Demi-allnis, taillé à 152 1/2 au marc et de même aloi
3. Pfenning, dont 8 faisaient un allus et 224 un florin, taillé à 688 au marc.
Dans les états ressortissant des cercles de Haute-Saxe et de Franconie, on frappa :
1. Groschen, dont 21 faisaient un gulden de 60 kr., taillé à 100 au marc de Cologne et à 7 1/3 loths d’aloi.
2. Demi-groschen, taillé à 1^52 au marc et à 5 loths 10 gr. d’aloi.
3. Klein grôschîein ou quart ào. groschen, taillé à 276 au marc et à 3 loths d’aloi.
L’électeur de Brandebourg émit les pièces suivantes :
1. Pièce de 8 màrkische groschen, dont 4 faisaient un gulden de éo kr., taillée à 36 au marc de Cologne et à 14 loths 2 gr. d'aloi.
2. Màrkische groschen, dont 32 faisaient un gulden de 60 kr., taillé à 126 au marc et à 6 loths I gr. d’aloi.
3. Demi-màrkische groschen, dont 64 faisaient un gulden de 60 kr., taillé à 253 1/2 au marc et de même aloi.
4. Pfenning, dont 254 faisaient un gulden de 60 kr., taillé à 693 au marc et à
4 loths d’aloi.
Dans le cercle de Basse-Saxe, on frappa :
1. Schilling de Lubeck à 24 pièces au gulden de 60 kr,, taillé à 109 1/2 au marc de Cologne et à 7 loths d’aloi.
2. Sechsling ou sundische schilling à 48 au gulden de 60 kr., taillé à 173 au marc et à 3 1/2 loths d’aloi.
3. Dreiling ou sundische witten à 96 au gulden de 60 kr., taillé à 318 au marc et à
5 loths d’aloi.
4. Pfenning de Lubeck à 288 au gulden de 60 kr., taillé à 318 au marc et à 3 1/3 loths d’aloi.
Ailleurs encore, il y eut d’autres monnaies locales, parmi lesquelles nous citerons les pièces suivantes :
1. Etsch-vierer de Tyrol, dont 5 valaient un kreii^er, taillé à 580 au marc de Cologne et à 2 loths 14 gr. d’aloi.
2. Pfenning de Franconie, dont 252 valaient un gulden de 60 kr., taillé à 682 au marc et à 4 loths d’aloi.
3. Pfenning d’Autriche, dont 4 valaient un kreu^er, taillé à 649 au marc et à 4 loths d’aloi.
4. Pfenning du Rhin. et de Bavière, dont 210 valaient un gulden de 60 kr., taillé à 636 au marc et à 4 1/2 loths d’aloi.
5. Pfenning de Bade et de Wurtemberg, dont 148 valaient un gulden de 60 kr., taillé à 562 au marc et à 5 2/3 loths d’aloi.
6. Pfenning de Strasbourg, dont 120 valaient un gulden de 60 kr., taillé à 480 au ' marc et à 6 loths d’aloi.
Tous les états eurent du reste la faculté de frapper des pfennings et des suivant leurs besoins, mais on ne pouvait tirer pour plus de ii gulden d’un marc d’argent fin.
L’ordonnance de 1531 supprimait le monnayage du thaler. Cette proscription rencontra une résistance très vive dans la Saxe, qui provoqua en 1555 la formation d’une confédération particulière dans laquelle entrèrent le duc de Brunswick-Lunebourg, le chapitre d’Halberstadt, les villes de Hildesheim, Goettingue, Hanovre, Eimbeck, Nordheim et Hameln. Cette confédération fut le point de départ du compte thaler à 24 silbergroschen ou 32 mariengroschen^ longtemps usité dans l’Allemagne septentrionale. Dans d’autres régions encore, les états continuèrent à émettre les monnaies locales auxquelles les habitants étaient habitués, sans se préoccuper des ordres de l’empereur.
Les tentatives de Charles-Quint pour doter son empire d’un monnayage unifié échouèrent ainsi les unes après les autres. Il était réservé à Ferdinand I de résoudre ce difficile problème. Dès 1533, ce prince s’était activement occupé des questions économiques dans ses états personnels, et en 1 5 3 5, il avait pris l’initiative d’une convention à laquelle avaient adhéré les comtes palatins du Rhin, les ducs de Bavière, les villes d’Augsbourg et d’Ulm, et plus tard encore l’archevêque de Salzbourg, les comtes d’Oettingen, de Montfort et de Rattenfels, l’administrateur des évêchés de Ratisbonne et de Passau, l’évêque de Constance et les villes de Ratisbonne, de Constance, de Kempten, d’Isny, de Saint-Gall et de Schafîhouse.
L’année qui suivit son avènement à l’empire, Ferdinand I saisit la diète d’Augsbourg de ses projets monétaires, et le 19 août i $59, il promulgua une ordonnance réglant comme suit l’échelle des espèces à émettre :
1. Reichs-guldener d’argent de 60 kreugers, taillé à 9 1/2 au marc de Cologne et à 14 loths 16 grains d’aloi.
2. Demi-reichs-guldener de 30 kr., taillé à 19 au marc et de même aloi.
3. Pièce de 10 kr. ou ^ehn kreii^erer, taillée à 37 au marc et de même aloi.
l’empire d’allemagne
4. Pièce de 5 kr. ou fünf kreu:(erer, taillée à 114 au marc et de même aloi.
5. Pièce de 2 1/2 kr. ou dritthalh, taillée à 124 au marc et à 8 loths d’aloi.
6. Pièce de 2 kr. ou iweihreir^er , taillée à 155 1/2 au marc et de même aloi.
7. Kreuser, taillé à 243 1/2 au marc et à 6 loths 4 gr. d’aloi.
En ce qui concernait le type, les prescriptions du règlement de 1551 furent répétées, à cette différence près que le nom de Ferdinand devait remplacer le nom de Charles. Pour éviter la multiplication des monnaies d’appoint, il fut décidé que l’acceptation en payement de pièces inférieures à $ kr. n’était obligatoire que jusqu’à concurrence de 25 florins. Les émissions des pièces locales devaient au surplus être limitées aux besoins de chaque pays. Quelques états furent autorisés pour la facilité des transactions à frapper les monnaies d’appoint suivantes :
1. Rekhsgroschen, dont 21 valaient un guîden de 60 kr., taillés à 109 1/2 au marc de Cologne et à 8 loths d’aloi.
2. Schilling de Wurzbourg, de Wurtemberg et de Bade, dont 28 valaient un gulden, taillés à 145 au marc et à 8 loths d’aloi.
3. Siindische schilling ou sechsling, dont 48 valaient un gulden, taillé à 187 1/2 au marc et à 6 loths d’aloi.
4. Simple rappenfïihrer, dont 75 valaient un gidden, taillé à 293 1/2 au marc et de même aloi.
5. Petit gros ou grôschlein, dont 84 au gulden, taillé à 274 au marc et à 5 loths d’aloi.
Chaque état pouvait en outre frapper des pfejinings et des heller, mais à la condition de ne pas tirer plus de 1 1 florins $ kr. au marc. Il n’y eut pas de modification quant à l’or : le florin resta taillé à 71 1/3 au marc et à 18 1/2 carats, mais le rapport entre les deux métaux étant mal établi, on en vint bientôt à une taille de 72 au marc, malgré laquelle le cours de la pièce s’éleva à 75 kr. L’ordonnance prévoyait aussi le monnayage de ducats d’or à 67 au marc et à 23 carats 8 gr. d’aloi.
De légères modifications furent apportées en 1566 au règlement de 1559; les pièces de 5 et de 2 1/2 kreugers furent supprimées et, pour amener l’adhésion de la Saxe, le thaler fut admis au nombre des monnaies d’empire, sous le nom de reichstJialer (en néerlandais : rijksdaalder, en français : rixdale). Cette pièce, courant pour 68 kr., était taillée à 8 au marc et avait 14 loths qgr. ; elle eut une vogue énorme et supplanta bientôt le reichsgulden appelé par analogie de forme guldenthaler, qui cessa d’être monnayé.
Grâce à l’édit de 1559, l’Allemagne eut pour quelques années un monnayage presque uniforme, mais l’enchérissement progressif des matières provoqua bientôt des infractions plus ou moins ouvertes des règlements impériaux. La première manifestation du désordre renaissant fut la mise en circulation d’un trop grand nombre de monnaies d’appoint. En 1 570, Maximilien II, à la diète de Spire, interdit la fabrication de pfennings
et de hellers sans autorisation spéciale ; pour rendre le contrôle plus facile, on décida qu’il n’y aurait plus dorénavant que trois ou quatre ateliers ou mün^stàtteîi par cercle. Exception était faite pour les états ayant des mines sur leurs territoires; mais il fallut dès 1571 interdire à ces derniers d’employer d’autres matières que celles provenant de leurs exploitations. Les ateliers réglementaires furent, pour le cercle de Souabe : Stuttgard, Tettnang, puis Langenargen, Augsbourg et un quatrième laissé au choix du margrave de Bade ; pour le cercle de Franconie, Wurzbourg, Schwabach, Wertheim et Nuremberg; pour le cercle de Bavière, Munich, Salzbourg et Ratisbonne ; pour le cercle de Haute- Saxe : Leipzig, Berlin, Stettin et Saalfeld ; pour le cercle de Basse-Saxe : Lubeck, Magdebourg, Brème et Brunswick'.
Les diètes de Ratisbonne et d’Augsbourg tenues en 1576 et 1582 renouvelèrent les défenses relatives au monnayage des petites espèces. Elles ne purent avoir raison de la fraude. Le commerce répondit à l’impuissance des décrets impériaux par l’établissement d’un agio sur les grosses espèces et, en 1585, les négociants assemblés à la foire de Francfort-sur-Main fixèrent, d’un commun accord, un nouveau tarif des espèces :
Le ducat d’or fut mis à 114 kreuiers au lieu de 104.
Le for in d’or. . . . 82 75.
Lq guîdenthaler dQ 64 60.
Le reichsthaler . ... 74 68.
L’empereur Rodolphe II essaya vainement de réagir contre cette dépréciation des petites espèces, en nommant, le 9 août M96, des commissaires qui durent suivre les foires, surveiller le change des monnaies, proscrire les mauvaises espèces. Rien ne put arrêter la refonte successive des grosses pièces et l’affaiblissement graduel de l’aloi des pièces plus petites qui les remplaçaient. La guerre de Trente ans, qui éclata en 1618, vint bientôt entraver toute surveillance: des ateliers ouverts sans autorisation 2 dans un grand nombre de seigneuries et de villes émirent d’énormes quantités de monnaies d’appoint, imitant à bas titre, sans la moindre vergogne, les espèces en vogue ; les rogneurs et les billonneurs purent presque impunément se livrer à leur coupable industrie. Les rares monnaies d’or et d’argent circulant encore furent taxées à un
1. Chaque membre de l’empire pouvait choisir, pour son monnayage, l’atelier qui lui convenait le mieux, celui-ci fût-il situé hors du cercle dont le souverain faisait partie. Au surplus, les ateliers des cercles ou kreismiïn^stdtte pouvaient se charger des travaux monétaires qui leur étaient parfois confiés par des souverains étrangers.
2. Ces ateliers illicites et leurs produits sont appelés hechiiüiiieii dans les ouvrages allemands et haagniiinten dans les textes hollandais.
l’empire d’allemagne
prix invraisemblable. Au moment de la mort de Tempereur Mathias, en 1619, \q reichsthaler comodl ^om i fl. 48 kr., le guldenthaler pour
1 fl. 36, le florin d’or pour 2 fl., et le ducat pour 2 fl. 58 kr. En février 1622, le reichsthaler avait atteint une valeur nominale de 10 fl., le^wA denthaler de 8 fl. 30 kr., le florin d or de i 2 fl. et le ducat de 16 fl. « Il est facile, dit M. Hanauer, de se figurer les conséquences funestes de cette crise financière: le renchérissement excessif quoique en partie factice de toutes les denrées ; la misère inattendue de tous ceux qui vivaient de rentes ou de traitements fixes; l’appauvrissement de toutes les institutions de bienfaisance; les pertes énormes des capitalistes dont les créances étaient l’objet de remboursements fictifs, au dixième souvent de leur valeur réelle ; des ruines imméritées et d’un autre côté des fortunes scandaleuses dues à l’agiotage et à des spéculations malhonnêtes ; en un mot le déplacement immoral de la richesse publique et privée. » Cette fatale époque est connue en Allemagne sous les noms de kipper^eit ou wipper^eit, des mots haut-saxons kippen, rogner, et wippen, peser, allusions aux opérations des juifs et des orfèvres, qui rognaient les espèces et les pesaient pour refondre les exemplaires les plus lourds '.
L’excès du mal amena le remède. Dès le mois de mars de l’année 1622, la valeur nominale des grosses espèces diminua. Le cercle de Souabe ouvrit la marche, et en 1623 un grand nombre d’états, surtout ceux du sud, fixèrent un cours plus normal. Le 14 décembre de la même année, l’empereur Lerdinand II publia un important édit pour ses états héréditaires. Le taux des pièces fut fixé ainsi : le reichsthaler k i fl. 30 kr., le guldenthaler à i fl. 20 kr., le florin d’or à i fl. 44 kr. et le ducat k
2 fl. 20 kr. Les monnaies affaiblies devaient être retirées de la circulation dans un bref délai.
Les diverses régions de l’Allemagne suivirent la voie tracée par l’empereur et admirent son tarif tout en conservant leurs systèmes de compte propres qu’on essaya de faire concorder. Là où régnait le compte rhénan par gulden à 60 kr. ou lâ^opfennings, c’est-à-dire en Autriche, dans les cercles de Souabe, de Bavière et de Lranconie, puis sur le Rhin, le thaler à 90 kr. fut compté à 30 groschen ou i 1/2 gulden, Dans les pays où l’on comptait par thaler, \q gulden de compte fit 2/3 de thaler ou 20 groschen. Enfin, dans le Nord, en deçà de l’Elbe, l’on continua à compter par marcs valant le tiers d’un thaler et se subdivisant en 16 schillings ou 192 pfennings.
I. Il a paru en Allemagne, pendant la hipperieit, une quantité innombrable de pamphlets monétaires, de chansons satiriques, etc. On trouvera une indication sommaire de cette littérature spéciale dans la Bibliotheca numaria de Lipsius ; mais il serait à souhaiter qu’un numismate allemand en entreprît une bibliographie raisonnée.
A partir de 1623, les cercles de Haute et de Basse-Saxe entreprirent de frapper, au lieu *de leurs marieyigroschen légers, des pièces meilleures dites giite groschen de 12 pfennings, dont 24 valurent un thaler, 16 un gulden et 8 un marc.
L'Allemagne jouit ainsi, malgré la guerre de Trente ans, d'un système monétaire assez stable, analogue à celui de 1559 iriodifié en 1 566, quant aux pièces fabriquées, à leur taille et à leur titre, mais différent quant au cours de chacune d’elles et au rapport officiel des métaux précieux. En 1 5 59, ce rapport était onzième et demi ; en 1625, il devint douzième. Cette situation dura jusqu'en 1660. « Les hausses incessantes de l'argent fin nécessitèrent, dit M. Hanauer, la diminution, d'abord dissimulée, puis ouverte, des espèces d'appoint. L'écart entre celles-ci et le thaler n'eut plus aucune proportion avec le cours du dernier. Le fait frappait depuis longtemps tous les esprits, lorsque les cercles de Souabe, de Bavière et de Franconie constatèrent, en 1665, l'impossibilité de conserver le tarif de 1623. Ils crurent y remédier en haussant le cours du thaler. La diète de Ratisbonne (1667) entra dans ces vues et statua que désormais le reichsthaler vaudrait 96 kr., le ducat 180 kr. et le florin d’or 130 kr. » La Saxe électorale, le Brandebourg et le Brunswick-Lunebourg, pays où les mines d’argent abondaient, refusèrent d’admettre ce tarif qui établissait entre les deux métaux précieux une proportion de 14 1/16. Leurs délégués se réunirent en cette même année 1667 au couvent de Zinna, près de Wittemberg, et créèrent un nouveau pied, connu dans l'histoire économique de l’Allemagne sous le nom de pied de Zinna, flnnascher-mün^fus^. Suivant la convention arrêtée, le marc colonais d'argent fin devait produire 10 1/2 tJialers ou 1$ florins d’espèces. Le thaler conservait le cours de 90 kr. ou 24 gute groschen, mais on cessait de le fabriquer. Les monnaies réellement émises devaient être le 2/3, le 1/3 et le 1/6 dQ thaler, qui avaient l’avantage de s'adapter exactement aux trois manières de compter en usage dans l’empire. En effet le 2/3 de thaler valait 16 gute groschen ou 24 mariengroschen d'après le thaler-system, 60 kr. ou i fl. d’après le gulden-system, enfin 2 marcs ou 32 schillings d’après le mark-system. Les états qui acceptèrent le pied de Zinna, mais qui comptaient gulden, frappèrent des gulden, des demi-gulden et des quarts de gulden de même aloi et de même taille que les 2/3, les 1/3 et les 1/6 de thaler, en inscrivant sur leurs pièces les nombres 60, 30 et 1 5, indication de leur valeur enkreuqer.
Les terres de la maison d’Autriche et les cercles de Souabe, de Bavière et de Franconie n'acceptèrent pas le ^innascher-münqfusq^. L'empereur Léopold I le condamna à plusieurs reprises, d’abord par le décret du 4 septembre 1669, puis encore par celui du 18 mars 1676. En 1680,
l’empire d’allemagne
la diète de Ratisbonne vint cependant modifier les règlements qui concernaient les monnaies d’appoint. On put dès lors frapper les pièces suivantes :
1. Pièce de 6 kr. ou double gros, taillée à 69 7/12 au marc de Cologne et à 8 loths d’aloi.