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ÉTATS INDÉPENDANTS ET POSSESSIONS EUROPÉENNES

Sources ; A. Weyl, Die Jules Fonrohert’sche Sammlung üherseeischer Müngen und Medaillen. Berlin, 1877, in-8, tome III. — J. Atkins, The coins and tohens of the possessions and colonies of the hritish Empire. Londres, 1889, in-8. — E, Zay, Histoire monétaire des colonies françaises, d’après les documents officiels. Paris, 1892, in-8, — A.-C. Teixeira de Aragâo, Descripçào gérai e historica das moedas cunhadas em nome dos reis, regentes e governadores de Portugal. Lisbonne, 1874-77, tome III, in-8. — A. de Foville. Les monnaies de l’Ethiopie sous l’empereur Ménêlick, dans la Galette numismatique française de 1898.

§ I. — ■ Etats indépendants .

Empire du Maroc. — L’unité monétaire du Maroc se nomme metikal et se divise en 10 ukies à 4 mougonnas à 6 JJus. La valeur de ce métikal équivaut à celle d’une demi-piastre d’Espagne. Le monnayage indigène, très imparfait, ne comprend plus, depuis nombre d’années, que des pièces de 4 et de 2 fins, formées d’un alliage de cuivre et de zinc, et fondues dans des moules en grandes tablettes qui se divisent ensuite au ciseau, à la manière de certains potins gaulois. Cette numismatique musulmane ne rentre pas dans le cadre de notre Traité, mais de 1S81 à 1884 et de 1891 à 1894, le sultan du Maroc a entrepris d’établir dans ses états l’usage d’une nouvelle monnaie d’argent, dont la Monnaie de Paris a reçu la commande. Ce nouveau numéraire comprend des pièces de 10 onces du poids de 29 gr. 12, au titre de 900 millièmes, des pièces de 5 onces, 2 onces et demi, une once et une demi-once, au titre de 835 millièmes.

Vice-royauté d'Ègypte. — Le monnayage égyptien n’appartient qu’accessoirement à notre sujet. L’unité monétaire de l’Égypte était jusqu’en 1885 la piastre d’argent divisée en 40 paras ou medins. Cent

piastres faisaient une livi'e égyptienne. En or, il y avait des pièces de 100, de 50 et de 2 s piastres. Toutes ces pièces portent le toughra impérial ottoman. Tannée de Tavènement du sultan et Tannée de son règne, la légende : frappée au Caire et la désignation de la valeur.

Un décret du 14 novembre 1885 établit en Égypte Tétalon d’or. La livre de 100 piastres fut adoptée comme unité monétaire. La piastre se subdivise, non plus en 40 paras, mais en 10 ochr -el-guerche ou dixièmes. Les monnaies d’or ont seules un pouvoir libératoire illimité. Comme monnaies d’appoint inférieures à la piastre, il y a des pièces de nickel et de bronze.

Malgré les mots : frappée au Caire, qui continuent à figurer sur les espèces, le gouvernement égyptien s’adresse pour la fabrication de ses monnaies à des ateliers européens.

En 1867 et 1869, des pièces de bronze de 20 et 10 paras, dont les coins avaient été gravés par A. Barre, furent faites à Paris. F3epuis 1887, c’est THôtel des Monnaies de Berlin qui frappe les monnaies égyptiennes.

Empire d’Éthiopie. — La circulation monétaire de l’Abyssinie ou Éthiopie se composait de thalers levantins frappés en Autriche au buste de Marie-Thèrèse, de roupies de TInde anglaise et de lingots de sel dits annelets, lorsqu’en 1893, par décret du 9 février (4 yekatite de Tan de grâce 1885 de Tère abyssine) l’empereur Ménélick II décida la création d’un numéraire national.

Dans l’article I, l’empereur dit : « La nouvelle monnaie sera frappée dans les établissements monétaires du gouvernement français, afin de me donner toute garantie pour la pureté et la bonne exécution des pièces. » Les articles 2 à 8 instituent une série monétaire comprenant quatre pièces d’argent et trois de cuivre : d’abord le talari éthiopien « semblable comme titre et comme poids au talari de Marie-Thérèse, au millésime de 1780, qui a eu cours jusqu’à présent dans mes états », puis des demi-talaris, des quarts et des huitièmes, enfin en cuivre pur des guerches, des demiguer elles et des quarts de guerche. Le type du talari est fixé par l’article 9 ; il porte d’un côté le buste à droite de Ménélick, couronné de la tiare éthiopienne, au revers, le lion tenant la bannière et passant à gauche ; les légendes, en caractères et en langue amharique sont : Ménélik II, roi des rois d'Éthiopie. Il est vainqueur le lion de la tribu de Juda. Les coins des premiers talaris ont été gravés par J. Lagrange.

Le 3 novembre 1896 Ménélick notifia au ministre des affaires étrangères de France une décision qui modifia l’échelle primitive adoptée pour ses monnaies, en établissant une division décimale. Le huitième de talari fait place à un vingtième de talari et, en cuivre, les trois divisions

l’africiue

sont remplacées par un centième de talari. Le titre des pièces d’argent passe de 835 ^ à 85^ millièmes. La gravure des nouvelles pièces éthiopiennes est confiée à J. -G. Chaplain.

Sultanat de Zanzibar. — En 1885, le sultan de Zanzibar a fait frapper à Bruxelles des pièces d’or de 5 dollar's, des dollars d’argent et des pessas ou i36csde dollar en cuivre. De nouvelles émissions de monnaies de cuivre ont eu lieu, depuis cette époque, à Bruxelles et chez Heaton à Birmingham.

République du Transvaal. — Le système monétaire adopté par le Transvaal est celui de TAngleterre. En 18. .,1e président Burgers a fait frapper à son effigie des livres sterling d’or, mais plutôt à titre d’essai qu’en vue d’une circulation effective.

Une loi de 1891 a décidé la fabrication des monnaies suivantes à l’effigie du président Krüger, en or: livre et demi-livre, en argent: 5 shillings, 2 shillings, 2 shillings, shilling, six pence, three pence, en bronze : penny et halfpenny. Les monnaies du Transvaal ou république sud-africaine ont été fabriquées depuis 1892 dans l’atelier monétaire de Berlin. Les inscriptions des pièces sont en langue néerlandaise.

République de Libéria. — Le système monétaire de la République de Libéria est identique à celui des Etats-Unis d’Amérique. La première émission eut lieu en 1833; elle consiste en ceiits de cuivre portant à l’avers un homme nu plantant un palmier au bord de la mer éclairée par le soleil levant; au revers figure l’indication de la valeur avec les

mots : AMERICAN COLONIZATION SOCIETY FOUNDED A. D. l8l6. Eli 1847 eUt

lieu une émission de cents et de tn>o cents de cuivre ; les pièces portent, à l’avers, la tète de la Liberté avec bonnet phrygien orné d’une étoile, au revers, un palmier au bord de la mer. En cette même année, on contremarqua de cette même tête de la Liberté des monnaies d’argent étrangères. De nouvelles fabrications d’espèces ont eu lieu pour Libéria depuis cette époque; la dernière dont nous ayons connaissance, et qui consista en pièces d’argent et de bronze, fut exécutée en 1896, chez Heaton et fils, à Birmingham.

État indépendant du Congo. — Nous rangeons le Congo parmi les états indépendants de l’Afrique pour nous conformer à la fiction diplomatique, mais il s’agit bien ici d’une colonie belge, dont la création, due à l’initiative féconde du roi Léopold II, constitue pour ce souverain éclairé un titre impérissable à la reconnaissance de ses concitoyens. En

1885, Léopold II obtint des chambres belges Tautorisation d’être le chef de rétat du Congo.

« La base du système monétaire, dans cet état, est l’étalon d’or. La monnaie de compte est le franc divisé en 100 centimes ' ». Il n’a été frappé, jusqu’à présent, que des monnaies divisionnaires en argent de 5, 2, I jranc et de 50 centimes, et en cuivre, de 10, 5,2 et i centime. L’argent porte à l’avers la tête du roi-souverain, au revers les armes couronnées de l’état; les pièces de cuivre, trouées au centre d’un trou rond, afin d’en faciliter le transport, ont pour type une étoile. Les monnaies congolaises ont été frappées à partir de 1887 par l’atelier de Bruxelles.

Comme dans beaucoup de pays africains, une grande quantité de monnaie disparaît annuellement de la circulation, pour entrer dans la confection de bijoux indigènes ou pour être enfouie dans les tombes des chefs.

§ IL ■ — Colonies portugaises.

Mozambique. — En 1813 et 1815, sous la régence de Jean, réfugié du Brésil, l’atelier de Rio de Janeiro frappa des monnaies de cuivre de 80, 40 et 20 reis pour le Mozambique et pour les îles de Saint-Thomas et du Prince; ces pièces ne diffèrent des monnaies brésiliennes que par l’indication de la valeur, tracée en chiffres arabes au lieu de chiffres romains. Une nouvelle émission de ces pièces de cuivre, au nom de Jean, devenu le roi Jean VI, eut lieu à Rio de 1819 à 1822 ?.

Sous Marie II, on fabriqua à Mozambique, avec l’or natif, des lingots dits barrinhas, en forme de parallélogramme et portant d’un côté l’initiale M et parfois la date, de l’autre, l’indication de leur poids, soitONÇA 6 soit 2 ^ ou I ^ {maticals).

En 1840, on frappa à la Monnaie de Lisbonne des pièces de cuivre de 80, 40 et 20 reis pour le Mozambique, puis en 1853 des pièces de i réal et de 2 reis. Ces pièces portent, comme celles qui avaient été émises sous Jean VI, les armes du Portugal et l’indication de leur valeur, mais rien dans les légendes ne précise leur destination. Un décret du 29 décembre 1852 a établi dans les diverses colonies portugaises de l’Afrique orientale une circulation monétaire uniforme, identique à celle du Portugal.

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