‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 95 sur 193 · SCHAUMBOURG · texte numérisé non relu

SCHAUMBOURG

Philippe, 1557-97

*Louis, 1597-1622

Cette branche s’éteignit en 1705.

Georges, 1557-86

* Reinhard VII * Christophe

* Georges-Guillaume 1635-95

Cette branche existe encore.

Louis de Linange obtint le droit monétaire par diplôme impérial du 29 janvier 1611, mais, dès 1609, il avait organisé un atelier à Grünstatt. Il frappa des florins d’or, des thalers, des dickpfennigs ou testons et diverses monnaies divisionnaires, en mentionnant, au revers, l’empereur régnant. Son titre est : COM. IN L^\ningen ET R\xingen DOM. IN \t£sterburg ET SC\\<^umburg S. R. I. Semper \Jber. Sa devise, inscrite sur quelques monnaies est: DER RECHT GLAVBT IA EWIG LEBT, celui qui bien croit vit dans l’Eternité.

Pour Reinhard VII, nous ne connaissons que des pièces divisionnaires. Son frère Christophe ouvrit un atelier au village de Cramberg, près Schaumbourg, sur la Lahn, et frappa entre autres pièces de nombreuses imitations de monnaies étrangères. Il ajoute parfois à ses titres celui de la seigneurie d’Oberbronn. Georges-Gu illaume eut un monnayage très fécond de 1663 à 1686, surtout en 2/3 de thalers et en subdivisions. Ses doubles-albus ^ovlent: NACH DEM SCHLVS DERV STÆND. Sa devise personnelle est : SOU • DEO • GLORIA.

x). — Comté de Linange-Dachshourg .

Les comtes de Linange-Dachsbourg sont issus du second fils de Frédéric IV de Linange, mort en 1 3 10 et qui avait épousé Jeanne, comtesse de Dachsbourg. Au xvi^ siècle, les fils d’Emich IX de Linange formèrent deux branches dont il existe des monnaies.

Emich IX, 1528-41

Jean-Philippe I 1 541-62

Emich X 1541-95

Cliarles-Frédéric-Guillaume 1756-1807 prince depuis 1779

Ses descendants existent encore.

*Jean-Louis

On connaît un assez grand nombre de monnaies de Jean-Louis, florin d’or, dickpfleimig, dreibat^ner , double thaler, thaler, quart de thaler, albus, etc., toutes avec la mention de Ferdinand IL Son monnayage commença en 1619. Jean-Louis s’intitule COM. IN. LEIN. ET. DAGSP. Les émissions de Charles-Frédér ic-Gui llau me ne commencent qu’en 1804 et appartiennent par conséquent à Fépoque contemporaine.

Le comté de ’Wittgenstein s’étendait à Fest de la Hesse. Ses armes étaient : d’argent à deux pals de sable. Les fils de Louis le Vieux de Sayn (1568-1607), comte de Wittgenstein, formèrent trois lignes. L’aîné, Guillaume, épousa l’héritière de Sayn et devint la souche de la maison de Sayn-Sayn dont nous n’avons pas à nous occuper pour le moment. Le second, Georges, forma la ligne de Sayn-’Wittgenstein-Berlebourg, le cadet, Louis, celle de Sayn-Wittgenstein.

Sayn-Wittgenstein-Berlebourg. — Cette ligne obtint, lors du partage, les deux cinquièmes du comté de Wittgenstein, la ville de Berlebourg, la seigneurie de Neumagen, dans le pays de Trêves, et la seigneurie de Hombourg, dans le cercle de Westphalie. Ses membres, dont voici la liste, s’intitulaient : graf ^u Sayn und Wittgenstein, herr Homburg, Y allendar , Neumagen, etc.

* Georges, 1607-1631. Casimir, 1694-1741.

Louis-Casimir, 1631-43. Louis-Ferdinand, 1741-73.

* Georges-Guillaume, 1643-84. Chrétien-Henri, 1773-1800.

Louis-François I, 1684-94.

Les seuls membres de cette ligne dont il existe des monnaies, thalers et pièces divisionnaires, sont Georges et Georges-Guillaume. La devise de ce dernier est ViRTVTE ET LABORE.

I. H. Grote, Dk Münicii der Gnifen von Sayn, dans les Mïui'^stndicn , t. III, 1863, p. 170 et suiv.

y). — Comté de Wittgenstein^ .

l’empire d’ ALLEMAGNE

Sayn-Wittgenstein. — Cette ligne obtint les trois cinquièmes de Wittgenstein avec le château, la ville de Laasphe, etc., puis la seigneurie de Vallendar dans le pays de Trêves. Ses membres s’intitulaient : grq/ Sayn, Wittgenstein und Hohnstein, herr yu Homburg, Vallendar, Neumagen, Lohra und Clettenberg.

*Louis, 1607-1634. Hohnstein, 1657-1701.

*Jean, 1634-57. Auguste, 1701-35.

* Louis-Chrétien, à Vallendar, 1657-81. Frédéric, 1735-56.

^Gustave, son frère, à Wittgenstein et Jean-Louis, 1756-96.

Les membres de cette ligne, au xvii^ siècle, ont laissé des monnaies d’or et d’argent. Jean prend pour devise: NVLLVM SIIVIVLATVM DIV- TVRNVM TANDEM; Louis-Chrétien adopte: CVM DEO ET LA- BORE ; enfin Gustave met sur ses pièces : VT PRESSA PALM’, TAN- DEM FORTVNA OBSTETRICE. AD PALMAM PRESSA LAETK^^^) RESVRGO. PIE ET CAVTE ou A SOLO lEHOVA SAPIENTIA VERA.

z). — Seigneurie de Bret^enheim.

Cette terre, située au nord de Creuznach, était un fief de Cologne. L’électeur palatin, Charles-Théodore, en fit l’acquisition pour la donner à son fils naturel, Cha ries- Auguste, qu’il avait eu de Joséphine Seiffert, danseuse du théâtre de Mannheim. En 1789, l’empereur Joseph II éleva le seigneur de Bretzenheim au rang de prince de l’empire. L’année suivante, Charles-Auguste fit frapper à l’atelier de Mannheim quelques monnaies à son buste et à ses armes, ducats, thalers, gulden et deniigiilden, pièces de 20 et de 10 kreuger, conformes au pied de convention. Il s’y intitule: Dei gratia sacri romani imper H pr inceps de Br etgenheim.

La principauté de Bretzenheim portait : dor au « bretgel » d’or. Son existence éphémère finit à la paix de Lunéville et, en 1810, elle fut comprise dans le département français de Rhin-et-Moselle.

aa). — Comté de Hanau-Muny:nherg K

Le comté de Hanau, au nord de Francfort, et presque tout entier sur la rive droite du Mein, comprenait la ville de Hanau et diverses localités telles que Babenhausen, Ortenberg, Schluchteren, etc. La ville de Münzenberg était indivise entre le comté de Hanau et le comté de Solms.

I. R. Suchier, Die Mün'^meister in Hanau, dans les Berliner Mûnpb^aeUer, de A. Weyl, 4e année, n°s 36-37, août-sept. 1883, p. 373.

Les armes de Hanau étaient : chevronné d’or et de gueules de six 'pièces ; celles de Münzenberg : coupé de gueules et d’or.

Après la mort de Reinhard II de Hanau, en 1452, le comté fut partagé entre ses deux fils, Reinhard III, souche de la ligne de Hanau-Münzenberg, et Philippe I, qui obtint Babenhausen et forma la ligne cadette de Hanau-Lichtenberg. Voici quels furent les successeurs de Reinhard III :

Philippe II, 1453-1500.

Reinhard IV, 1500-12.

Philippe III, 1512-29.

Philippe IV, 1529-61.

* Philippe-Louis I, 1561-80.

* Philippe-Louis II, 1580-1612.

* Catherine-Belgica de Nassau, veuve du précédent, tutrice, 1612-23.

* Philippe-Maurice, 1612-38.

Philippe-Louis, 1638-41.

Jean-Ernest, 1641-42.

Les Hanau-Münzenberg s’éteignirent en 1642 et Frédéric-Casimir de Hanau-Lichtenberg hérita de la plus grande partie de leurs possessions L’année suivante, il conclut, avec les landgraves de Hesse, un accord aux termes duquel ceux-ci devaient hériter des domaines de la maison de Hanau, si elle s’éteignait. Les représentants de cette nouvelle famille sont :

* Frédéric-Casimir, 1642-85. *Jean Reinhard, 1712-36.

* Philippe-Reinhard, 1685-1712.

A la mort de celui-ci, Hanau et Münzenberg passèrent à la maison de Hesse-Cassel. Le landgrave Frédéric I renonça à ces nouveauxdomainesen faveur de son fils Guillaume, qui fut comte de Hanau de i736ài75i. A cette date, il succéda à son père en Hesse sous le nom de Guillaume VIII ; il mourut en 1760. Par ses dispositions testamentaires, il avait décidé que le comté de Hanau passerait à son petit-fils Guillaume; après l’avènement de celui-ci au landgraviat sous le nom de Guillaume IX, le comté de Hanau-Münzenberg et la Hesse-Cassel restèrent réunis.

Le monnayage de Hanau-Münzenberg commence sous Philippe- Louis I. Pendant la minorité de Philippe-Maurice, sa mère et tutrice, Catherine d’Orange-N assau , signe de nombreuses espèces: MO- NETA NOVA QkJHarmae ^ELgicae PKincipissaeyRkW z^eTVTRICIS HkH^u-lA"^Hllcnbergiae. La plupart des monnaies au nom de Philippe-Maurice rappellent également sa minorité; elles portent au revers MONETA NOVA TVTELÆ HANOVICÆ. Pour la majorité du comte, le monnayage fut très restreint; notre fig. 188 représente le Z/za/er frappé à cette époque.

Les émissions de Hanau-Münzenberg, interrompues pendant un quart de siècle, ne reprirent que lorsque les possessions comtales eurent passé à Frédéric-Casim i r de Han au- L ichten be rg. Sa titulature com-

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^\hXe,esU cornes H anoviae, Rhinecii,Biponti,dominus munt^enbergensis , lichtenbergensis, ochsensteinensis, marescallus et advocatus argentinensis. Sur un de ses thalers, il met la devise: PAX ET IVSTITIA EXOSCVLENTVR SESE. Quelques thalers de Philippe Reinhard représentent une vue de la ville de Hanau.

Guillaume (VIII) de Hesse fît frapper à Hanau dès 1737. Les premières pièces émises par lui furent des ducats ÔlOï, suivis jusqu’en 1757 de monnaies d’argent et de cuivre. En 1754, un speciesihaler la mention: SILBERAVSBIEBER, argent des mines de Bieber. Gui 11 au me (IX) régna du février 1760 au 1 3 octobre 1764, sous la tutelle de sa mère Marie d’Angleterre. Celle-ci profita de son administration pour frapper en son nom; elle s’intitule: Maria Dei gratia landgravia Hassiae, nata principissa Magnae Britanniae, Franciae et Hiberniae, tutrix et comitatus Hanoviae administratrix. Ses pièces, conventionsthaler eX divisions, portent les millésimes de 1763 et 1764. A partir de i7éj, le monnayage fut au nom du jeune prince. En 1769, les thalers portent: EX VISCERIBVS FODINÆ BIEBER, et une mention analogue se retrouve jusqu’en 1802.

ab), — Comté de Hanau-Lichtenherg '.

La seigneurie de Lichtenberg s’étendait en Basse-Alsace et était répartie en plusieurs tronçons. Ses armes étaient : d’argent au lion de

I. A. Engel et E. Lehr, Numismatique de V Alsace. Paris, 1887, in-4, p. 91. — E. Muntz, L’ atelier monétaire des comtes de Hanau-Lichtenherg à IVoerth, dans la Revue archéologique, 1873, nouv. série, t. XXV, p. 166. — R. Suchier, Die Mün^^stàtten und Mün~meister in Hanau-Lichtenherg, dans les Berlmer Mïm^hlatter àt A. Weyl, 5*^ année, n. 46, juin 1884.

sable, à la bordure de gueules. En 1368, les seigneurs avaient obtenu le droit de battre monnaie, mais ils ne paraissent pas en avoir fait usage. En 1480, le mariage d'Anne de Lichtenberg avec Philippe pig 4^ Reinhard II de Hanau, fit passer la moitié de la seigneurie dans cette maison. En 1 360, Philippe IV obtint Pautre moitié. En 1 370, les possessions de Hanau-Lichtenberg s’accrurent des domaines de la maison de Deux-Ponts-Bitche, y compris la seigneurie d’Ochsenstein En 1387, Philippe IV et son fils Philippe V, qui administrait le pays au nom de son père infirme, annoncèrent au mün^probationstag de Worms leur intention de monnayer et ils organisèrent la même année un atelier à Woerth-sur-Sauer. Bien que Philippe V n’ait succédé qu’en 1390 à son père, dès la création de l’officine les produits qui en sortirent portèrent son titre: Philippus cornes à Hanaw, domimis in Litchtenstein et Oclisenstein. Les thalers ont le buste cuirassé à droite et, au revers, l’écu de Hanau-Lichtenberg-Ochsenstein, avec la devise DEVS DAT CVl VVLT ; les pièces divisionnaires ont le même écu et l’aigle d’empire.

Jean - Reinhard I (1399-1623) eut, de 161 1 à 1629, un second atelier à Babenhausen. Son monnayage, très actif, comprit des doubles et des simples ducats d’or et une grande série de pièces d’argent. Ce comte s’intitule cornes in Hanau et Zweibrücken, dominus in Lichtenberg et Ochsenstein, marescallus et advocatiis argentinensis. Philippe- Wolfgang (1623-1641) prit l’administration de ses états à une époque fort troublée et émit très peu d’espèces; en 1632, son atelier de Woerth fut détruit et son monnayage prit fin.

Quelques mois après son avènement, Frédéric-Casimir (1641- 1683) hérita des domaines de la branche de Hanau-Münzenberg. En 1639, il créa un atelier monétaire, pour ses domaines alsaciens, à Bouxwiller. Nous avons parlé de ses monnaies et de celles de ses successeurs au paragraphe précédent.

A la mort de Jean-Reinhard, devenu comte de Hanau-Münzenberg en 1736, la seigneurie et le titre de Hanau-Lichtenberg passèrent, conformément à ses dispositions testamentaires, à son petit-fils Louis, héritier présomptif de Hesse-Darmstadt. En 1708, ce prince devint landgrave sous le nom de Louis IX et réunit Hanau-Lichtenberg à ses domaines hessois. De 1737 à 1760, Louis d e H esse-Darm stadt fit monnayer, dans ses possessions alsaciennes, à Bouxwiller où il avait sa résidence. Ses émissions se bornèrent toutefois à des espèces divisionnaires dont la plus forte ne dépasse pas la valeur d’un sixième de thaler.

I . Ochsenstcin portait : de gueules à deux fasces d’argent; Bitche portait : de gueules à la bordure d’or.

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acj. — Landgraviat de Haute-Alsace G

Situé à l’est du duché de Lorraine et du comté de Montbéliard, le landgraviat de Haute-Alsace comprenait les villes d’Ensisheim, de Sennheim ou Sernay, de Thann,la seigneurie de Belfort, le comté de Ferrette et d’autres territoires sur la rive gauche du Rhin. Ses armes étaient: de gueules à la bande d’or accompagnée de six couroimes du même, posées parallèlement à la bande, trois en chef et trois en pointe. Le landgraviat de Haute-Alsace appartenait à la maison de Habsbourg et portait généralement dans l’énumération des biens territoriaux de cette maison, le nom de Vorlande ou, dans les textes latins, celui de provinciae anteriores, par opposition à l’Autriche et au Tyrol.

Les armes de Haute-Alsace figurent sur quelques thalers de l’archiduc Si gis mon d (1439-1496), frappés en 1484 et 1486. Sous FerdinandI, possesseur des Vorlande depuis 1322 jusqu’à sa mort, plusieurs guldentlialer, demi-guldentlialer et gehener portent le titre de LAND-ALSAT., mais on ne sait si ces pièces furent frappées à Thann ou dans l’atelier

tyrolien de Hall. Les landgraves, dit M. Lehr, n’ont guère marqué leur passage dans l’histoire monétaire du pays que pendant un demi-siècle, de 1 3 84, date de l’ouverture de l’atelier d’Ensisheim à l’invasion suédoise.

Le commencement du monnayage alsacien nous reporte ainsi au règne de l’archiduc F erd in an d (1364-1393), dont les espèces et surtout les plus grandes, furent émises en abondance. 11 existe à son effigie des thalers doubles (fig. 189) et simples, des de Z/za/er, des pièces

I. A. Engel et E. Lehr, Numismatique de l’Alsace. Paris, 1887, in-4, p. 15 et suiv.

de 3 et de 2 kreu^er, des doppelvierer et des vierer. Les monnaies frappées à Ensisheim par l’archiduc Ferdinand se distinguent de celles qui ont été frappées en Tyrol par les deux particularités suivantes: l’écusson du landgraviat de Haute-Alsace est placé, au revers, en cœur sur les armes principales, et la titulature du prince se termine par p^LScitiae ^ERretae ou

La mort de l’archiduc Ferdinand suscita d’ardentes compétitions entre ses héritiers. De 1 59^ à 1602, on ne battit monnaie au nom d’aucun des prétendants. De 1602 à 161 3, un an après la mort de Rodolphe 1 1, on monnaya au nom de cet empereur, comme représentant de l’ensemble de la maison d’Autriche. Les légendes font part de la situation indivise où se trouvaient les Vorlande : RVDOLPHVS II D ■ G- ROM • IMP • SEM • AVG* GER HVN- BOH • REX- NECNON ARCHIDVCESAVS-D-BVR- LANDG- ALS COM-FER.

En 1612, par l’entente commune des princes co-propriétaires, l’archiduc Maxi milien (1612-1618) devint souverain effectif de la Haute-Alsace. L’atelier d’Ensisheim frappa à partir de 1614 de nombreuses espèces à son nom.

La mort de Maximilien remit le landgraviat dans sa situation de pays indivis. Ses héritiers confièrent le gouvernement des Vorlande et du Tyrol à l’un d’eux, l’archiduc Léopold, évêque de Strasbourg et de Passau, administrateur des abbayes de Murbach et de Lure. Le monnayage de Léopold commença en 1620; les pièces émises à cette époque portent: LEOPOLDVS D ■ G ET ARCHIDVCES AVST- DVC. BVR. ET STIR. CARIN. CARN. LAND. ALS. L’un des copropriétaires, l’empereur Mathias, étant mort, son successeur, F erd i na n d II, confirma en 1621 l’archiduc Léopold dans ses fonctions de gouverneur, mais il crut devoir affirmer ses propres droits en faisant monnayer à son effigie des pièces ayant en légende la meme formule que celles de Rodolphe IL Ce monnayage dura jusqu’en 1623. Les pièces frappées concurremment par l’archiduc Léopold ont : LEOPOLDVS D- G. ARCHIDVX AVST. DVX BR. ET cœtera SkQrae C/^Scireae U\ajestatis ET RELIQVorwm ARCHID^^cum GVBERNATor PLENw^ ET COM. TIR, LAND. ALS. Cette formule subsista jusqu’en 1625.

Léopold s’étaitfait représenter sur toutes les monnaies qui précèdent, en buste, revêtu du camail, c’est-à-dire en habits religieux. En 1625, l’archiduc quitta les ordres et se maria. La même année, il devint comte souverain du Tyrol et ses ecus alsaciens de 1626 portent ce nouveau titre en omettant sa qualité de gouverneur. L’année suivante l’omission fut réparée et, jusqu’en 1631, Léopold se qualifie de SAC^’^^ lAkjcstatis ANTERforwm PROVINC^^^’^^^^ PLENw^ oy^ernator. En

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1631 5 devenu également souverain de ces territoires, il s’intitule enfin DVX BVRG. LAND. ALS. CO. FER. Cette légende fut conservée, en même temps que le buste de Léopold, jusqu’en 1634, deux ans après sa mort; cette dernière émission se termina à Brisach, où, par suite de la guerre, l’atelier d’Ensisheim avait été transféré.

En 1648, le traité de Westphalie mit définitivement fin à la domination autrichienne dans la Haute-Alsace.

ad). — Baronnie de Montjoie ' .

La baronnie de Montjoie, en allemand Froberg, était située dans la Haute-Alsace, sur les confins de la Franche-Comté et de la Suisse. Ses armes étaient : de gueules à la clef d’ argent posée en pal.

Les seigneurs de Montjoie ne sont pas nominalement désignés sur les seules petites monnaies de billon que l’on possède d’eux et qui portent, comme indication d’origine MON - ETA- FRO-BER ou MONOFRO- BE. Ces espèces furent décriées le 18 juillet 1 554, au nom de l’empereur Charles-Quint, par le parlement de Dole.

ae). — Seigneurie de Riheaupierre^.

La seigneurie de Ribeaüpierre, en allemand Rappolstein, près de Colmar, portait: d’argent à trois écussons de gueules. En 1550, Charles- Quint accorda aux seigneurs le droit de monnayer à leur coin et d’ouvrir un atelier dans leurs terres, mais ils paraissent n’avoir jamais usé d’une manière sérieuse de leur prérogative. Le seul souvenir matériel qui nous en reste est un florin d’argent frappé en i 04, par Egénolp he,au nom de l’empereur Ferdinand: l’avers porte MO ■ NO ■ EGENOLPHl • D • IN RV- PE5POL autour d’un écu écartelé de Hoheneck et de Géroldseck-am- Wasichen 3, avec Ribeaüpierre sur le tout. De nouvelles tentatives de monnayage eurent lieu en 1 596 et en 1619, mais elles échouèrent devant l’opposition de l’archiduc-landgrave et de la confédération de la rappenmüng.

1. P. Joseph, Une monnaie inédite de Montjoie, dans le Bull. mens, de numism. et d’archéol., t. VI, 1886-90, p. 97.

2. A. Engel, Documents pour servir à la numismatique de l’Alsace, no 6, dans la Revue d’Alsace, nouv. sér., t. VII, 1878, p. 479.

3. Hoheneck a pour armes : d’argent à trois têtes de corbeau arrachées de sable et couronnées d’or. Géroldseck porte ; d’argent billeté d’azur au lion de gueutes, armé, lampassé et couronné d’or.

En 1658, la seigneurie de Ribeaupierre passa avec Hohenecket Géroldseck à la maison de Waldeck, par le mariage d'Anne-Élisabeth de Ribeaupierre avec Chrétien-LouiSj comte de Waldeck (1645-1706). Celui-ci et ses descendants prirent sur leurs monnaies les titres et les armes de ces diverses seigneuries.

afj. — Duchés de Lorraine et de Bar ' .

Le système monétaire comprenait en Lorraine, à la fin du moyen âge, une monnaie de compte, le franc, qui se divisait en douze gros à seize deniers. Les monnaies réelles étaient le florin d’or circulant pour 24 gros, le demi-florin d’or, le double gros, le gros, le demi-gros, le quart de gros, \e petit blanc de six deniers, le demi-blanc, le double denier, le denier, et enfin la maille.

Par une malheureuse coïncidence, les documents écrits relatifs aux monnaies du duc René II (1473-1508) font défaut précisément pour répoque où parut la première forte monnaie d’argent, qui est en même

Fig. 190

temps la plus ancienne pièce datée (1488). C'est un écu que nous reproduisons sous notre figure 190. Son type est très remarquable. On peut admettre, au surplus, qu’il s'agit plutôt ici d’un essai que d'une monnaie réellement mise en cours. Un demi-écu frappé dans des conditions analogues porte l’écu ducal couronné et^ au revers, la croix de Lorraine accostée du chiffre de Pvené II et entourée de l’invocation pieuse : SALVE- CRVX-PRECIOSA.

I . F. de Saulcy, Recherches sur les monnaies des ducs héréditaires de Lorraine. Metz, 1841, in-4. — IL Lepage, Noies et documents sur les graveurs de monnaies et médailles et la fabrication des monnaies des ducs de Lorraine depuis la fin du xv^ siècle. Nancy, 1875, in-8.

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Les comptes de la Monnaie de Nancy, de à 1499-1500, mentionnent pour la première fois la fabrication des testons, taillés à raison de 24 et trois quarts au marc etde 1 1 deniers d’aloi. Ces pièces furent émises pour 8 gros. Le profil couronné du duc occupeTavers; lerevers est réservé à son écusson avec la légende qui figure sur l’ecw de 1488: ADIVVA NOS DEVS SALVTARIS NOSTER. Le type des gros et des doubles gros est, à Tavers, Técusson, au revers, un dextrochère armé d’une épée et issant de nuages, accompagné de la devise: FECIT POTENTIAM IN BRACHIO SVO. C’est l’emblème que René 11 avait fait peindre sur sa bannière pendant sa lutte contre Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Sur les menues espèces, les motifs d’ornementation ne s’écartent pas de l’écusson de l’épée en pal, de la croix ou de la croix de Lorraine. L’écusson est tantôt simple : d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent, tantôt parti de Lorraine et de Bar, tantôt enfin écartelé aux nombreux quartiers de la maison de Lorraine-Anjou.

Antoine (i 508-1 544), dont les testons, les doubles gros (fig. 191), les gros et la plupart des espèces inférieures reproduisent les types en usage

sous son prédécesseur, fit une nouvelle tentative pour l’émission d’écî^5 ou tallars d’argent. Les uns portent son image à cheval, galopant à droite et tenant l’épée haute, les autres ont son buste de profil à gau-

Fig. 191 ^ ®

che, couvert de son armure et tenant dans la main droite l’épée levée. Le revers, dépourvu de légende, montre l’écu de Lorraine entouré de ceux qui forment les quartiers des armes personnelles d’Antoine : Hongrie, Naples, Jérusalem, Aragon, Anjou, Bar, Vaudémont et Blamont. Sur un demi-écu, le duc est gravé à mi-corps, vu de trois quarts et tenant toujours son épée nue devant lui ; au revers un écusson heaumé et emmantelé est entouré de : MON ETA N ANCEL Malgré cette inscription formelle, ces belles monnaies circulèrent peu et la plus forte monnaie lorraine d’argent continua à être le teston, frappé en abondance à partir de 1512. Au règne d’Antoine se rattachent deux curieuses pièces, écu et demi-écu d'argent au nom et aux armes de la duchesse Renée de Bourbon. Madai suppose qu’elles furent forgées en 1525 pendant l’expédition du duc de Lorraine contre les Protestants, lorsqu’en l’absence de son époux Renée exerçait les fonctions de régente.

François 1 (1544-45) continua l’émission des testons pendant son

règne éphémère. En 1545, il adjoignit à ses armes les quartiers de Gueldre-Zutphen pour constater ses droits sur ce duché, dont il prétendait hériter du chef de son aïeule Philippe de Gueldre.

Charles III avait moins de trois ans à la mort de son père. Il fut placé sous la régence de sa mère, Christine de Danemark, et de son oncle, Nicolas de Vaudémont (1545-55). Celui-ci frappa des à son

effigie et des monnaies divisionnaires à son nom ; il s’intitule : NICO. C. VAVDE • ADM. LOTH. B. Charles III devint majeur en 1 5 5 5. Il gouverna jusqu’en 1608. Ses monnaies courantes, parmi lesquelles nous pouvons énumérer, cette fois. Vécu ou tallar d’argent, et qui, presque toutes, portent son effigie, permettent de suivre pas à pas les modifications apportées par l’âge dans les traits du souverain depuis l’adolescence jusqu’à la vieillesse. Notre figure 192 donne le quadr^uple ducat de 1587; Charles III était alors dans sa quarante-cinquième année.

Parmi les monnaies sans effigie, nous citerons spécialement pour l’or la double pistole, Xoipistole et la demi-pistole (fig. 195), frappées en 1 587. La légende de toutes ces pièces est DA MIHI VIRTVTEM CONTRA HOSTES TVOS, allusion à la lutte du duc de Lorraine contre les Protestants.

D’Henri D608-24) nous n'avons pas de monnaies d’argent supérieures au teston: ses floi'ins d’or émis en grand nombre portent l’image en pied de saint Nicolas et le champ armorié de Lorraine, comme ceux de René IL

Après la mort d’Henri, le duché passa à sa fille Nicole, qui avait épousé son cousin, Charles IV, fils de François II, comte de Vaudémont, Les deux époux (1624-25) frappèrent monnaie en commun, et leurs testons représentent leurs bustes conjugués; mais en 1625, la conduite arrogante de Nicole provoqua une séparation et François II réclama le duché comme héritier mâle 'd’Henri. Les états assemblés à Nancy déposèrent Nicole en faveur du comte de Vaudémont, qui abdiqua aussitôt en faveur de son fils. Charles IV se trouva ainsi duc de son chef, alors qu’il ne l’était auparavant que du chef de sa femme.

Après son abdication, François II se retira dans le comté de Salm dont la moitié lui avait été apportée en dot par sa femme Christine. En i6;o, il ouvrit un atelier monétaire à Badonvillers. Il existe de cette fabrication des écus ou gulden d’argent: FLORENVS AD LEGEM ET

l’empire d’allemagne

VALOREM IMPERII BA. CV., et François II mourut en 1632.

Charles IV (1626-75) continua à son nom seul le monnayage commencé en communauté avec Nicole. En 1634, sa guerre malheureuse avec Louis XIII lecontraignitd’abdiquer en faveur de son frère N icolas- François, mais l’abdication ne fut pas reconnue parla France. Nicolas- François se retira à Florence où il fit frapper des testons, du consentement du grand-duc de Toscane, de 1634 à 1637. Pendant l’occupation de la Lorraine, Louis XIII frappa monnaie à Stenay, et l’atelier de Nancy émit des espèces divisionnaires sans nom de duc.

En 1638, Charles IV rentra en Lorraine et s’empara de Remiremont; il y ouvrit un atelier et y frappa des pistoles, des doubles pistoles et des testons. L’atelier est indiqué sur l’argent par la légende: MONETA NOVA ROMAR"" CVSA. En 1639, la place tomba aux mains de la France. La paix des Pyrénées vint rendre à Charles IV ses états, dont il reprit officiellement possession en 1661. Le monnayage nancéen recommença, mais fut arrêté, en 1670, par une nouvelle invasion française.

Charles IV mourut en 1675. En 1697, la Lorraine fut restituée à son petit-fils, Léopold, par la paix de Rys\vyck. Les émissions au nom de ce duc commencèrent en 1700 et furent très nombreuses. L’ordonnance du 27 juin de cette année décida la frappe en or de léopolds, doubles léopolds et demi-léopolds, en argent de léopolds, demi-léopolds et quarts de léopolds, de même aloi, de même poids et de même valeur que l’or et l’argent français contemporains. La même ordonnance admit en Lorraine le cours des espèces de Lrance, et Louis XIV accorda la même faveur, dans le royaume, aux espèces ducales. A côté des monnaies du système français, Léopold frappa des testons et leurs divisions conformément à l’ancien système lorrain.

Sous François III (1729-37), dernier duc héréditaire de Lorraine et de Bar, les émissions furent très restreintes. En 1729, il y eut une fabrication de pièces de billon de XXX deniers ; en 1736, une autre comprenant des françois ôJov de 25 livres (fîg. 194), des demi-françois d’or, des testons de 35 sols et des doubles-testons de 3 livres 10 sols; puis l’atelier de Nancy entra définitivement en chômage.

Fig.

Fig. 154

Stanislas Leczinski, auquel la Lorraine appartint de 1737 à 1766, n'exerça jamais le droit de monnaie. En 1766, le pays fut annexé à la France.

ag). — Seigneurie de Fenestrange.

Cette seigneurie, appelée Vmstingen en allemand et située au sudouest de Saarwerden, fut partagée au xv^ siècle entre les deux filles de Jean de Fenestrange. Au siècle suivant, une moitié avait passé aux Rhingraves, l’autre à Guillaume de Dommartin, seigneur de Fontenoy. La fille et héritière de celui-ci, Diane de Dommartin, épousa Charles de Croy, marquis d'Havré, qui fut élevé en 1^94 au rang de prince de l’empire. Après la mort de Charles-Philippe, survenue en 161 3, sa veuve fit frapper des tiers de thaler portant à l’avers DIANA PRINC-S-IMP- MARCH. DE HAVRE et un écu parti de Croy et de Dommartin-La Mark- Bissipal ; le revers représente l’image équestre de saint Maurice : SANC- TVS MAVRICIVS PATRONVS VSNSTIN. En 1665, un descendant du prince de Croy vendit sa part de Fenestrange au duc de Lorraine.

ah). — Principautés de Phalshoiirg et Lixheiin^.

En 1621, Phalsbourg et Lixheim furent érigés en principautés par l’empereur Ferdinand II à l’occasion du mariage d’Henriette de Lorraine,

sœur du duc de Lorraine Charles IV, avec Louis, baron d’Ancerville. Ce prince mourut en 16 30. Pendant son veuvage, qui dura jusqu'en 1633, Henriette ouvrit à Lixheim un atelier monétaire où elle frappa des testons^ des escalins copiés de ceux qu’on émettait aux Pays-Bas, des dougains, des gros comme ceux de Lorraine, des pièces de deux kreuger,eni'm des doubles tournois de cuivre (fig. 19$). L’atelierde Lixheim est indiqué sur la plupart de ces pièces par la légende MON ETA NOVA LIXEl CVSA ou MONETA ÜXHENSIS.

1. Bretagne, Monnaie, etc., aux armes de Diane de Dommartin, dame en partie de Fenétrange, dans les Mcm. de la Soc. d’archcol. lorraine, 1S81, p. 262,

2. A. de Barthélemy, Notice sur les monnaies frappées à Lixhcim-Ja-Ville par Henriette de Lorraine-Vaudèmonl , princesse de Phalsbourg, dans la Revue numismatique, 1846, p. 184. — L. Benoit, Numismatique de la Lorraine allemande, dans les Mém. de la Soc. d’archcol. lorraine, 1865, p. 181.

l’empire d’allemagne

ai). — Principauté de Château-Renault

La terre de Château-Renault passa en 1 570 dans la maison de Lorraine-Guise par le mariage d’Henri le Balafré avec Catherine de Clèves qui l’avait reçue de son père, François I, ducdeNevers. Le 12 avril 1^75, Henri fît rendre par son conseil une sentence par laquelle on déclara qu’il tenait sa seigneurie de Dieu seul et y avait l’autorité souveraine dans toute son étendue, notamment pour « forger monnoie au coin de ses armes ». Le duc de Guise ne paraît pas avoir usé du droit que cette sentence lui reconnaissait. Il fut assassiné en 1 588; sa fille et héritière, Louise-Marguerite, venait de naître ; en 1605 elle épousa François de Bourbon, prince de Conti, qui la laissa veuve en 1614.

En 1625, Louise-Marguerite de Lorraine résolut de frapper monnaie et bailla l’exploitation de son droit régalien à un entrepreneur qui ouvrit deux ateliers, l’un à Château-Renault, l’autre à La Tour-à- Glaire. Il était autorisé à frapper des dou^ains et doubles tournois « au tiltre et poids des monnaies de France », des écus, demi-écus el quarts

d’écu et, en général, toutes les pièces d’or, d’argent et de cuivre qu’il voudrait, sur le modèle de celles de Lorraine, des Pays-Bas, etc. L’entrepreneur obtint aussi la singulière faculté de graver ses coins à l’effigie du défunt prince de Gonti et de les dater rétrospectivement, comme si elles avaient été frappées du vivant de François de Bourbon.

Les ateliers de Louise-Marguerite devinrent de véritables usines de faux-monnayage, car à côté des pièces plus ou moins loyales qui portaient explicitement les noms et titres des princes réunis ou de la prin-

I. Bretagne, Bail de la Monnaie des terres souveraines de Château-Renault, dans la Revue numismatique, 1865, p. 322. — A. Engel, Imitations monétaires de Château-Renault, dans \iRevue numism., 1885, p. 296; 1886, p. 387, et 1887, p. l8l.

cesse seule, on émit une énorme quantité d’espèces contrefaites à légendes énigmatiques et à armoiries feintes renseignant très peu le public sur leur origine. Ces pièces clandestines, qui s’écoulèrent surtout en Allemagne à la faveur des désordres de la guerre de Trente-Ans, ont été

étudiées en détail par M. Arthur Engel ; elles consistent principalement en escalins ou pièces de 5 batzen, en pièces de trois kreii^er, etc. Nous reproduisons un de ces escalins dans notre figure 197, tandis que notre figure 196 représente le daeldre d’argent aux bustes affrontés de Louise- Marguerite et de son époux, la plus belle de ses monnaies avouables. La légende du revers: IN ■ OMNEM ■ TERRAM SONVS ■ EORVM est l’ambitieuse devise de la princesse : on la retrouve sur la plupart des pièces signées.

aj). — Principauté d’ Arches K

Ln 1 564, la principauté d’Arches, située sur la rive gauche de la Meuse, vint à la maison de Gonzague en même temps que le duché de

Nevers et le comté de Rethel, par le mariage d'Henriette de Clèves avec Louis de Gonzague, fils de Lrédéric 11, duc de Mantoue. En 1606, Charles I de Gonzague, qui avait succédé depuis 1601 à sa mère Henriette, entreprit d’entourer le bourg d’Arches de murs et d’en faire une ville qu’il nomma Charleville. Il y ouvrit un atelier monétaire qui frappa une grande quantité d’espèces, presque toutes imitées de celles des Pays-Bas espagnols, de la République des Provinces-Unies, de Lrance, d'Iéspagne, etc. Nous reproduisons dans nos figures 198 et 199 le ducat d’or et Vécu d’argent. La plus ancienne pièce datée est de 1606.

Le monnayage de Charleville continua sous Charles II (1637-59). Un bail passé en 1638 avec l’entrepreneur de l’atelier autorisa la fabrication des pièces suivantes : JJorins d’or, ryders et demi-ryders d’or,

I. Ikctagr.c, Baux de la Monnaie de Charleville, dans les Mélanges de numismatique, t. III, p. 2ü6.

l’empire d’allemagne

demi-pistoles philippus daeldres valant 6o sols, rixdaeldres 55 sols, escalins valant 6 sols, dejni-escalins, sols, liards, doubles. Plusieurs de ces pièces n'ont pas été retrouvées. Un second bail, passé en 1641, parle spécialement de la frappe des doubles et demi-touniois ; ce monnayage prit une très grande extension et le cuivre charlevillois, copié des monnaies de Louis XIII et de Louis XIV, inonda bientôt la

France, malgré les édits prohibitifs de la Cour des Monnaies. La pièce datée, la plus récente, est, suivant Poey d’Avant, de 1655. C’est vers cette époque que l’atelier de Charleville paraît avoir été supprimé. En 1659, Charles II de Gongague vendit Arches, Nevers et Rethel au cardinal de Mazarin.

ak). — Seigneurie de Jamet:(^K

La seigneurie de Jametz, enclavée dans le Verdunois, passa, au milieu du xv^ siècle, à la maison de la Mark par le mariage de Jeanne du Saulcy avec Robert I. Lorsqu’en 1 529 Robert II régla sa succession, il réserva le duché de Bouillon et la principauté de Sedan à son fils aîné, Robert III, et donna Jametz à son troisième fils Jean (1556-1560). Celui-ci apporta tous ses soins à faire de Jametz une petite ville ; il la fit ceindre de murailles et, suivant M. R. Serrure, y créa un atelier monétaire. Les pièces de Jean de la Mark retrouvées aujourd’hui sont copiées des snaphaens et des demi-snaphaens d’argent qui se frappaient vers la même époque en Gueldre et au pays de Liège; à l’avers, sous le cavalier qui en forme le type, on lit | AM., et au revers, autour de l’écu de la Mark qui broche sur une croix feuillue : MON • NO • ARG- DNI • lOAN • A- MARKA.

I. R. Serrure, Monnaies de h seigneurie de Janieli, dans le Bull. mens, de nuniism. et d’archéoL, t. III, 1883-84, p. 139. — F. de Saulcy, Moimaies ohsidionalcs de Janiets^ frappées en i)88, dans la Revue numismaîipie, 1836, p. 273.

On ne possède aucune monnaie frappée à Jametz sous Henri-Robert, prince de Sedan, petit-neveu et unique héritier de Jean ; mais pour Charlotte, qui succéda en 1 S74 à son père, nous avons à signaler un monnayage obsidional remarquable. En décembre 1 587, Jametz fut investie par les troupes de Charles III, duc de Lorraine, qui voulait punir la maison de la Mark des secours qu’elle accordait aux protestants. L’héroïque petite ville défendue par Schelander lutta pendant un an et

ne se rendit que le 29 décembre i $88, lorsque toute résistance fut devenue impossible. Pour remédier au manque de numéraire, Schelander fit frapper les obsidionales en cuivre de 20 et de 10 sols dont nous donnons le dessin (fig. 200 et 201). Duby assure qu’il y eut également une émission de pièces en étain; elles sont inconnues en nature.

al). — Principautés de Sedan et de Raucourt.

Au milieu du xv^ siècle, Éverard de la Mark acheta de son beaufrère, Louis de Bracquemont, la seigneurie de Sedan, à laquelle vint s'ajouter, en i $48, celle de Raucourt, acquise par Robert IV. Le mariage de Charlotte de la Mark, en i $91, porta les deux terres dans la maison de La Tour. En 1642, Lrédéric-Maurice de la Tour, ayant trempé dans la conspiration de Cinq-Mars, fut emprisonné et n'obtint sa liberté qu’en livrant ses états au roi de Lrance. La réunion définitive de Sedan et de Raucourt au royaume n’eut lieu toutefois que le 20 mars 16$ i. Voici la liste des princes de Sedan depuis le commencement du xvi^ siècle :

Robert II, 1489-1556.

Robert III, 1 536.

Robert IV, 1 5 36-56.

Henri-Robert, 1556-74.

* Guillaume-Robert, 1574-88.

* Charlotte, 1589-91. '

* Charlotte et Henri de la Tour, 1 591-94. *Henri de la Tour, 1594-1623.

* Frédéric-Maurice, 1623-1651.

Le monnavage de Sedan débuta sous Gu ilia urne- Robert et se composa d’abord d’imitations des guaî'ts cTécu, des huitièmes d’écu et des doubles iouniois Tig. 202) de Lrance. La pièce datée la plus ancienne que signale Poey d’Avant est de 1577. Sous Charlotte appa-

l’empire d’allemagne

raissent les premiers écus d’or ; mais l’activité sérieuse des émissions ne commença qu’après la mort de cette princesse, quand son mari Henri de la Tour se vit seul en possession des seigneuries. Outre l’atelier de Sedan, il y eut à cette époque des forges à Raucourtetà Haraucourt'. La série monétaire d’Henri, très nombreuse, comprend des écus et doubles écus d’or, des florins d’or (fig. 205), des écus ou daeldre d’argent au buste valant 45 sols, des écus à l’aigle valant 30 sols, ainsi que leurs subdivisions, des quarts d'écu au type français, des pièces de 5 sols, des liards tournois et des doubles tournois. Ces dernières pièces furent

frappées en très grande quantité et se répandirent en France malgré les édits royaux qui en prohibèrent le cours. Pour Frédéric-Maurice, les émissions se bornèrent à quelques monnaies de billon et à des doubles de cuivre, que leurs légendes appellent DOVBLE DE SEDAN. La pièce datée la plus récente est de 1638. La devise adoptée par les princes de Sedan, sur leurs espèces, est Non est consilium adversus Dominum.

am). — Duché de. Bouillon^.

En 1482, Guillaume de la Mark retint le duché de Bouillon en garantie des sommes dont lui étaient redevables l’évèque et le chapitre de Liège; après sa mort, Robert II, prince de Sedan, hérita du duché, mais bientôt l’évêque de Liège s’étant acquitté de sa dette rentra en possession de Bouillon. Les princes de Sedan n’en continuèrent pas moins à prendre le titre de dux bullionaeus, qui se lit sur la plupart des monnaies dont il a été question dans le précédent paragraphe.

Les évêques de Liège considéraient le duché de Bouillon comme une terre allodiale. En 1611, Ernest de Bavière (1 580-161 2), désireux de

1. N. et E. Goffart, Notice hist. sur Je canton de Raiicourt. Sedan, 1889, in-8, p. 39.

2. R. Serrure, Dictionnaire gèogr. de Vhistoire moiiètaire belge, sub verb. Bouillon. — J. de Chestret, Numismatique de la principauté de Liège et de ses dépendances. Bruxelles, 1890, in-4.

soustraire son monnayage au contrôle du Cercle deWestphalie, ouvrit à Bouillon un atelier où il frappa des espèces spéciales au duché, et semblables, quant au poids et à l’aloi, à celles que frappait le duc de Lorraine. Ces monnaies se distinguent des autres monnaies liégeoises en ce qu’elles portent au revers l’écusson de Bouillon : de gueules à la fasce d’argent; il y eut ainsi des florins d’or et des pièces d’argent de 60, de 50 et de 15 patards appelées quadruples testons, doubles testons et testons. Les émissions spéciales au duché de Bouillon continuèrent, en espèces plus variées, sous Ferdinand de Bavière (161 2-50), dont nous avons, en plus des monnaies inaugurées sous son prédécesseur, des doubles et simples écus d’or et des ducats d’or. Pour Maximilien- Henri de Bavière, sous l’épiscopat duquel Louis XIV s’empara du duché, la seule pièce frappée est le ducat, dont l’exemplaire le plus récent porte la date de 16^7. L’évêque et ses successeurs ne cessèrent de protester contre la spoliation dont ils étaient victimes de la part du roi de France, et, jusqu’à la fin de leur monnayage, ils continuèrent à prendre sur leurs pièces le titre de dux bullioneiisis.

C’est en 1676 que Louis XIV enleva Bouillon aux évêques de Liège pour le donner quelques mois après à Gode fro i d-M aurice de la Tour (1678-1721), fils de Frédéric-Maurice, ancien prince de Sedan. Par édit du 14 mai i68i, le nouveau souverain de Bouillon décida qu’il serait battu monnaie à son effigie; un atelier fut aussitôt ouvert dans la capitale du duché. On ne connaît de cette fabrication que des doubles de

cuivre (fig. 204), mais il résulterait des ordonnances qu’on émit également des souverains et demi-souverains d’or, des patagons, des escalins et des patars d’argent. En 1754, Charles-Godefroid, petit-fils de Godefroid-Maurice, conçut le projet de monnayer de nouveau, mais il n’y donna point de suite. De nouvelles tentatives sans résultat furent faites en 1771.

an). — Comté de RocJjefort ' .

La terre de Rochefort, située dans la province belge de Namur, à quelques kilomètres des célèbres grottes de Han, fut érigée en comté en 1490 par l’empereur Maximilien I. Ses armes étaient : d’or à l’aigle de gueules, becquée et membree d’azur.

I. F. Alvin, Unenouvelh série monétaire : Rochefort. Bruxelles, 1883, in-8 de 8 pages. — A. Engel, les mémoires cités, p. 193, note i.

l’empire d’aLLExMAGNE

A la fin du xv^ siècle, le comté de Rochefort passa par alliance dans la maison de Stolberg en même temps que Montaigu', Herbeumont, Neufchâteau, Cugnon et Chassepierre. En ^8, Louis de Stolberg-Kœnigstein hérita de ces diverses seigneuries, sur lesquelles il exerça tous les droits de souveraineté, jusqu’à sa mort arrivée en 1585. Louis de Stolberg prend le titre de cornes rupefortensis sur la plupart de ses monnaies frappées en Allemagne.

Par le mariage d’Anne de Stolberg, fille de Louis, avec Louis le Vieux, comte de Loewenstein, ce seigneur devint possesseur des diverses seigneuries belges énumérées ci-dessus et les transmit à ses fils cadets Wolfgang-Ernest et Jean-Thierry. Le premier étant mort sans enfants, Jean Thierry (1611-1644) resta seul souverain effectif des diverses terres belges; il établit à Rochefort un atelier monétaire qui paraît avoir mis principalement en circulation de ces imitations frauduleuses d’e^calins, comme nous en avons signalé pour l’atelier de Château-Renault. Les légendes caractéristiques des produits de l’atelier de Rochefort sont: MONETA • NOVA • ARG • ROK, MO • NOVA • ARG • ORDINE CLER (comitis Loeipensteini et Rupefortis), etc. Un certain nombre de coins destinés à un faux monnayage furent découverts en 1866 dans les ruines du château de Rochefort.

Les successeurs de Jean-Thierry continuèrent à s’intituler comtes de Rochefort sur la plupart de leurs monnaies, mais l’atelier dont il vient d'être question ne semble pas avoir survécu à son fondateur. Le titre de cornes rupefortensis figure également, mais comme l’expression de vaines prétentions, sur les monnaies des comtes de Stolberg, héritiers collatéraux d’Anne de Stolberg, et sur celles de la branche aînée de la maison de Loewenstein- Virnenbourg.

ao). — Seigneuries de Cugnon et Chassepierre

Nous avons vu, dans le précédent paragraphe, comment Cugnon et Chassepierre arrivèrent en la possession de Jean- Thierry, comte de Loewenstein-Rochefort (161 1-1644). Ce seigneur créa à Cugnon un atelier monétaire et y frappa des daeldt'es, des escalins d’argent et des doubles tournois copiés de ceux de Lrance. Les titres que prend Jean Thierry sur ses daeldres sont : |0 • THEOD ■ COM • IN LEWENSTEiN WERTH-ROCHEF — ET • MONTAGV • SV • P ■ IN • CHASPIERRE ET

1. Le comté de Montaigu portait : d’argent. à une boude de ceinturon d’or.

2. F. Wibel, Zur Münigeschichte der Grafen von Wertheim und des Gesainmthauses Loeivcnstein-Wertheim. Fîambourg, 1880, in-8.

2jO

CVGNON ETZ. Ces diverses monnaies ont les dates de 1623 à 163$. Outre ces pièces portant la mention explicite de leur origine, Tatelier de Cugnon émit un grand nombre de contrefaçons de ducats de Venise, de Turquie et de Hongrie, de pistoles de Milan, etc.; ces monnaies ne sont reconnaissables à aucun signe particulier, mais leur émission nous est attestée par une enquête faite en 1628 par les autorités des Pays-Bas espagnols.

Après la mort de Jean-Thierry, son fils Ferdinand-Charles (1644-72) continua la fabrication à Cugnon de doubles et de deniers tournois de cuivre. Les pièces les plus récentes sont de 165 $.

Les titres de seigneurs de Chassepierre, Herbeumont, Neufchâteau et de comtes de Montaigu continuèrent à figurer sur quelques-unes des monnaies frappées en Allemagne par les successeurs de Ferdinand-Charles, ainsi que sur celles des membres de la branche aînée de la maison de Loewenstein.

ap). — Seigneurie des Hayons K

Cette petite seigneurie se composait d'un hameau compris aujourd’hui dans la commune belge de Noire-Fontaine. En 1624, Lambert d’Oyenbrugge de Duras, suivant l’exemple donné par ses voisins la princesse de Château-Renault et le comte de Loewenstein-Rochefort, établit un atelier monétaire dans la ferme de la Vanette, sur les bords de la Semois. Cet atelier battit des demi-patagons, des quarts de patagons et autres menues espèces aux types usités dans les Pays-Bas espagnols. Le souverain des Hayons s’y intitule : LAMBER. A DVRAS ET SV-

PREMVS PRINCEPS HAYONEN. Cette fabrication avouée cachait une véritable entreprise de faux-monnayage, ainsi qu’il résulta de l’enquête faite par les autorités des Pays-Bas espagnols en 1628. La fabrication de Lambert d’Oyenbrugge, arrêtée vers cette époque, ne paraît pas avoir été renouvelée.

aq). — Ville impériale de FrancJort-sur-le-Mem~.

La ville impériale de Francfort avait pour territoire, outre la cité elle-même, quelques villages situés sur les deux rives du Mein. Elle

1. A. Pinchart, Les ateliers de fausse monnaie au xvF slkle et les monnaies des seigneurs des Hayons et de Cugnon, dans la Rev. belge de numism., 1849, P- 5^-

2. E. Ruppell, Beschreihung der Müuien und Medaillen welche zuegen geschichtlicher Begebenheiten für Frankfurt gcfertigt wurden, dans Y Archiv für Frankfurt’ s Geschichte und Kunst, de 1857. Le même recueil renferme d’autres travaux de numismatique locale.

était le lieu habituel de l’élection et du couronnement des souverains de l’Allemagne et les cercles du Haut et du Bas-Rhin tenaient leurs diètes dans ses murs. Ses armes étaient : de gueules à l’aigle d’argent.

En 1428 et 1429, Sigismond, roi des Romains, accorda à la ville le droit de battre monnaie d’or et d’argent; en 155^ ces octrois furent confirmés par Charles-Quint. La numismatique de Francfort-sur-le-Mein forme une série très importante et très riche tant par la variété des monnaies courantes qui la composent que par les nombreuses monnaies commémoratives qui viennent en augmenter l’intérêt : schiessthaler rappelant des tirs, wahlmiïn^en et kronungsmün^en célébrant l’élection et le couronnement des empereurs, schulprœmienmün^en monnaies spéciales données en prix dans les écoles de la ville, etc.

Le type habituel des monnaies de Francfort-sur-le-Mein est l’aigle, soit l’aigle impériale, soit celle des armoiries de la ville. On la retrouve notamment sur les curieux gro5 tournois^ TVRONVS FRACOFORT, dont la fabrication se perpétua jusqu’au xvii^ siècle. Déjà à cette époque, mais surtout au siècle suivant, les thalers portent parfois une vue de la ville prise du Mein. En 1796, lors de la guerre contre la France, des ducats et des thalers de nécessité frappés avec les objets précieux fournis par les églises et les habitants rappellent cette particularité par leur légende : AUS DEN GEFÆSEN DER KIRCHEN UND BURGER.

ar). — Ville impériale de Wonns.

Worms, sur la rive gauche du Rhin, n’avait pas de territoire extramuros. Ses armes étaient : de gueules à la clef antique d’argent posée en bande; elle prenait le titre de : Vormatia metropolis Y angionum Sacri Imperii civitas libéra. En 1801, la ville fut annexée à la France et comprise dans le département du Mont-Tonnerre.

Le monnayage municipal ne paraît pas avoir commencé avant les premières années du xyi^ siècle. Le type des espèces se compose le plus souvent des armes locales tenues par deux dragons, et de l’aigle d’empire. Quelques schauthaler représentent une vue de la cité ou de son hôtel de ville, le rathhaus.

as). — Burg impérial de FriedbergK

Le château ou burg impérial de Friedberg en Wetteravie, curieux

— P. Joseph, Die frankfurter Miinien, dans les Mittheilungen des Vereins für Geschichte, etc., in Frankfurt ajM., t. VI, 1881, p. 517 et suiv.

I. J. Leitzmann, Mün;en der Burggrafen von Friedberg, dans la Numim. Zeitung, 1862, p. 189 et 1 94.

PPE^,:iERE PARTIE

vestige de la féodalité militaire, n’était incorporé dans aucun cercle, bien que situé dans le rayon géographique du cercle du Haut-Rhin. Son territoire comprenait le petit comté de Kaichen. En 1806, le burg fut annexé au grand-duché de Hesse-Darmstadt. Les burgraves de Friedberg, élus à vie par les burgmannen, reçurent en 1341 de Charles-Quint le droit de frapper des monnaies d’or et d’argent, sur le pied des espèces des électeurs du Rhin. Ce privilège fut confirmé en 1660 par Léopold I et en 1707 par Joseph I. Voici les noms des burgraves qui ont, à notre connaissance, usé du droit monétaire; les noms placés entre parenthèses sont ceux des burgravines qui mettaient leurs armes sur les monnaies, à côté de celles de leur mari :

Jean Brendel de Hombourg, 1)32-69.

Jean-Oyger Brendel d^ Hombourg, 1570-77.

Jean-Eberhard de Cronenberg, 1 377-1617 (Riedesel d’Eysenbach).

Conrad Loew de Steinfurt, 1617-52 (Brendel de Hombourg).

Jean-Eitel Diede de Furstenstein, 1671-85 (de Buttlar).

Philippe-Adolphe Rau de Holzhausen, 1685-92.

Jean-Eitel Diede de Furstenstein, 1745-48 (E. S. de Degenfeld).

François-Henri de Dalberg, 1755-76 (M. -S. d’Elt^-

Jean-Marie-Rodolphe de Waldbott-Bassenheim, 1777-1805 (2e femme: I.-F.-B. de Nesse Irode-Ehreshofen) .

Le diplôme de Charles-Quint détermine le type, purement héraldique, suivant lequel devaient être frappées les monnaies burgraviales, mais on ne se conforma pas strictement à ses indications. L’empreinte se compose souvent de l’image de saint Georges à pied ou à cheval, et toujours, pour le revers, de l’aigle d’empire. Les armes du burgraviat : double aigle d’empire chargée d’un écu parti de sable et d’argent, celles de la ville de Friedberg: d’argent à l’aigle de sable chargé d’un écu de gueules au châleau d’ argent don jonné de trois tours, celles du comté de Kaichen, celles enfin du burgrave régnant et de sa femme entrent comme accessoires dans la composition du type. La légende est: MO*NO-CASTr/ \ll\Perialis ^^idbergensis WETT^EUR/ae, ou une variante de cette formule. Le nom de l’empereur ligure toujours au revers.

Le monnayage du burg de Friedberg commença en 1569 par des pfennigs et des hellers, puis, sous les successeurs de Jean Brendel de Hombourg, il s’étendit à l’émission de thalers et de leurs subdivisions, mais jusqu’à ce jour aucune pièce d’or n’a été retrouvée.

at). — Ville de Corbach.

Les comtes de Waldeck avaient, au moyen âge, engagé à la ville de

l’empire d’allemacne

Corbach l’exploitation de l’atelier monétaire»qu’ils possédaient dans ses murs. Au milieu du xvi^ siècle, la ville frappa des dreibaet^ner, des mariengroschen et des schüsselheller. Ce monnayage prit fin en 1567 à la suite de dissensions survenues entre le magistrat et le comte de Waldeck. Le type local est formé des armes : le buste du patron, saint Kilian, mitré, bénissant de la dextre, tenant une crosse et issant d’une demi-étoile. Le nom de la ville est indiqué par : MO-NO-CIV- CORBECK.

au). — Ville impériale de Strasbourg K

La ville impériale de Strasbourg, respublica argentoratensis, urbs argentina, portait : d’argent diapré du même à la bande de gueules.

Dans les premières années du xvi® siècle, le numéraire local de Strasbourg se composait de groschen de 12 deniers (GROSSVS ou ASSIS), de halbgrosclien (SEMiSSIS), de vierers, de kreugers et de pfennigs. Le type de ces pièces se compose toujours d’une fleur de lis florencée et leur légende caractéristique est GLORIA IN EXCELSIS DEO. Le 20 janvier 1 508, l’empereur Maximilien I accorda à la ville de Strasbourg le droit de battre des florins d or; ces pièces devaient, selon les prescriptions

impériales, porter à l’avers l’image de la Vierge-Mère avec VRBEM VIRGO TVAM SERVA, et au revers un globe crucigère dans un contour trilobé avec AVREVS VRBIS ARGENTI ■ NVMMVS. Après l’introduction de la Réforme, le nom de la Vierge fut remplacé par celui du Christ, mais en 1601, on en revint aux stipulations strictes du privilège de Maximilien I. Le thaler^ ses divisions et ses multiples, ne firent leur apparition qu’en 1 548. Le type ordinaire des plus grosses monnaies d’argent strasbourgeoises est la fleur de lis florencée, SOLIVS VIRTVTIS FLOS PERPETVVS, et l’écusson local parfois supporté par deux lions.

I. Pour Strasbourg et les autres villes d’Alsace, vovez : A. Engel et E. Lehr, matique de é Alsace. Paris, 1887, in-4.

En 1613, on frappa les premiers dickpfeimigs ou pièces de 6 hat^en, valant le tiers du tlialer. Deux ans après parurent les dreibaet\ner. En 1635 et 1652, Strasbourg émit des ducats d’or et leurs multiples, et en 1668, les premiers gulden d’argent de 60 kreu^ers et leurs divisions.

En 1592, les Strasbourgeois, en guerre avec Charles de Lorraine, l’évêque élu par les chanoines catholiques, frappèrent des obsidionales carrées et unifaces, thalers, demi-thalers et quarts de thalers, portant, outre les armes de la cité, celles du chapitre et celles de l’évêché.

Après l’annexion de Strasbourg à la France, la ville conserva quelque temps sa monnaie locale; nous nous en sommes occupés pages 29 et 37.

av) . — Vilh impériale de Mulhouse.

Mulhouse, cité impériale depuis le xiii'^ siècle, commença à monnayer en 1622, mais dès 1625 l’atelier fut fermé. Les monnaies de Mulhouse, MONETA NOVA MILHVSINA, portent les armes locales: d’as{ur à la roue de rnouliji de gueules^ et l’aigle d’empire. La devise suivante figure au revers: EX VNO OMNIS NOSTRA SALVS.

aw) . — Ville impériale de Colmar.

La ville de Colmar, Colmaria, faisait partie au siècle de la confédération de \d. rappenmüns{, avec Bâle, Fribourg, Brisach et Thann pour les archiducs d’Autriche, landgraves de Haute-Alsace. En 1498, cette confédération décida la frappe de sa première monnaie à flan épais, le

Fig. 206.

dickplappart valant le quart du florin d’or. Dès l’année suivante, cette pièce fut émise à Colmar; son type principal se distingue par l’image de saint Martin, patron de la ville, à cheval, partageant son manteau avec un paralytique; le revers porte l’aigle; la légende de l’avers est pour la première fois suivie du millésime.

l’empire d’allemagne

En 1 537, Colmar eut ses premiers thalers, vraisemblablement frappés à titre d’essai. Leurs coins reproduisent le dispositif du dickplappart, et, comme sur cette pièce, l’alphabet gothique est encore employé. C’est seulement en 1542 que la confédération de la rappenmün^ commença, avec l’autorisation de l’empereur, l’émission régulière des thalers et de leurs divisions. Ces monnaies portent au droit l’écu de la ville : diapré de gueules et de simple, à la masse d’armes étoilée, dite morgenstern, d’or posée en bande, au revers, l’aigle. La devise est DOMINE CONSERVA NOS !N RACE, mais elle est le plus souvent remplacée par la mention de l’empereur régnant. En 1666 et 1670, les thalers et les demi-thalers représentent une vue de Colmar. Quelques vierers du ;xviic siècle ont à l’avers le buste de saint Martin, S. MARTIN. PATRON. L’atelier de la ville libre de Colmar fut définitivement fermé en 1674.

ax). — Vüh de Tbann.

L’atelier de Thann appartenait aux archiducs d’Autriche, landgraves de Haute-Alsace; mais à la fin du xiv^ siècle, les bourgeois en avaient obtenu l’exploitation. C’est grâce à cette circonstance que les types des espèces devinrent purement municipaux. Les plus anciens thalers et doubles thalers de Thann datent de i i. En 1365, l’atelier fut fermé; il fut rétabli en 1623, mais dès l’année suivante le chômage fut définitif. Les monnaies de* Thann portent les armes de la ville: parti au d’Autriche; au 2 d’azur au pin arraché d’or. Sur les pièces les plus caractéristiques, le revers représente saint Thibaut, S. TEOBALDVS,' avec la crosse et la mitre, soit debout, soit assis.

ay). — Ville impériale d’Haguenau.

Un diplôme de l’empereur Maximilien I, de l’année 1516, accorda aux bourgeois d’Haguenau le droit de battre monnaie d’or et d’argent. Les pièces que la ville était autorisée à émettre sont énumérées dans le diplôme et au nombre de douze, conformes, les unes au système monétaire de Strasbourg, les autres, à celui de Mayence et du Palatinat; les plus fortes de la série sont le florin d’or et le dickpfennig d’argent valant le tiers du florin. Le 17 avril 1 344, Charles-Quint étendit la concession de son prédécesseur à la fabrication du thaler et de quatre autres espèces.

On n’a retrouvé jusqu’à ce jour aucune monnaie d’Haguenau du xvi^ siècle, bien qu’il semble certain qu’il en fut mis en circulation. Les pièces connues ne sont pas antérieures à 1600, et l’on possède une lettre du magistrat d’Haguenau adressée en février de cette année au

magistrat de Strasbourg pour lui annoncer Idntention de la ville de reprendre la fabrication des espèces.

Les monnaies d’Haguenau sont conformes, pour le type et pour les légendes, aux stipulations très explicites des concessions de 1 5 16 et 1 544. L'avers est toujours laissé aux armoiries municipales : d’azur à un quin-

tefeuille d’argent boutonné de gueules (fig. 207) ; il n'y a d'exception à cette règle que pour quelques florins d'or, où l'écusson d'Haguenau est relégué aux pieds de saint Jean-Baptiste. Les légendes sont à l'avers : AVRVM- IMPERI-CAMER-HÂGENOl pour les florins dor, NVMMVS ARGENTE- HAGENOIENSIS, MONETA ARGEN-CIVl-HAGEN, HAGENOIA IMPE- RII CAMERA, etc., pour l’argent. Au revers, figure habituellement la mention impériale ou la devise IVSTITIA MANET IN ÆTERNVM. Les dernières monnaies d’Haguenau portent la date de 1673.

az). — Ville impériale de JFissemhourg.

L’atelier municipal de Wissembourg ne déploya quelque activité que

de 1623 à 1626 et le dernier millésime relevé sur les espèces est celui de 1632. Les monnaies, thalers et divisions, portent toutes à l’avers les armes de la ville : de gueules au château d’argent, sommé de deux tours du même, maçonné et ouvert de sable. La légende caractéristique est généralement le nom de Wissembourg écrit en allemand : WEISSENBVRG AM RHEIN, parfois abrégé (fig. 208).

ba). — Ville de Mcti > .

La ville de Metz n’eut pas d'espèces d’argent supérieures au gros avant

I . F. de Saulcy, Recherches sur les monnaies de la cité de Met^, dans les Mèm. de VAcadém. de Mel:^, t. XVII, 1835-36. — V. Jacob, Catalogue des monnaies municipales de la collection de la ville, dans les Mèm. de la Soc. d’archêol. et d’hist. de la Moselle, t. VIII, l866.‘ — P. -Ch. Robert, Recherches sur les monnaies et les jetons de Met^. Metz, 1853,

l’empire d’allemagne

la seconde moitié du xvi^ siècle. C’est en 1 568, seize ans après la réunion du pays à la France, que les premiers thalers ou dalars furent émis ; jusqu’en 1655 se compose de l’image en pied de saint Étienne,

patron de la cité, tenant la palme du martyre et placé dans un contour elliptique; au revers est marquée une double aigle ayant en cœur l’écusson de Metz: parti d’argent et de sable. Cette première série comprend des demi-thalers et des quarts de thalers. En 1638 l’aigle fut remplacée au revers par un écu dans une épicycloïde à six lobes, et la même année le buste du patron fut substitué à son image en pied. Cette combinaison (fig. 209) servit jusqu’en 1650, tant pour les thalers que pour leurs deux subdivisions.

Le florin d’or subit en 1643 une modification analogue.

Parmi les monnaies d'argent qui à Metz caractérisent encore l’époque moderne, nous citerons encore le teston valant le tiers du thaler qui fut émis de 1 590 à 161 1, et qui reproduit l’effigie de saint Etienne en pied, puis le franc, le demi et le quart de franc, valant respectivement Xll, VI et III gros, marqués du buste du saint et frappés de 1 6 1 1 à 1661.

Le type des monnaies de billon se compose de l’effigie de saint Étienne, des armes de la ville ou de l’initiale de son nom; généralement leur légende indique leur valeur: DENARIVM, TRES DENARll, QVARTA ou OCTAVA SOLIDI.

Lorsqu’en 1552 le roi de Erance Henri II se fut rendu maître de Metz, il conserva non seulement à la ville ses privilèges particuliers et son droit monétaire, mais, voulant s'attacher la bourgeoisie messine, il permit aux maîtres échevins d’émettre de menues espèces portant d’un côté leurs armes et de l’autre celles de la cité. Sur les plus anciennes, la légende de l’avers « se forme, dit P. -Ch. Robert, des mots MONETA NOVA METENSIS, tandis que celle du revers désigne une valeur courante telle que QVARTVS DENAR’ ou OCTAVA SOLIDI. Puis l’expression MONETA NOVA METENSIS disparaît du droit pour passer

in-4. — Le même, Monnaies munidpales de Met:;^ sous les rois de France, dans la Revue numism., 1869-70, p. 441.

au revers, où elle est quelquefois remplacée simplement par le mot METIS suivi du millésime, et le droit présente non plus toujours le nom de réchevin, mais souvent sa devise. Enfin sur les spécimens que leur épigraphie nfindique pas comme étant des monnaies, mais que nous croyons devoir ranger dans cette catégorie, le nom du magistrat se développe, au droit, autour des armes de la ville, tandis que la devise est placée en légende du côté de l’écusson de famille. »

Les fonctions des maîtres échevins étaient biennales, mais ils pouvaient être soumis à réélection. Nous donnons la liste de ceux dont il existe des monnaies ou des pièces d’aspect monétaire, en indiquant leurs armoiries, et, s’il y a lieu, leur devise:

Jean le Braconnier, 1561-62, 1566-67. D'a:(ur à la fasce d’argent accompagnée en pointe d’un huchet d’or.

Wiriat Copère, 1576-77, 1585-88. D’azur à la fasce denchée d’argent, accompagnée de trois coupes d’or, deux en chef, iine en pointe.

Jacques Praillon, 1578-81, 1588-1600, 1604-05. De gueules à la lande d’argent, chargée d’une coquille de sable entre deux roses de gueules, endvrer povr dvrer ou patientia

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