CHAPITRE SIXIÈME
DEPUIS LE COMMENCEMENT DU XVIc SIÈCLE JUSQU'AU XIX».
Sources: J. Rupp, Numi Hungariae hactenus cogniti, delineati et e monurwntis historiconumariis iîlustrati. II Periodus mixta. Budapest, 184$, in-4. — Ver:^eichniss der Mûnxr ««^ Medailkn-Sammlung des Herrn Leopold Wel^l von Wellcnheim. Tome II, 2» partie. Vienne, 1845, in-8. — A. Hess, Die Ungarischen Mûn:{en des fûrslîich Montenuovo'schen Mûn^cahittets, Francfort-sur-Mein, 1886, in-8. — Schônvisner, Catalogus numorum Hungariae et Transilvaniae instituti nationalis S:(échényani, Budapest, 1807-10, 3 voL in-8. — A. Hess, Die Siebenbûrgischen Mûn^en des fûrstîich Montetiuovo'schenMûnikahinets.FraLndon-sur-MQÏny 1880, in-8.
§ I. — Le royaume de Hongrie.
Le royaume de Hongrie a pour armes : parti, au i^^ de gueules à quatre Jasces d'argent, au 2^ de gueules à une croix à double traverse d'argent, A partir de 1490 cette croix est parfois posée sur une colline de sinople ; cette disposition devient habituelle en 1526. Depuis 1608 la croix est représentée issant d'une couronne d'or posée sur la colline. La Hongrie est placée sous la protection de la Vierge et de saint Ladislas.
En 14905 Wladislas VI, roi de Bohême, fils de Casimir IV, roi de Pologne, fut proclamé roi de Hongrie et couronné dans Albe-Royale. C'est sous son règne qu'eurent lieu les premières émissions des fortes espèces d'argent ; l'ensemble du système monétaire hongrois comprit alors les pièces suivantes :
a) Le ducal d*or au type de la Vierge et de saint Ladislas debout, frappé en quantités énormes et répandu dans TEurope entière sous le nom de dticat de Hongrie.
b) La pièce d'un thaler et demi frappée de 1 504 à 1 506. Son type général est analogue à celui du thaler : à Tavers un écu à dix quartiers, au revers, la représentation équestre de saint Ladislas au-dessus de laquelle apparaît, dans la légende, une petite image de la Madone.
c) Le thaler d'argent, dont la première émission eut lieu en 1499 et la dernière en 1 506. Voici son type : moneta wladislai régis vngarie. Écu écartelé de Hongrie, Dalmatie et Bohème, avec Pologne sur le tout. Rsv. : ladislavs rex. Saint Ladislas
à cheval, au pas, à gauche, sans manteau, tenant de la main droite une hallebarde et de la gauche une épée. Le millésime est placé entre les jambes du cheval. Les légendes des premiers thalers sont écrites en caractères gothiques.
d) Le demi'thaler frappé en 1499 eut le même type que son multiple. Celui de 1500 porte à Tavers la Vierge et l'Enfant issant d'un croissant, au revers saint Ladislas debout.
e) Le groschm, sans millésime, a d'un côté l'écu aux cinq quartiers, de Fautre b Madone.
f) Le denier. Môme type.
g) Vobole, Même type, mais sans légende.
Les ateliers monétaires de la Hongrie étaient : Kremnitz, qui marquait ses produits d'un K. Nagybanya, qui les marquait d'un u, et Hermannstadt, dont le différent était un b. Sur quelques thalers et multiples, on lit, à côté de Técu de Tavers, les mots KREMITZ-TVRSO ; le premier est le nom de Tatelier, le second désigne Alexandre Turzo, comte de la Chambre, qui dirigeait l'administration et la fabrication monétaire du royaume.
Wladislas VI mourut en 1516, laissant la couronne à son fils Louis II, à peine âgé de dix ans. Ce prince périt en 1 526 à la bataille de Mohacz, livrée contre les Turcs, qui en 1521 avaient pris Belgrade.
Le monnayage de Louis II ne comprit que des ducats, des gros, des deniers et des oboles, dont les types sont conformes à ceux des monnaies frappées par son père. Les trois ateliers de Kremnitz, Nagybanya et Hermannstadt restèrent en activité.
Louis Ilétant mort sans postérité, Ferdinand I, archiduc d'Autriche, son beau-frère, revendiqua le royaume de Hongrie et se fit couronner en I J27. Il eut à lutter contre Jean Zapoly, voivode de Transylvanie, qui avait été élu dès 1526. La lutte fut poursuivie avec des chances diverses jusqu'à ce qu'en 1 536 un traité intervint. Les deux compétiteurs conservèrent chacun la partie du royaume qui leur était soumise de fait, et purent prendre simultanément le titre de roi ; à la mort de Jean Zapoly, la Hongrie entière devait passer à son rival. Cet événement se produisit en i J40.
Jean Zapoly frappa de 1 527 et 15 37, dans les trois ateliers déjà mentionnés et à Clausenbourg ou Kolosvar; mais ses espèces ne consistèrent qu'en ducats, en groschen^ en deniers et en oboles. Sous Ferdinand I d'Autriche, la fabrication du thaler fut reprise en 1 J J 3 à Kremnitz; ces pièces portent dorénavant le buste du souverain et ses armes, mais les ducats d'or conservent les empreintes traditionnelles de la Vierge et de saint Ladislas.
Après Ferdinand I, la Hongrie resta à la maison d'Autriche et la série monétaire se poursuivit sous les rois suivants :
* Maximilien n, 1563-72. *JosephI, 1687-1711.
•Rodolphe II, 1572-1608. *CharlesVI, 1712-40.
•MathiasII, 1608-18. * Marie-Thérèse, 1741-80.
•Ferdinand II, 1618-25. *Joseph I, 1780-90.
• Ferdinand III, 1625-47. •Léopoldll, 1790-92.
• Ferdinand IV, 1647-54. * François II, 1792-183 5. •Léopold I, 1655-87.
En 1699 fut signé entre Joseph I et le sultan le traité de Carlowitz, par lequel la maison d'Autriche rentra en possession delà Transylvanie, de TEsclavonie et de toute la Hongrie en deçà de la Save. En 1704 éclata, d'abord en Transylvanie, puis en Hongrie, la révolte dite des Malcontents; une diète tenue l'année suivante à Albe Julie ou Weissembourgélut François-Léopold Racoczy, prince de Transylvanie; en 1707, la diète d'Onod déclara vacant le trône de Hongrie; mais les Malcontents furent battus l'année suivante et la révolte fut étouffée.
De 1704 à 1705, les insurgés émirent des espèces d'or, d'argent et de cuivre, sur lesquelles la légende MON-NOV- AVR- (ou ARG.) REOnt HVNG^n^^ remplace le nom de Joseph I. Leurs ateliers furent Kremnitz, Nag>bànya et Mûnkacz. Plusieurs monnayages obsidionaux se rattachent à cette même période de guerre civile. En 1704, pendant le siège d'Eperies, les autorités de cette place firent frapper des pièces de cuivre portant un L couronné et le millésime; sur celles de ces monnaies qui ne sont pas unifaces, le revers porte : EPER • BLOC. L'investissement de Léopolstadt (1704-5) donna lieu à d'autres monnaies de nécessité en cuivre; leur type se compose des lettres LS liées et du millésime; au revers figure l'indication de la valeur et la devise : PRO NECESSITATE ou EX NECESSITATE. En 1708, le siège de Grosswardein provoqua rémission de nouvelles obsidionales en cuivre; leur type est un | couronné accompagné du millésime, et, au revers, IN NECESSITATE VA- RADENSI.
§ n. — Principauté de Transylvanie.
La Transylvanie était bornée au nord par la Pologne, à l'est par la Moldavie et laValachie, au sud parla Valachie,à Touestparla Hongrie. Ses armes étaient: d'aj(ur à trois défenses de sanglier, rangées en Jasce, d'argent, mouvant d'un nuage du même à senestre.
Par le traité conclu en 1536 entre Jean Zapoly et Ferdinand I d'Au-
triche, il fut convenu que dans le cas où le premier aurait un fils, la Transylvanie serait définitivement démembrée de la Hongrie pour constituer à ce fils une souveraineté. Cette éventualité se produisit en 1540 par la naissance de Jean-Sigismond Zapoly. Son père en mourant, la même année^ le laissa sous la tutelle de sa mère Isabelle de Pologne.
Jean-Sigismond prit le titre de roi de Hongrie. Jusqu'en 1 560 les monnaies portèrent son nom associé à celui de sa mère : lOHAN - SIGISM - RVNGSFVYSABED-GREGVNGA. De i^So à 1571, il signa seul. En 1 570, par le traité qu'il conclut avec Maximilien II, il renonça au titre de roi pour ne prendre que celui de prince sérénissime; le même traité stipula qu'au cas où il mourrait sans lignée, la Transylvanie deviendrait une principauté élective vassale de la maison d'Autriche. Jean-Sigismond mourut sans enfants l'année suivante. Voici la liste des princes de Transylvanie ses successeurs, avec les formes les plus usuelles que leurs noms ont sur les monnaies :
• Etienne Bathori deSomlyo, 1571-76, s. b. d. s.
• Christophe Bathori de Somlyo, 1576-81, c. b. d. s. ^Sîgismond Bathori de Somlyo, 1381-98, s. b. d. s. •André Bathori, 1599.
•Rodolphe II, empereur, 1 599-1604.
• Moïse Zekel de Sesnenfaiva, 1603 (juin à septembre). •Etienne Botskay, 1604-7, stepha bochkay ou stephanvs. •Sigismond Racoczi, 1607-8, sigismvndvs RAKoai. •Gabriel Bathori, 1608-13, Gabriel ou gab. bathori. •Gabriel Bethlen, 1613-29, ga. bet. ou Gabriel.
• Catherine de Brandebourg, veuve du précédent, 1630, cath. d. g. n. m. b. (nata
Marchionissa Brandeburgensis.) •Etienne Bethlen, 1630, stepha. bet.
•Georges Racoczi I, 163 1-48, georgivs rakoci. •Georges Racoczi II, 1649-60, geor. rako.
• François Rhedey, 1658.
• Achate Bartsay, 1658-61, acha. bar.
•Jean Kemeny, 1660-62, ioan kemeny.
•Michel Apafi, 1661-90, michael apafi.
• Émeric Tokoli, 1682-99, eme. thokoli ou tockel.
Le système monétaire de la Transylvanie était le même que celui de la Hongrie, et les ducats d'or portèrent, jusqu'au xvii« siècle, les images de la Vierge et de saint Ladislas. Les thalers, frappés en abondance dès le dernier quart du xvi« siècle, ont l'effigie du prince et Técu aux trois défenses de sanglier.
Les ateliers monétaires de la Transylvanie furent établis dans les villes suivantes : Klausenbourg ou Kolosvar (C-V, K-0), Hermannstadt ou
Szeben (CIBIN)? Albe Julie ou Weissembourg (A-l)? Neustadt ou Nagybania (N-B), Kronstadt ou Brassau (C-B. C-C)> Fogarach (A-F, <i^x Fogaras), Kaschau (C-M), Schaessburg (S-B) et Munkacz (M-M).
§ III. — Principautés diverses.
a). — Princes de Baithyani.
Les comtes de Batthyani furent élevés au rang de princes en 1764. Leurs armes étaient : d'azur au rocker au naturel supportant un pélican dans son aire d'argent avec sa piété de gueules ; le rocher s'élève d'une mer d'argent de laquelle sort en pointe, devant une caverne du rocher, un lion naissant d'or tenant entre ses dents un badelaire d'or garni d'argent, en fasce.
On possède des monnaies de deux princes de Batthyani. Charles (1764-72) frappa de 1764 à 1770 des ducats d'or et des thalers d'argent. Louis (1787-1806) frappa de 1788 a 1791 des ducats à! ov^ des thalers, des gulden et des ^wan^iger d'argent. Le type de ces monnaies se compose du buste et des armes des princes; les légendes comprennent, outre le nom et l'énumération abrégée des titres, la devise de la maison de Batthyani : FIDELITATE ET FORTITUDINE.
b). — Princes Es:(terhaiy de Gaîaniha.
Nicolas (1762-90), prince Eszterhazy, conseiller secret de l'empereur, général feldmaréchal et capitaine de la garde du corps noble de Hongrie (nobilis praetorianae hungaricae turmae capitaneus), fît frapper en 1 770 des ducats d'or, des thalers et des gulden d'argent. Ces pièces portent son buste et ses armes, qui sont: écartelé, au i^^ d'azur au griffon contourné d'or, posé sur une couronne du même, tenant en sa patte senestre un arbre d'argent, garni d'or, et en sa dextre une branche de rosier de sinople fleurie de trois pièces de gueules ; au 2^ d'azur à deux barres d'argent accompagnées de deux croissants du même, celui en che/ contourné, celui en pointe à senestre tourné et à la bordure d'or; au 3^ d'or à l'aigle éployée de sable, becquée^ membrée et chaque tête couronnée du champ; au 4^ coupé: a. de gueules au lion naissant d'or tenant en sa patte dextre une branche de rosier fleurie de trois pièces d'argent, b. d'argent à trois roses de gueules; sur le tout un écusson de sable timbré d'une couronne princière et chargé d'un L (initiale de l'empereur Léo-
TJTE.