ÉTATS INDÉPENDANTS ET POSSESSIONS EUROPÉENNES
Sources; A. Weyl, Die Jules Fonrobert’sche Sammlung überseeischer Münien und Medaillen. Berlin, 1877, in-8, tome III. — J. Atkins, The coins and îokens of the possessions and colonies of the british Empire. Londres, 1889, in-8.
§ I. — Royaume de Hawaï.
Le seul état indépendant de l’Océanie qui ait eu un numéraire propre, le groupe des îles Hawaï, vient d’être annexé aux États-Unis d’Amérique (1898). En 1847, le roi Kamehameha III (1824-54), qui introduisit dans ses états la civilisation européenne, désireux d’user des prérogatives de sa souveraineté, fît frapper, soit en Angleterre, soit aux États-Unis, des cents de cuivre. Ces pièces portent à l’avers son buste de face, en uniforme, entouré des mots kamehameha iii ka moi. Le revers a en légende: aupuni haavaii et, dans une couronne formée de deux branches de laurier: hapa-haneri en deux lignes.
Le roi Kalakana (1874-1891) fit frapper à San-Francisco en 1883 et 1884 des dollars, des pièces de 5o cents et des pièces de 25 cents et de 10 cents d’argent, conformes aux monnaies américaines. Ces pièces ont à l’avers sa tête de profil, au revers les armoiries écartelées de son royaume.
La reine Lilinokalani, dernière souveraine d’Hawaï, détrônée en 1893, n’a pas laissé de souvenirs numismatiques.
§ IL — Possessions européennes .
Cinq puissances européennes possèdent des domaines en Océanie. L’Angleterre a la part la plus grande avec l’Australie, la Tasmanie et la
l’océanie
Nouvelle-Zélande. La France possède la Nouvelle-Calédonie, Tahiti et les Marquises. Les Carolines et les Mariannes rappellent Tancienne puissance coloniale de LEspagne. La Hollande revendique la côte occidentale de la Nouvelle-Guinée comme annexe de son empire d’Insulinde. Enfin, dernière venue, TAllemagne a établi son autorité sur le Nord-Est de la Nouvelle-Guinée et quelques archipels polynésiens. De ces diverses puissances, nous n’avons à mentionner ici que l’Angleterre et l’Allemagne, les seules qui aient donné à leurs établissements océaniens des monnaies particulières.
Possessiojis anglaises. — La circulation monétaire de l’Australie et des possessions britanniques de l’Océanie fut assurée, dès le début, d’une manière plus ou moins satisfaisante, par le numéraire importé de la métropole. Pour les besoins des petites transactions, un grand nombre de marchands, tant du continent australien que de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande, émirent des tokens de cuivre. Ce genre d’espèces privées n’entre pas dans le cadre de ce livre, mais nous ne pouvions cependant nous dispenser de signaler tout l’intérêt qu’elles présentent dès à présent pour l’histoire intime du développement de ces pays nouveaux. Beaucoup de ces tokens sont de fabrication anglaise, mais il s’en trouve certainement qui ont été exécutés sur plan'.
La découverte de mines d’or en Australie, en 1851, amena le gouvernement anglais à ouvrir successivement dans ce pays trois ateliers monétaires, succursales de la Monnaie de Londres, et destinés exclusivement à la fabrication d’espèces d’or. La production d’or australienne représente déjà près de 10 milliards de francs et dépasse actuellement 250 millions par an.
L’atelier de Sydney, institué par décret du 19 août 1855, commença sa fabrication en 1855. Il émet des sovereigns et Iialf-sovereigns, SiU type de la reine Victoria, mais portant au revers le mot australia. Les pièces frappées en Australie ont reçu cours légal en Angleterre en 1865. Un second atelier fut créé à Melbourne par décision du conseil en date du 10 août 1869. La fabrication commença en 1872. La troisième officine a été créée à Perth, dans l’Australie occidentale, par décision du conseil en date du 15 octobre 1897.
I . Des tokens d’un penny et d’un half penny émanent d’un certain Thomas Stokes, de Melbourne, qui s’y intitule, graveur de coins et fabricant de tokens : die sinker, SEAL ENGRAVER, LETTER CUTTER, CHECK & TOKEN MAKER. Ces pièces portent le millésime de 1862. — Cf. A. Weyl, Fonrohert’sche Samniliing, t. III, nos 242 et suiv.
Possessions allemandes. — En 1884 fut créée à Berlin la Compagnie de la Nouvelle-Guinée qui entreprit l’exploitation de la côte Nord-Est de cette île, à laquelle les Allemands donnèrent le nom de Terre de l’empereur Guillaume, Kaiser Wilhelms Land.
Le système monétaire est celui de la métropole. On a fabriqué pour la circulation de la colonie, en 1894, des monnaies d’argent marcs, 2 marcs, i marc et 50 pfennig), et en 1895 des monnaies d’or (20 et 10 marcs) et de bronze (10 pfennig, 2 pf. et i pf.). Toutes ces pièces ont été frappées à l’atelier de Berlin.
TABLE DES MATIÈRES