siège d’Aire se termina par une capitulation, le 9 novembre.
Les obsidionales dont nous avons eu à parler jusqu’ici sont toutes métalliques. Les pièces dont se servit M. d’Afïry de la Monnoye, gouverneur de Bouchain, assiégé en 1711 parles alliés, sont simplement en carton. On en connaît de 25 et de 5 sols. Les premières ont au droit un cachet de cire rouge: Cupidon portant une lanterne sourde et cette devise : 47 SANS ECLAT. Les autres ont un cachet aux
armes du gouverneur, d’argent à trois chevrons de sable (fig. 47). Au
iim g
D'AepryM,
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I. Cocheteux, Du marquis de Surville et des monn. obsidionales fr. à Tournai en lyoq, dans la Rev. belge de numism.., 1855, p. 22. — Chaudruc de Crazannes, Sur la monn. obsidionale de Tournai, dite de Surville, dans le même recueil, 1854, p. 59.
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dos des deux pièces est inscrit: DAFFRY M et l’indication de la valeur, XXV ou uni, placée aux quatre coins de la carte.
Avant de quitter Fhistoire monétaire de Louis XIV, rappelons que, sous son règne, les ateliers français frappèrent pour la première fois un numéraire destiné aux colonies. Nous en parlerons en détail lorsque nous esquisserons la numismatique du Canada.
§ XI. — Louis XV (1715-1774).
Louis XV, né le 15 février 1710, succéda à son bisaïeul le i septembre 1715, sous la régence de Philippe, duc d’Orléans.
Le règne commençait sous de fâcheux auspices ; les premières années et surtout celles qui s’étendent de 1718 jusqu’à 1722 furent désastreuses pour les finances, par suite des opérations de la fin du règne de Louis XIV. Le 13 août 1715, Louis XIV avait déclaré « que le prix des espèces et matières demeurerait fixé pour toujours et sans aucun changement ». Le régent, à peine arrivé au pouvoir, avait renouvelé, le 12 octobre, la même promesse, mais dès le mois suivant, il s’était donné, dit M. Hanauer, un éclatant démenti. Les réformations reprirent de plus belle. Une refonte générale des espèces pratiquée pendant l’administration du duc de Noailles procura un bénéfice d’un cinquième par le surhaussement de la valeur nominale qu’on donna à la monnaie nouvelle.
En 1716, Law commença l’application de son système. Depuis le 2 mai, il avait été autorisé à créer des billets de banque et, le 10 avril 1717, leur cours était devenu obligatoire pour les caisses de l’Etat. Au mois d’août de cette dernière année, il avait fondé par commandite la Compagnie d’Occident^ et obtenu, grâce à la faveur du Régent, la direction réelle des finances du Royaume. Le i juillet 1719, Law fut nommé fermier général des monnaies, et au mois de décembre le célèbre financier commença une refonte générale des espèces. Il les remplaça par le quin^ain d’or, la livre d’argent, le sol, le demi-sol et le liard de cuivre.
« Law, dit M. Hanauer, était alors au comble de sa gloire. Les actions de la Compagnie des Indes, émises à 500 1. en billets d’Etat, 160 1. en valeur réelle, valaient 10,000 1. Il croyait toucher à la réalisation de son rêve : la suppression du numéraire et son remplacement par le papiermonnaie. C’était à ses yeux la pierre philosophale, le gage d’une prospérité désormais sans nuage et sans limite. Appuyé sur le Crédit et armé d’une presse, il défiait la disette et tous les désastres publics. Comme la
hausse dans le prix des denrées n"est qu’apparente, quand elle correspond à un accroissement parallèle des ressources publiques, il prétendait prévenir toute cherté effective. Il se croyait en état de maintenir toujours un équilibre parfait entre le renchérissement possible des choses et la somme de la fortune sociale : une émission de billets de banque suffirait pour rendre ce renchérissement inoffensif ».
Law, pour hâter le triomphe du papier-monnaie, prit contre la monnaie métallique une série de mesures prohibitives dont la plus violente, prise le 6 avril 1720, frappait de nullité toute stipulation de payement en numéraire. Le but poursuivi par le financier écossais semblait atteint, mais son « système » s’écroula, et le papier-monnaie sombra dans la plus désastreuse des banqueroutes.
Jusqu’en 1726, les variations, dans le prix des matières, continuèrent d’affliger l’Etat, mais sous le ministère du cardinal Fleury, on s’occupa sérieusement de rétablir l’ordre dans les finances. Les monnaies reçurent au point de vue du titre, de leur valeur légale, et même de leur type, une fixité qui devait durer jusqu’à la fin du siècle.
Nous allons examiner maintenant en détail les types monétaires du règne de Louis XV ; quelques-uns d’entre eux sont d’une élégance charmante, c’est le reflet de l’art du xviii^ siècle dans toute sa richesse et toute sa pureté.
1715. — Les premières monnaies du règne sont la continuation pure et simple des pièces dont la frappe avait été décidée sous Louis XIV par l’édit de mai 1709. Les louis d’or ont au revers une croix formée de huit L couronnés, avec fleurs de lis dans les cantons. Les écus d’argent sont empreints aux trois couronnes. La modification ne consiste que dans l’effigie ; le buste du vieux roi fait place au joli profil de Louis XV enfant. L’argent de cette émission est aujourd’hui de la plus haute rareté.
Décembre ijiB. — Par un édit de cette date fut ordonnée une réforme des pièces fabriquées en exécution de l’édit de mai 1709. Le type des louis, doubles et demi-louis, des écus d’argent et de leurs quatre divisions, fut un écu rond de France placé sous une grande couronne. Pour l’or, l’écu broche sur deux insignes en sautoir. A l’avers, le buste reste le même que sur les pièces de l’émission précédente. C’est le type dit vertugadin.
Novembre iyi6. — Nouvelle fabrication de monnaies d’or. Ce sont les pièces dites « de Nouilles ». Il existe de ce type des louis, des doubles louis et des demi-louis. D’un côté la tête du roi enfant couronné, avec longue chevelure flottante et tourné à gauche; de l’autre, une croix
Fig. 48
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formée de deux écussons de France et deux de Navarre, avec lis dans les cantons.
Mai iyi8. — Refonte générale des espèces. Sur Tor, la tête du roi est tournée à droite et laurée; au revers, le champ est occupé par une Croix
Fig- 49
Fig. 50
de Malte. Les monnaies d’argent portent au revers un écu échancré, écartelé de France et de Navarre. La série se compose du louis et du demi-louis d’or, de Vécu, du demi-écu, du quart eX du dixième.
Décembre iyi8. — A cette date est ordonnée une émission de sixièmes et de douzièmes d’écu. Le type est le même que celui des pièces qui précèdent, mais l’écu du revers est accosté de l’indication de la valeur XX — Sou X — S.
Mai et juillet lyig. — Deux édits dus à l’inspiration de Law vinrent créer des monnaies de cuivre de 12, 6 et 5 deniers, c’est-à-dire de sols, de demi-sols et de liards. Leur type se compose à l’avers de la tête du roi, à longue chevelure, tourné vers la droite; au revers, d’un écu de France couronné.
Décembre lyig. — Fabrication de la livre d’argent de Law, par les soins de la Compagnie des Indes. Son type est un buste enfantin à droite et, au revers, deux L adossés sous une couronne. Par une étrange méprise, contre laquelle nous mettons nos lecteurs en garde, cette monnaie a été décrite et gravée par M. Hoffmann parmi les monnaies coloniales de Louis XV.
Mars iy20. — Par édit daté de ce mois, il fut ordonné une fabrication de louis d’argent valant trois livres. Le type du revers est une répétition de la croix aux huit L couronnées.
Septembî'e iy20. — Nous assistons à une réformation des louis d’or et des écus d’argent. La tête ou le buste du roi est lauré. Au revers des pièces d’or figurent deux L adossées sous une couronne, accompagnées, dans le champ, de trois lis. Au revers de l’argent prend place un écu de France ordinaire.
Août iy23. — Nouvelles pièces d’or : louis, double louis et demi-louis, appelés par le peuple mirlitons. Leur revers est occupé par deux L cursives enlacées, couronnées et entourées de palmes.
Fig. SI Fig. 52
Septembre IJ24. — C’est la première émission de la majorité de Louis XV. On frappa de nouvelles pièces d’argent, écus et subdivisions, portant au revers une croix formée de quatre lis couronnés, cantonné de huit L adossées deux par deux. Le buste royal est serré dans une armure dont la cuirasse porte une tête de Méduse.
Janvier 1^26. — Refonte générale des espèces. En or, il y eut des louis et des demi-louis; en argent, des écus, des demi-écus, des cinquièmes, des dixièmes et des vingtièmes d’écu.
Le type de l’or est à l’avers le buste (et non la tête) drapé et tourné à gauche ; le revers porte deux écus ovales, l’un de France et l’autre de Navarre, surmontés d’une couronne. Ce type, qui fut conservé jusqu’à la fin du règne, a fait donner par le peuple, aux monnaies d’or frappées après 1726, le sobriquet de louis aux lunettes.
Fig. 53 Fig. 54 Fig. 55
Les pièces d’argent portent le buste du roi à gauche, avec habit brodé, cordon bleu et plaque de l’ordre du Saint-Esprit. Au revers, un écu ovale aux trois lis est placé sous une couronne et embrassé par deux branches de laurier. Ce type de revers fut conservé jusqu’à la fin du règne.
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Fin IJ 40. — Modification de l’effigie, mise en rapport avec l’âge du roi. L’or et l’argent ne portent que la tête royale à gauche, les cheveux flottants retenus par un bandeau et le col tranché. Les subdivisions de l’argent deviennent le demi-écu et les pièces de 24, de 12 et de six sols.
Octobre ij38. — On frappe des double sol et des sols de billon. Leur type est à l’avers une grande L couronné, accompagnée de trois fleurs de lis ; au revers, deux L feuillues, affrontées et croisées sous une couronne.
ij6j. — Emission de sols, demi-sols et liards de cuivre, ayant à l’avers la tête laurée et vieillie du roi et, au revers, un écu couronné : la partie supérieure de l’écu en forme de cartouche. Ce poinçon, d’une exécution très imparfaite, fut employé dans certains ateliers jusqu’en 1773, mais^ à Paris et dans quelques villes de province, il fut remplacé dès 1768 par un autre mieux gravé; les armes de France sont placées dans un écu simple sur les pièces de cette nouvelle frappe.
1770. — Modification de l’effigie mise en rapport avec l’âge du roi. Les types des revers de l’or et de l’argent restent ce qu’ils étaient, mais la tête à col tranché est remplacée par un buste lauré, avec légère draperie aux épaules. Ce changement est le dernier du règne.
Les lettres monétaires des ateliers de Louis XV restèrent les mêmes que sous Louis XIV, mais quelques villes cessèrent d’avoir un hôtel dans leurs murs. Dans l’atelier de Paris, le directeur. Renard du Tasta, met sur les pièces frappées sous sa direction un renard comme différent.
Les graveurs généraux du règne furent Norbert Roettiers (1704-1727), Joseph-Charles Roettiers (1727-53, 1772-74), et Charles-Norbert Roettiers (175 3-72). Les initiales de ce dernier se lisent sur la tranche du cou, des monnaies d’argent dites « au bandeau ».
Sous Louis XV, toutes les séries monétaires provinciales ou locales furent supprimées. Jamais on ne battit pendant son règne de pièces spéciales ni au Dauphiné, ni en Navarre, ni au Béarn’. Le privilège strasbourgeois fut seul respecté pendant la première année de la minorité : il existe une pièce de 40 sols de 1716 portant au revers, autour de l’écu de France : MONETA NOVA ARGENT!NENS!S. C’est le dernier souvenir d’une prérogative locale. L’édit de mai 1718 omit de parler des pièces d’Alsace et le cours des espèces devint dans cette province ce qu’il était par toute la France.
11 y eut sous Louis XV un certain nombre d’émissions de pièces desti-
I . Les pièces frappées dans l’atelier de Pau portent, outre le différent à la vache, le monogramme D B, Dominus Benearni, à la fin de la légende de l’avers. Cette particularité fut continuée sous Louis XVI.
nées à circuler aux colonies d’Amérique. Nous en parlerons lorsque nous traiterons des monnaies du Nouveau-Monde.
§ XII. — Louis XVI.
Les monnaies de Louis XVI forment deux groupes. Le premier se compose des pièces frappées depuis Tavènement du roi jusqu’en 1791 ; le second, qui correspond à la période de royauté constitutionnelle, comprend les monnaies émises de 1791 jusqu’à la mort du prince.
période (1774-1791).
Les pièces du premier groupe ne sont que la répétition, appropriée au nouveau règne, des dernières monnaies de Louis XV.
28 mai — Une déclaration du roi, datée du château de la Muette, ordonna « le changement des poinçons pour la fabrication des espèces, sans que néanmoins le titre, le
poids et la valeur en soient changés », de sorte que les nouvelles espèces à battre auraient cours concurremment avec les pièces de Louis XV.
Les figures jointes aux exemplaires imprimés de la déclaration royale représentent un louis d’or et un écu d’argent portant à l’avers le buste de Louis XVI avec Fig- 56 habit, plaque et cordon du Saint-Esprit, et au revers un écu aux angles coupés, couronné, brochant sur deux insignes en sautoir et embrassé par deux palmes.
La déclaration du 23 mai 1774 ne reçut d’exécution qu’en ce qui concerne les louis d’or. On ne connaît de Y écu d’argent que des essais en
plomb.
18 septembre 1774. — Une nouvelle déclaration parut à cette date. Le roi y ordonne « que les poinçons des revers des Espèces d’or et d’argent, prescrits par l’Edit de 1726, continueront d’avoir lieu pour celles qui seront fabriquées à l’avenir ». Sauf pour l’effigie royale, on en revint donc purement, pour les doubles louis, louis et demi-louis, au type dit « des lunettes » et pour les diverses espèces d’argent, au type dit « aux lauriers ».
Le cuivre de Louis XVI, doubles sols, sols et liards, conserva aussi, pour le revers, le coin des dernières pièces de Louis XV ; à l’avers, vint prendre place la tête du nouveau roi, tournée à gauche.
Août 1779. — Ues lettres patentes autorisent l’Hôtel monétaire de
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Paris à fabriquer des pièces de 6 et 1 2 sols avec les coins de Louis XV de 1770. Cette mesure avait pour but d’accélérer la fabrication des menues espèces d’argent.
1785-86. — Le buste du roi est changé pour le louis d’or en 1785, et remplacé par la tête royale, aux cheveux longs et flottants. On conserve néanmoins au revers le type dit « des lunettes ». L’année suivante, ce revers est modifié : les louis et doubles louis frappés dorénavant portent deux écus accolés sous une couronne. L’arrêt de la Cour des monnaies ordonnant la déformation des matrices et poinçons qui ont servi à la fabrication des anciennes espèces d’or est daté du 14 décembre 1785.
Notons en passant un détail qui intéressera les collectionneurs. Le graveur des coins de l’atelier de Perpignan avait mis, par erreur, sur les écus de six livres frappés en 1786, l’indication LVD XL au lieu de LVD XVI... Un arrêt de la Cour des monnaies du 1 9 août supprima ces espèces. Nous ignorons si des écus de coin fautif ont été conservés jusqu’à ce jour.
A la première période du règne de Louis XVI se rattachent un certain nombre d’émissions, faites en France, de monnaies destinées aux Colo-
nies.
Les ateliers de Louis XVI sont beaucoup moins nombreux que ceux de ses deux prédécesseurs. En février 1786, l’Hôtel d’Aix fut supprimé
et transféré à Marseille. En 1789, de dix-sept :
A Paris.
B Bouen,
D Lyon.
H La Rochelle.
I Limoges.
K Bordeaux.
L Bayonne.
M Toulouse.
N Montpellier.
les ateliers étaient réduits au nombre
Q. Perpignan.
R Orléans,
T Nantes.
AA Metz.
BB Strasbourg.
W Lille.
MA en monogramme, Marseille.
Une vache, Pau.
Dans l’atelier de Paris, deux différents sont successivement employés par les directeurs ; sur les pièces frappées par Dupeyron de la Coste, nous trouvons une grue ; sur celles de son successeur, Roettiers de Mon ■ taleu, un lion.
Tous les coins des monnaies de Louis XVI, roi de droit divin, ontété gravés par B. Duvivier. Sous le ministère de M. de Calonne (1783-87), un graveur suisse, Jean-Pierre Droz, fit des essais remarquables, mais sans réussir à les faire adopter. Les louis et les écus de Calonne peuvent être rangés au nombre des plus beaux monuments que nous ait laissés l’art monétaire en Erance.
Dans sa remarquable Histoire numismatique de la Révolution française, Hennin a résumé d’une manière fort complète tout ce qui se rattache au monnayage de cette période agitée. Son travail, fait avec un soin minutieux, n’est pas à refaire, et nous nous bornerons à le résumer.
L’Assemblée Nationale s’occupa des monnaies dès les premiers mois de l’année 1790. Le 8 mai, elle rendit un décret dont le but était l’établissement d’un système complet sur le titre et le poids des espèces. Par décret du 1 1 septembre suivant fut établi un comité de sept membres, chargé de tout ce qui avait rapport à la législation monétaire.
Le 9 avril 1791, l’Assemblée Nationale, après avoir entendu son comité des monnaies, décréta ce qui suit :
« Art. P’*. U effigie du Roi sera empreinte sur toutes les monnaies du royaume, avec la légende: louis xvi, roi des français.
IL Le revers de la monnaie d’or, des écus et demi-écus, aura pour empreinte le génie de la France, debout devant un autel, et gravant sur des tables le Constitution, avec le sceptre de la raison, désigné par un
œil ouvert à son extrémité. Il y aura à côté de l’autel un coq, symbole de la vigilance, et un faisceau, emblème de l’union et de la force armée.
III. Le revers portera pour légende ces mots : règne de la loi.
IV. Il sera gravé sur la tranche : la nation, la loi et le roi.
V. Les pièces de trente sous et de quinze sous porteront les mêmes empreintes, à I exception du coq et du faisceau.
Fig- 57
VI. La monnaie de cuivre portera la même effigie du Roi et la même légende : le revers seul sera différent.
VIL L’empreinte du revers sera un faisceau traversé par une pique surmontée du bonnet de la Liberté: autour, une couronne de chêne, avec la légende : La Nation, la Loi et le Roi.
VIII. Sur toutes les monnaies, le millésime sera en chiffres arabes, suivi de Vannée de la liberté.
IX. Il sera, sans délai, procédé à la formation de nouveaux coins et matrices.
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X. Tous les artistes pourront concourir à leur gravure, et la préférence sera jugée sur Vavis de I Académie de peinture et sculpture ».
Ce décret fut sanctionné par le roi le 1 5 avril.
Un décret du 20 mai ordonna que les flans existant dans divers hôtels des monnaies et manufactures du royaume, à la taille anciennement en usage, seraient monnayés avec les anciens coins, jusqu'à ce que les nouveaux fussent prêts à servir. Il y eut donc un monnayage à l’ancien type royal, simultanément avec le monnayage à l’empreinte constitutionnelle.
Dans le but de favoriser les petites transactions, en multipliant la menue monnaie, l’Assemblée nationale rendit le 25 juin 1791 le décret suivant :
Article Les cloches des églises supprimées dans le département de Paris seront fondues et coulées en monnaie au type décrété par 1 Assemblée nationale, le 9 avril dernier, et à raison de 24 pièces d’un sou à la livre et de 48 demi-sous.
La fabrication de ces monnaies au métal de cloche fut confiée à des entrepreneurs.
Conformément à l’article X du décret du 9 avril 1791, il avait été établi, par le comité des monnaies de l’Assemblée nationale, un concours pour la gravure de nouveaux coins et pour la place de graveur général des monnaies. Six artistes concoururent : Bertrand Andrieu, Jean-Pierre Droz, Augustin Dupré, Benjamin Duvivier, Nicolas-Marie Gatteaux et François Vasselon. Les essais furent exposés publiquement, et jugés par l’Académie de peinture et sculpture. Par quarante suffrages sur cinquante-sept votants A. Dupré obtint le prix; un décret de l’Assemblée du 1 1 juillet 1791 le nomma graveur général des monnaies de France'.
La série des monnaies de Louis XVI comme roi constitutionnel se
Toutes ces pièces furent frappées avec les coins de Dupré.
Leur type est tel qu’il fut déterminé par le décret du 9 avril 1791.
Ces pièces portent à l’avers le buste royal à gauche et au revers le faisceau surmonté du bonnet phrygien placé dans une couronne de chêne.
I. Voyez une histoire détaillée de ce concours par M. Sudre, dans V Annuaire de la Soc. franç. de numismatique, de 1885.
compose des pièces suivantes :