‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 92 sur 193 · BALTHASAR- CASPAR • MELCHIOR · texte numérisé non relu

BALTHASAR- CASPAR • MELCHIOR

Sous J oseph-Clément de Bavière les devises personnelles de l’électeur: CANDORE • ET • CONSTANTIA ou RECTE. CONSTANTER ET FORTITER, apparaissent sur un certain nombre de pièces. Sous son successeur Clément-Auguste, nous trouvons de même NON MIHI SED POPVLO sur les ducats.

En 1759, SL l’occasion de la réorganisation des règlements des mines, on frappa quelques ausbeutethaler , leurs moitiés, leurs quarts et leurs huitièmes. Le type de ces pièces, qui ne furent jamais mises en circulation, mais furent conservées plutôt comme des médailles, se compose du buste de l’électeur et d’une vue des mines de Westphalie : ARGENT- PVR - E - FOD - WESTP. Après la mort de Clément-Auguste, en 1761, le chapitre métropolitain reprit, sede vacante, ses émissions au type des rois mages. Sous Maximilien-Frédéric de Koenigseck les monnaies frappées selon le pied de convention portent la devise personnelle du prince: lUSTITIA ET MANSUETUDINE ; le dernier f/za/er émis est de 1777.

d). — Palatinat '.

Le territoire palatin, si l’on en excepte quelques enclaves, formait un tout coupé par le Rhin en deux parties presque égales. Sur la rive droite du fleuve se trouvaient Oppenheim et Bacharach, sur la rive gauche Heidelberg et Mannheim, la résidence de l’électeur. Les titres pris par les comtes palatins étaient très nombreux : co?nes palatinus Rheni, sacri Romani imper ii archidapifer (de 1648 a 1779, archiihesaurarius), et elector, dux Bavariae. Après l’avènement de la ligne de Neubourg, on ajouta Juliaci, Cliviae et Montium, cornes Veldentiae, Sponhemi, Marcae, Ravensbergae et Moersiae, dominas in Ravestein. Les armes du Palatinat sont : de sable au lion d'or couronné, armé et lampassé de gueules. A la suite de la paix de Lunéville, la partie occidentale du

1 . Fr. Exter, Versuch einer Sammlung PfàUiischer Medaillen, Schau-, Geâàchtniss und allerley anderyi Miïn:(en welche der Chiir-Fürsten und Pfal:(-Graven von der Bayerischen oder sogenanntcn alten Chur-Lmie Geschichte criailler n. Deux-Ponts, 1759-75, 2 vol. in-4.

Palatinat fut annexée à la France et versée dans les départements de Rhin-et-Moselle et de Mont-Tonnerre. Voici la liste des comtes depuis le commencement du xvi^ siècle :

Les premiers thaler's du Palatinat remontent au temps de Louis V, qui en commença l’émission en 152^. Ces pièces portent son buste à gauche, avec le bonnet électoral et le manteau, l’électeur tient le globe crucigère et l’épée; la légende est coupée par trois petits écussons; le revers est conforme aux prescriptions de l’ordonnance Caroline de i ^24.

De Frédéric III, il existe pour l’année 1 572 des vereinsthaler, comme nous en avons signalé précédemment chez les co-contractants de l’alliance monétaire, à Mayence, à Cologne et à Trêves. Sur la plupart des autres monnaies, l’électeur palatin inscrit sa devise personnelle, HERR. NACH- DEINEM. WILLEN. Seigneur / selon ta volonté. Jean- Casimir de Lautern, tutor et administraior pendant la minorité de Frédéric IV, continua la fabrication des vereinsthaler. Cette tutelle prit fin en 1 592 ; devenu majeur, Frédéric IV plaça son nom sur les pièces et adopta une devise analogue à celle de son prédécesseur homonyme : REGIER MICH HER NACH DEINEM WORT. Les monnaies divisionnaires ont des légendes mi-latines, mi-allemandes. L’atelier palatin s’était trouvé jusqu’alors à Heidelberg; en looS, l’électeur créa une seconde Monnaie à Mannheim qu’il venait d’élever au rang de ville. Cet atelier cessa d’ouvrer dans la suite, mais fut réorganisé en 1742.

A partir de l’avènement de la ligne de Neubourg en la personne de Philippe-Guillaume, la titulature devient très étendue et les légendes sont réduites, faute de place, à ces suites de sigles dont nous avons donné des exemples (p. i ]6). Les armes se compliquent de nombreux écartèlements: Palatinat, Bavière, Juliers, Clèves, Berg, Veldenz, la Marck, Ravensberg et Mœurs. Au xviii'^ siècle, quelques types monétaires sont d’une composition très originale ; les ducats de Charles-Philippe et de son successeur portent au revers une vue de la ville de Mannheim, baignée par le Rhin et éclairée par le soleil : FVLGENT SIC LITTORA RHENI.

*Philippe, 1476-1508.

* Louis V, 1508-1544.

* Frédéric II le Sage, 1544-1556.

* Otton-Henri, 1556-1559.

* Frédéric III, 1559-1576.

Louis VI, I 576-1 583.

*Frédéric IV, 1583-1610.

* Jean-Casimir de Lautern, administra-

*Jean II de Deux-Ponts, tuteur et

administrateur, 1610-1614.

Maximilien de Bavière, 1623-1651.

* Charles-Louis, 1650-1680.

* Charles, 1680-1685.

* Philippe-Guillaume, 1685-1690.

Jean-Guillaume, 1690-1716.

* Charles-Philippe, 1716-1742.

* Charles-Théodore, 1742-1799.

Maximilien-Joseph, 1 799-1806.

teur, 1584-1 592.

* Frédéric V, 1610-1623.

e). — Principauté d* Aremherg.

La terre d’Aremberg, située dans TEiffel, portait : de gueules aux trois quiniefeuilles d’or boutonnées de gueules. En \SM^ Jean de Ligne obtint par son mariage avec Marguerite de la Marck, la seigneurie d’Aremberg, dont il adopta le nom et les armes. Aremberg fut successivement érigé en comté impérial (1549), en principauté (1576) et enfin en duché (1644). Par la paix de Lunéville, le duché fut réuni au département français de Rhin-et-Moselle.

Jean d’Aremberg, 1547-1568.

^Marguerite, 1568-1596.

Charles, 1568-1616.

Philippe-Charles, 1616-1640.

Philippe-François, 1640-1674.

Charles-Eugène, 1674-1681.

Philippe-Charles-François, 1 68 1 - 1 69 1 . Léopold, 1691-1754.

Charles, 1754-1778.

*Louis-Engelbert, 1778-1803.

La numismatique d’Aremberg ne donne pas une suite continue. Trois souverains seulement firent usage de leur prérogative régalienne. Les de Marguerite, MARGARETA D. G. PRIN. COIVi. AB AR- BVRGH, frappés en 1576, immédiatement après l’admission d’Aremberg au rang de principauté, portent ses armes et, au revers, l’Enfant- Jésus dans une gloire : PROTECTOR MEVS ES TV.

De Charles- Eugène, nous avons différentes monnaies au millésime 1676. Ses gulden d’argent portent l’écu d’Aremberg soutenu par un lion et un griffon, avec le manteau et la couronne ducale ; le revers représente un aigle au sommet d’un rocher regardant le soleil, avec cette légende : SVA INTENTA SOL! A® 1676. Charles-Eugène d’Aremberg avait épousé Anne de Croy qui lui avait apporté les titres de duc d’Arschot, prince de Porcéan et de Rebecq; sur ses espèces divisionnaires, frappées selon le système de Cologne, nous trouvons sa titulature complète.

Le dernier souverain d’Aremberg qui ait fait monnayer, Louis Engelbert, a laissé des ducats d’or et des conventionsthaler à son buste et à ses armes.

f). — Seigneurie de Beilstein.

La seigneurie de Beilstein, située au nord de la Lahn, appartenait à la ligne de Nassau-Dietz. Au xvii^ siècle, au dire de Leitzmann, il y avait à Beilstein un atelier monétaire qui fut transféré à Dietz en 1692.

g). — Burgraviat de Rheineck.

Le burgraviat de Rheineck, sur le Rhin, au nord d’Andernach, appartenait à une maison souveraine qui s’éteignit en 1 548. La terre passa par héritage à Jean de Warsperg, qui la vendit en 1654 au comte de Sinzendorf. Les armes de Rheineck étaient : fascé d’or et de gueules de huit pièces.

* Georges-Louis de Sinzendorf, 1654-1680. * Philippe-Louis, 1687-1742.

Chrétien-Louis, 1680-1687. *Jean-Guillaume, 1742-1766.

Les comtes de Sinzendorf firent frapper quelques monnaies, mais nous ne savons si ce fut comme burgraves de Rheineck ou comme seigneurs souverains de Tannhausen. La première supposition était celle de Leitzmann. Les monnaies connues des comtes de Sinzendorf sont des ducats de 1676, 1726 et 1753, des thalers eldes gulden de 1676. Georges-Louis devint en 1654 trésorier héréditaire de l’empire; il s’intitule sur ses pièces : cornes a Sintgendorf, sacri romani imperii thesaurarius. aurei velleris eques

h). — Abbaye de Saint-Alban à Mayence.

L’abbaye noble de Saint-Alban à Mayence reçut le 3 juin 1 5 78 de Maximilien 11 le droit de faire frapper tous les ans une certaine quantité de gulden d’argent. Ces pièces sont en quelque sorte des jetons de présence à valeur monétaire ; elles ont peu circulé. Leur type se compose à l’avers du buste de saint Alban : S. ALBÀN, MARTYR, et au revers d’un âne, meuble des armes abbatiales, avec la légende REGNANTE-D* MAXL MILIAN CÆSARE- P- F- AVGL

§ III. — Cercle du Haut-Rhin.

Le cercle du Haut-Rhin se composait, comme le cercle électoral, de pays dispersés sur les deux rives du fleuve. Au nord-ouest, il atteignait le Weser et le cercle de Basse-Saxe; au sud-est, il touchait à la France et à la Franche-Comté. Au sud de cette dernière, il comprenait la Savoie, mais la numismatique savoisicnne étant inséparable de celle du Piémont,

1 . Les Sinzendorf portaient : d’a^iir à trois pierres carrées d'argent entassées en pyra-

mide, le bas de Vécu rempli de gueules ; comme trésoriers héréditaires de l’empire, ils portaient en outre : de gueules à la couronne de Charlemagne d’or . — Cf. sur leurs monnaies, Zeitung, 1864, p. 67.

2. J. G. Reuter, Albansgulden oder hurge Geschichte des Kitterstiftes gum heil, Alban in Maing... mit Nachrichten von dessen Miïnyrechte. Mayence, 1790, in-8.

l’empire d’ ALLEMAGNE

nous la réserverons pour en parler au chapitre : Italie; au reste, les ducs de Savoie ne se soumirent pas aux règlements monétaires impériaux. La direction du cercle du Haut-Rhin appartint jusqu’en 1690 au prince- évêque de Worms, mais à partir de cette époque elle fut partagée entre ce prélat et l’électeur palatin, comme prince de Simmeren. Les diètes se tinrent originairement à Worms, mais au xviii^ siècle, elles furent convoquées à Francfort-sur-Mein. Les conquêtes d’Henri 11, roi de France, enlevèrent au cercle du Haut-Rhin les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun ; plus tard, les guerres de Louis XIV et la volonté, librement exprimée, des habitants de Mulhouse réunirent l’Alsace à la France. Le duché de Lorraine ht nominalement partie du cercle du Haut-Rhin, puis du cercle de Bourgogne, mais au point de vue monétaire les règlements impériaux n’y eurent pas d’influence. Nous rattachons au Haut-Rhin diverses seigneuries souveraines comme Sedan, Bouillon, Château-Renaud, Cugnon, Lixheim, etc., qui prohtaient de leur situation à la frontière de la France et de l’Empire pour se proclamer franc-aleux et se livraient à ce titre à une imitation frauduleuse des espèces allemandes, belges et françaises.

a). — Evêché de Worms.

L’évêché de Worms, Wormatia, placé sous le vocable de saint Pierre, ne possédait pas un domaine étendu. L’évêque n’avait dans la cité même que son palais et son église cathédrale ; il n’y jouissait d’aucune autorité. Le territoire épiscopal, coupé en deux parties presque égales par le Rhin, fut partagé, à la paix de Lunéville, entre la France et la principauté de Hesse-Darmstadt. Jusqu’en 1622, l’évêque de Worms résida à Ladenbourg. L’évêché portait : de sable semé de croisettes d'or, à la clef antique d'argent posée en bande et brochant sur le tout.

Après un chômage de trois siècles, les évêques recommencèrent leur monnayage sous Thierry II, pour le cesser déhnitivement après la mort de Guillaume d’Effern :

^Thierry II de Bettendorf, 15)2-1580. Philippe II Kratz de Scharffenstein,

^Georges de Schoenenbourg, 1 580-1595. 1 595-1604.

* Philippe I de Rothenstein, 1595-1604. * Guillaume d’Efïern, 1604-1652.

On ne possède de thalers que pour les trois premiers épiscopats. Le premier date de 1 572, le dernier de 1 596. Leur type se compose des armes et de l’effigie en pied du prince des apôtres : S. PETRVS ECCLE- WORM-PATR. Les émissions des évêques de Worms ne furent jamais importantes.

b). — Évêché de Spire

L'évêché de Spire (lat. Spira, ail. Speyer) était contigu au sud à la Souabe et environné par les terres du Palatinat. L’évêque, privé d’autorité à Spire, résidait à Bruchsal. Depuis i S4L prévôté princière de Wissembourg, dans la Basse-Alsace, avait été réunie à l’évêché dont les titulaires portaient : écartelé aux et ep d’azur à la croix d'argent, qui est Spire, aux 2^ et 3^ de gueules au château à trois portes et à deux tours d'argent, maçonnées de sable, accompagné d'une crosse is s ant d'argent, couronnée d'or, posée entre les tours, qui est prévôté de Wissembourg. Depuis la réunion de Spire et de Wissembourg, les évêques s’intitulaient: Dei gratia, episcopus Spirensis, prepositus Weissenburgensis.

A la paix de Lunéville, la partie cisrhénane de l’évêché fut annexée à la France, la partie transrhénane fut réunie au duché de Bade.

Philippe I de Rosenberg, 1504-15 13.

* Georges, comte palatin, 15 13-1529.

Philippe II de Floersheim, 1529-1552.

Rodolphe de Frankenstein, 1552-1560.

*Marquard de Hattstein, 1 560-1 581.

Eberhard de Dienheim, 1581-1610.

*Philippe-Christophe de Soetern, 1610- 1652 (Trêves).

*Lothaire-Frédéric de Metternich, 1652- 1675 (Mayence, Worms).

*Jean- Hugues d’Orsbeck 1675-1711 (Trêves).

*Henri Hartard de Rollingen, 1711-1719.

* Damien-Hugues de Schoenborn, 1719-

1743 (Constance).

* François-Christophe de Hutten, 1743-

* Auguste-Philippe de Limbourg-Styrum,

Philippe-François-Wildrich de Waldersdorf, 1797-1802.

Les évêques de Spire n’ont pas une série monétaire continue. Georges, comte palatin, ne frappa que des rheinische groschen, des demi-groschen et des schusselpfennigs à ses armes. Les deux premières espèces portent : MONET.NOVA-RENI-BRVSSEL, indication de l’atelier de Bruchsal. Interrompu sous ses successeurs immédiats, le monnayage reprit sous Marquard qui frappa, en 1571, les premiers thalers ; ils portent ses armes et la mention de Fempereur Maximilien IL Ce type est reproduit sur les pièces divisionnaires.

Philippe Christophe fit reconstruire la ville d’Udenheim et la mit sous la protection de saint Philippe, ce qui fit abandonner l’ancien nom pour celui de Philippsbourg. Pour lui donner plus d'importance, il y ouvrit un atelier monétaire qui travailla en 1623, 1626, 1630 et 1632. Les émissions se composent de thalers, dt doubles et de quarts (1623), d’essais

I. W. Harster, Vcrsuch einer spciercr Miïry^eschichtc , éàws, les Millhcilungen dcshislorischen Vcrcims der PfaJi, t.X, 1882.

l’empire d’allemagne

sur flans carrés de monnaies d’or (1626 et 1632), enfin de pièces divisionnaires d’argent. L’argent porte l’effigie de saint Philippe, l’or l’image de la Vierge dans une gloire. Les légendes sont, au revers des tlialers : S- PHILIPPVS- PÂTRONVS VDENHEIMENSIS ; au revers de l’or: MONETANOVA AVREA PHILIPPSBVRG; au revers des pièces divisionnaires: MONETA NOVA PHILiPPl CASTRENSIS. Nous ne savons pourquoi Mailliet a placé les monnaies de Philippsbourg dans la série obsidionale. A partir de Lothaire-Fréd éric, les monnaies, sans doute frappées à Bruchsal, ne portent pas de nom d’atelier. Jean Hugues met au revers de sesgulde?i et demi-gulden l’inscription allemande : FVRST- LICHE SPEIRISCHE LANDMVNTZ. Les émissions d’Henri Hartard et de ses successeurs se composent schaiimün^eii que de monnaies

destinées à une circulation effective : c’est ainsi qu’en 1726, Damien Hugues célébra par l’émission d’un commémoratif la reconstruction du château de Bruchsalia Damianoburgum. En 1765, il y

eut cependant une fabrication de et de ^weipf ennig dQcuwïQ. Le

dernier évêque qui fit usage de son droit régalien, Auguste Philippe, se conforma ad normain conventionis.

c). — Évêché de. Strashourg

L’évêché de Strasbourg, Ar'gentoratum, At'gentina, éidàl placé sous le vocable de la Vierge. Son territoire s’étendait sur les deux rives du Rhin et comprenait, en deçà du fleuve, Saverne, résidence del’évèque, et Molsheim, au delà du fleuve, Oberkirch. Lors de la conquête de l’Alsace par Louis XIV, l’évêque de Strasbourg fut réduit à ses possessions transrhénanes. Les armes de l’évêché étaient: écartelé aux et 4^ d’argent à la bande de gueules, qui est Strasbourg, aux 2^ et 3^ de gueules à la bande fleuronnée et contrefleuronnée d’argent, qui est landgraviat de Basse- Alsace. La titulature épiscopale était : Del gratia episcopus, argentinensis Alsaciae landgravius.

* Guillaume III de Hohenstein, 1506-1541. *François-Egonde Furstenberg. 1663-1682.

*Erasme Schenkde Limpurg, 1541-1 568. Guillaume -Égon de Eurstenberg, 1682- *Jean IV de Manderscheid, dectus 1569- ^704.

1578, episcopus ^(^2. Armand-Gaston de Rohan, 1704-1 749.

Jean-Georges de Brandebourg, 1 592-1 593 . Armand de Rohan, 1749-1756.

* Charles de Lorraine, 1 592-1607 (Metz). * Louis-Constantin de Rohan, 1756-1779.

Léopold d’Autriche, 1607-1626. Louis-René de Rohan, 1779-1803.

* Léopold- Guillaume d’Autriche, 1626-

Le monnayage des évêques de Strasbourg, interrompu pendant toute

I. A. Engel et E. Lehr, Kumiswalique de V Alsace, Paris, 1887, in-40, p. 145.

la dernière partie du moyen âge, recommença au xvi^ siècle. De Guillaume 1 1 1 et d’Érasme, il n’existe que des pièces de 3 kreu^er à leurs armes et à l’aigle de Charles Quint. En 1 5 70, J e a n I V se fit octroyer par Maximilien II un diplôme lui reconnaissant toute liberté d’ouvrir une Monnaie dans sa principauté et d’y frapper toutes pièces d’or et d’argent reçues dans l’empire. La même année, il installa à Molsheim une forge dont l’activité commença en 1575. On a de Jean IV des florins d’or, des doubles thalers, des thalers, des gidden, des demi-thalers et quarts de thaler, des ^ehner, des 3 kreu^er^ des 2 kreu^er, des pfennings unifaces, enfin une pièce exceptionnelle de 6 florins d’or. Le type ordinaire est, à l’avers, la Vierge nimbée, tenant l’enfant, assise au-dessus de l’écu de l’évêque; au revers, l’aigle et la mention de Maximilien II. Sur les petites espèces, l’écu remplace souvent la Vierge. Jean IV signe ses espèces en latin ou en allemand : VON GOTTES- GN- lOHAN- BISCHOF- ZV- STRASBVRG LANDTGRAF- IN. ELSAS. La mauvaise qualité de certaines espèces frappées à Molsheim fit mettre, en 1 579, les espèces épiscopales au ban de l’empire.

En 1 598, le cardinal Charles de Lorraine installa une officine àSaverne ; celle-ci livra à la circulation un assez grand nombre d’espèces

jusqu’en 1650, époque à laquelle l’atelier de Molsheim rentra en scène comme fabrique importante. Les monnaies de Charles présentent une série très complète; les quarts de thaler d’argent portent son buste; les petites divisions ont ses armes (fig. 181).

Léopold-Guillaume n’avait que onze ans lors de son élection ; pendant sa minorité, les administrateurs de l’évêché frappèrent quelques pièces : ducats, 1 2 Kreuser , groscJien et divisions. Sur les pièces principales, on lit en abrégé: moneta nova episcopatus argentinensis cusa a dominis decano et capitularibus tantum administratoribus ejus. Le type se compose des armes du comte Adolphe Hermann de Salm-Reifferscheidt.

Vers 1682, après la conquête de la rive gauche du Rhin par la Lrance, un atelier fut ouvert à Oberkirch. C’est là qu’en 17^9, Louis Constantin de Rohan frappa ses monnaies de système français dont la circulation fut interdite dans l'empire : Constantine ou écu d’or (24 livres = 1 i gulden), double conslantine d’or, demi-cons lantine d’or, écu d’argent, elcinquième d'écu. Ces pièces portent le buste de l’é-

vêque, l’or porte au revers sa devise: GENERE SEDE VIRTUTE CO- RUSCUS. En 1775, Louis Constantin fit frapper à Günzbourg les dernières monnaies épiscopales strasbourgeoises ; elles sont conformes au pied de convention.

Fi-, 181

l’empire d’allemagne

d). — Evêché de Bdle

L’évêché de Bâle (lat : Basilea, ail : Basel) comprenait les quatre villes de Delemont, Saint-Ursanne, Laufen et Porrentruy (ail : Pî'uîitrud). Cette dernière était, depuis la Réforme, la résidence des évêques. Le 27 novembre 1792, les sujets de l’évêque se proclamèrent en république, mais l’année suivante la Convention réunit le territoire au département du Haut-Rhin.

Les évêques de Bâle s’intitulaient simplement : Dei gratia episcopus basiliensis ; quelques-uns ajoutent cependant : sac7'i Romani impei'ii pj'inceps. Les armes de l’évêché étaient : d’argent au baselstab (sorte d’étui de crosse) de gueules.

Christophe d’Utenheim, 1^02-1526.

Jean-Rodolphe de Hallwyl, 1^27, Philippe de Gundolsheim, 1527-1553.

Melchior de • Lichtenfels, 1554-1575.

* Jacques-Christophe Blarer de Warten-

sée, 1575-1608,

* Guillaume Rink de Baldenstein, 1608-

Jean-Henri d’Ostheim, 1628-1646.

Béat- Albert de Ramstein, 1646-1651.

*Jean-François de Schoenau, 1651-1656.

*Jean-Conrad I de Roggenbach, 1656-

Guillaume-Jacques Rink de Baldenstein, 1693-1705.

*Jean-Conrad II de Reinach, 1705-1737.

Jean-Sigismond de Reinach, 1737-1743.

Georges Rink de Baldenstein, 1744-

Simon-Nicolas de Montjoie, 1762-1775.

Frédéric-Louis de Wangen, 1775-1782.

* Joseph de Roggenbach, 1783-1794.

A la fin du xvH siècle, l’atelier des évêques de Bâle fut réorganisé à Porrentruy par Jacques-Christophe. Les émissions se poursuivirent jusqu’en 1777 avec de fréquentes interruptions et sans avoir jamais atteint à une bien grande importance. Les types se composent des armes épiscopales, de l’aigle d'empire, conformément aux règlements impériaux, et de l’image de la Vierge, de saint Ursanne, SANCTVS VRSICINVS, ou de celle de saint Henri, SANC HENRI ROM IMPER. Sous J ean Conrad 11, le buste de l’évêque figure pour la première fois à l’avers des pièces 2,

1. G. Em. Haller, Schwei:[erisches Miin:^. und Medaillen-Cabinet. Berne, 1780-81, in-8, t. II, p. 297 et suiv.

2. Voici les dates pour lesquelles il existe des pièces d’or ou de grandes pièces d’argent des évêques de Bâle: double thaler, 1596; thaler, 1624, 1625, 1654, 1716 (celui-ci porte sur la tranche : gloria ix excelsis deo et in terra.); demi-thaler. ;625 ; quart de thaler, 1717; dqçat ,1654. 1716 ; double ducat, 1716.

e). — Évêché de Met^K

L’évêché de Metz se composait de divers petits territoires contigus au duché de Lorraine ou enclavés dans ce duché. En 1 5 52, le pays fut conquis par la France à laquelle l’Allemagne le céda formellement en 1648. Le patron du diocèse était saint Etienne. L’évêché n’avait pas d’armoiries particulières.

* Charles I, cardinal de Lorraine, 1550-1574.

* Robert de Lenoncourt, co-évêque, 1 551-15 5 5.

François de Beaucaire, co-évêque, 1555-1568.

Louis de Guise, co-évêque, 1568-1574, évêque, 1574-1578.

Charles II de Lorraine, 1578-1607.

Anne d’Escars de Givry, 1608-1612.

*Henri de Verneuil, 1612-1652.

Le monnayage des évêques de Metz, interrompu depuis le milieu du xv^ siècle, fut repris, dans la petite ville de Vic-sur-Seille, par Charles I. Il comprit des florins d'or, des thalers, des demi-thalers. des gros, des bugnes, des demi-bugnes et des doubles deniers. Sur les grandes pièces d’argent, on voit le buste à droite du cardinal, et au revers saint Etienne debout dans un encadrement elliptique.

En 15^5, RobertdeLenoncourt racheta aux bourgeois de Metz la Monnaie de cette ville et y frappa des espèces du même système que celles de Charles I. Le dernier évêque qui monnaya est Henri de Verneuil; ses florins d’or, ses testons et les diverses pièces de billon qu’il nous a laissées, sont frappés à Vie.

f). — Évêché de Verdun 2.

L’évêché de Verdun était placé sous le vocable de la Vierge; il n’avait pas d’armoiries particulières. Conquis parla France en 1552, il lui fut définitivement abandonné en 1648 par la paix de Westphalie.

Louis de Lorraine, 1508-1522.

Jean de Lorraine, 1523-1544.

Nicolas I de Lorraine, 1 544-1 548.

Nicolas II Psaulme, 1548-1575.

Nicolas III Bousmard, 1576-1584,

Charles I de Lorraine, 1585-1587.

Nicolas IV Boucher, 1587-1593.

* Eric de Lorraine,! 593-1611.

* Charles II de Lorraine-Chaligny, 1611-

Le monnayage de Verdun interrompu depuis un siècle et demi, reprit

1. P. -Ch. Robert, Monnaies, jetons et médailles des évêques de Met^, dans V Annuaire de la Soc. franc, de numism., t. XIV, 1890.

2. P. -Ch. Robert, Monnaies et jetons des évêques de Verdun, dans V Annuaire de la Soc. franc, de numism., t. X, 1886.

l’empire d’allemagne

vers 1600 sous Éric de Lorraine. Cette restauration de la prérogative régalienne contraria vivement le roi Henri IV qui, en 1606, chargea Pierre Joly, son procureur dans les trois évêchés, d’amener Éric à y renoncer ; la démarche fut sans résultat. L’atelier épiscopal, placé à Dieulouard, émit des florins d’or, des testons et leurs subdivisions; l’argent et l’or et quelques-unes des pièces de bihon portent le buste et les armes de l’évêque; d’autres ont son initiale. Un florin d’or sans date et anonyme est à l’effigie de la Vierge, dans le but de ressembler aux florins d’or de Hongrie. Le titre de l’évêque est : ERRSCVS A LOTH EPS ET COM VIR. Charles II monnaya d’abord à Dieulouard, puis à Mangienne; ses émissions, qui paraissent avoir été arrêtées après 1615, comprennent des florins et demi-florins d’or, des thalers et leurs divisions, des billons copiés de ceux des ducs de Lorraine. Charles II prend les mêmes titres que son prédécesseur, mais en y ajoutant princeps sacri imperii.

g). — Abbaye et évêché de Fuîda '.

L’abbaye de Fulda fut érigée en évêché en 17^2. Son territoire, d’environ trente-sept lieues carrées, s’étendait entre le landgraviat de Hesse, l’évêché de Wurzbourg et le comté de Hanau-Münzenberg. En 1803, l’évêché fut sécularisé. Les armes de Fulda étaient : d’argent à la croix de sable. L’évêque s’intitulait : Dei gratia, episcopus et abbas fuldensis, sacri Rotnani imperii princeps, augustae Romanorum imper atricis archicancellarius, per Germaniam et Galliam primas.

Hartman II de Kirchberg, 1 507-1 529 (Hersfeld).

*Jean III de Henneberg, 1 529-1 541.

* Philippe Schenk de Schweinsberg, 1 541-15 50.

Wolfgang-Thierry de Fusigkheim, 1550-1558.

Wolfgang-Schutzbar, dit Milchling, 1558-1567.

Georges Schenk de Schweinsberg, 1568.

Guillaume Hartmann de Klauer, 1568-1570.

* Balthasar de Dernbach, 1570-1606.

Jean-Frédéric de Schwalbach, 1606-1622.

Jean-Bernard Schenk de Schweinsberg, 1623-1632.

Jean-Adolphe de Hoheneck, 1633-1635.

Herman-Georges de Neuhof, 1635-1644.

Joachim de Graveneck, 1644-1671.

* Bernard-Gustave de Bade, 1671-1677 (Kempten).

* Placide Droste d’Erwite, 1678-1700.

Adalbert I de Schleifras, 1700-1714.

I . Hinkelbein, Beschreibimg der fiildaïschen Miïnien, dans la Buchania, revue publiée à Fulda par Schneider, 1826-28, t. I-III.

Constantin de Buttlar, 1714-1726.

* Adolphe de Dalberg. 1726-1737.

*Amand de Buseck, 1737-1756, évêque depuis 1752. *Adalbert II de Walderdorf, évêque, 1757-1759. *Henri VIII de Bibra, évêque, 1759-1788.

*Adalbert III de Harstall, 1788-1802.

La série monétaire de Fulda n’est pas continue. Le premier thaler parut en 1 539, sous J ean 1 1 1 ; il porte le buste de l’abbé et au revers ses armes et sa devise : FIAT VOLVNTAS DOIVIINI PERPETVO. Pour Philippe, nous avons un double thaler de 1 542 à ses armes, et à l’effigie à mi-corps de saint Boniface, S. BONiFACiVS- ARCHIEPS- ET MARTIR.

Interrompu pendant plus d’un-demi siècle, le monnayage reprend sous Balthasar de Dernbach dont il existe des doubles thalers (1605 et i6d6) et des essais sur flan carré, puis plusieurs monnaies divisionnaires. Les plus grandes espèces sont conformes aux lois impériales et portent la double aigle et le nom de Rodolphe IL Comme dans une grande partie de l’Allemagne, la menue monnaie était représentée à Fulda par des schüssellieller ; celui de Balthasar est donné par notre figure 182.

Avec Bernard-Gustave de Bade, le monnayage abbatial devient plus fréquent. Ses thalers portent à l’avers tous ses titres personnels écrits sur plusieurs lignes et horizontalement dans le champ. Sa devise est : SUB PONDERE ; elle figure au revers. Nous avons de même, PIE- TATE et CONSTANTIA sous Placide, PRO LEGE ET GREGE ou CANDORE ET AMORE sous Adolphe, VERITATE ET IVSTITIA sous Am and, CONSI LIO ET ÆQVITATE sous Henri VI IL

En 1795 et 1796, Adalbert III frappa des thalers el des gulden, taillés sur le pied de convention, et portant au revers PRO DEO ET PATRIA. Ces pièces furent émises avec les matières provenant de l’argenterie de l’évèché, pour subvenir aux frais de la guerre contre la France.

h). — Abbayes de Miirbach et Lure '.

Les abbayes de Murbach et de Lure, situées l'une en Alsace, l’autre en Franche-Comté, furent réunies en une seule main au xvC siècle. La première \ d' argent au levrier rampant et contourné, de sable, colleté

d’or; la seconde, d’azur à un dextrochère de carnation, vêtu de gueules, re-

I. Plantet et Jeannez, £55^71 sw les monnaies du comté de Bourgogne, Lons-le-Saulnier, 1855, in-4. — Poey d’Avant, Monjiaics féodales de France, t. III, p. 156 et suiv. — A, Engel et E. Lehr, Numismatique de l’Alsace, p. 130.

l’empire d’ ALLEMAGNE

brassé d'argent, posé en pal à deux doigts bénissants et mouvant d’un nuage du dernier émail. Murbach avait pour patron saint hégo.v,sanctus Leodegarius.

* Jean-Rodolphe de Stoeremberg, 1 544-

*Jean-Ulrich de Raittenau, 1570-1587.

* André d’Autriche, 1587-1608.

Jean Georges de Kalkenried, 1600-1601.

* Léopold V d’Autriche, 1601-1632.

* Léopold-Guillaume d’Autriche, 1632-

1662 (Strasbourg).

* Colomban d’Andlau, 1663-1665.

* François Egon de Furstenberg, 1665-

1682 (Strasbourg).

Félix-Égon de Furstenberg, 1682-1686.

Le 7 mars 1 544, Charles Quint donna à l’abbé de Alurbach etLure le droit d’utiliser le minerai d’argent tiré des mines de ses domaines et de le convertir en monnaies. La même année, un atelier fut ouvert à Guebwiller et l’abbé entra dans la confédération de la Rappenmün:{ dont il sera question plus longuement à l’occasion des monnaies de la ville de Bâle. En juin 1 6 1 9, la Monnaie de Guebwiller fut fermée par ordre de la diète de Worms; elle fut réouverte vers 1623 et travailla jusque vers 1632 ; enfin, en 1659 la fabrication fut reprise jusque vers 1666.

Le type des espèces abbatiales se compose des armes', de l’image de saint Léger tenant une crosse et une vrille, de la double aigle entourée delà mention impériale. Léopold d’Autriche met, le premier, son buste sur ses pièces. Sur un ^ehner d’André d’Autriche, on voit Enée portant son père Anchise, et, à l’arrière-plan, Troie en flammes et la mer avec des vaisseaux. La représentation d'une scène empruntée à l’antiquité classique sur une monnaie d’un prince de l’Église est assez rare pour être notée. Sous les abbés Léopold et Léopold-Guillaume d’Autriche, leur nom est parfois omis sur les monnaies qui portent simplement l’indication des abbayes et le nom du patron.

I. Nos fig. 183 et 184 représentent les armes de Jean-Ulrich de Raittenau et du cardinal André d’Autriche, telles qu’elles se trouvent sur leurs thalers.

léo

i). — Ahhaye de Gor^e K

L'abbaye de Gorze, près de Metz, ne monnaya que sous Charles de Remoncourt ( 1 607-1643), fils naturel de Charles III duc de Lorraine. Les pièces que ce personnage émit sont des doubles pistoles copiées de celles de son père, des florins d’or, des écus et des testons d’argent ; elles portent le buste de l’abbé avec col plat et au rever-s les armes de Lorraine, brisées d’une cotice en barre.

En 1650, l’abbaye de Gorze fut donnée à l’évêché de Metz; en 1663, elle fut réunie à la France.

k). — Principauté de Simmeren.

Cette terre était située au sud de l’électorat de Trêves. Lorsqu’en 1444, l’électeur palatin Étienne partagea ses états entre ses enfants, Frédéric obtint le comté de Simmeren et la moitié de celui de Spanheim.

Frédéric II, 1439-1480. *Jean II, 1509-1557.

Jean I, 1480-1 509. Frédéric III, 1557-1359.

Frédéric III ayant succédé en 1 5 59 à Otton-Ffenri dans le Palatinat du Rhin, laissa Simmeren à son frère Georges (1539-1369). * Richard (i 369- 1398), fils de Georges, mourut sans enfants, et Simmeren fut réuni au Palatinat. En 1610, la principauté en fut de nouveau détachée en même temps que Lautern en faveur de Louis Philippe (1610-1633), dernier fils de l’électeur palatin Frédéric IV. La nouvelle lignée de Simmeren s’éteignit avec Louis-Henri-Maurice (1633-1673) et ses possessions furent définitivement annexées au Palatinat. Lorsque la rive gauche du Rhin eut été conquise par la France, Simmeren fit partie du département de Rhin-et-Moselle.

Les plus anciens thalers des princes de Simmeren sont de Jean IL L’atelier, placé dans leur capitale, est mentionné en toutes lettres au revers.

1). — Principauté de Lautern.

L’électeur palatin Frédéric III laissa en 1 376 cette terre à son second fils Jean-Casi m ir, mais à la mort de celui-ci, en 1392, Lautern retourna au Palatinat. On possède de Jean Casimir diverses monnaies,

I. P. -Ch. Robert, Monnaie de Gorie sous Charles de Renioncourt et circonstances politiques dans lesquelles elle a été frappée. Metz, 1870, in-4.

l’empire d’allemagne

notamment des thalers, de 1 578, avec son buste tenant dans la main droite une masse d’armes ; le revers porte ses armes et sa devise : CONS- TANTER ET SINCERE. De 1584 à 1592, pendant la minorité de Frédéric IV, le prince de Lautern administra le Palatinat et y frappa monnaie à ce titre.

m). — Principauté de Deux-Ponts 7.

La principauté de Deux-Ponts (ail,: Zweibrücken, lat. : Bipontum) , située entre l’Alsace et le Palatinat, fut donnée en 14^, avec celle de Veldenz, par Étienne, comte palatin, à son second fils, Louis le Noir (459-1489), dont voici les successeurs :

Alexandre et Gaspard, 1489.

Alexandre seul, 1489-1514.

Louis, 15 14-15 32.

* Wolfgang, 1532-1569.

*Jean le Vieux, 1569-1604.

*Jean le Jeune, 1604-1635.

Frédéric, 1635-1661.

Frédéric Louis, 1661-1681.

Charles I (XI comme roi de Suède),

Charles étant mort sans enfants, en 1795, ses états passèrent à son frère, Maximilien-Joseph, électeur de Bavière. La principauté de Deux- Ponts n’avait pas d’armoiries particulières.

L’atelier des princes de Deux-Ponts fut ouvert en 1 564,par Wol fgang, à Meissenheim. Il résulte de documents cités par Exter, que la fabrication lut très active de 1565 à 1 568, et qu’elle comprit des thalers avec leurs subdivisions. L’atelier continua à fonctionner en 1570 et 1571. Les monnaies de Jean I portent l’indication d’une seconde forge placée dans sa capitale.

Le monnayage de la principauté fut arrêté pendant la guerre de Trente-Ans. En 1750, Chrétien II restaura l’atelier de Deux-Ponts et les émissions y continuèrent sous son successeur. Parmi les pièces frappées sous Chrétien II, nous rappellerons les ausbeutethaler de Seelbergà la légende EX FODINÎS BfPONTINO- SEELBERGENSIBVS 1754; l’émission fut très restreinte, la production de la mine n’ayant pas dépassé vingt marcs d’argent fin.

Charles II (XII comme roi de Suède), 1697-1718.

Gustave-Samuel, 1718-1731.

(La principauté sous séquestre, 1731-

Chrétien I de Birkenfeld, 1734-1735).

* Chrétien II, 1735-1775.

* Charles, 1775-1795.

I. Fr. Exter, Versuch einer SammJung Pfàltiischen Medaillen, Schau-, Gedâchtniss und alîerley andern Mïin^en vjelche dcr Chur-Fursten und Pfàli-Graven von der Bayerischen oder sogenannten alten Chur-Linie Geschichte erlautern. Deux-Ponts, 1759-73, 2 vol. in-40.

n). — Principauté de Veîden:(.

La principauté de Veldenz comprenait deux tronçons principaux, Tun sur la Moselle, où se trouvait la capitale, Tautre sur la Glan, où était Lauterecken. Ses armes étaient : d’argent an lion d’azur couronné de gueules. Unie à la terre de Deux-Ponts, lors du partage des états d'Étienne, comte palatin, elle en fut séparée en faveur de Robert, second fils d'Alexandre de Deux-Ponts.

Robert, 1543-1544. * Georges-Gustave, 1592-1634.

* Georges-Jean, 1544-1592. * Léopold-Louis, 1634-1694.

Ce dernier mourut sans enfants et sa succession donna lieu à de graves débats entre les électeurs palatins et les comtes palatins de Birkenfeld.

Les princes palatins de Veldenz monnayèrent à Veldenz, dans leurs possessions alsaciennes du comté de Lutzelstein ou de la Petite-Pierre, à Weinbourg et à Rothau', puis encore, paraît-il, à Phalsbourg. Georges-Jean met sur ses thalers la devise IN VIA VIRTVTI NVLLA VIA et VIA DEO AVSPICE ; Georges-Gu stave y place ALLEIN GOTT DIE EHR, « à Dieu seul l'honneur » ; enfin Léopold-Louis y inscrit VERBVM DOMINI MANET IN ÆTERNVM.

o). — - Landgraviat de Hesse 2.

Les terres landgraviales de Hesse occupaient la partie septentrionale du cercle du Haut-Rhin. Pendant les deux premiers tiers du xvP siècle, elles furent gouvernées par Guillaume II (i 500-1 509) et par son fils Philippe le Magnanime (i 509-1 567). Après sa mort, son héritage fut divisé entre ses quatre fils ; l'aîné Guillaume IV obtint environ la moitié des biens (la Basse Hesse, Ziegenhain et Itter); Louis IV eut environ un quart (la Haute Hesse et Nidda) ; Philippe II, un huitième (le Bas-Catzenellnbogen); Georges, le dernier huitième (le Haut-Catzenellnbogen). Guillaume IV résidait à Cassel, Louis à Marbourg, Philippe à Rheinfels et Georges à Darmstadt. En 1583, Philippe, et en 1604, Louis, moururent sans héritiers. Les deux frères survivants devinrent la souche des lignes de Hesse-Cassel et de Hesse-Darmstadt, dont voici le tableau généalogique.

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