‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 182 sur 193 · mohur ou 3 roupies · texte numérisé non relu

mohur ou 3 roupies

Argent. Roupie

Demi-roupie ou 8 annas. .

4 annas

2 annas

Cuivre. 2 pice ou -h anna..

Pice ou quart à' anna. .

Denii-pice

Pie ou douzième (P anna. .

916,66 millièmes.

Les mohurs de 1835 portent à l’avers la tête du roi Guillaume IV et au revers un lion devant un palmier ; les roupies contemporaines du meme roi ont à l’avers la même effigie et au revers l’indication de la valeur inscrite dans une couronne de laurier. Les légendes sont : William iiii KiNG et EAST INDIA COMPANY. La valeur est indiquée en anglais et en persan.

Sous Victoria, ces types, à l’effigie près, continuèrent à être en usage jusqu’à la suppression de la Compagnie des Indes orientales. Le coin du revers fut alors remplacé par une empreinte nouvelle, où se voient simplement l'indication de la valeur en trois lignes et le millésime au centre d’une large bordure ornée. Ce dispositif existe à la fois sur l’or, l’argent et le cuivre. Les ateliers actuels de l’Inde anglaise sont à Calcutta et à Bombay; la Monnaie de Madras a été fermée le 3 1 août 1869.

La loi du 26 juin 1893 a fermé les ateliers de l’Inde aux apports d’argent des particuliers, c’est un premier pas vers la suppression de l’étalon d’argent et l’adoption de l’étalon d’or, qui paraît être le but du gouvernement.

Ile de Ceylan. — Cette île, qui appartenait à la Hollande, fut définitivement cédée à la Grande Bretagne, en 1802, par la paix d’Amiens. La circulation monétaire y était très confuse, à cause du cours simultané des monnaies néerlandaises, et des pièces de divers systèmes importées de l’Inde. L’unité de compte était le rixdollar divisé en 48 stuivers ou s tirer s ou en 1 2 fanams.

Les premières monnaies frappées sous la domination anglaise sont des pièces très épaisses, d’exécution rudimentaire, portant à l’avers un éléphant et le millésime, au revers l’indication de la valeur entourée des mots CEYLON GOVERNMENT. Il existe ainsi, en argent, des pièces de 96, 48 et 24 stivers, frappées de 1803 à 1809, et des pièces de cuivre d’un 12^, d’un 24^ et d’un de. roupie, frappées de 1801 à 1815.

Pin 181 les rix dollars d’argent et les pièces de cuivre, stivers, doubles stivers et demis tivers, furent frappés à l’européenne; ils portent d’un côté la tète laurée de Georges 111 et de l’autre l’éléphant de Ceylan. Une émission d’argent à l’efiigie de Georges IV eut lieu en 1821.

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De 1827 à 183O5 on frappa des demi-farthmgs de cuivre, mais ces pièces comme celles qui suivirent sont de type purement anglais, et rien dans leurs légendes n'indique leur destination spéciale. Il y eut ainsi sous Guillaume IV, à partir de 1834, des pièces d’argent de trois demipeîviys et en 1837 une nouvelle émission de demi-farthings. Sous Victoria, ces deux valeurs ont été de nouveau frappées. Depuis 1836, l’usage des poids et mesures anglaises est obligatoire dans l’ile de Ceylan.

Ile de Sumatra. — En 1804,1a Compagnie des Indes orientales fit frapper pour ses comptoirs de Sumatra des pièces de cuivre de â^kapangs, 2 kapangs et i kapang^ dont nous avons reproduit le type (p. 579). En 1 824 les possessions britanniques de Sumatra furent cédées à la Hollande en échange de Malacca.

Ile de Poulo-Pinang. — Cette colonie est comprise aujourd’hui dans les Strait Settlements. De 1810 à 1828, la Compagnie des Indes orientales a fait frapper en Angleterre des cents, two cents et lialf cents de cuivre, portant à l’avers ses armes, au revers les mots Piilu-Penang, en caractères persans, dans une couronne.

Malacca. — Malacca, sur la côte occidentale de la péninsule malaise, fut acquise de la Hollande en 1824, en échange des établissements anglais de Sumatra. En 1835, on frappa pour cette colonie des pièces de cuivre d’un et de 2 kapangs, portant à l’avers un Coq surmonté d’une inscription malaise signifiant : pays malais, au revers l’indication de la valeur et de l’année de l’hégire en caractères persans.

Ile de Smgapore. — L’île de Singapore fut cédée à l’Angleterre par le sultan de Johore en échange d’une pension. En 184$, la Compagnie des Indes orientales fit frapper pour Singapore des cents, half-cents et quarter-cents de cuivre, portant d’un côté la tête couronnée de Victoria, de l’autre, l’indication de la valeur dans une couronne de laurier avec la légende circulaire: east india company.

Straits Settlements. — Les Straits Settlements ou établissements du détroit de Malacca furent formés, en 1853, de Poulo-Pinang, de Malacca et de Singapore, et placés sous l’administration du gouverneur-général de l’Inde. En 1867, ils furent constitués en colonie indépendante. La monnaie légale des Straits Settlements est la piastre mexicaine ou dollar, que l’on divise en 100 cents.

En 1862, on frappa des cents, half-cents cl qiiarter-cenis de cuivre, portant à Tavers le buste couronné de Victoria, au revers les mots india STRAiTS et l’indication de la valeur en toutes lettres.

Depuis 1871, le gouvernement anglais fait frapper pour les Straits Settlements des pièces d’argent de 20, 10 et $ cents et des pièces de cuivre de i, ^ et ^ cents, portant l’effigie couronné de la reine et l’indication de la valeur en chiffres arabes.

Ile de Java. — Java fut occupée par les Anglais en 1811 et rendue à la Hollande en 1814, au traité de Paris.

La Compagnie anglaise des Indes orientales frappa à Sourabaya des mohurs d’or, des roupies et demi-roupies d’argent, portant des inscriptions en malais et en javanais et les trois dates de l’hégire, de l’ère javanaise et de l’ère chrétienne. Ces inscriptions signifient : înonnaie de la compagnie anglaise, frappée à Sourabaya. Des monnaies de cuivred’un siuiver, d’un demi-stuiver et d’une doit, et des doits de plomb, émises à la même époque, portent la marque de la Compagnie, l’indication de la valeur, le millésime et le mot java.

Colonie de Bandjermasin. — Sir Stamford Raffles, gouverneur de Java pendant l’occupation anglaise, organisa une expédition à Bornéo sous les ordres d’un aventurier nommé Alexandre Hare. Celui-ci obtint du Sultan de Bandjermasin le territoire de Maluka sur la côte méridionale de l’île, où il fonda une colonie. Il frappa en 181^ des doits de cuivre portant à l’avers une sorte d’éventail en forme d’étoile ou une imitation de la marque de la Compagnie des Indes.

Ile de Hong-kong. — Cette île, située à l’embouchure de la rivière de Canton, fut occupée par les Anglais en 1839. Un atelier monétaire qui avait été organisé à Victoria, capitale de l’île, fut supprimé en 1871, et son matériel fut vendu au gouvernement japonais.

Les premières monnaies de la colonie de Hong-kong furent frappées en 1862 et consistent en pièces d’argent de 10 cents, portant à l’avers la tête diadémée de la reine Victoria et au revers l’inscription hong-kong, l’indication de la valeur et plusieurs caractères chinois. Le système monétaire fut successivement complété par des dollars d’argent frappés pour la première fois en 1866, des demi-dollars, des pièces de 20 et de 3 cents puis, en cuivre, des cents et des mils. Ces dernières pièces sont trouées à la mode chinoise. Quelques pièces de Hong-kong portent comme différent un H, ce qui indique qu’elles ont été fabriquées, non dans la colonie, mais à Birmingham, chez lleaton et fils.

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Une décision du 2 février 1895 a fait frapper à Bombay, à destination de Hong-kong et des établissements du Détroit, un nouveau hritishdollar d'argent du poids de 416 grains anglais et à 900 millièmes de fin. Le type se compose à l'avers de la Britannia debout, tenant un trident et un bouclier armorié, au revers d'un dessin symétrique dans le goût de l'Extrême-Orient, entouré de l'indication de la valeur en chinois et en malais.

Ile de Sultana ou Labuan. — En 1804 et 1835, Compagnie des Indes orientales a fait frapper pour l’île de Sultana, située au nordouest de Bornéo, des monnaies de cuivre d'un kapang, portant à l'avers ses armes avec les mots : island of sultana, et au revers une légende en malais.

Sarawak. — En 1841, le sultan de Brunei, dans l'île de Bornéo, céda le territoire de Sarawak à sir James Broke,quien devint souverain indépendant sous le protectorat de l’Angleterre. En 1868, James Brooke mourut après avoir désigné pour son successeur son neveu Charles Brooke.

En 1863, James Brooke fit frapper à son effigie des cenis, half-cents et quarter-cents de cuivre. Cet exemple fut suivi par Charles Brooke, dont la première émission remonte à 1870.

Britisli North Bornéo Company. — Cette Compagnie à charte, qui exploite une partie de la côte septentrionale de Bornéo, a fait frapper en 1882 et depuis lors à plusieurs reprises, chez Heaton et fils, à Birmingham, des cents et half-cents de cuivre. Ces pièces ont à l'avers les armes de la Compagnie, au revers l’indication de la valeur en anglais, en chinois et en malais, et la légende circulaire: british north borneo c°.

b). — Possessions françaises.

Bide française. — L’atelier de Pondichéry frappait des roupies d'argent au type indigène des roupies d’ Kvcdiie. En 1836, on fabriqua des caches de cuivre portant à l'avers le coq gaulois et le millésime, au revers le nom de Pondichéry en langue tamoule; l’année suivante, il y eut une émission de doubles fanons, fanons et demi-fanons d’argent, portant le même coq et au revers une couronne. Les travaux de l’hôtel des monnaies de Pondichéry cessèrent définitivement au janvier 1840.

Cochinchine française. — La Cochin chine fut cédée à la France par l’Annam en 1862.

DFX’XIÈMI- PARTIE

En vertu d’une décision du ministre des finances du 1 5 avril 1879, Monnaie de Paris a frappé pour la Cochinchine des pièces de 50, 20 et 10 d’argent, des cen^.9 et des sapèques de cuivre. Le type de ces pièces, à l’exception de la sapèque, se compose, à l’avers, d’une République assise, la tête radiée, tenant un faisceau et s’appuyant sur la barre d’un gouvernail. Les sapèques sont trouées comme les monnaies annamites et portent des légendes françaises et annamites. Les dernières monnaies de la Cochinchine portent le millésime de 1885.

Indochine française. — L’Indochine française se compose de la Cochinchine, du Tonkin et des royaumes d’Annam et du Cambodge, placés sous le protectorat de la France.

La Monnaie de Paris a frappé pour l’Indochine, depuis 1885, des piastres d’argent et des monnaies divisionnaires d’argent et de cuivre du même type que les pièces frappées antérieurement pour la Cochinchine.

c). — Possessions hollandaises.

Indes orientales. — En 1802, le gouvernement de la république batave, qui avait mis fin en 1799 au privilège de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, fit frapper pour l’Insulinde une série de monnaies d’argent, gulden, demi, quart, huitième et seixième de gulden, portant à l’avers un trois-mâts et la légende : indiæ batavorum, au revers l’écu au lion sous une couronne, entouré de l’inscription : mo. arg. ord. FOED. BELG. HOL. Pour le cuivre, on conserva pendant plusieurs années les coins antérieurement en usage; il existe jusqu’en 1804 des dûtes de la province de Hollande, et jusqu’en i8o6 des dûtes de la Gueldre, portant au revers le monogramme de la Vereenigde Osrtindische Companie. Indépendamment des monnaies frappées en Europe, on frappa à Java des monnaies d’argent à inscriptions indigènes et en cuivre des lingots oblongs, grossièrement découpés, portant un millésime et l’indication de leur valeur : 8 sT\j{ivers), 2 s. ou i sfuiver).

Sous Louis-Napoléon, roi de Hollande, un atelier créé à Sourabaya émit en grand nombre des pièces de cuivre portant le monogramme du roi ou ses initiales l. n. et au revers le mot java, accompagné du millésime. De i 81 1 à 1816, rinsulinde hollandaise fut occupée par les Anglais. Nous avons vu plus haut les monnaies qui furent frappées pendant cette période. Après la constitution du royaume des Pays-Bas, le roi Guillaume I obtint la restitution à son pays de ses anciennes colonies. Le 14 janvier 1817, une ordonnance du commissaire général des Indes néerlandaises

LES POSSESSIONS EUROPEENNES DE l’aSIE

déclara que le gulden ou florin de Hollande serait Tunité monétaire dans les colonies, où on le diviserait en 120 dûtes ou en 30 stuivers indiens équivalant à 24 stuivers néerlandais. La loi du mai 1854 substitua les ceyits et demi-cents aux dûtes, et le florin comprit 100 cents comme dans la mère-patrie. La loi du 20 avril 1855 introduisit aux Indes une pièce de 2 cents de cuivre.

Le type des florins d’argent de Guillaume I se compose de la tète du roi: au revers, l’écu néerlandais est entouré d’une double légende : munt

VAX HET KOXINGRYK DER NEDERLANDEN. NEDERLANDSCH INDIE. L’effigie rOVale

reparaît sur les -7 T pièces d’argent de valeur inférieure

ont à l’avers l’écu couronné du royaume et, au revers, des légendes en malais et en javanais.

d). — Possessions portugaises.

Inde portugaise. — Le système monétaire de Goa, suivant un décret du roi Jean VI, en date du 10 octobre 1818, comprenait les pièces suivantes:

En or. Saint thomas de 12 pardaos ou xerafins, taillé à 48 au marc, du poids de 96 grains à 22 carats de fin.

Saint thomas de 8 pardaos, pesant 64 grains.

Saint thomas de 4. pardaos, pesant 32 grains.

Saint thomas de 2 pardaos, pesant 16 grains.

Saint thomas d’un par dao, pesant 8 grains.

En argent. Roupie, pesant 215 grains.

Pardao ou — roupie, pesant 107 grains 5.

Demi-par dao, pesant 53 grains 75.

Tanga, pesant 21 grains 5.

En cuivre. Tanga de 60 reis, pesant 738 grains.

Meia tanga de 30 reis, pesant 369 grains.

Viniern de 20 reis, pesant 246 grains.

15 reis, pesant 184 grains 5.

12 reis, pesant 147 grains 6.

10 reis, pesant 123 grains.

7 Y reis, pesant 92 ~ grains.

4 Y reis, pesant 5 5 grains 3 .

3 reis, pesant 36 grains 9.

Le type des monnaies d’or comprend à l’avers les armes du Portugal, et au revers une croix dite de Saint-Thomas, cantonnée de l’indication de la valeur en xerafins et de la date. L’argent a au droit un buste royal informe, entouré des mots rupia d. goa, ou pardao d. goa, ou mei x goa, etc., et au revers les armes du Portugal. Ces mêmes armes se retrouvent sur le cuivre, qui porte de l’autre côté, au milieu du champ, la valeur en

reis. Toutes ces pièces sont d’une fabrication très rudimentaire. Sous le règne de Marie II, le monnayage se perfectionne un peu, grâce aux coins envoyés de Lisbonne, mais la barbarie de la gravure reprend sous Louis 1. En 1871, on eut recours à la Monnaie de Bombay pour la fabrication de nouvelles monnaies de cuivre de 60, 30, 15, 10, 5 et 3 reis; leur type comprend à l’avers l’écu couronné de Portugal, entouré de la légende india portog et du millésime, au revers, de la valeur inscrite dans une couronne.

e) . — Possessions espagnoles.

Iles Philippines. — Sous le règne de Ferdinand VII (1808-3 3), on frappa, à partir de 1823, des cuartos, ochavos et medio-ochavos de cuivre, portant soit le buste du roi, soit les armes d’Espagne; la légende du revers : VTRAG. viRT. PROTEGO, est suivie du millésime et des différents de l’essayeur et de l’atelier (m ou m). En 1828 eut lieu une émission de piastres d’argent; d’une fabrication très défectueuse, ces pièces sont frappées sur des piastres péruviennes et mexicaines, dont les types reparaissent sous l’empreinte nouvelle; l’avers porte au milieu du champ : manila 1828, en deux lignes, au revers figure l’écu d’Espagne couronné, entouré de la légende: habilitado por el rey n. s. d. fern. vu.

Sous Isabelle II (183 3-68), l’atelier de Manille émit des monnaies d’or, cuatro pesos, dos pesos, peso, des pièces d’argent, 50, 20 et 10 centimos de peso, et des cuatro cuartos de cuivre à l’effigie de la reine ou aux armes d’Espagne. Le monnayage continua sous Alphonse XII (1875-1885).

f) . — Possessions danoises.

Inde danoise. — Le gouvernement danois vendit, en 1845, à la Compagnie anglaise des Indes orientales, sa colonie de Tranquebar. L’atelier établi à Tranquebar monnaya sous tous les règnes jusqu’à la cession:

* Christian VII, 1766-1808. * Christian VIII, 1839-48.

* Frédéric VI, 1808-39.

Sous Christian VII, les espèces frappées sont des pagodes d’or, des royalins et doubles royalins d’argent, et des pièces de cuivre de 10, 4, 2 et I kas ou cash de cuivre. Sous ses successeurs on ne frappa que du cuivre. Le type principal de ces monnaies est formé parle monogramme couronné du roi.

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