‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 178 sur 193 · ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

ÉGALITÉ

En 1843, une scission se produisit. Le Nord-Ouest conserva le nom de république d’Haïti : le Sud-Ouest, où dominait l’élément espagnol, prit le nom de république Dominicaine.

République d’Haïti. — Sous les premiers successeurs de Boyer, les émissions consistèrent presque exclusivement en pièces de cuivre au type de faisceau. En 1849, président P^austin Soulouque se pro-

clama empereur d'Haïti sous le nom de Faustin I. Son buste couronné figure sur quelques pièces de cuivre. Le régime impérial dura jusqu’en 1858. En cette année, Nicole Geffrard fut nommé président de la république et mit comme tel sa tête à l’avers des pièces de bronze de 20, 10 et 5 centimes dont se compose le seul numéraire frappé pour son gouvernement par la maison Heaton de Birmingham (tig. 430).

Fig. 429

La loi du 24 septembre 1 880 a décrété la frappe d’une nouvelle monnaie haïtienne appelée gourde, pesant 1 gr. 6129 en or au titre de 900 millièmes, et 25 grammes en argent au même titre. Ces pièces représentent donc l’équivalent de nos pièces de 5 francs. La monnaie divisionnaire de $0, 20, 10 et 5 centièmes en argent à 835 millièmes de fin a également comme base le système français. Cette loi n’a pas encore reçu d’exécution en ce qui concerne l’or, mais de i88i à 1895 la monnaie de Paris a frappé des pièces d’argent de i gourde, ^0, 20 et 10 centièmes, et des pièces de bronze de 2 et i centièmes, pour le compte du gouvernement haïtien. Les coins gravés par Roty portent à l’avers une tête d’haïtienne avec la coiffure nationale.

République Dominicaine. — Lorsqu’en 1844 le Sud-Ouest de l’île se fut érigé en république indépendante sous la présidence de Pedro Santana, le nouveau gouvernement émit des cuartillas en cuivre jaune, portant à l’avers la légende: republica dominicana, autour d’un champ

vide, au revers l’indication — et le millésime.

Plus tard, la République Dominicaine adopta un système décimal analogue au système mexicain. Comme monnaies divisionnaires, elle posséda, à partir de 1877, des pièces de nickel de 5 centavos, 2 -j- centavos et I i centavo (fig. 431 et 432). En 1888, une émission de nickel fut faite à la monnaie de Paris, et plus tard à la monnaie de Berlin.

Le 17 août 1889, le système monétaire fut complètement modifié. L’unité adoptée est le dominicano d’argent divisé en 100 centesi?nos. La loi autorisa l’émission de pièces d’or de 100, ^0 et 25 dominicanos et de pièces d'argent de 5 dominicanos, i dominicanoet 50 ccnlesimos; l'or esta

LES ÉTATS INDÉPENDANTS DE p’AMÉRiaUE LATINE

900 millièmes, Targent à 835 millièmes de fin. La loi dit que les pièces seront frappées de manière à établir une différence exacte de 2^ pour cent entre leur valeur et la valeur des unités correspondantes de TUnion latine; le dominicano\2iUX. donc 75 centimes de notre monnaie, et les autres pièces de la république ont une valeur à l’avenant. La loi du 16 juillet 1890 a substitué des monnaies divisionnaires de bronze aux pièces

de nickel. En 1897, des monnaies d’argent ont été frappées dans l’atelier de Philadelphie, pour le compte du gouvernement dominicain.

La Nouvelle Grenade se rendit indépendante de l’Espagne en 1811. Ses monnaies, frappées à Santa Fé de Bogota, dans la province de Cundinamarca, sont conformes au système espagnol et consistent en piastres de 8 réaux et leurs divisions. Le type se compose, à l’avers, d’une tête d’Indienne couronnée de plumes et entourée des mots libertad ameri- CAXA. Le revers porte une grenade, dont la tige est garnie de trois feuilles, et la légende nueva granada, à laquelle s’ajoute parfois le nom

de CUXDINAMARCA.

En 1819, la Nouvelle-Grenade, unie au Vénézuéla et à l’Equateur, forma la Républ ique de Golombie, mais l’union que l’autorité de Bolivar le Libérateur avait seule pu maintenir, fut dissoute en 1856, et chaque état reprit son autonomie. Les monnaies, toujours frappées dans 1-e système espagnol, reflètent par leur légende, republica de colombia, le changement survenu en 1819. Les pièces d’or portent le buste de la Liberté et, au revers, le faisceau consulaire posé sur un arc et trois flèches en sautoir, entre deux cornes d’abondance. Cette représentation remplace de bonne heure sur les monnaies d’argent la tête d’indienne coiffée de plumes qui avait d’abord été conservée. Les ateliers monétaires de la République de Colombie étaient placés à Bogota et à Popayan (Nouvelle- Grenade), et à Quito (Equateur).

La République de la Nouvelle-Grenade conserva pour ses monnaies d’or le buste de la Liberté: au revers figure l’écusson national,

§ IV. — Nouvelle-Grenade et Colombie.

qui se retrouve à l’avers des pesos frappés en 1837. Dès 1839, le type de l’argent change, tant dans l’atelier de Bogota que dans celui de Popayan. Notre figure 433 représente le peso de cette nouvelle empreinte.

Fig- 433

En 1847, la Nouvelle-Grenade fit un pas dans l’adoption du système décimal. Le peso fut divisé en 10 réaux de 10 centavos, et l’argent fut mis au titre de 900 millièmes. Par une sorte de transaction avec l’ancien système, on continua à frapper une pièce de 8 réaux, qui prit le nom de

granadino. Le type du nouveau peso se compose à l’avers de l’écusson de la république, surmonté d’un cordon et posé sur des drapeaux (fig. 454).

En 1858, la République de la Nouvelle- Grenade se scinda en huit états confédérés sous le nom de Confédération Grenadine.

Le monnayage fut continué sans modifications à Bogota comme à Popayan.

Le 20 septembre 1861, un nouveau changement politique transforma la Confédération grenadine en Etats-Unis de Colombie. En 1864 un troisième atelier fut ouvert à Medellin, dans l’état d’Antioquia. La loi du 9 juin 1871 est venue rapprocher davantage le système monétaire de celui de l’union latine. L’unité monétaire est \e peso en or identique comme poids et comme titre à nos pièces d’or de 5 francs. Voici l’échelle des valeurs en or et en argent :

Titre.

Or. 20 pesos ou double condor \

10 pesos ou condor '

Peso. ^

Argent. Peso ,

Deux decimos f

Dec/ 1 no i

Denii-deciino j

900 millièmes.

900 millièmes.

LES ÉTATS INDÉPENDANTS DE p’AMÉRiaUE LATINE

Le type des monnaies se compose, à l’avers, de la tête de la Liberté entourée des mots estados unidos de columbia et de neuf étoiles, au revers, de l’écusson national, portant, en légende, le nom de la monnaie, de l’atelier de fabrication, l’indication du poids et du titre.

En 1874, les États-Unis de Colombie ont fait frapper chez Heaton et hls, à Birmingham, des monnaies de nickel de i ^ centavo, suivies peu de temps après de pièces de 2 centavos (fig. 43^). Une loi du 22 juillet 1886 a créé une troisième monnaie de nickel de 5 centavos. En 1894, les ateliers de Heaton et fils ont également fourni une nouvelle pièce d’argent de 50 centavos, ou demi-peso, qui porte à l’avers la tête de Christophe Colomb.

§ V. — Véné^uéla.

Lorsque Napoléon eut installé son frère Joseph sur le trône d’Espagne, il ne put le faire reconnaître aux colonies. Des juntes s’organisèrent, qui agirent d’abord au nom de P'erdinand VII, mais pour en venir peu à peu à se comporter en puissances autonomes. Le 19 avril 1810, la Junta suprenia conservadora de Fernando VII, qui s’était formée auVénézuéla, déposa le dernier capitaine général espagnol et commença à gouverner pour son propre compte. C’est à ce coup d’état et à ses conséquences que se rattache le quart de réal de cuivre dont nous donnons la figure d’après le catalogue de la collection Fonrobert (fig. 436).

En 1819, le Vénézuéla entra dans la république de Colombie, mais jusqu’en 1821 Caracas se trouva au pouvoir des Espagnols. En 1821 et 1822 furent émis des cuartinos de cuivre avant tout le caractère de monnaies de nécessité: ils portent à l’avers l’étoile avec le chiffre 19 au centre, et au revers le nom abrégé venez*, entre la date et l’indication de

valeur -- .

Après la dissolution de la république de Colombie, le Vénézuéla forma une république indépendante, mais la circulation monétaire y fut d’abord alimentée exclusivement par les espèces anciennes ou étrangères. Comme pour la plupart des pays de l’Amérique du Sud, nous n’avons

pu nous procurer les premières lois et ordonnances monétaires du Vénézuéla; nous devons nous borner à exposer Thistoire métallique telle qu'elle résulte des monnaies elles-mêmes dont nous avons sous les yeux les spécimens ou dont nous trouvons la description dans les catalogues. En 1843 et 1852, il y eut en Angleterre de émissions successives deuxce^tavos, medios centavosQl cuartos de centavos de cuivre, portant à Tavers la tête de la Liberté coiffée du bonnet phrygien et entourée de la légende REPUBLicA DE VENEZUELA; le revers porte l'indication de la valeur et le millésime entre deux branches de laurier.

La loi du 23 mars 1857 accomplit au Vénézuéla une réforme importante, en dotant le pays d’un système monétaire complet. Le vene^olano d'or, égal en poids et en titre à notre pièce d'or de 5 francs, fut déclaré unité monétaire; il se divisait en 100 centavos. En argent, il y eut comme monnaies réelles \e peso de 10 réaux ou 100 centavos, de même valeur que le vene^olano d'or, le medio peso de cinq réaux, la pièce de deux

réaux ou cinquième de peso, le réal ou dixième de peso, le medio réal ou vingtième de peso. Le medio-peso et les pièces de valeur inférieure portent à l'avers une tête de Liberté, au revers les armes de la république et l'indication de la valeur et du poids en grammes; ces pièces furent frappées en 18^8 à la Monnaie de Paris, avec des coins gravés par Barre. La même année, l'atelier de Heaton à Birmingham commença une fabrication de centavos de cuivre. En 1863, la Monnaie de Paris fit une fabrication de pesos, également dus au burin de Barre; ils portent d’un côté la tête du président Antonio Paéz, citoyen illustre, ciudadano esclarecido (fig. 437)5 et au revers l'indication de valeur, 10 reales, dans une couronne de laurier.

Le II mai 1871, les Etats-Unis de Vénézuéla, dénomination nouvelle prise par la république, adoptèrent une loi monétaire nouvelle qui se rapproche davantage de celle de l’Union latine. Voici les pièces dont cette loi autorisa la frappe :

Poids. Titre.

Or. Bolivar dit 20 venezolanos. . 32gr. 238

Dohlon (\q. iü venezolanos. . 16 129

Escudo de 3 venezolanos. . . 8 065

Vcne^ohuio d’oro i 612

LES ÉTATS INDÉPENDANTS DE l’amÉRKAUE LATINE

Argent. Vene:(oJaiio de plata ou peso. . 25

Mediovenexplano centavos). 12 Dos decUnos {20 cQni-àvos).. . 5

Decimo (10 centavos). ... 2

Vcutesimo (5 centavos). . . i

Les nouvelles espèces ont pour type, à l’avers, la tête de Bolivar, BOLIVAR LiBERTADOR, touiTiée à gauche, au revers, l’écusson national entouré des mots: estados unidos de Venezuela. Les monnaies portent l'indication de leur poids et de leur titre. Les nouvelles pièces d’argent du VénézLiéla furent gravées par Albert Barre.

En 1879 et 1880 des monnaies d'or et d'argent furent fabriquées à Bruxelles pour le compte de la république. Un décret de juin 1884 décida l’installation d’un atelier monétaire à Caracas. En 1895 et 1894, le Vénézuéla s'adressa de nouveau à la Monnaie de Paris pour la frappe de monnaies d’argent.

Poids. Titre.

900 millièmes.

§ VL — République de P Equateur.

En 1856, après la dissolution de la république de Colombie, l’Equateur se constitua en république indépendante. Aussitôt, sur les monnaies d’or et d’argent frappées à Quito dans l’ancien système espagnol, la légende

REPUBLICA DEL ECUADOR fut Substituée aUX mOtS EL ECUADOR EN COLOMBIA,

qui avaient jusqu’alors distingué les espèces. Les types monétaires de l'Equateur indépendant se composent du buste de la liberté, des armes nationales, du buste de Bolivar.

Une loi du ^ décembre 1856 prescrivit l’adoption dans l’Equateur du système métrique de poids et mesures et d’un système monétaire identique au système français. Les dénominations françaises furent même conservées, et l’unité prit le nom de franco. Cette réforme ne put toutefois avoir raison du compte en pesos de 8 réaux, tostons de 4 réaux et réaux, auquel la population était habituée.

Le 21 novembre 1871, les chambres substituèrent au franco, comme unité monétaire, le peso d’argent de 5 francos, divisé en 10 réaux ou decinios et en 100 centavos. En 1872 des centavos et dos centavos de bronze furent fabriqués, pour l’Équateur, dans les ateliers de Heaton à Birmingham; ces pièces portent à l’avers les armes de la république, au revers, l’indication de la valeur dans une couronne de palmes et de lauriers.

L'Équateur est actuellement régi par la loi monétaire du mai 1884, qui a prévu l’émission des pièces suivantes et adopté le double étalon :

Diamètre.

Poids.

Titre.

Or. Double condor.

54 mill.

32gr. 25806 '

Condor. .

Doublon. .

^ 900 millièmes.

— de condor..

de condor.

Argent. Sucre.. . .

Demi-sucre. .

— de sucre. .

900 millièmes.

— de sucre. .

~ de sucre. .

Nickel, Demi-décime.

L’unité monétaire est

le

sucre d’argent.

identique comme poids et

titre à la pièce de 5 francs de TUnion latine. Le nom de sucre vient du maréchal Sucre, ancien président de la république, dont l’effigie figure sur la plupart des pièces.

La loi de 1884 n’a pas encore reçu d’application en ce qui concerne la fabrication des pièces d’or, mais le gouvernement de l’Équateur a fait frapper à Birmingham, à Lima et à Philadelphie, des monnaies d’argent et de nickel.

§ VIL — République du Pérou.

Le Pérou fut la dernière colonie espagnole qui se rendit indépendante. Les Espagnols en furent chassés par Saint-Martin, le libérateur du Chili, et par Bolivar, le libérateur de la Colombie. En 1824, un lieutenant de Bolivar, le général Sucre, remporta la victoire d’Ayacucho, qui clôt la domination espagnole sur le continent américain.

Le 28 juillet 1821, Lima proclama son indépendance, et aussitôt l’atelier monétaire établi dans cette ville frappa des pesos de 8 réaux et des tostons de 4 réaux, médailles autant que monnaies, pour célébrer ce grand fait historique. Les premiers pesos, uniquement destinés à la circulation, portent à l’avers la Vertu et la Justice debout, et au revers les armes adoptées par la nouvelle république; les légendes sont: peru libre POR LA viRTUD Y LA jusTiciA. A ces monnaies succèdent bientôt des espèces obsidionales, d’abord mises en circulation par les républicains, puis en 1824 par le général espagnol Canterac, assiégé à Lima.

LES ÉTATS INDÉPENDANTS DE l’amÉR1Q.UE LATINE

En 182^, la série républicaine reprend pour ne plus s’interrompre. Les monnaies portent la liberté debout : firme y feliz por la union, devise bien souvent démentie par les révolutions et les guerres civiles. Les ateliers sont Lima, Arequipa, Cuzco et Pasco.

Une loi du 2 octobre 1857 substitua à l’ancien système monétaire espagnol, resté en usage, des monnaies nouvelles basées sur le système décimal. Une nouvelle loi du 31 janvier 1865 a apporté quelques modilications légères au régime. Le tableau suivant représente les monnaies péruviennes actuelles d’or et d’argent:

Or. Pièce de 20 sols.

Pièce de 10 sols.

Pièce de 5 sols.

Pièce de 2 sols.

Sol

Argent. Sol

Demi-sol. .

PL de sol. . .

Dinero. .

Demi-dinero. .

Diamètre. I

35 mill. 32

ds. Titre.

064 > 900 millièmes.

> 900 millièmes.

Comme monnaies divisionnaires, la loi de 1863 avait créé des monnaies de nickel de i et 2 centavos, portant à l’avers un soleil entouré des mots: REPUBLicA PERUANA. Une iiouvelle loi, du 18 décembre 1878, créa une monnaie provisoire, moneda provisional, de nickel de 20 centavos. Ces diverses pièces furent démonétisées par la loi du 25 mars 1880, qui a stipulé qu’à l’avenir les monnaies d’appoint seraient en bronze.

En 1867, la situation du marché métallique détermina le gouvernement péruvien à décider que les monnaies d’or n’auraient plus de valeur officielle, et qu’elles seraient émises et reçues au taux que détermineraient les fluctuations du cours. Le seul atelier monétaire actuellement en activité au Pérou est celui de Lima.

§ VIII. — République de Bolivie.

En 1S25, le général Sucre poussa le Haut-Pérou à s’ériger en un état distinct qui prit le nom de République de Bolivie.

Le type des premières monnaies boliviennes d’or et d’argent frappées suivant l’ancien système espagnol se compose du buste lauré, parfois de la tète laurée, de Bolivar, entourés de la devise : libre por la consti-

TuciON. Le revers des monnaies d’or présente un paysage bolivien, le soleil se levant derrière le Cerro de Potosi, et, au premier plan, un lama debout. Sur l’argent, nous trouvons un cocotier entre deux lamas couchés. L’atelier de la Bolivie était situé à Potosi. En 1853, le président Belzu créa une seconde officine à La Paz.

Outre les monnaies ordinaires, la série bolivienne comprend une suite nombreuse de monnaies commémoratives célébrant divers événements de la vie nationale, souvent agitée par les révolutions et les coups d’état: proclamation de la constitution de 1831, témoignages de reconnaissance envers les libérateurs, hommage à des présidents, etc.

Une loi du 23 juin 1863, encore en vigueur, accomplit en Bolivie une réforme monétaire, en adoptant le système décimal. L’unité monétaire est le peso ou boliviano d’argent, divisé en 100 centavos. Voici le tableau des monnaies en circulation conformément à ce système :

Diamètre.

Poids.

Titre.

Argent. Boliviano. . .

35 mill.

25gr. \

50 centavos..

20 centavos..

> 900 millièmes.

10 centavos.. .

5 centavos..

En 1883, le gouvernement bolivien a fait frapper à Paris des pièces de nickel de 10 et de 5 centavos, et des pièces de bronze de 2 centavos et d’un centavo'. d’autres fabrications de nickel ont eu lieu dans la suite, soit à Paris, soit en Angleterre. La loi de 1863 est strictement monométallique; l’or n’est frappé qu’en petite quantité et les monnaies de ce métal sont considérées comme pièces de commerce soumises aux fluctuations du cours; elles consistent en onces pesant 25 grammes à 900 millièmes de fin, denii-07ices, quarts d’once ou doublons, huitièmes d’once ou et seizièmes d’once ou escudos', c’est l’ancienne

échelle espagnole des valeurs qui, en somme, a été conservée.

§ IX. — République du Chili.

Le Chili se souleva en 1810 contre les Espagnols, mais en 18 14 ceux-ci parvinrent à rétablir leur domination. Une nouvelle insurrection fut plus heureuse en 1817, grâce à l’appui du général argentin Saint- Martin.

Le 9 juin 1817, le Directeur Délégué suprême, colonel des Armées de la Patrie, Don Milarion de la Quintana, signa un décret ordonnant la

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substitution, sur les monnaies d'argent chiliennes, d’une empreinte républicaine, à l’ancien type royal. Les termes de ce décret méritent d’être cités, comme un curieux échantillon de littérature révolutionnaire:

« En iina época en que los augustos emhlemas de la lihertad se ven por fodas partes susli- « tuidos d la execrahie imâjen de los antiguos dêsposta, séria un absurdo extraor dinar io que « nuestra moneda conservase ese infâme Inisto de la usurpacion personificada. La posteridad « se escandaligaria i juz^garia acaso que la cohardia é irrefleccion niantuvieron esos uionu- « mentos dégradantes en los dias de la independencia. Consiguiente d estas principios, se « déclara que en lo sucesivo nuestra moneda de plata tendrd por el anverso el nuevo sello del « Gohierno, encima de la estrella una tarjeta con esta inscripcion : libertad i al rededor de « ésta : UNION Y fuerza, bajo la columua el ano. Por el reversa présentera un volcan i en- « cima u na corona de laurel en ciiyo centro se pondrd el valor i al rededor : ch île indepen- « DiENTE, debajo del cerro, Santiago.

« La codicia espanola llevard d su pesar por todas partes en el sfmbolo representativo de « niiestras riqueTgis, de la majestad del pueblo chileno i constante resolucion de los Ameri- (( canos.

« El que de cualquier modo violaseô rehusase la nueva moneda serd castigado como traidor « d la patria, con todo el rigor que las leyes caducas imponian à los defraudadores del signa « de los sangrientos reyes de la conquista. »

Le type décrit dans ce document resta, jusqu’en 1859, celui des monnaies chiliennes d’argent. Les premières pièces d’or parurent en 1854; l’avers porte une colonne brochant sur deux drapeaux en sautoir, le revers, un soleil au-dessus d’une chaîne de montagnes; les légendes sont:

POR LA RAZON O LA FUERZA, et: EL ESTADO DE CHILE CONSTIT. INDEPENDIENTE

A. D. 1818. En 1836, une nouvelle empreinte se montre pour l’or: d’un côté, un dextrochère posé sur le livre de la constitution : igualdad ante LA LEi, de l’autre, l’écu à l’étoile du Chili, soutenu par un lama et un condor: republica de chile.

En 1839, nouveaux coins furent adoptés, tant pour l’or que pour l’argent. L’or présente à l’avers la Liberté debout, s’appuyant de la main droite sur l’autel de la constitution. L’argent porte d’un côté l’écu à l’étoile, surmonté de trois plumes d’autruche, de l’autre, un condor brisant une chaîne, avec cette devise : por la razon y la fuerza. Le titre, 21 quîlates: 21 pour l’or, et 10 d^ 20 pour l’argent, est indiqué à l’exergue.

En 1848, le Chili adopta le système métrique des poids et mesures et une loi du 9 janvier 1851 créa la monnaie décimale. Le peso d’argent, du poids de 2 5 grammes à 900 millièmes de fin, divisé en 10 decimos ou 103 fut désormais l’unité monétaire. Au revers des nouveaux

pesos, le condor tient dans le bec une chaîne brisée et appuie la serre droite sur un écusson ovale chargé d’un faisceau qu’entourent des étoiles.

Une loi du 28 juillet 1860 réduisit le poids des monnaies divisionnaires de 8 pour 100, de sorte que les pièces de 20 centavos pesèrent 4 gr. 60 au lieu de 5 grammes. La loi du 25 octobre 1870 introduisit au Chili remploi de la monnaie de nickel; on frappa des pièces de 2 centavos, I centavo et un demi centavo portant à l’avers la tète de la République et au revers l’indication de la valeur entourée des mots; economia ES RiQUEZA. En vertu d’un décret du 18 juin 1879, on a émis temporairement des monnaies divisionnaires d’argent au titre de $00 millièmes.

La loi du 1 1 février 1895 a fixé le système monétaire actuel du Chili et décidé l’émission des pièces suivantes :

Diamètre.

Poids.

Titre.

Or. Condor ou 20 pesos.

27 mill.

1 1 gr. 98207

DohJon ou 20 pesos.

[ 916,66 millièmes.

Escudo ou 5 pesos, .

Argent. Peso

20 centavos. . . .

■ 835 millièmes.

10 centavos. . . .

5 centavos. . . .

Les monnaies d’or portent à l’avers un buste de République et au revers les armes du Chili avec l’indication de la valeur en toutes lettres. Un condor figure à l’avers des pièces d’argent; au revers se trouve l’indication de la valeur dans une couronne de laurier. Les nouvelles monnaies chiliennes, dont les coins ont été gravés par Roty, ont été fabriquées à l’atelier de Paris. La loi ne fixe aucun rapport entre l’or et l’argent.

A la numismatique chilienne se rattachent un certain nombre de monnaies obsidionales ou de nécessité, frappées pendant les révolutions ou les guerres qui désolèrent à diverses reprises la république. M. Weyl, dans le catalogue de la collection Fonrobert, cite les monnaies obsidionales suivantes :

Copiapo. — Pesos d’argent frappés en 1865, pendant le blocus des ports chiliens par la flotte espagnole ; ils portent en creux à lavers l’écu à l’étoile accosté de i P, et les mots COPIAPO. CHiLE, au revers la date.

Coqiimïbo. — Pesos et 50 centavos d’argent frappés en 1859 propriétaire de

mines Pedro-Leon Gallo, dans la province de Coquimbo, pendant le soulèvement contre le président Manuel Montt, pièces ronde portant deux contremarques, l’une à l’écu chilien, l’autre à l’indication de la valeur.

Valparaiso. — Monnaies étrangères contremarquées d’un poinçon représentant trois montagnes sous lesquelles se lit le nom abrégé de la ville: valp, émission faite en 1829 par le président Francisco-Roman Vicuna, chassé de Santiago par une révolution.

LES ÉTATS INDÉPEDDANTS DE L’AMERiaUE LATINE

§ X. — République argentine.

Le mouvement de l’indépendance éclata sur les rives du rio de la Plata en i8io; en juillet 1816, le congrès de Tucuman déclara solennellement les Provinces Unies soustraites au gouvernement de l’Espagne.

Dès le 13 avril 1813, l’Assemblée Générale Constituante décida de faire frapper à la monnaie de Potosi des monnaies d’or et d’argent du même poids et du même titre que les monnaies du règne de Ferdinand VU, mais de type républicain. Ces pièces portent d’un côté un soleil rayonnant, entouré des mots : provincias del rio de la plata, de l’autre un écusson ovale avec deux mains jointes tenant une haste surmontée du bonnet phrygien, et, en légende : en union y libertad. La fabrication de ces pièces fut interrompue en 181 5, à la suite du désastre de Sipe-Sipe, qui remit le Haut-Pérou avec l’atelier de Potosi sous la domination provisoire du roi d’Espagne'.

La province de Tucuman en 1820, Mendoza pendant l’administration du colonel Molina en 1822-24 L la Rioja et Santiago del Estero en 1823, frappèrent des monnaies d’argent en petite quantité. Apartirde 1824, l’atelier de la Rioja émit l’or et l’argent des provinces du Rio de la Plata. En 1827 un atelier fut créé à Buenos-Aires.

En 1836, Jean Manuel de Posas, qui depuis 1829 était gouverneur de Buenos-Aires, se proclama dictateur et le pays prit le nom de République argentine Confédérée. Le 17 juillet 1836, la législature vota une loi décidant que les monnaies porteraient dorénavant le buste du dictateur, et, au revers, une montagne baignée par les eaux et des trophées d’armes, le tout entouré des mots: por la liga litoral sera feliz. A la demande de Posas, son buste disparut des espèces et fut remplacé par les armes de la confédération entourées, non plus, comme jadis, de la divise la union y libertad, mais des mots: eterno loor al restaurador rosas. En 1843 un atelier fut créé à Cordova: il fut supprimé en 1833.

En 18 $4, le gouvernement argentin fit frapper en Europe des monnaies de cuivre de 4, 2 centavos et i centavo, portant à l’avers un soleil entouré des mots: confederacion argentina, et au revers l’inscription: tesoro nacional banco avec l’indication de la valeur en toutes lettres.

1. E. Pefia. Primera casa de moneda en Buenos Aires, dans la Rivista del museo de la Plata, t. VI, 1894.

2. E. Pena, Acuhacion de moneda provincial en Mendoza en los ahos de 1822-24, dans la Rivista del museo de la Plata, t. IV, 1892.

La circulation monétaire consistait presque exclusivement en ipapier monnaie, quand une loi du 29 septembre 1875 tenta une réforme en adoptant l’étalon unique d’or. Voici les principaux articles de cette loi :

I. L’unité monétaire de la république sera une monnaie d’or du poids d’un gramme et deux tiers, et de 900 millièmes de fin, qui se nommera peso fiierte. — 2. Le peso fuerte se divisera en 10 decimos, chaque decirno en 10 centavos, et chaque centavo en 10 müesimos. — 3. Les multiples de l’unité monétaire seront : une pièce d’or de 8 gr. 330 qui vaudra 5 pesos f lier tes et s’appellera medio colon, une pièce d’or de 16 gr. 660 qui vaudra 10 pesos fiiertes et s’appellera colon \ une pièce d’or de 33 gr. 333 qui vaudra 20 pesos f lier tes et s’appellera dohle colon. Toutes ces pièces seront à 900 millièmes de fin. — ... 6. La monnaie de billon se composera des pièces suivantes : une pièce d’argent de 27 gr. no, qui vaudra un peso fuerte et s’appellera peso de plata; une pièce d’argent de 12 gr. 500 qui vaudra et s’appellera cinciienta centavos \ une pièce d’argent de 5 gr. qui vaudra et s’appellera veinte centavos\ une pièce d’argent de 2 gr. 500 qui vaudra et s’appellera diex centavos \ une pièce d’argent de i gr. 250 qui vaudra et s’appellera cinco centavos. Toutes ces pièces seront à 900 millièmes de fin. On frappera en outre des pièces composées de 95 parties de cuivre, 4 d’étain et i de zinc, pesant 10 et 5 gr., et valant respectivement dos centavos et un centavo. — 9. Dans tout paiement supérieur à 20 pesos fuertes, personne ne sera contraint de recevoir plus de la valeur d’un colon en monnaie d’argent, ni plus que la valeur d’un peso fuerte et monnaie de bronze.

La même loi décida la création de deux ateliers monétaires, Tun à Buenos-Aires, où l’officine ouverte en 1827 avait cessé d’exister en 1861, et l’autre à Salta. Une loi du 15 octobre 1877 ouvrit les crédits nécessaires à rétablissement de la Monnaie de Buenos-Aires, mais l’érection de celle de Salta n’eut pas lieu.

Une nouvelle loi, du 5 novembre 1881, a établi dans la République argentine le régime monétaire actuellement en vigueur, fondé sur un

système bimétallique avec le rapport de

Le peso d’or ou d’ar-

gent est l’unité monétaire. Voici

le tableau des pièces qui composent

l’échelle des valeurs d’échange :

Diamètre.

Poids.

Titre.

Or. Argentino de 5 pesos. .

T argentino de 2 T pesos..

22 mill.

8gr.o645 ) 4 0322

900 millièmes.

Argent. Peso

50 centavos

20 centavos. .....

> 900 millièmes.

10 centavos

5 centavos

Nickel. 20 centavos

10 centavos

5 centavos

Bronze. 2 centavos

Centavo

LES ETATS INDEPENDANTS DE L AMERiaUE LATINE

Les pièces d’or, d’argent et de bronze portent à l’avers un écusson armes de la République avec l’inscription REPUBLiCA ARGENTiNA et le millésime, au revers, un buste coiffé du bonnet phrygien, avec le mot liber- TAD, la valeur et le titre de la pièce.

Les monnaies de nickel portent d’un côté le même buste, de l’autre l’indica- rig. 438

tion de la valeur (fig. 438).

aux

§ XL — République de V Uruguay.

Lors de la proclamation de l’indépendance, les Portugais occupèrent la rive gauche du rio de la Plata. Le gouvernement de Buenos-Aires protesta et s'empara en 1814 de Montevideo, après un long siège. En 1821, le pays retomba au pouvoir du Brésil, qui l’érigea en une République Cisplatine. Une nouvelle guerre entre le Brésil et les Argentins se termina en 1828 par le traité qui créa la République Orientale de l’Uruguay.

Depuis 1840, l’Uruguay a fait frapper des monnaies de cuivre de 20 et de 5 centesimos, portant à l’avers un soleil rayonnant entouré des mots REPUBLICA ORIENTAL DEL URUGUAY, au revers Lindicatioii de la valeur. En 1843 éclata dans ce pays une longue guerre civile entre les colorados ou libéraux, sous la direction de Rivera, et les esianceros ou grands propriétaires, commandés par Oribe. Celui-ci mit le siège devant Montevideo, et ce siège ne fut levé que huit ans plus tard, le 2 septembre 1851, à la suite d’une intervention du Brésil. En 1844 un atelier monétaire fut organisé à Montevideo; on y frappa des pesos fuertes d’argent, portant d’un côté l’écu ovale de la République dans une couronne de chêne, de l’autre l'indication de la valeur au milieu de neuf étoiles et de la légende :

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