‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 91 sur 193 · V. Voîkerode, monn. cobourgeoises de la kipper^f it · texte numérisé non relu

V. Voîkerode, monn. cobourgeoises de la kipper^f it

W. Breslau (Wratislavia), monn. de Silésie et de Prusse. — Wesel, monn. deClèves. — JVeima?-, monn. de Weimar de la kipper^eit. — Wütenberg, monn. saxonnes de la kipper^eit. — Wertheim, monn. de plusieurs états du cercle de Franconie. — Vienne, monn. autrichiennes.

W, S. Weissenstadt, monn. du margraviat de Baireuth, 1622.

§ II. — Cercle du Bas-Rbm.

Le cercle du Bas-Rhin ou cercle électoral se composait de pays dispersés sur les deux rives du fleuve et séparés les uns des autres par de nombreuses enclaves des cercles du Haut-Rhin et de Westphalie. Le directeur du cercle du Bas-Rhin était le prince-électeur de Mayence et les diètes se tinrent, à partir du xvn® siècle, à Francfort-sur-Mein.

Pendant toute la dernière partie du moyen âge, les quatre électeurs du Rhin, archevêques de Mayence, de Trêves, de Cologne, et comte palatin, avaient assuré, par de solides alliances monétaires, une circulation métallique régulière et stable aux diverses régions soumises à leur influence; la même politique économique caractérisa leurs relations pendant la période moderne. Le 15 novembre 1490, les électeurs signèrent une convention nouvelle relative aux espèces d’or ; les dispositions en restèrent observées, à quelques dérogations près, aussi longtemps que les florins d’or ou goldguldeji furent frappés. En i ^'09, la Hesse adhéra officiellement à cette convention et un grand nombre de seigneurs et de villes y apportèrent, comme jadis, un acquiescement officieux et parfois déloyal. Le type habituel des florins d’or rhénans se compose à l’avers de l’image du Christ, nimbé et bénissant, assis, de face, sur un siège à clochetons ; aux pieds du Sauveur est placé l’écusson de l’état monnayant; en légende circulaire figurent le nom et les titres abrégés du souverain. Au revers, les pièces portèrent les armes des princes confédérés disposées avec symétrie; l'inscription prescrite comprit les mots : moneta aiirea rhenensis, plus ou moins écourtés, et le millésime.

l’empire d’allemagne

La convention relative à l’or s’étendit aux thalers d’argent dans le cours du xvi*^ siècle. En 1572, nous voyons apparaître concurremment, chez les quatre électeurs et les landgraves de Hesse, des pièces appelées mün^vereinsthaler , qui reproduisent au revers les écussons des confédérés avec la légende : moneta nova rhenorum electorum et principum consociatorum, très abrégée.

D’autres conventions monétaires resserrèrent encore les liens commerciaux des quatre électorats, c’est ainsi, par exemple, que le 8 octobre 1612 les princes s’entendirent pour la réglementation de la monnaie divisionnaire; mais, nous l’avons déjà dit, nous ne pouvons entrer dans tous les détails de l’histoire métallique, malgré le vif intérêt qu’ils présentent et la nouveauté du sujet. 11 est à peine croyable que la ligue monétaire des électeurs du Rhin n’ait encore tenté la plume d’un seul numismate allemand.

a). — Archevêché de Mayence '.

Le territoire de l’archevêché de Mayence, en allemand Main^, en latin Mogontia, se composait de divers tronçons dispersés sur le Rhin, en Franconie, en Thuringe et dans la Hesse. Les archevêques résidaient à Mayence; ils prenaient le titre de: Dei gratia archiepiscopus mogontinuS; sacri romani imperii per Germaniam archicancellarius, pr inceps elecior. Les armes de l’archevêché étaient: de gueules à la roue d’argent. Saint Martin était le patron de l’église de Mayence.

Voici la liste des archevêques-électeurs depuis la fin du xv^ siècle jusqu’à la fin du xviii^.

*Berthold d’Henneberg, 1484-1504.

* Jacques de Liebenstein, 1504-1508.

*Uriel de Gemmingen, 1508-1514.

*AlbertIV, margrave de Brandebourg, 1514-1545.

Sébastien de Heusenstanim, 1545-1555.

* Daniel Brendel de Hombourg, 1555-1582.

* Wolfgang de Dalberg, 1582-1601.

* Jean-Adam de Bicken, 1601-1604.

*Jean Schweikhard de Cronberg, 1604-1626.

* Georges-Frédéric de Vollraths, 1626-1629 (Worms).

* Anselme-Casimir Wambolt de Umstadt, 1629-1647.

(Occupation suédoise, 1631-1635).

*Jean Philippe de Schoenborn, 1647-1673 (Wurzbourg, Worms).

I. Et. Alex. Wurdtwein, Main:(er Miliiien des mittlern umî jilngeniZeilaltcrs. Mannheim, 1769, in-4. — J. Leitzmann, Das Miïngucesen uiid die Mi'uigen Erfurts. Weissensee, 1864, in-4.

(Occupation française, 1644-1648).

* Lothaire-Frédéric de Metternich, 1673-1675 (Spire, Worms).

* Damien-Hartard von der Leyen, 1675-1678 (Worms).

* Charles-Henri de Metternich, 1679.

* Anselme-François dTngelheim, 1679-1695.

* (Occupation française, 1688-1689).

*Lothaire-François de Schoenborn, 1695-1729 (Bamberg).

* François-Louis de Neubourg, 1729-1732.

Siège vacant, 1732.

* Philippe-Charles d’Eltz-Kempenich, 1732-1743.

Siège vacant, 1743.

* Jean-Frédéric Charles d’Ostein, 1743-1763.

Siège vacant, 1763.

* Emeric-Joseph Breidbach de Burenstein, 1763-1774.

Siège vacant, 1774.

* Frédéric-Charles-Joseph d’Etrhal, 1774-1802 (Worms).

* (Occupation française, 1792-1793 et 1797-1814).

* Charles de Dalberg, 1802-1813 (Worms, Constance).

Les premières tentatives d'un monnayage de grosses espèces d’argent remontent, à Mayence, au temps d'Albert IV de Brandebourg' et aux années 1523 et 1535, mais il s’agit encore là d'essais plutôt que de véritables monnaies courantes : l’introduction définitive de la réforme date de DanieldeHombourg. Ses plus anciens thalers portent le millésime 1567; leur type, formé de l'image de saint Martin à cheval donnant la moitié de son manteau à un pauvre, les a fait désigner, dans les nomenclatures allemandes, sous le nom de bettlerthaler^ thalers au mendiant. En 1572, Daniel de Hombourg renonça à ce type et frappa les mün\vereimthaley'\ cette émission fut continuée sous Wolfgang de Dalberg, mais dès 1 586, on en revint à l'image de saint Martin.

Jean Schweikhard mit son buste à l’avers de ses thalers : au revers, il plaça une vue du château d’AschaflPenbourg qui venait d’être reconstruit par ses ordres; la légende est SVB VMBRA ALARVM TVA- RVM. Le buste et les armes formèrent le sujet habituel des empreintes sous les archevêques suivants.

En 1670, le territoire d’Erfurt fut administrativement incorporé à l’archevêché de Mayence. L’électeur conserva pour son compte l’atelier de la ville dont les droits furent supprimés. On possède des sortengulden frappés à Erfurt par Damien-Hartard von der Leyen ; ils portent, sous les armes du revers, le mot ERFVRT. Sous les successeurs de

I . Le faussaire Becker a gravé le coin d'un faux thaler de Mayence, de l’archevêque Thierry d’Erbach (1435-59) ; Grote a prouvé à l’évidence que l’original de cette pièce n’a jamais existé. Becker en a copié le type dans le Mïmihuch d’Arend, qui lui-même l’avait imaginé en agrandissant le module d’un florin d’or de l’année 1438.

l’empire d’allemagne

Damien-Hartard et jusqu’en 1802, Erfurt continua à avoir des espèces divisionnaires spéciales, conformes au système de la Thuringe, où l’on comptait groschen, tandis qu’à Mayence on comptait par kreu^er.

Anselme-François d’Ingelheim frappa à Mayence, sans doute à l’occasion de la paix de Nimègue (1679) quelques thalers non datés au revers desquels un dextrochère tient une balance où le poids d’un rameau d’olivier l’emporte sur le poids d’une épée. La légende PAX PRÆVALET ARMIS explique le symbole. Sur ses monnaies ordinaires, Anselme François met sa devise DEXTERA DOMINI EXALTAVIT ME.

Pendant l’occupation française de 1688-89, Nicolas du Blé, marquis d’Uxelles, qui commandait la place de Mayence, frappa des espèces obsidionales ; nous en avons décrit le type, p. 3 1. Après le départ des troupes de Louis XIV, le monnayage de l’électeur reprit son activité '. La devise de Lothaire-François de Schoenborn, |N MANIBVS DOMINI SORTES MEAE, figure habituellement sur ses monnaies.

Au milieu du xviii^ siècle, les émissions de l’électorat de Mayence furent beaucoup moins nombreuses et moins importantes qu’elles n’avaient été jusqu’alors; il n existe de thalers, ni pour Philippe- Charles d’Eltz, ni pour son successeur. Leurs ateliers se bornent à mettre en circulation quelques pièces d’or et une grande quantité de billon. Eme ric-Joseph Breidbach reprit en 1764 la fabrication des grosses pièces, après avoir adhéré au pied de convention. Ses conventionsthaler portent la devise : DEO PATRIÆ ET SVBDITIS.

Mayence fut pris en 1792, par Custine, mais repris l’année suivante, après une belle défense, par les Prussiens et les Autrichiens. L'occupation française donna lieu à l’émission de nouvelles monnaies obsidionales, en bronze et en papier, dont nous avons parlé, p. 44. En 1794, l’électeur Frédéric-Charles-Joseph d’Erthal, voulant se procurer des ressources dans sa lutte contre les armées de la République, fit convertir en coriventionsthaler l’argenterie des églises. Ces monnaies historiques portent à l’avers le buste de l’archevêque, au revers l’inscription suivante, au milieu du champ : EX VASIS ARGENT -CLERI MO- GVNT • PRO ARIS ET FOCIS. Le sacrifice fut inutile. Mayence, cédée à la France, en 1797, par le traité de Campo-Formio, resta jusqu’en 1814 chef-lieu du département du Mont-Tonnerre. Les possessions territoriales de l’archevêque de Mayence furent reconstituées sur la rive droite du Rhin, et Charles de Dalberg fit frapper en 1808 à Francfort-sur-

I. Becker amis en circulation de fausses pièces de nécessité qui auraient été frappées en 1688 par l’électeur de Mayence. Ces pièces sont carrées, aux armes de Mayence, entourées de kvr. f. mainz. noth. monz. Les originaux n’ont jamais existé.

Mein des conventionsthaler sur lesquels il prend son nouveau titre de prince primat de la confédération du Rhin : CARL FURST PRIMAS.

b). — Archevêché de Trêves K

L’archevêché de Trêves, en allemand Trier ^ en latin Treviri, se divisait en deux parties : le haut archevêché sur les deux rives de la Moselle, avec Trêves et Berncastel, le bas archevêché avec Coblence et Ehrenbreitstein, résidence ordinaire de l’électeur. Les archevêques de Trêves prennent sur leurs monnaies les titres suivants: Dei gratia archiepiscopus trevirensis, sacri romani imperii in Gallia et regno arelaiense archicancellariiis, administrator ahbatiae prumensis , Le patron du diocèse est saint Pierre. Les armes de l’archevêché étaient : écartelé, aux et T d’argent à la croix de gueules, qui est Trêves, aux 2^ et 3^ de gueules à l’agneau tenant une banderole d’argent, posé sur un tertre de sinople, qui est Prüm. Voici les archevêques qui se succédèrent sur le siège de Trêves depuis le commencement du xvi® siècle :

* Jacques II de Bade, 1 503-1 51 1.

* Ri chard de Vollraths , i 5 1 1 - 1 5 3 1 .

*Jean III de Metzenhausen, 1531-1540,

Jean IV de Hagen, 1540-1547.

Jean V d’Isenbourg, 1547-1556.

*Jean VI von der Leyen, 1556-1567.

^Jacques III d’Eltz, 1567-1581.

*Jean VII de Schoenenberg, 1 581-1599.

*Lothaire de Metternich, 1599-1623.

* Philippe-Christophe de Soetern, 1623-

1662 (Spire).

* Charles-Gaspard von der Leyen, 1625-

* Jean-Hugo d’Orsbeck, 1676-1711.

* Charles de Lorraine, 1711-1715.

* Siège vacant, 1715-1716.

* François-Louis de Neubourg. 1716-1729.

* François-Georges de Schoenborn, 1729-

1756 (Worms).

* Jean-Philippe de Walderdorf, 1756-1768

(Worms).

* Clément-Wenceslas de Saxe, 1 768-1802.

Les monnaies de Jacques II et de Richard frappées à Coblence et à Berncastel appartiennent encore, par leur aspect général, aux séries du moyen âge. Un sc/zf/Zf/zg- anonyme de 1538, sous Jean III, présente pour la première fois des légendes en caractères romains. Le monnayage, arrêté sous Jean IV et Jean V. reprend sous Jean VI qui s’intitule princeps elector et commence la fabrication des thalers. Ces pièces sont sans date ; elles portent le buste à mi-corps de saint Pierre, audessus d’un écu aux armes de l’archevêque et de l’archevêché. En 1 560, Jean VI frappa des guldenthaler ayant au revers l’indication impériale réglementaire. L’atelier trévirois de cette époque était placé à Coblence,

I. J. -J. Bohl. Die trlcrischcn Mïins^en. Coblence, 1823, et Hanovre, 1837, in-8. — M. F. Muller, Kleine vcrmischte Beilraege 'sgir Kennlniss der Mïiuien ini Kurfürstenthum Trier. Trêves, 1827, petit in-4.

l’empire d’allemagne

où le type resta généralement Timage du prince des apôtres. Cest celle que nous retrouvons notamment sur les thalers de Jacques IV d’Eltz, frappés en 1 572 en communion avec les autres électeurs du Rhin et les landgraves de Hesse (fig. i8oj.

Fig. 180

Sous Lothaire de Metternich, un second atelier est créé àTrèves, où les électeurs avaient réussi à étouffer les velléités d'indépendance municipale. La plupart des thalers frappés dans cette ville portent sainte Hélène debout, de face, tenant une longue croix. Lothaire de Metternich est, entre tous les archevêques de Trêves de l’époque moderne, celui qui fournit la série monétaire la plus nombreuse. Llle se compose de florins d’or, de thalers d’argent, et de six pièces divisionnaires : 6 albus, 3 albus, 2 albus, albus ou petermannchen valant 8 pfennigs, pfennig exheller\ ces deux dernières monnaies sont unifaces et concaves. Ln 1615, l’atelier de Coblence émit les premiers avec l’argent

provenant des mines de Vilmar : DONVM DE! EX FODINIS VILMA- RIENS- ; le type est Notre-Dame, ou le buste de l’archevêque.

A partir de Philippe-Christophe, le buste de l’électeur devient le type courant des espèces. Sous Charles-Gaspard, de nouveaux ausbeutethaler de Vilmar font leur apparition. Les monnaies ordinaires portent souvent la devise personnelle de l’archevêque: CONSTANTER ET SINCERE. Les divisions du thaler adoptent des inscriptions en langue vulgaire: CHVR TRIERSCHE LANDT MVNTZ.

Pendant la vacance du siège, de 171 5 à 1716, le chapitre métropolitain de Trêves fit, pour affirmer ses droits de souveraineté, frapper des thalers, demis, quarts et huitièmes de thaler, mais ces pièces furent plutôt des médailles monétiformes que des monnaies destinées à une circulation effective. Le type se compose des armoiries capitulaires, saint Pierre

issant des nuages et brochant sur la croix de l’archevêché ; au revers, sainte Hélène, SANCTA HELENA FVNDATRIX ECCLESIAE, debout, tient devant elle la tunique de Jésus-Christ.

En 1748, François-Georges de Schoenborn frappa les premières pièces tréviroises de cuivre pur, pièces de 1, 2 ou â^pfennings. Sous Jean Philippe de Walderdorf, nous trouvons de 1756 a 1761, pour la dernière fois, des ausbeutethaler de Vilmar, et de 1761 à 1763 des pièces analogues frappées avec l’argent des mines de Berncastel : EX FODINiS BERNCASTELLANIS.

En 1794, lors de l’invasion française, Clémen t Wenceslas de Saxe invita les établissements religieux et les particuliers à sacrifier leur argenterie pour les besoins de la défense nationale. L’appel fut entendu et, de janvier à octobre, la monnaie de Coblence mit en circulation des thalers au buste et aux armes de l’archevêque, portant au revers ce chronogramme commémoratif : eX VasIs argenteIs In VsVM patrIae sIne CensIbVs DatIs a CLero et prIVatIs. Ce monnayage patriotique clôt la série locale.

c). — Archevêché de Cologne K

L’électorat de Cologne comprenait quatre régions : le haut archevêché ou oberstift^ où se trouvait Bonn, résidence du prince; le bas archevêché ou îiiederstift, qui s’étendait autour de Cologne et de Deutz; le comté de Recklinghausen, situé sur la Lippe, enfin le duché de Westphalie, qui s’étendait depuis la Lippe jusqu’à la principauté de Nassau.

Les archevêques de Cologne prennent sur leurs monnaies les titres suivants : Dei gratia archiepiscopus (ou administrator, ou electus^ ou electus et confu'jnatus) colo7iie?isis, sacri Roinarii imperii per Italiam archicancellarius ^ princeps elector, Westphaliae et Angariae diix. Les armes de l’archevêché étaient : écartelé, au d'argent à la croix de sable, qui est Cologne, au 2^ de gueules au cheval galopant d' argent, qui est Westphalie, au 3^ de gueules aux trois cœurs d'or qui est Angrie, au 4^ d'agur à l'aigle d'argent, qui est Arnsberg,

Parla paix de Lunéville, la partie de l'archevêché de Cologne située sur la rive gauche du Rhin fut annexée à la France et distribuée entre les départements de Rhin et Moselle et de la Roer. Nous donnons cidessous la liste des électeurs de Cologne, en indiquant les titres qu’ils ont pris sur les monnaies pendant les diverses périodes de leurs règnes :

I. ^oWxoéd. Beschreihiing der côlnischen Münisaimiihmg des Domhcrn von Merle. Cologne, 1792, in-8. — J. Weingartncr, Die Silher-Mün~en von côlnisch Hcrxpgthum Westphalen and Grafschaft oder Vest Recklinghausen. Munster, 1886, in-8.

l’empire d’allemagne

* Philippe II de Daun-Oberstein, ehctiis, 1508-9^ archiepiscopus, 15 10-15.

* Herman V de Wied, archiepiscopus, 1515-46.

* Adolphe III de Schauenbourg, administrator, 1546-47^ archiep., 1548-56.

* Antoine de Schauenbourg, electus, 1556-58.

* Jean-Gebhard de Mansfeld, electus, 15^8-62.

* Frédéric III de Wied, electus, 1562-1568.

*Salentin de Salm, electus, 1568-77.

*Gebhard II Truchsess de Waldbourg, electus et confirmatus, 1577-83, confirmatus archiepiscopus, 1583.

* Ernest de Bavière, electus, 1583-87, archiep., 1587-1612 (Liège).

* Ferdinand de Bavière, archiepiscopus, 1612-50 (Liège).

* Maximilien-Henri de Bavière, archiepiscopus, 1650-88 (Liège).

* Siège vacant, 1688.

* Joseph-Clément de Bavière, archiepiscopus, 1688-1723 (Liège).

* Clément-Auguste de Bavière, archiepiscopus, 1723-61.

* Siège vacant, 1761 .

* Maximilien-Frédéric de Koenigseck-Rothenfels, 1761-84.

Maximilien d’Autriche, 1784-1801.

Suivant Schulthess-Rechberg, la première émission de thalers dans rélectorat de Cologne eut lieu en 1 547, à Deutz, sous Adolphe III de Schauenbourg, mais dès le règne précédent Lépoque moderne s’était manifestée dans le monnayage colonais par la substitution de l’alphabet romain à l’alphabet gothique. Les f/2a/er5 d’Adolphe III portent, à l’avers l’effigie en pied de saint Pierre tenant les clefs et le livre des Evangiles, au revers l’écu heaumé de l’archevêché avec l’indication de l’atelier de Deutz: MO ■ NO ■ ARG -TVICIE. Sous ses successeurs, la même représentation fut conservée ou remplacée par le saint à mi-corps surmontant l’écusson particulier de l’archevêque.

Salentin de Salm innova en plaçant sa propre effigie sur ses espèces. Nous la trouvons notamment sur les frappés en 1 572 con-

ventionnellement avec les autres électeurs du Rhin et les landgraves de Hesse. Sous Gebhard 1 1 , le patron du diocèse reprit le plus souvent sa place traditionnelle sur les monnaies colonaises.

En 1582, Gebhard II embrassa le protestantisme et, le 2 février 1583, il épousa à Bonn sa maîtresse Agnès de Mansfeld, abbesse de Gérisheim. La guerre civile éclata aussitôt à Cologne et le pape excommunia l’archevêque. Ernest de Bavière, évêque de Liège, fut élu à sa place par le chapitre et pénétra dans le territoire électoral à la tête d’une armée. Dès le début de la révolte, Gebhard II s’était retiré à Dillenbourg, après avoir confié à son frère Charles la garde de la ville de Bonn. Investie par Ernest de Bavière, Bonn se rendit le 28 janvier 1584. Pendant le siège, Charles de Waldbourg réquisitionna les métaux précieux des couvents et des églises et en fit frapper des monnaies d’argent ; ces obsidionales

sont carrées, unifaces et marquées de deux poinçons ; le plus grand, qui occupe le centre, porte 1 ecu à trois lions rampants de Waldbourg brochant sur la croix de Cologne et surmonté de B-85, le plus petitest Tinitiale de Gebhard.

De Dillenbourg, l’électeur dépossédé s’était rendu dans le duché de Westphalie ; il ouvrit un atelier à Werle et y frappa des florins d’or, des thalers et subdivisions d’argent portant la devise TÂNDEiVl BONA CAV- SA TRIVMPHAT. L ’or porte le buste de Gebhard ; l’argent, le mi-corps de saint Pierre au-dessus de l’écu archiépiscopal. Un double thaler de 1584, une des dernières pièces émises, a également l’effigie du prince électeur. Sur quelques-unes des pièces divisionnaires, le nom de l’atelier WERL cantonne la croix du revers '.

Après la prise de Bonn, Ernest de Bavière poursuivit son adversaire en Westphalie. Gebhard II, abandonné par le sort des armes, s’enfuit en Hollande. Ses partisans se maintinrent cependant dans quelques places, notamment à Neuss. Le 10 juillet 1^86, cette ville fut investie par Alexandre Farnèse, venu à la demande expresse du pape au secours d’Ernest de Bavière ; le 26 juillet Neuss se rendit aux Espagnols qui s’y signalèrent par leurs atrocités coutumières. Pendant le siège, le gouverneur émit des obsidionales en étain de diverses valeurs aux armes du Palatinat, de Cologne et de Bade.

Ernest de Bavière monnaya à Deutz, puis en Westphalie, à Arnsberg et à Werle. Les thalers de Deutz nous rendent l’image en pied du prince des apôtres ; ceux d’Arnsberg ont le buste de l’archevêque. L’atelier de Werle ne frappa que des scheidemün^en : pièces de 8 /2e//er ou fettmànnchen.

Sous Ferdinand de Bavière, les thalers cessent de porter au revers une légende indiquant l’atelier, sauf un seul qui a l’indication de l’atelier de Bonn. Pour le duché de Westphalie, l’archevêque frappa de menues monnaies spéciales, pièces d’un et de deux mariengroschen d’argent, et un certain nombre de pièces de cuivre. Les émissions westphaliennes sont comprises entre 16^9 et 1650. Les légendes indiquent en allemand le titre et la valeur des espèces.

Maximilien-Henri de Bavière conserva au duché de Westphalie son monnayage particulier et en autorisa un autre, mais toujours limité aux scheidemiin^en, dans le comté de Recklinghausen. Deux villes de ce comté, sa capitale et Dorsten, émirent ainsi des espèces portant NVM

I. Cf. une description détaillée des monnaies de’Gebhard II dans la Numism. Zeitung de 18S5, numéros 18 et 19, p. 143 et suiv.

l’empire d’allemagne

RICHLINGHVS ou CVSVS DVRST, CVSVS DORSTENÆ. Leur type se compose des armes locales et de celles de l’archevêque de Cologne.

Pendant la vacance du siège qui suivit, en 1688, la mort de Maximilien-Henri, le chapitre métropolitain administrant l’électorat frappa des monnaies ayant comme type hadoration des mages avec l’inscription

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