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LES DÉMEMBREMENTS DE L’EMPIRE OTTOMAN

Sources : A. Bonneville, Encyclopédie monétaire ou nouveau traité des monnaies d’or et d’argent en circulation che^ les divers peuples du monde. Paris, 1849, in-fol. — Neiieste éShïn^hunde. Ahhildiing uni Beschreibung der jet^t coursirenden Gold-und Silbermiin:(cn. Leipzig, 1853, in-8. — M. Mantero, Istitugioni del commercio. GU ordinamenti rnonetari. Palerme, 1884, in-12.

La numismatique turque n’entre pas dans notre cadre. Nous devons cependant dire un mot du système monétaire actuel de l’empire ottoman, qui fut établi en 1844 par le sultan Abdul-Medjid.

L’unité monétaire est la piastre turque ou 40 paras, qui vaut, au pair, environ 23 centimes. Cent piastres font une livre turque ou medjidié d'or. La série des monnaies effectives comprend les pièces suivantes :

En or, pièces de 500, 230, 100, 30 et 25 piastres, au titre de 916,66 millièmes.

En argent, pièces de 20j 10, 5, 2, i et une demi-piastre, au titre de 830 millièmes.

En cuivre, pièces de 40, 20, 10, 3 paras et d’un para.

Le type des espèces, d'inspiration purement musulmane, se compose du toughra ou signe personnel du sultan régnant, entouré, sur l’or, de deux branches de laurier, et accompagné, sur l’argent, d’une branche de rosier fleurie. Au revers figurent une couronne de laurier et une inscription dont le sens est: après la conquête, fait à Constantinople, l’an

(de l’hégire). La fabrication monétaire de l’atelier de Constantinople se fait aujourd’hui avec l’outillage mécanique des pays occidentaux.

La tache sombre que l’empire ottoman forme sur la carte de l’Europe a été en se rétrécissant depuis le commencement de ce siècle, et cinq états de civilisation chrétienne se sont déjà élevés sur les ruines de la barbarie. L’un d’entre eux, le Monténégro, n’a pas encore de monnaies propres, mais nous avons à résumer l’histoire métallique de la Grèce, de la Roumanie, de la Serbie et de la Bulgarie.

§ I. — République J puis royaume de Grèce.

Après la bataille de Navarin, en 1827, et la délivrance de la Morée, le gouvernement provisoire de la Grèce fut donné au comte Capo d’istria. Dès 1828, celui-ci fit frapper monnaie au nom de la république. La base du système adopté fut le phénix d'argent, qui se divisait en cent lepta et valait le sixième de la piastre espagnole, monnaie fort en usage à cette époque dans les pays du Levant. Le type des phénix d'argent et des lepta de cuivre se compose, à l’avers, d’un phénix issant d’un bûcher et surmonté d’une croix, au revers, du nom de la monnaie dans une couronne de palmes et de laurier. Les légendes circulaires sont:

EAAIIXIRII nOAITEIA et KYBEPXHTH 1. A. K AIIOAISTPIAS.

En mai 1831, une convention internationale constitua la Grèce en royaume et lui donna comme roi le prince O thon, second fils du roi de Bavière. Une loi du 8 février 1833 vint fixer le système monétaire. Ce système, inspiré par le système français, a pour base la drachme divisée en 100 lepta. La drachme ïx. conservé la valeur du phénix^ c’est-à-dire le sixième de la piastre espagnole. Le système est bimétallique avec un rapport de i à 1 ^ . Voici les diverses pièces composant l’échelle des

valeurs :

Titre. Poids.

En or.

Pièce de 40 drachmes.

900 millièmes.

iigr,

Pièce de 20 drachmes.

En argent.

Pièce de 5 drachmes. .

Pièce d’une drachme..

Demi-drachme.

Quart de drachme. .

En cuivre pur.

Pièce de 10 lepta. . .

Pièce de 5 lepta. .

Pièce de 2 lepta. . .

Lepton.

Le type des monnaies du roi Othon de Bavière se compose, à l’avers de sa tête nue, tournée à gauche sur l’or, à droite sur l’argent, au revers, de l’écu couronné du royaume ’ entre deux branches de laurier. Les coins sont dus au graveur bavarois K. Voigt. Le titre pris par le roi à l’avers de ses pièces est ohiin p.axi mmx tii:^ vswasos.

En 1862, une révolution chassa Othon du trône de Grèce. L’année

I. D'ü\ur à lii croix il'ait^eiit. Sous Othon, le centre de la croix est fuselé de Ba-

vière.

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suivante, Georges de Danemark lui succéda. Une loi promulguée à Athènes le 22 avril 1867 adopta comme système monétaire celui de l’Union monétaire latine et, l’année suivante, la Grèce demanda son accession à cette convention monétaire.

Elle y fut admise sous certaines conditions, par exemple que toutes ses monnaies devraient être frappées dans un hôtel monétaire français.

On a frappé, à la Monnaie de Paris, aux coins du roi Georges gravés par Barre (hg. 404), les monnaies suivantes : en or, pièces de 100, 50, 20, 10 et 5 drachmes (OU francs): en argent, pièces de 5, 2 et 1 drachme, pièces de ^'o et 20 Icpta (OU centimes); en bronze, pièces de 10,

5, 2 lepta et d’un lepton. Ihie émission de bronze a eu lieu également en 1861, dans l’atelier de Strasbourg.

Une loi du 8 février 1893, complétée par une ordonnance royale du 19 juin suivant, a prescrit la frappe de monnaies de nickel de 20, 10 et 5 lepla.^ pesant respectivement 4, 5 et 2 grammes. Les coins de ces pièces ont été gravés par Borrel (hg. 405).

§ II. — Principauté, puis royaume de Roumanie.

En avril 1866, Charles 1 de Hohenzollern fut élu prince de Roumanie. En mars 1881, il fut proclamé roi par les votes du parlement roumain.

En vertu delà loi du 14 avril 1867, entrée en vigueur le janvier 1868, la Roumanie adopta un système monétaire identique à celui de rUnion latine. L’unité monétaire est le leü (au pluriel /e/j, équivalent au franc, et divisé en 100 bani (ou centimes). 11 a été frappé à l’effigie du prince, puis roi Charles, des pièces d’or de 20 lei, des pièces d’argent de ^ tei, 2 lei, 1 leü et 50 bani, des pièces de cuivre de 10, 5, 2 et i bani. Celles-ci portent à l’avers les armes du royaume (hg. 406). En mars 1889, la Roumanie, tout en conservant son système monétaire, a adopté l'étalon d'or.

§ III. — Principauté, puis royaume de Serbie.

Les Serbes se révoltèrent en 1804 contre le joug ottoman et, en 1817,

leur pays devint une principauté sous l’hégémonie turque. Sous le règne de Michel Obrénovitch 111, des pièces de bronzede lo paras furent émises en vertu du firman du lo juin 1868; la fabrication fut faite à la Monnaie de Vienne et les coins furent gravés par le médailleur autrichien A. Scharff. Ces pièces portent, à l’avers, l’effigie du prince à gauche, entourée de son nom et de son titre en langue serbe, et, au revers, la valeur et le millésime dans une couronne de chêne et de laurier.

Milan Obrénovitch IV succéda à Michel en cette même année 1868. A l’exemple de la Roumanie, la Serbie adopta le système monétaire de rUnion latine par la loi du 8 novembre 1875. L’unité monétaire équivalente au franc s’appelle dinar et se divise en \oo paras. La paix de San Stefano, en 1878, et le traité de Berlin reconnurent l’indépendance de la Serbie; une loi du 10 décembre 1878 a consacré la législation monétaire et limité le pouvoir libératoire de l’argent. L’année suivante une émission de monnaies d’argent de 5 dinars, 2 dinars et un dinar et de pièces de cuivre de 10 et de 5 paras, au buste de Milan Obrénovitch IV, a eu lieu dans l’atelier de Vienne; les coins ont été gravés par le médailleur français Tasset.

La Serbie fut érigée en royaume le 6 mars 1882, et le souverain prit le nom de Milan I. On a frappé à son effigie des pièces d’or de 20 et de 10 dinars, des pièces d’argent de 5 dinars, 2 dinars, 1 dinar et <0 paras. Une loi du janvier 1885 a prescrit la frappe de monnaies divisionnaires en nickel de 20, 10 et 5 paras. Ces pièces portent à l’avers l’aigle serbe, et au revers l’indication de la valeur nominale; elles ont été fabriquées dans les ateliers Heaton à Birmingham.

En 1889, Milan 1 abdiqua en faveur de son fils Alexandre, actuellement régnant. L’arrêté ministériel du 15 octobre 1897 a ordonné une fabrication de monnaies d’argent à l’effigie du nouveau roi.

§ IV. — Principauté de Bulgarie.

La Bulgarie fut érigée en principauté sous la suzeraineté de la Turquie, par la paix de San Stefano ( 1 878) et le traité de Berlin. Le premier prince de Bulgarie, Alexandre de Battenberg, abdiqua en 1887 et fut remplacé par Ferdinand de Saxe-Cobourg.

Le système monétaire de l’Union latine a été adopté en Bulgarie par la loi du 27 mai 1880. L’équivalent du franc s’appelle len> (au pluriel : leva), et est divisé en 100 slotinkis. Une loi du 16 novembre 1887 a ordonné la frappe de monnaies de nickel.

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La Bulgarie, ne possédant pas d'atelier monétaire, s’est adressée à l’étranger pour la fabrication de ses espèces. Le bronze a été frappé chez Heaton à Birmingham, l’argent, de 1883 à 1883 à Saint-Pétersbourg, et en 1894 à Rremnitz, l’or en 1894 à Kremnitz, enfin le nickel en 1888 et 1889 à Bruxelles. Le type des monnaies bulgares se compose des armes de la principauté : de gueules au lion d’or, avec couronne et manteau.

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