DARMSTADT
* Georges I 1567-1596.
* Louis V 1596-1626.
* Georges II 1626-1661.
* Louis VI 1661-1678.
Louis VII *Ernest-Louis
* Louis VIII 1739-1768.
* Louis IX 1768-1790.
* Louis X devient grandduc en 1806.
Les deux landgraves régnants s’intitulaient: Dei gratia landgravius Hassiae. adininistr'ator Jiersfeldensis, cornes Cattimelihoci, Die^iae, Ziegenhainae, Niddae, Schauenburgi , etc. ; celui de Hesse-Cassel prenait encore le titre de comte de Hanau ; celui de Hesse-Darmstadt ajoutait les titres de comte d’Isenbourg et de Budingen. Les armes de Hesse sont : d’azur au lion biu'elé d’argent et de gueules, de huit pièces, couronné d’or K
1 . A ces armes s’ajoutaient les quartiers des seigneuries que nous avons citées cidessus; ainsi : d’argent à la croix patriarcale de gueules, pour Hersfeld ; coupé de salle et d’or, le premier chargé d'une étoile d’or, pour Ziegenhain ; d’or au léopard lionné de gueules, armé et couronné d’a:(ur, pour Catzenellnbogen ; de gueules à deux lions léopardés d’or, l’un sur l’autre, pour Dietz ; coupé de sable et d’or, le premier chargé de deux étoiles d’or, pour Kidda, etc.
Nousexaminerons danssesgrands traits Thistoire monétaire de la Hesse, en commençant par la période qui précède la division du pays entre les fils de Philippe le Magnanime, et en prenant ensuite, l’une après l’autre, les quatre branches de la maison landgraviale qui ont frappé monnaie : Marbourg, Rheinfels, Cassel, Darmstadt.
Hesse unie. — La frappe des thalers commença dans la Hesse, sous Guillaume 1 1, en 1 502. Le type de ces pièces se compose à l’avers de l’écu au lion hessois dans une épicycloïde, et, au revers, dans un encadremient identique, de la figure en pied de sainte Elisabeth, reine de Hongrie, tenant de la main droite le modèle de l’église de Marbourg; la légende est GLOR8A REl PVBUCE, que le landgrave reproduit sur toutes ses monnaies d’argent (fig. 185). Le 17 mars 1503, Maximilien I accorda à Guillaume II et à ses héritiers, par diplôme donné à Anvers, le droit de frapper des monnaies d’or, notamment des florins d’or du Rhin; ces
monnaies devaient être émises sur le même pied que celles des quatre électeurs et porter comme type l’effigie de sainte Élisabeth; la légende est DEVM SOLVM ADORABIS ; les premières pièces émises ont le millésime de I 506.
Phillippe-le-Magn an ime n’avait pas cinq ans à la mort de son père. L’année même de son avènement, en 1509, les régents de la principauté, mettant à exécution un projet de Guillaume II, conclurent au nom du jeune landgrave un traité par lequel la Hesse entra dans la fédération monétaire des électeurs du Rhin. A la suite de cet accord, on dut frapper des florins d'or, des groschen, des albus, des demi-albus, des pfennings et des heller. L’avers des principales pièces conserve le type de sainte Élisabeth; au revers, la légende est MONE. AVRE. RENENSIS pour l’or, et MONETA NOVA RENENSIS pour l’argent. En 1537, le buste de Philippe se montre sur les monnaies ainsi que sa devise: SI DEVS NOBISCVf^ QVI5 CONTRA NOS. De 1542
l’empire d’ ALLEMAGNE
à 1547, le landgrave et son allié de la ligue de Schmalkalde, Jean-Frédéric, duc de Saxe, frappent des espèces où figurent leurs effigies et leurs noms (fig. 186). A partir de 1563, jusqu’à la fin du règne, la devise de Philippe est WAS GOT BESCHERT BLESBET VNERWERT'.
Hesse-Marbourg. — Louis 111 (1567-1604), le seul landgrave de la ligne de Hesse-Marbourg, ne paraît pas avoir monnayé avant 1 572. En cette année, il frappa des mün^vereùisthaler , comme les électeurs du Rhin. En 1587, et l’année suivante, nous oNons dts ausbeteuthaler de Gladenbach; leur type se compose de l’écu de Hesse timbré de trois heaumes, et au revers, de la légende suivante, écrite en plusieurs lignes au milieu du champ : ANMO I^DLXXXVli (ou Vil!) E NOVIS IN ARGENTIFODINA AD GLADEBACHV^I DEO LARGŒNTE REPER- TIS VENiS LVDOVICVS LAHDGRAVIVS HASSIÆ & F. F. La devise habituelle de Louis 111 est ICH GETRAWE GOT !N ALLER NOTH, je me confie à Dieu dans tous mes besoins.
Hesse-Rheinfels. — Philippe 11 de Hesse-Rheinfels (1567-1583), mourut sans héritiers directs. On ne connaît de lui qu’un thaler frappé en 1 573, suivant le type de la convention avec les électeurs du Rhin.
Hesse-Cassel. — Le monnayage de la ligne de Hesse-Cassel présente une série continue et très intéressante sous le rapport du type. Guillaume IV le Sage (1567-1592) monnaya dès son avènement. Des
I . On possède un certain nombre de schauthaler au millésime de 1 5 5 2 , portant à l’avers le buste armé de Philippe le Magnanime, et au revers cinq écussons avec la devise lesser land uncl lud verloren aïs ein falscher aid geschworn, « plutôt perdre son pays et ses sujets que de faire un faux serment», allusion aux démêlés du landgrave avec Charles- Quint. Suivant MM. Erbstein, aucune de ces pièces n’est contemporaine de Philippe le Magnanime ; toutes sont des restitutions postérieures d’un siècle.
documents de 1571 et de Tannée suivante nous apprennent qu’il s’entendit avec ses frères, Louis III et Philippe II, pour avoir un seul atelier en commun. L’installation devait s’en faire d’abord à Treisa, mais ce projet n’eut pas de suite, et la ville de Cassel fut choisie comme siège de la Monnaie landgraviale. Les appointements des diverses personnes attachées à l’atelier s’élevaient à 200 reichsthaler, sur lesquels Guillaume IV en avait plus de la moitié à sa charge, Louis III les quatre douzièmes, et Philippe les deux douzièmes restants. Ce détail a quelque importance, car la fabrication au nom de chacun des frères devait être en raison de leur participation aux frais. On possède de Guillaume IV des mün^veremsthaler de 1572 et de 1 574, puis un assez grand nombre de monnaies divisionnaires en argent et en cuivre. Quelques-unes de ces pièces portent explicitement l’indication de leur valeur; sur les alhus, par exemple, se trouve la mention : VALET I ALBVM VEL 12 OBVLOS HASSIACOS.
Le chef de la ligne de Hesse-Cassel avait toujours maintenu Tordre dans les monnaies et les finances de ses états. Son successeur Maurice (i 592-1627) ne suivit pas cet exemple. Il abandonna l’exploitation du monnayage à divers fermiers qui créèrent plusieurs ateliers nouveaux, à Rotenbourg, à Lippoldsberg, à Witzenhausen, etc., et fabriquèrent des espèces d’un titre détestable. La plupart des monnaies de Maurice portent la devise CONSIUO ET VIRTVTE. Le type des thalers se compose d’abord du buste du landgrave et de ses armes timbrées de trois heaumes. En 1 6 1 0, ce dispositif fut remplacé à Tavers par le lion hessois posé dans le champ, au revers par deux bannières en sautoir cantonnées du millésime et de divers symboles, tels qu’un bouquet de palmes et de lauriers, une sonnette et un sablier. En 1607, il y eut quelques thalers frappés avec l’argent tiré des mines de Frankenberg; la légende suivante indique cette particularité : BENEDICTIO DEI E NOVIS FODTFRANCOBER. En 1618, Maurice frappa ses premières monnaies d’or.
Guillaume V (1627-1637) prit pour devise VNO (ou DEO? ou encore lEHOVA) VOLENTEHVMILIS LEVABOR. Nous reproduisons (fig. 187), comme spécimen de la série très nombreuse de ce landgrave, un de ses thalers les plus curieux. Il en affectionnait le type symbolique, qu’on retrouve avec des variantes sur la plupart de ses monnaies. D’autres thalers donnent simplement son buste et ses armes, entourés de la légende FATA CONSILIIS POTIORA. A partir de 163 1, les monnaies divisionnaires portent au revers l’indication de leur valeur, écrite en allemand.
Guillaume VI, le Juste (1637-1663) fut d’abord sous la tutelle de sa mère, Amélie-Élisabeth de Hongrie. Quelques ducats
l’empire d’allemagne
d’or, rappelant cette régence, portent l’écu en losange de Hesse-Hanau et un rocher battu par la tempête avec cette devise : WIDER MACHT VND LIST MEIN FELS GOTT IST. Ces pièces, non datées, paraissent plutôt avoir été frappées comme essais que comme espèces courantes, car dès 1658 tout le monnayage régulier se fit au nom du jeune landgrave, pour lequel la devise et les types paternels furent conservés. En 1652, nous trouvons pour la première fois sur les monnaies la devise et le symbole de Guillaume VI : HIS VENUS VELA LEVANTVR, un vaisseau, le vaisseau de l’Etat, poussé par les Vents, caractérisés par une colonne, la Fermeté, une bible, la Religion, et une balance, la Justice. En 1660, le landgrave fit choix d’une devise nouvelle, plus simple, FIDE ET IVSTITIA. En 1647, Guillaume VI acquit une partie du comté de Schauenbourg; on continua à frapper pour ce pays des monnaies divisionnaires conformément à son système particulier de mariengroschen, de mattier et de guie pfennige. En 1648, les terres de
l’abbaye d’Hersfeld furent annexées à la Hesse, dont le souverain prit désormais le titre de princeps hersfeldensis au lieu de celui à!ad7ninistrator qu’il avait précédemment.
Après la mort de Guillaume VI, son fils mineur, Guillaume VII, lui succéda sous la tutelle de sa mère Hedwige-Sop h i e deBrandebourg. Il suivit son père au tombeau en 1670, sans avoir atteint sa majorité. Les seules monnaies connues de Guillaume VII sont des pièces divisionnaires, mais on possède d’Hedwige un certain nombre de pièces d’or et d’argent sur lesquelles elle prend le titre de régente.
Charles (1670-1730), frère de Guillaume VII, lui succéda. Sa devise est CANDIDE ET CONSTANTER et son symbole préféré, un cygne. Il émit principalement des scheidejiiün^en ; mais nous noterons, comme particularité de son règne, les ducats 1677 avec l’or recueilli
pour la première fois dans les sables de l’Edder. Le type consiste en
une vue du pays baigné par ce cours d’eau, avec un fleuve couché au premier plan ; la légende est: MONETA PRIiVIA AVREA ÆDERÆ AVRiFLVÆ. Parmi les monnaies de cuivre de Charles, qui portent généralement son monogramme quelques-unes sont spéciales à la ville de Schmalkalde, SCSV1ALK . PFENNIG. L’émission s’en poursuivit sous les premiers successeurs de ce landgrave.
Frédéric (1750-1751) était, depuis 1719, roi de Suède, lorsqu’il prit possession de ses états héréditaires. A côté de ses espèces ordinaires, il eut quelques demi-diicats , frappés en 1731 avec l’or de l’Edder : EDDER GOLD. Guillaume V I II (175 1-1760), qui administrait la Hesse du vivant de son frère, lui succéda; la devise inscrite sur ses monnaies est RECTVS ET HVnVSOTVS, mais ses types ne donnent lieu à aucune observation particulière.
F rédéric II (1760-1785) était chevalier de l’ordre de la Jarretière ; la devise H ON N S SOIT QUI MAL Y PENSE figure sur ses tlialers les plus anciens. Sur d’autres pièces, notamment sur l’or, l’inscription personnelle est VIRTVTE ET FIDEÜTATE, En 1775, il eut de nouveaux ducats frappés en eddergold.
Guillaume IX (1785-1803), le dernier landgrave de Hesse-Cassel dont nous ayons à parler ici, devint en 1803 prince électeur sous le nom de Guillaume (Î803-1821). Cette période de son règne appartient à l’époque contemporaine.
Hesse-Darmstadt. — Le monnayage de cette ligne fut beaucoup moins important que celui des landgraves de Hesse-Cassel. Les premières espèces de Georges I le Pieux (1567-1596), frappées en 1572, sont, comme celles de son frère, des mün^vereinstlialer . Louis V le Fidèle (i 596-1626), ne fit pas monnayer avant 1618. Ses plus grandes pièces d’argent, qui ne dépassent pas le module du quajd de thale7\ portent ses armes et au revers son heaume avec son cimier de proboscides ; sa devise est IN TE DOMINE CONFIDO. En 1621, le landgrave entra dans une convention monétaire avec Mayence, Nassau et Francfort-sur-le-Mein; en 1622, il ouvrit un atelier à Nidda.
Georges II (1626-1661) maintint l’alliance dans laquelle son père était entré. Ses monnaies divisionnaires la rappellent par leur type et leur légende : MEIMTZ. HAS.. NAS. FRANCO. A partir de 1637, les mentions de Nassau et de Francfort disparaissent. Georges III avait pour
I. Nous avons donné, pages 134-136, les divers monogrammes employés par les landgraves de Hesse-Cassel pour la formation de leurs types monétaires, Cf. fig. 130 à 135, 143 à 145, et 173 à 179. Dans le texte explicatif qui accompagne les fig. 130 a 135, nous avons donné par erreur au landgrave Charles le nom de Charles-Louis.
l’empire d’allemagne 169
devise : SECVNDVM VOLVNTATEM TVAIVI DOMINE; elle figure sur ses espèces les plus fortes.
Louis VI (1661-78) a laissé très peu de souvenirs numismatiques et il ne nous en reste aucun de son successeur, Louis VII (1678). Le frère de celui-ci, Ernest-Louis (1678-1759) est au contraire, de toute la dynastie, celui qui a le plus fait usage de son droit régalien. La découverte de filons argentifères à Roth, en 1695, permit d'imprimer une plus grande activité à la fabrication des monnaies. Dès Tannée suivante parurent des aiisbeutethaler avec empreintes de circonstance : à Tavers, deux mineurs debout à côté d'un palmier auquel est suspendu l'écusson landgravial; au revers, une vue des travaux d'extraction. En 170^, les pièces de 1 2 constatent par leur légende NACH DEM
SCHLVS DER V STÆND , la convention monétaire conclue entre Hesse-Darmstadt, Mayence, Trêves, lePalatinat et Francfort-sur-le-Mein. Les speciesthaler, mis en circulation à partir de 172 1 , rappellent par l'inscription: NACH ALT REICHS SCHROT ^(nd) KORN Texcellence de leur titre et la loyauté de leur taille. En 1755, Ernest-Louis frappa des ernests d’or de 10 et 5 florins, sur le modèle des carolins d’or émis Tannée précédente par Charles-Philippe, électeur palatin.
Sous Louis VIII (1759-1768), l’activité monétaire se ralentit très sensiblement. Ses pièces portent généralement Tune des deux devises : PRO PATRIA ou SINCERE ET CONSTANTER. Pour le règne de Louis IX (1768-1790), nous rappellerons, comme particularité curieuse, les pièces de cuivre appelées ^oll-pfennige frappées en 1777 destinées spécialement aux péages. Louis X succéda à son père en 1790 et devint en 1806 grand-duc de Hesse. Nous avons donné, p. 155, fig. 164, le monogramme qui figure sur un certain nombre de ses monnaies.
p). — Comté de S dm.
Le comté de Salm ou de Haut-Salm était situé entre l'Alsace, Tévêché de Metz et le duché de Lorraine. Ses armes étaient : de gueules aux deux saumons d’argent accompagnés de quatre croisettes du même. Au milieu du xv<^ siècle, Jean V de Stein, rhingrave et wildgrave de Kyrbourg et de Dhaun, devint possesseur de la moitié de Salm, par son mariage avec Théritière du dernier souverain particulier de ce comté. La maison de Salm se divisa en plusieurs branches issues des fils de Jean VI, Philippe de Salm-Dhaun et Jean Vil de Salm-Kyrbourg. Nous passerons en revue celles dont il nous reste des monnaies.
Salm-Diiaun. — Adolphe-Henri de Salm Dhaun (1561-1606)
a laissé un certain nombre d'espèces signées, notamment des doubles thalers\ elles portent hddol'phus HEIN- SILVES^r/5 RHENIQ^^e QOmes \n SA^^-Son fils mineur, W olfgang-Frédéric(i6o6-i637),lui succéda sous la tutelle de sa mère, Julienne de Nassau. Les pièces frappées à cette époque, jusqu'en 1617, doubles thalers el subdivisions, portent: REINGRAFSCHAFT DAVN CVRATEL ou CVRATEL DAVNEN • COMITVM.
En 1750, la ligne de Salm-Dhaun s’éteignit avec Frédéric-Guillaume. La moitié de ses possessions parvinrent aux Salm-Grumbach, l’autre moitié aux Salm-Salm et aux Salm-Kyrbourg.
Salm-Salm. — Les comtes de Salm-Salm descendent de Frédéric I, petit-fils de Philippe de Salm-Dhaun. Le seul membre de cette ligne dont il existe des monnaies est Lé opold-Phi 1 ippe-Gharles (1654- 1663), qui ouvrit un atelier à Badonvillers. Les monnaies qu’on y a frappées portent MONETA NOVA BAD. CVSA, Il avait épousé Marie-Anne de Bronckhorst, héritière d’Anholt, seigneurie dans laquelle il monnaya également.
Salm-Grumbach. — Cette ligne fut créée par Jean-Christophe, frère de Frédéric de Salm-Salm. Voici quels furent ses successeurs :
Jean, 1585-1630. Charles-Louis-Frédéric, 1719-27.
*Jean et son frère Adolphe, 1630-60. * Charles-Wolrath, 1727-63.
Léopold-Philippe-Guilh, 1660-1719. Charles-Louis, 1763-99.
Jean et son frère Adolphe, qui lui survécut, monnayèrent en commun. Leurs pièces portent lOHA • ET ADOL • SYL • RH ■ CO • IN • S- On possède en outre quelques monnaies au buste de Charles Wolrath, qui hérita en 1750 de la moitié du comté de Salm-Dhaun.
Salm-Kyrbourg. — Les comtes de Salm-Kyrbourg ont pour souche commune Jean VII ( 1499-1 5 3 1), fils de Jean VI de Salm. Voici la descendance de ce comte :
Jean VIII, 1531-48
*Otton, 1548-1607
*Jean IX
*Jean-Casimir
* Otton
Otton-Louis
Georges-Frédéric
Jean
l’empire d’allemagne
En 1688, la ligne de Salm-Kyrbourg s’éteignit et une partie de ses possessions passèrent, avec son titre, à celle de Salm-Neuville. Philippe- Joseph de Salm-Kyrbourg (1716-79) fut élevé en 1742 au rang de prince de l’empire; il transmit ses états à son fils Frédéric 111, qui fut guillotiné en 1794 à Paris.
La numismatique de Salm-Kyrbourg commence avec Otton, qui frappa ses monnaies avec la mention de Rodolphe II ; un thalerdo, 1 594, l’année de son avènement, lui donne les titres de cornes Silvarum et Rheni, cornes in Salm, dominus in Vinstingen. Son aïeul, Jean VI, avait épousé Jeanne de Moers-Saarwerden, qui lui avait apporté la moitié de la seigneurie de Fenestrange. Les trois fils d’Otton monnayèrent en commun: lOH- I* CAS- ET OTTO FRAT^^«? arrêtées
après Otton-Louis, les émissions reprirent avec Frédéric III qui se conforma AD NORMAM CONVENTIONIS.
Les possessions des comtes de Nassau-Usingen, l’une des nombreuses branches issues de la ligne walramienne, comprenaient Usingen, Idstein, Wiesbaden et quelques autres territoires. Voici la succession des comtes pendant le xvi^ siècle ; le dernier étant mort sans enfants, son héritage passa à Louis II de Nassau-Weilbourg.
Adolphe III, 1480-1511. Balthazar, 1566-68.
Philippe I, 1511-58. * Jean-Louis I, 1568-96.
Philippe II, 1558-66. Jean-Louis II, 1596-1605.
Le seul comte de Nassau-Usingen dont nous connaissions les monnaies est Jean -Louis I; ses pièces portent au revers le nom de l’empereur Rodolphe IL Son atelier se trouvait à Wiesbaden.
Les domaines de Nassau-Weilbourg s’étendaient sur les deux rives du Rhin et de la Lahn. Les comtes suivants s’y succédèrent au xvi^ siècle :
q). — Comté de Nassau-Usingen.
r). — Comté de Nassau-Weilhourg.
Louis I, 1492-1 523.
Philippe III, 1523-59.
* Albert, 1559-92.
Louis II, 1592-1625.
En 1605, Louis II hérita des domaines de Jean-Louis II de Nassau- Usingen. Après sa mort, la ligne de Nassau-Weilbourg se divisa en trois branches, dont deux intéressent la numismatique :
Nassau-Idstein.
Nassau-Weilbourg.
Jean, 1625-77.
* Georges-Auguste, 1677-1721.
Ernest-Casimir, 1625-65.
Frédéric, 1665-75.
*Jean-Ernest, 1675-1719.
* Charles- Auguste, 1719-53.
Charles, 1753-88.
* Frédéric-Guillaume, 1788-1816.
Le monnayage de Nassau-Weilbourg ne paraît pas avoircommencé avant Albert, dont les espèces portent le nom de Rodolphe II. Albert s’intitule: ALB- C- NAS -SAR- SARW- D- AH: il avait hérité de Saarbruck en i 574.
Les monnaies de Georges- Auguste de Nassau-Idstein portent sa devise : HONESTE ET DECENTER. En 1688, il prit le titre de prince, et en 1692 il ouvrit à Idstein l’atelier où ses pièces furent frappées.
La devise inscrite sur les monnaies de Jean-Ernest de Nassau- Weilbourg est SINCERE ET CONSTANTER. Charles-Auguste, qui prit en 1737 le titre de prince, eut pour devise : ASPERA OBLEC- TANT ; il frappa notamment en 1752 un ausbeutethaler avec l’argent de la mine de Mehlbach, près de Weilmunster.
Après sa mort, survenue l’année suivante, l’atelier de Weilbourg fut supprimé.
Le monnayage de Erédéric-Guillaume, commencé en 1808 dans l’atelier d’Ehrenbreitstein, appartient à l 'époque contemporaine ; il en sera question dans la seconde partie de ce livre.
Le comté de Solms était réparti en plusieurs tronçons en Wetteravie et enclavé dans la Hesse ou dans les possessions de la maison de Nassau. La maison de Solms se divisa en un grand nombre de lignes. Cinq d’entre elles, Braunfels, Lich, Laubach, Roedelheim et Hohensolms ont frappé monnaie. Les armes de Solms sont : d’or semé de billettes d’azur au lion du même, langue de gueules, brochant sur le tout.
Solms-Braunfels. ~ Cette ligne est issue de Bernard II, fils aîné d’Otton II H459-1504). Ses possessions comprenaient la plus grande partie du comté de Solms, notamment Braunfels et Greifienstein. Conrad de Solms-Braunfels (i 547-92; eut trois fils dont voici la descendance :
s). — Comté de Solms.
l’empire d’ ALLEMAGNE
Conrad
Braunfels Jean-Albert I 1592-1623
Greiffenstein * Guillaume I 1592-1635
Hungen * Reinhard I 592-1630
Jean-Albert II 1623-48
Guillaume II
Maurice
Henri
* Guillaume-Maurice 1676-1724 hérite en 1693 de Braunfels
Frédéric
devient prince en 1742 et continue la maison.
En 1 620, d’après Leitzmann, les comtes de Solms-Braunfels ouvrirent à Butzbach un atelier monétaire, qui eut une durée éphémère. On possède des ausbeiitetJialerïm'Ç)^és en commun en 1623 et 1625 par Guillaume I et Reinhard avec l’argent des mines de Hungen. Ces pièces portent à l’avers trois heaumes et, au-dessous, le nom de la mine : HOINGEN ; la légende circulaire est: MO. NO. EX PRlmitiis SOUne?isibiis Y/\LHel?nt ET REINH<3^^2 COmitiim SOVnensium F Au revers figurent l’aigle et le nom de Ferdinand II.
Le monnayage fut repris par Guillaume-Maurice, qui s’intitulesur ses espèces : graf Sohm Greiffenstein, herr Mün^enberg, Wildeîifels und Sonnewald. Les pièces divisionnaires portent qu’elles sont émises: NACH DEM FRANCE- SCHLVS, c’est-à-dire suivant la convention conclue à Francfort-sur-le-Mein, entre cette ville, la Hesse-Darmstadt, Mayence, Trêves et le Palatinat.
Solms-Lich. — La ligne de Solms-Lich fut fondée au commencement du xv^ siècle, par Jean, second fils d’Otton de Solms; c’est d’elle que se détachèrent celles de Laubach et de Hohensolms. Elle s’éteignit au commencement du xviiH siècle.
Les Solms-Lich possédaient une partie du comté de Solms et une partie de la seigneurie de Münzenberg. Voici leur généalogie à partir du milieu du xvH siècle:
Reinhard I 1544-62
♦ Ernest I 1562-90
* Eberhard
* Hermann-Adolphe de Hohen-Solms 1562-1601
Reinhard II Georges * Ernest II Otton * Philippe
fi596 Eberhard *{-1619 fi592 fi63[
fi6o2 I
*Otton-Sébastien f 1640
*Louis-Christophe f 1650
Hermann-Àdolphe-Maurice
Les trois fils de Reinhard I, Ernest, Eberhard et Hermann- Adolphe, frappèrent en commun des pièces portant ER. EB. HE- AD- Co7nites SOlmenses Oomini \n y[\n^enberg Et SOHnewald. On possède ensuite des monnaiesd’Ernest II et d’autresde Philippe, frappées soit en son nom seul, soit en commun avec ses deux neveux, Otton-Sébastien et Louis-Christophe.
Solms-Laubach. — Cette branche possédait la ville de Laubach, Utphe et les cinq quarante-huitièmes de Münzenberg. Elle fut formée par Otton, fils cadet de Philippe de Solms-Lich (i 477-1 544) qui mourut avant son père en 1522. Son fils, Frédéric-Magnus (1544-61) eut pour successeur en ligne directe :
Jean-Georges, 1561-1600. *Albert-Otton II, 1610-56.
Albert-Otton I, 1600-10. Charles-Otton, 1656-76.
A la mort de ce dernier, Laubach passa à Jean-Frédéric (1632-96), second fils de Jean-Georges de Solms-Baruth, qui le transmit à son fils aîné :
Le premier comte de Solms-Laubach dont il existe des monnaies, Albert-Otton II, monta sur le trône, encore mineur. On a de lui des thalers \)onOinX \ J^Jores ALBcr^z OTTo«A COM. IN SOLMS D-l-M* W-E-S.
Frédéric-Ernest, 1696-1723.
* Chrétien-Auguste, 1723-84.
Frédéric, 1784-1822.
l’empire d’ ALLEMAGNE
Chrétien- Auguste, qui fut en son temps un personnage considérable de la noblesse wetteravienne, possède une série nombreuse et très intéressante; presque toutes ses monnaies, conformes au pied de Convention, commémorent un fait intéressant Thistoire de sa maison. Nous citerons, par exemple :
1738. Son premier mariage avec Élisabeth-Amélie-Wilhelmine d’Isenbourg.
1748. Mort de cette comtesse.
1754. Mort de sa troisième femme, Dorothée-Wilhelmine de Boetticher.
1767. Mariage de son fils et héritier présomptif avec la fille du prince d’Isenbourg.
1767. Douzième anniversaire de ses fonctions de directeur du banc de Wetteravie.
1768. Mise en exploitation de la saline de Christianswerk à Trayss.
1768. Mort de son neveu Charles-Chrétien-Frédéric.
1770. Vue du château de chasse de Sorgenlos ou Sans-Souci.
1770. Buste d’Otton de Solms, tige de la ligne de Laubach.
Quelques monnaies sans date portent une vue de la ville de Laubach. La devise personnelle de Chrétien-Auguste est: RECTE FACIENDO NEMINEM TIMEAS ; elle figure notamment sur les ducats d'or que le comte fit frapper en 1761 dans Fatelier de Hanau. D’autres de ses monnaies, notamment son thaler jubilaire de 1767, furent frappées à Wertheim.
Solms-Roedelheim. — Cette ligne fut formée par le fils aîné de Jean- Georges de Solms-Baruth; elle possédait les villes de Roedelheim et d’Assenheim. Le seul de ses membres qui ait monnayé est son fondateur, Jean-Auguste (1632-80). Ses gulden d’argent portent son buste et sa devise : PER ANGVSTA AD AVGVSTA, jeu de mots sur son nom.
Solms-Hohensolms. — Le fondateur de cette branche fut Hermann- Adolphe, second fils de Reinhard I de Solms-Lich. Ses descendants existent encore. L'un d’eux, Frédéric-Guillaume, hérita des terres de Solms- Lich après l’extinction de cette ligne :
* Hermann- Adolphe, 1562-1601. *Louis, 1665-1707.
* Philippe-Reinhard I, 1601-36. Frédéric-Guillaume, 1707-44.
Philippe-Reinhard II, 1636-65.
Nous avons rappelé plus haut les monnaies que Hermann-Adolphe a signées avec ses frères aînés. Son nom apparaît seul sur un certain nombre de pièces. Philippe-Reinhard 1 joua un rôle assez marquant dans la guerre de Trente-Ans; en 1627, au siège de Wolfenbuttel, il frappa comme statthalter royal de Danemark des monnaies obsidionales, surnommées hahnreithaler, avec les métaux précieux de Frédéric-Ulrich, duc de Brunswick.
Louis prend sur ses espèces la devise : HERR NACH DEINEM WIL- LEM. Les pièces divisionnaires sont frappées: NACH DEM FVNF STAENDEN.
t). — Principauté de WaldechK
Le comté de Waldeck, au nord du cercle du Haut-Rhin, entre la Westphalie, la Hesse et l’évêché de Paderborn, comprenait, sur une étendue d’environ vingt lieues carrées, sa capitale, Corbach, et les villes d’Arolsen, Waldeck, Niederwildungen. En 162$, le comté de Pyrmont, autrefois détaché des possessions de la maison de Waldeck, lui retourna. Le 6 janvier 1712, Frédéric-Antoine-Ulrich, comte de Waldeck, fut élevé au rang de prince de l’Empire. Les armes de Waldeck sont: d’or à l’étoile à huit rais de sable.
La famille de Waldeck se divisa en plusieurs lignes dans le cours du xv^ siècle et du xvi^^. Voici un court tableau généalogique qui indique les divers comtes dont il existe des monnaies :
WiLDUNGEN * Gunther 1574-1585
Guillaume-Ernest
Wolrath I, 1442-75
Eisenberg Wolrath II
*Josias * Wolrath III
* Wolrath IV * Guillaume-Ernest * Chrétien
Philippe-Thierry *Jean-Wohath- * Georges-Frédéric * Philippe *Ran 1640-45 Morten 1662-92 1637-45 1638-68
Wolrath V * Chrétien-Louis
Frédéric-Antoine-Uhich
* Charles-Auguste-Frédéric 1728-63
* * Frédéric
I, J. Weingartncr, Bcschreibmig dcr Kupfer-Münien WestfaJens. Paderborn, 1872-75, in-8°, p. 251.
L^EMPIRE d’aLLEMAGNE
Plusieurs membres de la maison de Waldeck monnayèrent en commun et signèrent conjointement leurs espèces. Nous citerons ainsi : J o si as et son frère Wolrath III, — Gui II au me- Ernest et ses frères, Wolrath IV et Chrétien , — Wolrath I V et son frère Chrétien, après la mort de Guillaume-Ernest, — Wolrath IV et ses neveux, Philippe et Jean, fils de Chrétien, — Georges-Erédéric et son frère, Jean-Wolrath. La devise, PALfVIASVB PONDERE CRESCIT, inscrite sur les pièces de ces derniers, est l’explication de l’allégorie représentée au revers : un palmier chargé d’une grosse pierre.
Chrétien-Louis épousa en 1658 Anne-Elisabeth de Ribeaupierre, qui lui apporta la moitié de cette seigneurie ; il s’intitule sur ses monnaies : graf Waldeck, Pyrmont iind Rappolstein, herr yii Hoheneck iind Geroldseck-am-Wassigen. Sous Ch arles- Auguste-Fré d éric, dont il existe des cari d’or et des dcmi-carl d’or, la devise inscrite sur les espèces est habituellement : ARDVA AD GLORîAIVl VIA. Sous Frédéric, la devise est: VIRTVTE VlÂIVl DIMETIAR.
De 1587 à 1658, les comtes de Waldeck eurent un atelier monétaire à Niederwildungen. En 1732, Charles-Auguste-Frédéric ouvrit à Arolsen une forge qui exista jusqu’en 1842.
u). — Comté de Koenigsteîn '.
Deux tronçons de territoire, situés en Wetteravie, formaient le comté de Koenigstein qui avait pour armes : d'or au lion de sable lampassé de gueules. Au xv^ siècle, ce comté appartenait à la maison d’Eppstein.
En 1 504, Eberhard IV d’Eppstein (1481-1^5 5) avait, d’après Leitzmann, hérité de Catherine, fille de Philippe de Weinsberg, le fermage des monnaies impériales de Francfort-sur-le-Mein, Nordlingen et Bâle, qui avait été donné en 1451 à Conrad de Weinsberg par le roi Sigismond. Le comte Eberhard IV eut un monnayage très actif, surtout à partir de 1515. Ses pièces portent : EBERHARD • COM • IN ■ KVNGSTEIN, et les noms des empereurs Maximilien I ou Charles-Quint.
Après la mort d’Eberhard IV d’Eppstein, le comté passa successivement à ses neveux Louis (1544-74) et Christophe de Stolberg (1 574-81). Le premier continua le monnayage.
En 1 58 1 , l’électeur de Mayence s’empara du territoire comtal, et en 1 590 la maison de Stolberg fut contrainte de renoncer à la plupart des possessions qui lui venait de la maison d’Eppstein.
I. P. Joseph, Die kônigsteinische Münytàtten Kô?iigstein, Ursel, Wertheim und Frankfurt am Main. Francfort, in-8. — Appel, Repertorium, etc., t. III, p. 452.
v). — Comté de Haut-Isenhourg K
Le comté de Haut-Isenbourg formait deux tronçons principaux, dont Lun s’étendait en Wetteravie, au sud de la Hesse, et l’autre sur la rive gauche du Mein, non loin de Francfort. Ses armes étaient d’argent aux deux fasces de sable.
La maison comtale du Haut-Isenbourg était divisée en plusieurs branches, dont une seule, celle de Budingen-Birstein, exerça le droit de battre monnaie. Wolfgang-Ernest (1596-1635), dans les domaines duquel une mine d’argent venait d’être découverte, obtint en 1618 le droit d’ouvrir un atelier à Budingen; il y frappa cette même année des ausbeutethaler et quelques monnaies divisionnaires avec mention de l’empereur Mathias. L’écusson d’Isenbourg et l’aigle impériale forment le type de ces monnaies. Sur le thaler on lit, à l’avers, autour de l’écu : WOLFGANGO ERNESTO YSENBVRGI ET BVDINGÆ COMITI DONVM DEI EX FODINIS PROPE HEILER. En 1619, on frappa un ducat à’ov) le monnayage de l’argent continua en 1620 et en 1623.
Wolfgang-Henri (1633-35) ne fit pas usage de ses droits, mais, sous Jean-Louis (1635 -8 5(1, nous avons un certain nombre de gulden d’argent et àdalbus, frappés de 1670 à 1681 et tous anonymes. Les deux fils de Jean-Louis obtinrent en partage, l’un, Jean-Philippe (1685-1718), la terre d’Ofîenbach, l’autre, Guillaume-Maurice (1685-1711), la terre de Birstein : ils monnayèrent en commun en 1 69 3 et 1 694. Les pièces qu’ils nous ont laissées sont des thalers, des des pièces de iikreu-
q^ers et de 2 albus: les deux premières portent la mention de l’empereur Léopold I ; les deux dernières ont la légende déjà connue de nos lecteurs : NACH DEM SCHLVS DER V STÆND. Les monnaies des fils de Jean- Louis sont les dernières dont nous ayons à parler pour Isenbourg dans cette partie de notre livre.
w). — Comté de Linange-Westerhoiirg
Au xv^ siècle, Reinhard IV, comte de Westerbourg, épousa Marguerite, héritière d’une partie du comté de Linange (en allemand Leiningen), entre Worms et Kaiserslautern. Leurs descendants prirent le titre de comtes
1. H. Grote, Die Mün^en and Medaiîlen des Hauses Isenhurg, dans les Mün:(studien, t. VII, p. 173 et suiv.
2. P. Joseph, Die Münien des gràflichen iind fürstlichen Hauses Leiningen, dans la Vmmisniatische Zeitschrift, 1884, p. 109 et suiv.
l’empire d’allemagne
de Linange et de Westerbourg. Au milieu du xvi^ siècle, cette maison se divisa en trois branches, dont deux intéressent la numismatique :
Linange
Conon III, 1522-57