C. van Peteghem
2. Th. Masui, L’état indépendant du Congo à V exposition de Briixelles-Terviieren . P>ruxelles, 1897, in-8, p. 219.
3. J. Meili, Das hrasitianiscbe GeUhvcscn. Zürich, 1897, in-8, p. 25401 suiv.
l’afrioue
Iles Saint-Thomas et du Prince. — Nous venons de parler des monnaies de cuivre émises en 1813 et 1813 à Rio de Janeiro pour la circulation de ces îles, situées dans le golfe de Guinée. Un décret du 3 novembre 1834 ordonna de contremarquer d’une couronne les pièces de cuivre en usage dans cette colonie.
Afrique occidentale ou Angola. — De 1814 à 1816 on frappa à Rio de Janeiro, pour l’Afrique occidentale, des monnaies de cuivre de 2 macutas, I macuta^ ^ et de macuta.
Ces pièces ont le même type que celles de Joseph I, mais elles sont environ de moitié moins lourdes.
De nouvelles émissions de monnaies de cuivre pour cette colonie eurent lieu sous Marie II et Pierre V.
Iles Açores et Madère. — Pendant la révolution qui agita le Portugal après la mort de Jean VI, les îles Açores restèrent fidèles à Marie II. En 1829, junte centrale de l’île de Terceire fit fondre à Angra, avec le métal des cloches des couvents, des pièces de 10 et de 40 reis, portant à l’avers le nom et les titres de la reine autour d’un cartouche ovale aux armes du Portugal, et au revers l’indication de la valeur dans une couronne entourée des mots : ilha terceira utilitati publicae.
Des fabrications de monnaies de cuivre pour les Açores ont eu lieu à Lisbonne, sous Marie II et Louis I, et, pour Madère, sous Marie IL
§ III. — Colonies françaises.
Ile de France. — « Le capitaine générai Decaen, gouverneur des Etablissements français à l’est du cap de Bonne-Espérance, fit frapper à l’île de France, en 1810, une monnaie à laquelle les colons donnèrent le nom de piastre Decaen. Elle fut fabriquée à Port-Louis par l’orfèvre Aveline avec les matières d’argent provenant de la prise d’un brick de guerre portugais. » Cette monnaie porte à l’avers l’aigle couronnée, sur un foudre, entouré de la légende : îles de frange et Bonaparte, au revers, les mots: dix livres, dans une couronne de laurier.
Le 3 décembre 1810, l’Ile de France fut prise par les Anglais, qui s’en firent conférer la possession définitive par les traités de 181^ ; elle porte depuis cette époque le nom d’île Maurice.
Ile Bourbon ou de la Réunion. — En 1816, Louis XVIII fit frapper à
Paris, pour l’île Bourbon, des pièces de billon de 10 centimes portant à l’avers son chiffre couronné. Cette île reprit en 1848 le nom d’île de la Réunion, qu’elle avait porté sous la première république. En 1896, la Monnaie de Paris a frappé pour la Réunion des bons de caisse de de I franc et de 50 centimes en nickel, destinés à remplacer les bons de papier qui formaient la base de la circulation. Le type de ces pièces se compose à l’avers d’une tête de Mercurè tournée à gauche; les coins ont été gravés par Lagrange.
Sénégal. — Une ordonnance de Charles X, en date du 17 août 1825, prescrivit la fabrication à la Monnaie de Paris de pièces de 5 et de 10 centimes en bronze « pour être transportées au Sénégal ». Ces pièces ont, à l’avers, la tête laurée du roi, au revers, l’indication de leur valeur dans une couronne entourée des mots colonies françaises: mais rien, ni dans leur type, ni dans leurs légendes, ne rappelle leur destination spéciale. Elles sont identiques à celles qui furent envoyées à Cayenne et aux Antilles à la même époque (voir p. 734). Une nouvelle émission de monnaies de bronze coloniales eut lieu de 1839 ^ 1844, à l’effigie de Louis-Philippe.
Pi'otectorat de Tunisie. — Par le traité du 12 mai 1881, la Erance a établi son protectorat sur l’ancienne régence de Tunis. A cette époque le système monétaire tunisien avait pour unité la piastre tunisienne, qui se divisait en 16 khai'oubes ou en 40 paras et pesait 3 gr. 097 d’argent au titre de 900 millièmes. Le rapport de l’or à l’argent était de i à i $,88.
En 1884, la Erance fit une première tentative pour l’établissement en Tunisie du système décimal métrique. On frappa des pièces d’or de 1$ francs équivalent à 2$ piastres tunisiennes. Ces pièces, frappées à l’imitation des anciennes monnaies indigènes, portent à l’avers, dans une guirlande formée par deux branches de laurier, l’inscription arabe : règne d’Aly Bey et l’indication de leur valeur, 1$ f., au revers, au milieu de deux palmes, se lit l’inscription arabe: frappée à Tunis, année iSof (1884)25 (piastres).
Ces pièces de transition firent place en 1891 au système français. L’atelier de Paris frappa pour la Tunisie des pièces d’or de 20 et de 10 francs, de 2 francs, i franc et $0 centimes, des pièces de bronze de 10, $, 2 et I centimes. L’avers de ces monnaies porte, entre une palme et une branche de laurier, l’inscription arabe: règne d'Aly, bey de l'unis. 20 francs, année 1 3o8 sur le revers se lit, au centred’une
arabesque circulaire, le mot Tunisie, avec l’indication de la valeur, le millésime et les différents de la Monnaie de Paris.
l’afrique
Protectorat de la Grande-Comore. — Les îles Comores furent placées en 1885 sous le protectorat français. Une société, formée à Paris pour l’exploitation de la Grande-Comore, a fait agréer au sultan qui la gouverne la proposition de battre monnaie à son nom. Par autorisation du sous-secrétaire d’Etat des colonies, en date du ii octobre 1889, la Monnaie de Paris a frappé des pièces de $ francs en argent, de 10 et de 5 centimes en bronze, au même poids, titre et module que les monnaies françaises. C’est le sultan lui-même qui a donné ordre de graver les
armes divines que porte sur sa face la pièce de 5 francs (lig. 440), dont les légendes arabes signifient : Saïd Ali^ fils de Saïd Omar. Que Dieu le Très Haut le garde, i3o8 (1891) Protectorat du gouvernementfirançais glorieux. Dynastie d’Anghefidia. Que Dieu le protège. Les monnaies de bronze portent ces mêmes inscriptions, mais n’ont ni les armes ni les drapeaux des pièces de 5 francs.
§ IV. — Colonies anglaises.
Sierra Leone. — Nous avons décrit (p. 583) les monnaies frappées à la fin du xv!!!"^ siècle par la Compagnie anglaise de Sierra Leone. Une dernière émission de la pièce d’argent de 10 ceiits eut lieu en 1805.
Côte-TOr. — En Afirican company ofi the gold fit frapper
à Birmingham des ackey ou couronnes et des half-ackey d’argent, portant à l’avers le buste lauré du roi Georges 111 et au revers les armes de la compagnie, entourées de la légende, free trade to africa by act OF PARLiAMENT 1750. Eli 1821, la Compagnie fut supprimée et ses forts et établissements furent réunis au domaine de la couronne d’Angleterre.
Ile Maurice. — Lorsque l’ile de Erance eût été prise, en i8io, par les
Anglais, ceux-ci lui rendirent le nom d’île Maurice qu’elle portait avant l’occupation française. Le 24 avril 1820, le gouvernement britannique fit frapper à Londres des monnaies d’argent, demi-dollars, quarts, huitièmes et seizièmes de dollars, pour Maurice, mais ces pièces qui portent à l’avers le nom de Georges IV autour d’un écusson, au revers une ancre et la légende coloniar britan. monet., n’ont rien dans leur type qui limite leur destination à cette île.
En 1821 et 1821, des pièces de métal blanc de 50 et de 2$ cents furent
frappées à la Monnaie de Calcutta pour le Gouv. de Maurice et dep., comme l’indique leur légende en langue française. L’avers porte deux palmiers (fîg. 441).
Des monnaies d’argent de 20 et de 10 cents, et de bronze de 5, 2 et I cent ont été frappées, en Angleterre, pour Maurice, depuis 1877. Le type se compose, d’un côté, du buste couronné de la reine Victoria, de l’autre, d’un chiffre indiquant la valeur et de la légende mauritius.
Ile de Sainte-Hélène. — En 1821, la Compagnie des Indes-Orientales fit frapper pour l’île de Sainte-Hélène des half-penny portant, à l’avers ses armes, au revers, le nom s^ helena, le millésime et l’indication de la valeur encadrés dans une couronne. Des essais de half cromis d’argent ont été faits en 1823, et des essais de shillings et de six pence en 1833, mais ces pièces n’ont pas été mises en circulation.
Afrique orientale britannique. — Cette possession, qui s’étend au nord des possessions allemandes, entre le lac Victoria Nyanza et la côte de l’Océan Indien, est administrée par une compagnie à charte. En 1888, \di British East African Company d. fait frapper à Birmingham, dans l’ancienne maison Heaton et fils, des roupies d’argent et des cents en cuivre. Le type de l’avers est une balance.
Les autres colonies anglaises de l’Afrique n’ont pas eu, pendant le xix<^ siècle, de monnaies particulières, mais il existe pour la colonie du Cap, pour le Criqualand West et pour Natal, un certain nombre de tokens émis par des particuliers.
l’ AFRIQUE
§ V. — Colonies allemandes.
La Compagnie allemande de l’Est de l’Afrique, fondée en 1885, exploite les vastes territoires qui s’étendent entre le lac Tanganyka et rOcéan indien. On a frappé à la Monnaie de Berlin, pour la circulation de ces régions, des monnaies d’argent de 2 roupies, i roupie, L et de roupie. Leur type se compose, à l’avers, du buste à gauche de l’empereur Guillaume II, guillelmus ii imperator, coiffé d’un casque ayant pour cimier une aigle, au revers, de l’écu de la compagnie : un lion passant à gauche, devant un palmier, avec la légende circulaire :
DEUTSCH- OSTAFRIKANISCHE GESELLSCHAFT.
§ VL — Colonies italiennes.
En 1885, l’Italie occupa Massaouah sur la côte africaine de la mer Rouge, et y créa une colonie sous le nom de colonie Erythrée.
Un décret royal du 10 août 1890 a prescrit la frappe, pour la colonie d’Erythrée, des monnaies suivantes, qui n’auront cours que sur le territoire de cette colonie :
Tallero d’argent, pesant 28 gr. 125, au titre de 800 millièmes, valant 5 lire italiennes.
de tallero d’argent, pesant 10 gr., au titre de 835 millièmes, valant 2 lire.
d- de tallero d’argent, pesant 5 gr., au même titre, valant i lira.
Dixième de tallero d’argent, pesant 2 gr. 50, au même titre, valant 50 centesimi.
Deux centièmes de tallero, de bronze, pesant 10 gr. valant 10 centesimi.
Centième de tallero, de bronze, pesant 5 gr. valant 6 centesimi.
Le type du tallero so, distingue parle buste du roi Humbert, couronné et tourné à droite. Au revers, une aigle couronnée supporte l’écu ovale delà maison de Savoie; la légende comprend les mots colonia eritrea et la valeur en trois langues, italien, arabe et amarique. Sur les monnaies divisionnaires, le buste couronné est conservé, mais le revers ne porte que des inscriptions et des chiffres de valeur. Les coins de ces pièces sont dues au graveur Speranza.