Pfenning taillé à 720 au marc et à 3 loths d’aloi
Cette ordonnance constituait une sérieuse concession aux états monnayants, car, en abaissant l’aloi des monnaies divisionnaires, elle permettait, par le fait, de réaliser un plus grand seigneuriage. Le marc fin rapporta de cette manière 1 3 1/2 fi. en thalet's, 13 5 4 en pièces de 6 kreugers,^ 1 3 fi. 47 kr. en batgen et 16 fi. Qn pfennings. La décision de la diète de Ratisbonne ne parvint pas cependant à satisfaire tout le monde, pas plus que ne le fit un édit impérial de 1681 évaluant le ihaler à 96 kr., le ducat à 2 10 kr. et le florin d'or à 1 56 kr.
Dans le nord, le pied de Zinna avait lui-même fait son temps et n’était plus en rapport avec le renchérissement progressif de l’argent. Les représentants des états qui l’avaient établi, la Saxe électorale, le Brandebourg et le Brunswick-Lunebourg se réunirent en janvier 1690 à Leipzig et fixèrent un pied monétaire nouveau, connu dans l’histoire économique de l’Allemagne sous le nom de Leipgiger-Müngfusg. Le marc fin de Cologne fut nominalement évalué à 12 thaler, le thaler à ig gute groschen, \e gute groschen à 12 pfennings. Le thaler, appelé current-thaler, n’exista toutefois que comme monnaie de compte, et il ne fut frappé en réalité que des doubles tiers, tiers et sixièmes de thaler. Ces dispositions furent complétées en février 1690 dans la réunion de Torgau où l’on s’entendit'sur la frappe des menues espèces : doppel groschen, groschen et pfennings. Les anciens reichsthaler, monnaies réelles, appelées désormais species-thaler, par opposition aux current-thaler, monnaies de compte, furent évalués à 2 fl.; les ducats furent cotés 4 fl. et les florins d'or 2 fl. 56 kr. Le rapport entre les deux métaux était, de la sorte, comme 1 est à 15 2 9.
Le pied de Leipzig fut adopté par les cercles du Rhin ; en 1693, ceux de Souabe, de Franconie et de Bavière y adhérèrent, et le 2 i mars de cette même année, l’empereur lui-même l’introduisit dans ses états héré-
Ï’REMIERE PARTIE
ditaires. L’Allemagne vit ainsi renaître, dans une certaine mesure, l’unité du monnayage, mais le nord et le midi conservèrent chacun leur système particulier de compte par thaler ou par gulden. Voici le tableau sommaire du rapport des principales monnaies circulantes et des deux systèmes de compte entre eux ; nous négligeons les espèces d’appoint :
Ducat d’or à 67 au marc et à 23 carats 8 gr. = 4 florins ou 2 thaler 16 groschen.
Florin d’or à 72 au marc et à 18 carats 6 gr. = 2 fl. 56 kr. ou i th. 23 gr.
Species thaler d’argent à 8 au marc et à 14 loths 4 gr. = 2 fl. ou i th. 8 gr.
Demi-speciesthaler à 16 au marc et de même aloi.= i fl. ou 16 groschen (2/3 th.).
Quart de speciesthaler à 32 au marc et de même aloi. = 30 kr. (1/2 fl.) ou 8 gr. (1/3 th.).
Huitième de speciesthaler à 64 au marc et de même aloi. = 15 kr. (1/4 fl.) ou 4 gr. (1/6 th.).
Lubeck et Hambourg, seules, refusèrent d’adhérer à ce système et continuèrent leur compte traditionnel par marks, l’ancien reichsthaler étant compté pour 3 7iiarks ou 48 schillings et le schilling 16 pfennings. Voici quelles furent les pièces frappées sur cette base.
1. Pièce de deux marks d’argent, taillée à 12 3/4 au marc et à 12 loths d’aloi.