Voir p. 57 et suiv
2. L. Plantet et L. Jeannez, Essai sur les monnaies du comté de Bourgogne, depais l'époque gauloise jusqu'à sa réunion à la France sous Louis XIV. Lons-le-Saulnier, 1855, in-4. — p. Poey d'Avant, Monnaies féodales de France, t. IIL
l'empire d'allemagne 35 s
qu'en 15(5 de menues espèces, dont la plus grande est le demi-gros ou pièce de deux blancs. Les fortes pièces d'argent n'apparaissent que sous Philippe IV, qui frappa dès i6îî des patagons ou écus à la croix de Bourgogne, identiques à ceux des Pays-Bas espagnols. Le monnayage finit vers 1653. Le type des monnaies divisionnaires de billon et de cuivre se compose généralement des armes de Franche-Comté: '* '" d'azur billeté d'or au lion couronné du même {fig. îîî).
b). — ViUe impiriak de Btsanfon.
Le 8 mai [ 5 14, Charles-Quint accorda à la ville de Besançon le droit de frapper des monnaies d'or et d'argent, mais à la condition d'y faire %urer son effigie en même temps que les armes municipales: d'or à l'aigle éployêe de sable, lampassée de gueules, soutenant dans chacune de ses serres une colonne de gueules posée en pal. L'atelier entra en activité en 1 ; 37.
Pendant toute la durée du monnayage, qui comprit en or des pistoles, doubles et quadruples pistoles, des ducats, des demiducats (fig. ÏJ4) et des ^on'ns, en argent des %- '» thalers et leurs subdivisions, les types restèrent conformes à l'ordonnance impériale. L'efiigie de Chartes-Quint y figure toujours soit en buste, soit en pied et tenant le globe et le sceptre. La monnaie bisontine la plus récente signalée par Poey-d'Avant est de 167). L'année suivante, Besançon tomba au pouvoir de Louis XIV.
c). — Baronie de Franquemont.
En i;j8, Charles-Quint érigea la terre et le château de Franquemont (Freiberg) en baronie d'empire en faveur de Nicolas de Gilley {1538- 63), Celui-ci ouvrit un atelier monétaire. Les produits de ce monnayage, copies des liards de François I et des pièces divisionnaires de Besançon, furent décriés en i j { ; et 1 ; ;4 par Charles-Quint et par le roi de France Henri IL Les légendes habituelles des monnaies de Nicolas de Gilley sont: N. GILLEIBNVMISMAouBVONGILLFREl (Freiberg), et sa devise: NIL VLTRA ARAS. Lesarmesdesafamille:(i'arg-en/d un arbre arraché de sinople, se voient sur quelques pièces.
35é PREMlàRE PARTIE
d). — Comli ât Moulbiliard.
Le comte de Montbéliard appartenait aux comtes, puis ducs de Wurtemberg I, Au commencement du xvdi'^ siècle, il passa à une branche cadette; celle-ci s'éteignit en 172; et Montbéliard fit retour à la branche aînée. Voici la chronologie des souverains de Montbéliard depuis k commencement du xvi* siècle :
Ulric. I498-IÎ26. Jean-Frédéric, 1608-28.
Georges, 1^26-^4. • Louis- Frédéric, 1628-}!. Ulric, réiabli, i}34-jo. Léopold-Frédéric, 16ÎI-62.
airistophe, IÎ50-5Î. Georges, 166J-99.
Georges, de nouveau, 1551-58. ' Léopold-Éberhard, 1699-1723. •Frédéric, 1558-1608.
De ] S 10 à 1526, Ulric, dépossédé du Wurtemberg, se trouva réduit à
la possession du comté de Montbéliard. 11 ne paraît pas toutefois qu'il
y ait monnayé. L'atelier de Montbéliard
fut établi sous Frédéric, en ijSi. Le
numéraire qui y fut fabriqué sous son
fondateur et sous les ducs suivants se
compose presque exclusivement de pièces
de btllonetde cuivre. De 1710 à 17E7,
'*■ Léopold-Éberhard émit en très grand
nombre des Uards de cuivre, copiés de ceux de Louis XIV ; ces pièces
portent au revers l'inscription française : LIARD DE MONTBELIARD
tfig. ajs). L'atelier de Montbéliard fut définitivement fermé en 1717.
e), — Seigneurie dt Vauvitlcrs.
Nicolas il du Chàtelet (1525 ^-^î). seigneur de Vauviliers, y ouvrit en 1 S S ; un atelier monétaire dans lequel il frappa des écus d'or à ses armes, des demi-tkalers et une nombreuse série de pièces divisionnaires copiées de celles de Metz, de Besançon, de Liège, etc. Ces monnaies furent décriées en 1554 par un édit de Henri II ; les émissions furent toutefois poursuivies jusqu'en ijjS. Sur ses écus d'or Nicolas 11 s'intitule: NICOLACASTELLETOSVPVVSIS; sur les pièces de billon le nom est le plus souvent écrit en français: NICOLAVS DV CHASTELLET: parfois le seigneur n'est pas nominalement désigne : MONETA DNI DE VAVVILLER.
. Voyez p. 337 la description de leurs armoiries.
l'empire D'ALLEMAGNE 357
Les armes de Nicolas du Châtelet étaient: d'or à la bande de gueules chargée de trois fleurs de lis d'argent.
§ XI. — Cercle d'Autriche,
La portion principale du cercle d'Autriche était bornée au nord par les cercles de Souabe et de Bavière, le royaume de Bohême et le margraviat de Moravie; à Test par le royaume de Hongrie; au sud par l'Adriatique et la république de Venise; à l'ouest par la Suisse. Le cercle comprenait, en outre, les nombreuses enclaves disséminées dans le cercle de Souabe, qui formaient l'Autriche antérieure ou Vorder Oesterreich, Le directeur du cercle était l'archiduc d'Autriche, qui réunissait dans ses mains la majeure partie des territoires.
a). — Possessions de la maison d' Autriche K
Les possessions de la maison de Habsbourg, dont tous les membres s'intitulaient archiducs d'Autriche, comprenaient, dans le cercle de ce nom, les régions suivantes: l'archiduché d'Autriche proprement dit, qui se divisait en pays sous l'Enns ou Basse-Autriche (Oesterreich unterder Enns) et en pays sur l'Enns ou Haute-Autriche (Oesterreich ob der Enns), le comté de Tyrol, le duché de Styrie ou Steyermark, le duché de Carinthie, le duché de Carniole, une partie de l'Istrie, du Frioul et du littoral de l'Adriatique entre Aquilée et Trieste, enfin diverses parties de la Souabe, du Brisgau et du Vorarlberg.
Les armes de la maison d'Autriche étaient : parti, au i^^ d'or au lion de gueules couronné de gueules, qui est Habsbourg, au 2^ de gueules à la fasce d'argent, qui est Autriche. Après Tavénement de François I de Lorraine, l'écu comprit les armes de Lorraine comme troisième partition.
Le tableau suivant résume la généalogie de la maison de Habsbourg pendant les temps modernes :
I. S. Bêcher, Das ôsterreichiscJje Mûn^wcsen vont Jabre 1S24-18JS, in historisclxr , statistischer itnd legislativer Hinsicht. Vienne, 1838, 2 vol. in-8. — J. Newald, Das àsterreiclnsche Mûn^wesen nnter den Kaisern Maximilian II, Rudolph II uttd Mathias, dans la Numismatische Zeitschrift de 1885.
Maximilien I, 1493-15 19.
Philippe le Beau.
Charles Qpint, abdique en 1556,
[Maison d'Espagne éteinte en 1700].
Ferdinand I,
Maximilien II, Ferdinand, Charles,
ti576. tJ59S. ti590-
Rodolphe II, Mathias, Maximilien, Albert,
f 1612. f 1619. f 1618. ép. Isabelle
d*Espagne,
Ferdinand II, t 1637.
Léopold V, t 1652.
Ferdinand III, t 1657.
Ferdinand- Sigismond- Charles, François,
>lgl£
Fra t 1665
Ferdinand IV, Léopold I,
Joseph I, Charles VI,
fi7ii. t 1740-
Marie Thérèse
ép. François I
ae Lorraine,
Joseph II, f 1790. Léopold II, f 1792.
François II, f 1835.
Archiduché d'Autriche. — Ce pays était borné au nord par le royaume de Bohême et le margraviat de Moravie, à Test par le royaume de Hongrie, au sud par le duché de Styrie et l'archevêché de Salzbourg, à l'ouest par le duché de Bavière et Tévêché de Passau. Comme nous l'avons dit plus haut, l'Autriche comprenait deux parties séparées, sur la plus grande partie de leur frontière, par l'Enns, affluent du Danube. La Basse-Autriche, dont la capitale était Vienne, avait pour armes : d'azur à cinq aiglettes d'or posées 2, 2, /. La Haute-Autriche, dont la capitale était Linz, portait :/7ar// d'or à une demi-aigle de sable, et de gueules à deux pals d'argent.
l'empire d'allemagne 359
Voici les membres de la maison d'Autriche qui régnèrent d'une manière effective sur ce pays :
•Maximilien I, 1493-1519. *LéopoldI, 1657-1705.
* Charles-Q.uint, 1519-21. *Joseph I, 1705-11.
* Ferdinand I, 1521-64. * Charles VI, 171 1-40. *Maximilien II, 1564-76. * Marie-Thérèse, 1740-80. •Rodolphe II, 1 576-1608. 'Joseph II, 1780-90. *Mathias, 1608-19. *Léopold II, 1790-92.
•Ferdinand II, 1619-37. * François II, 1792-1835. •Ferdinand III, 1637-57.
L'atelier monétaire de l'Autriche se trouvait à Vienne. Sous Ferdinand I une officine fut ouverte à Linz, de 1 527 à 1 547.
Les thalers commencent avec Maximilien I et forment depuis lors une série ininterrompue. Sous Ferdinand I, la numismatique est particulièrement intéressante et, à défaut d'autres données, elle permettrait de reconstituer à grands traits l'histoire du règne. De 1 5 2 1 à 1 5 27, Ferdinand frappe monnaie comme simple archiduc; il s'ïntïtule: princeps Hispaniae et archidux Austriae. De 1 527 à 1 5 3 1, il fait précéder ces titres de ceux de roi de Bohême et de Hongrie; à cette période se rattachent les curieuses obsidionales de Vienne, assiégée en 1529 par les Turcs, pièces carrées d'or et d'argent, portant le buste et les armes du souverain et les mots : TVRCK BLEGERT WIEN, le Turc assiège Vienne. En 1531, Ferdinand! est couronné roi des Romains ; enfin, en 1556, l'abdication de son frère Charles-Quint l'appelle à l'empire. Ces quatres périodes sont fidèlement marquées par les légendes des espèces.
Dans le monnayage de Rodolphe II, nous relèverons une particularité intéressante. L'archiduchesse Elisabeth, sœur de l'empereur et veuve en 1 574 de Charles IX, roi de France, s'était retirée à Vienne ; en 1 587, une forte somme devant lui être versée, l'atelier de Vienne fabriqua des thalers qui, pour la circonstance, reçurent comme différent une fleur de lis française.
Sous Ferdinand I L les désordres monétaires de la kipperj(eit séwirent en Autriche comme dans les autres régions de l'Allemagne.
Comté princier de Tyrol, — Ce comté s'étendait entre la Bavière, l'archevêché de Salzbourg, la Carinthie, la république de Venise, les évêchés de Brixen et de Trente, les Grisons, le Vorarlberg et l'évêché d'Augsbourg. Sa capitale était Innsbruck. Ses armes étaient : d'argent à V aigle couronnée de gueules, la poitrine chargée d'un croissant d'argent terminé sur chaque aile en trèfle allongé. Voici la liste des archiducs d'Autriche qui eurent la possession effective du comt-é de Tyrol :
*Sigismond, 1439-90. * Ferdinand II, 1621-25.
Maximilien î, 1 490-1 519. * Léopold V, frère du précédent, 1625-32.
Charles-Q.uint, 15 19-21. * Ferdinand-Charles, 1632-62.
* Ferdinand I, 152 1-64. * a) sous la tutelle de sa mère Claude
* Ferdinand, son fils, 1564-95. de Médicis, 1632-48.
* Rodolphe II, 1595-1612. *b) après la mort de sa mère, 1648- *Maximilien, frère du précédent, 161 2- 1662.
1618. * Sigismond-François, 1662-65.
Albert, frère des précédents, 1620-21.
C'est en Tyrol, sous Sigismond, que parurent les premières grandes monnaies d'argent à flan épais. Le millésime le plus ancien est celui de i486; cependant quelques essais sont datés de 1484. Les fortes espèces de Sigismond portent à l'avers son image en pied, entre un lion assis et le heaume d'Autriche; une épicycloïde entoure le champ; la légende, en caractères gothiques, est: SIGISMVNDVS ARCHIDVX AVSTRIE. Le revers représente l'archiduc à cheval, à gauche, armé de toutes pièces, et tenant la bannière autrichienne; au-dessous sont placés le millésime et un écusson d'Autriche ancien ; quinze autres écussons plus petits forment avec celui-ci la bordure, et donnent les armoiries des principales possessions de la maison de Habsbourg : Styrie, Carinthie, Carniole, Windisch-Mark, Portenau, Hohenberg, Feldkirch, Habsbourg, Tyrol, Ferrette, Kybourg, Haute-Autriche, Haute-Alsace, Burgau et Nellenbourg. Aucune légende ne figure au revers. Ces curieuses monnaies, dont l'émission marque, pour l'Allemagne, l'aurore des temps modernes, furent frappées à Hall, dans la vallée inférieure de l'Inn, ville où l'archiduc Sigismond transféra en 1450 son atelier de Méran, à la suite de la découverte des riches mines d'argent de Schv^^atz.
Jusqu'à la fin du xviii^^ siècle, le Tyrol eut ses monnaies particulières, frappées tant dans l'atelier de Hall que dans celui d'Innsbruck. La série tyrolienne présente des pièces très remarquables, parmi lesquelles nous citerons les thalers aux bustes conjugués de Ferdinand-Charles et de sa mère, coiffée du voile de veuve.
A la mort de Sigismond-François, le Tyrol passa à l'empereur Léopold I, qui le transmit à ses successeurs.
Duché de Styrie '. — La Styrie s'étend au sud de l'Autriche et au nord de la Carniole et de la Carinthie. Sa capitale était Gratz. Les armes du duché étaient : de sinople à une panthère rampant d'argent, vomissant desflammes,
I. A. Luschin von Ebengreuth, Steirische Geprdge und Siegcl auf der graver Austeîufig'Cullur-historischerGegenstànde voin Juli iS8j. Graz, 1883, P^^' ^""S» P- 257 et suiv.
Le duché de Styrie eut ses monnaies particulières frappées dans l'atelier de Gratz jusque sous François II. En 1781, cette officine fut fermée.
Lorsqu'en 1564 l'empereur Ferdinand I divisa ses états entre ses enfants, l'archiduc Charles obtint la Styrie avec la Carniole, laCarinthie et le comté de Gorice. A sa mort, survenue en 1 590, ces pays passèrent à son fils Ferdinand II, qui obtint la couronne impériale en 1619; depuis cette époque, ils n'eurent plus de souverains particuliers.
Duché de Carinthie, — La Carinthie, en allemand Kàrnten, est située au sud et à l'ouest de la Styrie. Ses armes étaient : parti, d'or à trois lions léopardés de sable, Vun sur Vautre, et de gueules à la fasce d'argent, La capitale de la Carinthie était Klagenfurt.
Comme la Styrie, la Carinthie eut ses monnaies particulières. En i j 2 1 , Ferdinand I accorda aux états de Carinthie le droit de monnayer à son nom. Les émissions d'espèces propres au duché s'arrêtent vers la milieu du xviii« siècle.
Duché de Carniole. — La Carniole, en allemand Krain, s'étend au sud de la Carinthie et de la Styrie; elle avait pour capitale Laibach. Ses armes étaient : d'argent à l'aigle d'azur couronnée de gueules, ayant sur la poitrine un croissant échiqueté de gueules et d'argent.
Sous Ferdinand I, quelques monnaies furent émises pour le duché de Carniole.
Comté de Gorice, — Le comté de Gorice, en allemand Gor^, situé dans le Frioul autrichien, passa en 150c à Maximilien I, par suite de l'extinction de la famille comtale.
En 1504, Maximilien I fit frapper à Lienz àts pièces de quatre pfennings et des kreuj^er, particuliers au comté de Gorice. Ses successeurs firent également émettre de temps en temps des monnaies pour ce pays; mais il ne s'agit jamais que de pièces divisionnaires d'argent ou de cuivre. Suivant Leitzmannn, les dernières pièces autrichiennes, pour Gorice, sont de 1802.
Les armes de Gorice étaient : tranché d'azur au lion d'or couronné du même et d'un barré d'argent et de gueules.
Possessions autrichiennes en Souabe. — La plus importante des possessions autrichiennes en Souabe était lancien margraviat de Burgau, dont la capitale était Gûnzbourg. En 1760, l'impératrice Marie-Thérèse créa dans cette ville un atelier monétaire qui travailla jusqu'en 1805,
date de Tannexion de la Souabe autrichienne à la Bavière. La Monnaie de Gûnzbourg avait un H pour différent monétaire ; elle frappait, comme celle de Vienne, le numéraire destiné à la circulation générale du pays autrichien, outre des pièces divisionnaires spéciales pour le margraviat de Burgau.
b). — Èvêcljè de Brixen.
Le territoire de Brixen, en italien Bressanone, était formé de petits tronçons répandus pour la plupart en Tyrol. Les patrons du diocèse étaient saint Etienne et saint Cassin. Les armes étaient: de gueules à l'agneau pascal d'argent, la tête nimbée et contournée, tenant du pied gauche une bannière d*argent à la croix de gueules.
Le monnayage de Brixen reprit au commencement du xvii^ siècle, et prit fin avec le xviii^. Voici la liste des évoques pour cette période :
* Charles d'Autriche, 1613-24 (Breslau, Jean-François Kuen von Aucr, 1685-
ordre teutonique). 1702.
Jérôme-Otton-Agricola, 1625-27. * Gaspard-Ignace de Kùniglé, 1702-47.
Daniel Zen, 1627-28. *Léopold de Spaur, 1747-78.
Guillaume de Welsberg, 1628-41. Ignace de Spaur, coadjuteur, 1775-79.
Jean Plazgummer, 1641-47. * Vacance du siège, 1779.
Antoine Krosin, 1647-63. Joseph de Spaur, 1779-91.
Sigismond-Alf. de Thun, 1663-77. Charles-François de Lodron, 1791- Paulin Mayr, 1677-85. 1828.
Les émissions des évoques de Brixen n'eurent jamais une grande importance; elles témoignent plutôt du désir d'affirmer un droit que de celui de pourvoir aux nécessités des transactions commerciales.
c). — Evèché de Gurk.
L'évêché de Gurk en Carinthie, episcopatus gurcensis, qui dépendait de larchevêché de Salzbourg, ne posséda jamais le droit monétaire. On connaît toutefois des thalers de Jean VI de Schoenenberg (1552-54), puis des ducats d'or, des thalers et Ats pièces de 20 kreu^ers de François de Salm-Reifferscheid (1782-1822), mais ce dut être à la suite d'autorisations personnelles, accordées par l'empereur à ces personnages, que ces monnaies ont pu être frappées.
d). — Princifyauté d*Auersperg K
La terre d'Auersperg était située en Carniole. En 1655, Jean-\Vi- 1. Cf. NumismatiscJje ZeitutJg dcLQhzm3inn, 1862, p. 167.
l'empire d'allemagne 363
chard, comte d'Auersperg, fut élevé au rang de prince et obtint le droit de battre monnaie; il l'exerça dès l'année suivante. Deux autres membres de la maison d'Auersperg firent également monnayer à leur nom : en 1762, Henri (1713-83), puis, en 1805, Guillaume (1800-22). Les pièces consistent en ducats d'or et en thalers au buste et aux armes du prince.
La maison d'Auersperg possédait depuis 1654 la principauté de Munsterberg en Silésie, et les comtés de Wels, de Gottschée et de Thengen en Souabe. En 1791, Munsterberg fut vendu à la Prusse, et le comté de Gottschée fut érigé en duché.
Les armes d'Auersperg étaient : &ar^e/e,aMX i^"" et 4^ de gueules au bœuf cTor, bouclé du même, passant sur une terrasse de sinople, le bœuf du /«r contourné; aux 2^ et 3^ d'or à V aigle de sable couronné d'or, soutenu d'un banc à quatre pieds de sable ; sur le tout, pour Gottschée, un écusson d'argent couronné dior et chargé d'un lion de gueules couronné d'or.
e). — Conité de Buchheim.
Ce comté, aussi nommé comté de Puchhaim ou de Pûckheim, était situé dans la Haute-Autriche, non loin de Schwanenstadt. On ignore si les comtes de Buchheim ont obtenu le droit monétaire ; les pièces que l'on possède de Jean-Christophe 111(1619-57) sont plutôt des essais ou pièces de plaisir que des monnaies destinées à une circulation effective.
f). — Comté de Dietrichstein.
La terre de Dietrichstein, en Carinthie, avait pour armes : tranché d'or sur gueules à deux serpettes de vigneron d'argent emmanchées d'or, adossées, posées en pals et brochant sur le tranché. En 1637, Sigismond-Louis, comte de Dietrichstein de la ligne de Weichselstadt, reçut de lempereur Ferdinand III le droit de battre monnaie. 11 en fit usage dès l'année suivante, et frappa des ducats d'or, des thalers et des pièces divisionnaires. Sigismond-Louis s'intitule : comes a Dietrichstain liber baro in Hollenburg, Ces titres se retrouvent sur les monnaies deSigismond-Helfried (1664-98), fils du précédent, et de Charles-Louis (1702-32), neveu de Sigismond-Helfried, les seuls comtes de Dietrichstein-Weichselstadt qui aient continué à user de leur prérogative régalienne.
g). — Comté d'Ostenvii^.
Le comté de Hohen-Osterwitz en Carinthie appartenait à la famille de Khevenhûller, originaire de Franconie. Jean-Joseph de Khevenhûller- Netsch (1742-76), qui exerça en Autriche et en Carinthie de hautes charges honorifiques, frappa en 1761 et 1771 des ducats et des thalers à son buste, sans doute à la suite d'une concession impériale. En 176^ l'empereur François I éleva le comte d'Osterwitz au rang de prince.
Les armes de Jean-Joseph de Khevenhûller comprennent les quartiers des diverses possessions de la famille : Frankenbourg, Landskrone, Aïchelberg, Weispriach et Kellerberg, et sur le tout un écu coupé d'Auffenstein et de Manndorf. Sa devise, inscrite au revers de son thalerde 1771, est: CANDIDE SED PROVIDE.
h). — Principauté de Paar.
En 1769, Joseph II accorda le rang de prince à Jean-Wenceslas, comte de Paar en Autriche. Le droit monétaire paraît avoir été compris dans la concession. On possède des ducats, des thalers et des gulden frappés par Jean-Wenceslas (1769-92) et par son fils Wenceslas (1792- 1812). Ces monnaies portent les millésimes de 1771, 1781 et 1794.
Les princes de Paar prenaient les titres de : supremus impertalis aulae regnorum hereditariorum et per Germaniam hereditarius postarum magister. Leurs armes étaient : écartelé,au i^^ et 4^ bandé-ondé d'azur et d'or; aux 2^ et 3^ d'or à Vaigle de sable, becquée, membrée et couronnée d'or: au pal brochant sur la ligne du parti, coupé de gueules à une couronne royale d'or, etdas^ur à trois couronnes pareilles, V une sur l'autre; sur le tout, un écusson couronné, parti au 1^^ coupé d argent à la rose de gueules, et de gueules à trois bandes d'argent, au 2^ de gueules au cygne d'argent posé sur une colline de sinople,
i). — Comté de Sprin:^enstein.
Les comtes de Sprinzenstein, dont le patrimoine originaire s'étendait non loin de Rohrbach, près de la frontière bavaroise, étaient archimonétaires héréditaires en haute et basse Autriche: archimonetarius haereditarius utriusque Austriae, Ils prenaient également le titre de seigneurs de Neuhaus.
On possède des monnaies de deux d'entre eux: François-Ignace et Jean-Ehrenreich. Leurs pièces consistent en ducats d'or et thalers
l'empire d'allemagne 365
d'argent aux millésimes de 1705 et 1717; elles ont été frappées dans l'atelier d'Augsbourg.
Les armes des comtes de Sprinzenstein sont : écarielé, au i^^ cTargent chargé en chef de nuées (fa^ur et en pointe cTun vautour contourné au naturel posé sur un rocher au naturel, qui est Sprinzenstein, au 2^ cTor au griffon naissant de sable couronné d'or tenant dans sa patte dextre une tige feuillée de sinople fleurie de trois pièces d'argent, armes anciennes de la famille, au 3^ de gueules à trois hérissons au naturel, qui est Ricci ancien, au 4^ bandé d*a\ur et d'or ; sur le tout, de gueules au boeuf naissant d'argent accorné d'or montrant tout le devant de son corps, qui est Jôchel de Sterzing.
j). — Seigneurie de Tarasp.
Cette seigneurie, située sur Tlnn, dans la vallée de TEngadine, faisait partie du Tyrol, quand en 1684 l'empereur Léopold I la donna en toute souveraineté à Ferdinand, prince de Dietrichstein, de la ligne de Nikolsburg (165 5-98).
En 1695, Ferdinand fit frapper monnaie dans Tatelier de Vienne, notamment des thalers à son buste et à ses armes.
k). — Possessions des comtes TrautsonK
En 1598, l'empereur Rodolphe II éleva son conseiller Paul-Sixte- Trautson au rang de comte de Falkenstein. En 161 j, ce seigneur obtint le droit de battre monnaie. On possède de lui des thalers, demithalers et pièces de 3 kreu^er à son buste et à ses armes : écartelé, au i^^ d'or à Vaigle éployée de sable becquée et membrée d'or surmontée de la couronne impériale, au 2^ de gueules à lafasce d'argent au faucon au naturel posé sur un tertre d'argent et brochant sur lafasce, qui est Falkenstein, au 3^ au coq hardi, chantant et contourné de sable, creté et barbé de gueules, posé sur un tertre de sable, qui est Sprechenstein, au 4^ d'or au bouquetin naissant de sable arraché de gueules, qui est Schrofenstein ; sur le tout d'azur au fer à cheval d'argent, qui est Trautson.
L'atelier monétaire de Paul-Sixte Trautson, qui travailla de 1615 à 1620, était placé à Vienne, dans une maison de la Trabantenstrasse, à l'enseigne « zum rothen Rosenkranz ^.
Les émissions continuèrent sous Jean-François Trautson (1621-
I. Cf. NumistnatiscJx Zeilung de Leitzmann, 1864, p. 29 et suiv.
1663), SOUS François-Eusèbe (1678-1728), et sous Jean-Léopold (171 1-24), que Tempereur Joseph I éleva en 171 1 au rang de prince de l'Empire.
§ VII. — La Bohême, la Moravie, la Lusace et la Silcsie^.
Les pays de la couronne de Bohême comprenaient, outre le royaume de Bohême, les margraviats de Moravie, de Haute et de Basse-Lusace, et le duché de Silésie.