Voyez p
d'émettre de menues espèces, telles que des hellers unifaces, à leurs armes ou à leurs initiales. Quelques-uns de ces monnayages empiètent sur la période moderne ; tels ceux des. villes de Liegnitz, Crossen, Glogovie ou Glogau, Schweidnitz, Lôwenberg, Wohlau, etc.
En 15 14, Schweidnitz fut autorisée à frapper des groschen polonais. Pendant la kipper^eit la même ville frappa des pièces de 24, de 12 et de 3 kreu^er, puis les hellers unifaces habituels.
On trouvera dans le troisième volume de notre Traité de numismatique du moyen âge des détails plus étendus sur l'histoire monétaire des villes de Silésie.
n). — Silésie prussienne.
En 1740, à la mort de l'empereur Charles VI, le roi de Prusse éleva des prétentions sur plusieurs terres de Silésie, notamment Jaegerndorf, Liegnitz, Brieg et Wohlau. En 1742, la paix de Breslau attribua à la Prusse, en toute souveraineté et indépendance de la couronne de Bohème, toute la Silésie, à l'exception de la principauté de Teschen, de la partie des principautés de Troppau et de Jaegerndorf qui est située au delà de la rivière d'Oppa, et d'une partie de la principauté de Neisse, limitrophe de la Moravie.
Les rois de Prusse, Frédéric II (1742-86), Frédéric-Guillaume II (1786-97) et Frédéric-Guillaume III (1797-1840), firent frapper pour la province de Silésie des monnaies spéciales. L'atelier de Breslau eut un B comme différent monétaire.
§ Xm. — La Prusse
a). — Duché, puis royaume de Prusse.
En 1525, Albert de Brandebourg, grand maître de l'Ordre teutonique, se convertit au protestantisme et obtint de son oncle, Sigismond, roi de Pologne et suzerain de la Prusse, un traité par lequel il fut reconnu duc
I. F.-A. Vossberg, Geschichle der preussiscJjen Mfmien utid Sie^^eî bis -«w Etide âcr I Herrschaft des dcutschen Ordens. Berlin, 1843, in-4. — Voyez la bibliographie du margraviat de Brandebourg. — Nous ne parlons dans ce paragraphe que des monnaies du duché, puis royaume de Prusse. La numismatique des villes prussiennes, Danzig, Elbing, Thorn, sera traitée plus loin au chapitre consacré à la Pologne.
l'empire d' ALLEMAGNE 38 1
héréditaire de tout ce que Tordre possédait en ce pays. C'est avec Albert de Brandebourg (i $25-68) que le monnayage moderne commence en Prusse par l'abandon des caractères gothiques et l'apparition sur les espèces du buste du souverain. Les monnaies portent l'indication de leur valeur: SOLIDVS PRVSSIE sur les schillings, \\\ GROSSAR- TRIPLEX ALBER • DV • PRVSSIE sur les pièces de j groschen, etc. Toutes les pièces, sdMÏlQs pfennigs, ont le millésime; enfin les légendes comprennent généralement la devise JVSTVS EX FIDE VIVIT, passablement audacieuse pour un prince qui devait ses états à son apostasie.
Le monnayage paraît s'être arrêté vers 1558. On ne possède aucune monnaie d'Albert-Frédéric, qui succéda en 1568 à son père. En 1578, Albert- Frédéric perdit la raison. La Prusse fut gouvernée par des administrateurs:
•Georges-Frédéric de Brandebourg, duc de Jaegerndorf, 15 78- 160 3. Joachim-Frédéric de Brandebourg, électeur, 1603- 1608. •Jean-Sigisraond de Brandebourg, électeur, 1608-18.
En 1618, à la mort d'Albert- Frédéric, l'électeur Jean-Sigismond lui succéda dans le duché de Prusse, qui resta depuis lors dans sa maison :
•Jean-Sigismond, 1618-19. •Frédéric-Guillaume, 1640-88.
• Georges-Guillaume, 1 6 1 9-40.
En 1657, Frédéric-Guillaume conclut avec le roi de Pologne un traité par lequel la souveraineté de la Prusse fut formellement reconnue ; le pays cessa dès lors d'être un fief mouvant de la Pologne. Les monnaies frappées à partir de cette époque donnent à Frédéric-Guillaume le titre de supremus Prussiae princeps, dominus et hères, ou simplement de supremus dux in Prussia.
A la mort de ce prince, son fils Frédéric III lui succéda. En 1701, Tempereur Léopold I reconnut la Prusse pour royaume et, le 18 janvier, l'électeur de Brandebourg fut proclamé roi à Koenigsberg, sous le nom de Frédéric I. Voici la chronologie des rois de Prusse :
•Frédéric!, 1701-13. * Frédéric-Guillaume II, 1786-97.
•Frédéric-Guillaume I, 1713-40. •Frédéric-Guillaume III, 1797-1840.
•Frédéric II, 1740-86.
En 1759, à la suite des batailles de Palzig et de Kilnersdorf, la Prusse orientale tomba au pouvoir d'Elisabeth Pétrowna, impératrice de Russie. Jusqu'en 1762, il y eut des monnaies frappées à son nom et à son buste ; leur destination spéciale est généralement caractérisée par la
présence au revers des légendes: MON ETA REGNI PRVSS. GROSSVS REGNI PRVSS. etc.
En 1798, Frédéric-Guillaume III supprima Tatelier de Koenigsberg, dont le différent monétaire, depuis le milieu du xviii^ siècle, était la lettre E, et qui fournissait le numéraire propre à la Prusse. Les monnaies divisionnaires frappées pour la circulation de ce pays à partir de celte époque furent forgées dans l'atelier de Berlin.
De 1 525 à 1701 les armes du duché de Prusse furent: d'argent à l'aigle de sable, becquée et membrée d'or, les ailes chargées de demi-cercles tréjlés du même, une couronne du même passée autour du cou^ portant sur la poitrine un S (initiale de Sigismond, roi de Pologne) d*argent. A partir de 1 701, le royaume de Prusse porta: d* argent à r aigle de sable, becquée et membrée d'or, sommée de la couronne royale et chargée sur la poitrine du chiffre FR d'or surmonté d'une couronne royale; l'aigle tenant dans la griffe dextre un sceptre d'or et dans la senestreun monde d'a!{ur, cintré et croisé d'or.