Zarkh
En 1487, l'empereur Maximilien 1 étendit les droits monétaires de la ville de Zurich à la fabrication de la monnaie; en i;i4 l'abbesse de Zurich abandonna complètement à la ville ses droits personnels.
Le premier thaler fut frappé en 1 5 1 2 ; cette pièce, d'une composition particulièrement remarquable (fig. 239), porte à l'avers sainte Régule entre saint Exupérant et saint Félix ; les trois personnages sont décapités et tiennent leur tête dans les mains. Les armes de Zurich sont : tranché d'argent et d'azur. Les petits écussons qui forment la bordure sont ceux de seize avoueries dépendant de Zurich : Andelfingen, Grueningen, Regensdorf, Eglisau, Maschwanden, Winterthur, Steîn, Greifensee, Kybourg, K.nonau, Slâfa, Elgg, Hedingen, Regensberg, Neu-Amt et
394 PREMIÈRE PAKTIE
Stammheim. Sur un thaler de i^aô, nommé kelckthaler parce que les Protestants l'avaient frappé avec l'argenterie des églises, les écussons des avoueries, placés au revers sur une double rangée circulaire, sont au nombre de vingt-sept.
Les espèces frappées à Zurich pendant l'époque moderne sont extrêmement nombreuses, tant en or qu'en argent. Avant la Réforme, le tj-pe se composait fréquemment des images de saint Charlemagne, de saint
Félix ou de sainte Régule. Plus tard, on trouve les armes de la ville, l'aigle d'empire, ou un lion debout tenant l'écu rond de Zurich, ou enfin une vue de la ville généralement prise du lac; parfois on lit, dans le champ du revers, la prière: DOMINE CONSERVA NOS IN PAGE ou des devises telles que: IVSTITIA ET CONCORDIA ou pRO DEO ET PAT RI A.
g). — Claris.
Ce canton n'a usé qu'à une époque relativement récente du droit de battre monnaie. On possède de lui quelques heller non datés et des schillings depuis 16 ri.
Les armes de Claris sont : de gueules à un saint FridoUn, vêtu en pèlerin et marchant, au naturel.
h). - Ztig'.
Les premières monnaies de Zug qui aient un millésime sont des groschen de l'année \<,îè. Il est peu probable, au dire de M. Lehr, qu'il en ait été frappé plus tôt. En 1 564 et 1 565 se montrent les thalers, spécimens remarquables de l'art monétaire, que notre figure 240 met sous
I. TH.WeiKT,DaiMûn:iV.vsenvQnZtigundiitsstnP/ennigeut:dHiiiUr.Bile, 1888, in-8.
les yeux du lecteur. L'avers représente saint Michel pesant des âmes et tenant l'épée levée :CVM HIS QVI ODERinT PACEm ERAM PACl- FICVS. Au revers, deux lions tiennent l'écu d'empire au-dessus de deux écus de Zug : d'argent à la/asce d'azur ; la légende est MONETA NO>'i CANTONISTVGIENSIS.
Les types des monnaies de Zug sont, outre celui que nous venons de voir, l'effigie de saint Oswald, patron de la ville, celle de saint Wolfgang, l'aigle d'empire. Les émissions furent particulièrement actives au xvu* siècle, où elles comprennent des schillings, des groschen, des
bat^en, des pièces de dix kreu^ers, des dicken, des demi-dicken, des pièces de 20 kreu^er, des tkalers, des demi-thalers, des ducats avec divers multiples ou sous-multiples. Du x.wm'^ siècle, nous n'avons plus que de la petite monnaie : des keller, des angster, des sec/istel-assis.
i). — Berne'.
Bernç poTte de gueules à la bande d'or chargée d'un ours de sable. Son patron était saint Vincent, dont le buste figure sur les premiers testons ou dicken d'argent (tig. Î41I. Ces pièces, d'un style remarquable, sont des imitations évidentes des testons de Galéas-Marie Sforza, duc de Milan; d'abord sans date, elles portent à partir de 1493 un millésime.
L'émission des thalers commença en 149; et fut poursuivie en 141)4 et en i joi. Le revers de ces
I. Lohner, DU Mun^en dtr RepuUik Bern. Zurich, 1846, in-8. Supplémenl, Zurich,
belles espèces d'argent porte les armes de vingt-sept avoueries qui dépendaient de Berne; sur le rang intérieur, autour de l'ours et de l'aigle, figurent celles de Thun, Burgdorf, Laupen, Frûtigen, Ober-Simmenthal, Nieder-Simmenthal et Aeschi; sur le rang extérieur; Zofingen, Aarau, Brii^, Lenzbourg, Aarberg, Nidau, Bûren, Wangen, Bipp, Granson, Orbe, Aarwangen, Erlach, Aarbourg, Huttwyl, Morat, Trachselwald, lnterlak.en, Unterseen et Oberhasli (fig. 242).
Jusqu'à l'époque de la Réforme, toutes les monnaies bernoises eurent leurs légendes écrites en lettres gothiques. Le dichen frappé en iiî9> trois ans après la conquête du pays de Vaud, est, d'après M. Lehr, le plus ancien qui porte des lettres latines. A la même époque, l'aigle impériale avec la légende : BERCHToWui DVX ZERlNGensis FVNDATOr ou CONDITOR commence à remplacer l'effigie de l'ancien patron saint Vincent. Un quart de siècle après la paix de Westphalie, qui consacra l'indépendance de la Suisse, vers 1675, le nom du fondateur de la ville fait place à son tour a une devise religieuse, telle que BENEDICTVS SIT lEHOVA DEVS ou DOMINVS PROVIDEBIT. M. Lehr, auquel nous empruntons ce résumé de l'histoire monétaire de Berne, fait toutefois remarquer que ces règles ne sont pas sans exception ; ainsi les diverses pièces d'or frappées en 1600 et 1601, deux tiers de siècle après la Réforme, portent encore l'effigie et le nom de saint Vincent. Notre figure 14^ donne un spécimen des monnaies divisionnaires de Berne frappées au nom de Berchtold de Zâhringen, le '*' '" fondateur de la cité.
Indépendamment des thalers et des dicken et de leurs divisions, le numéraire de Berne comprit au xvi' siècle desjlorins et des ducats d'or avec leurs multiples et sous-multiples, des bat^en et demi-bat^en, des
kreuj^er, des vierer et des heller. Berne est de toutes les villes de Suisse celle dont la série de pièces d'or est le plus riche ; elle offre jusqu'à dix variétés de ducats, depuis le ducat simple jusqu'à la lourde pièce de douze ducats.
j). — Soleure.
Les plus anciennes monnaies datées émises à Soleure sont de beaux Ma/er5 frappés en i$oi. Leur type comprend l'image de saint Ours, SANCTVS VRSVS MARTYR, debout, armé de toutes pièces, tenant dans la main un drapeau orné d'une croix. Le revers porte Técu de la ville : coupé de gueules et d'argent, la légende MON ETA SOLO- DOR et, en bordure, douze écussons des avoueries qui dépendaient de Soleure, c'est-à-dire : Buchegg, Halten, Altrew, Flumenthal, Falkenstein, Rothberg, Olten, Goesgen, Balm, Thierstein, Dorneck et Gilgenberg. Sur les thalers frappés dans le cours du xvi® siècle, ces petits écussons furent omis.
Soleure avait adopté le pied monétaire de Berne, ce qui lui valut le désagrément de voir assez souvent ses pièces prohibées par Zurich, jalouse de la préférence accordée à sa rivale. La devise de Soleure : CVNCTA PER DEVM, figure au xviii^^ siècle sur plusieurs de ses monnaies.
k). — FriîfourgK
La concession monétaire que Fribourg avait obtenue de l'empereur Sigismond en 1422 fut complétée en 1 509 par une bulle du pape Jules II accordant à la ville le droit de forger des espèces d'or. Depuis cette époque jusqu'à la fin du siècle dernier elle a, d'après M. Lehr, largement usé de sa prérogative, et la série des monnaies fribourgeoises est une des plus complètes et des plus variées que nous offre la numismatique suisse.
Fribourg frappa des dicken ou testons dès la fin du xv^ siècle, et des thalers dans la première moitié du xvi^, mais ces pièces sont sans date. Le premier dicken daté est de 1 5 30.
Les types les plus caractéristiques en usage à Fribourg sont l'image de saint Nicolas, et les armes de la ville : d'ai^ur au château à trois tours d'argent, maçonnées et crénelées, accompagné d'une aigle éployée de sable au canton senestre du chef. Au xviii<^ siècle, les pièces portent fréquemment la devise : SOLI DEO GLORIA.
I . A. Henseler, Essai sur Us momiaUs d'or et d'argent de Fribourg. Fribourg, 1884, in-8.
398 PREMltRE PARTIE
1). - Scbaffouse.
Schaffouse, après avoir conclu avec les Suisses plusieurs alliances, entra définitivement dans la confédération en ijoi.
Le monnayage de SchafFouse comprit au xvi* siècle et au xvii* des ducats d'or, des thalers et des dicken ou testons d'argent. Au x\nii* siècle, les émissions perdirent toute importance, et ne consistèrent plus qu'en espèces divisionnaires.
Les armes parlantes de Schaffouse sont ; d'or au bélier de sable, saillant de la porte d'un château crénelé d'argent. Elles forment avec l'aigle à deux tètes le type habituel des plus fortes espèces. La devise : DEVS SPES NOSTRA EST sert ordinairement de légende au revers des monnaies de Schaffouse.
La série des fortes espèces d'argent commence à Bâie, en [499, par de beaux dicken ou testons au buste de la Vierge, patronne de la cité (fig. 244); les caractères des légendes sont gothiques. Cet alphabet persista jusque dans le second quart du xvi* siècle. En i j 2 1 commença la frappe des thalers, qui s'arrêta en 1797. De 1561 à 1616, BâIe émit des guldenthaler de îo batzen. Les espèces frappées par cette ville, du ivr" au XIX' siècle, sont extrêmement nombreuses tanten or qu'en argent. Le type particulier à BâIe Fig- '** se compose de ses armoiries
très caractéristiques: d'argent à la crosse bdloise, dite baselstab, de sable, posée en pal. Ordinairement l'écu est soutenu par un ou deux basilics, animaux fantastiques qui tiennent à la fois du coq et du serpent. Sur quelques monnaies, notamment sur des thalers frappés en i{7i, le revers porte l'effigie en pied de Munatius Plancus, auquel les Bàlois attribuent la fondation de leur ville ; le personnage est revêtu de son armure et pose la main gauche sur un bouclier chargé des lettres SPQR. La légende est: \ucio UVHatio PLANCO RAVRACORVM IL- LVSTRATORi VETVSTISSIMO. A partir du milieu du xvn« siècle, le type des thalers est fréquemment formé d'une vue de la ville. La légende ordinaire du revers est, DOMINE CONSERVA NOS IN PACE.
n). — Appen:^elL
L'an 1 597, pour mettre fin aux longues querelles religieuses des habitants d'Appenzell, un jugement arbitral divisa le canton en deux districts ayant chacun son administration intérieure : les Rhodes extérieures devaient être occupées par les protestants, les Rhodes intérieures étaient réservées aux catholiques.
Ce n'est que dans le second tiers du xvin« siècle qu'Appenzell commença à battre monnaie. Les Rhodes intérieures firent frapper en 1737 des ducats d'or, des kreu^er, des demi-kreu^er et des pièces de six kreu!{er, en 1758 des shillings, des bat^en, des demi-bat^en, des oertli ou pièces de quatre bat^en, des pièces de 20 kreu^ers ou de cinq bat^en et des pièces de neuf batJ(en. Les Rhodes extérieures firent émettre à leur tour des pièces de 20 kreu^ers en 1740. Toutes ces pièces, d'un titre assez faible, ont été souvent prohibées par les cantons voisins.
Les armes d'Appenzell sont : d'argent à l'ours de sable levé, lampassé de gueules. Le patron était saint Maurice. Son effigie figure sur plusieurs pièces, notamment sur le ducat d'or.
§ IL — Les états associa et confédérés.
a). — Abbaye dr Saint-Gall » .
L'abbaye de Saint-Gall avait pour armes : d'or à l'ours levé de sable. On possède pour Tépoque moderne des monnaies de deux de ses abbés : l'un, Bernard II Mûller (1594-1630), fit frapper en 1622 des thalers simples et doubles; l'autre, Béda Anghern (1767-96), fit frapper de I77J à 1796 les monnaies les plus variées d'or, d'argent et de billon, notamment des pièces de 2, 4, 5,6, 10, 15, 20 et 30 kreus^er, des gulden, des demi'thalers et des thalers, des ducats d'or et des demi-ducats. Les pièces de Béda portent le plus souvent à l'avers un écu écartelé des armes de l'abbaye, de celles de Saint-Jean en Thurthal, de celles d'Anghern et de celles de Toggenbourg. La légende, toute en initiales, doit se lire comme suit : BEDA Dei Oratia S^cn Romani \mperii princeps Sancti Qalli^t S^ncti \ohannis \n Salle JWurae kbbas \irginis Annun-
I. Aib. Sattler, Die Mûnien und Medaillen der fûrstlichen Abtei Si. Gaîlen, dans le Bulletin de la Société suisse de Numismatique de 1887 et 1889.
ciatae Bques. Au revers, on voit tantôt saint Gall tendant du pain à un ours qui porte une bûche sur l'épaute, tantôt simplement l'ours avec sa bûche. Sur les thalers figure parfois la devise suivante, réduite à ses initiales : Gloria E' Honor Et Pax Qmni Op^rantî Bonum.
L'abbaye de Saint-Gall, dépouillée de son temporel en 1798, fut sécularisée en 180J.
b). - Ville de Saint-Gall.
La plus ancienne monnaie datée émise à Saint-Gall, celle qui marque en même temps le commencement des temps modernes, est un dicken ou teston d'argent de 1500. Les thalers ne débutent qu'en ijô}. Au XVII" siècle, vers 1620, la ville émit toute une série de ducats d'or avec leurs multiples et sous-multiples. Le monnayage du xviii< siècle se borne à des monnaies divisionnaires.
Le numéraire de la ville de Saint-Gall porte l'image de la Vierge, celle de saint Othmar, ou les armes municipales : d'argent à l'ours levé de sable, colleté d'or. En 147s, l'empereur Frédéric 111 autorisa la ville à colleter l'ours de ses armoiries, pour le distinguer de celui que portaient les armes abbatiales. La légende qui se rencontre le plus souvent au revers des monnaies est: SOL! DEO OPT'mjo MAXimo LAVS ET GLORIA ou VNI SOLI DEO GLORIA. Au xvni« siècle, quelques pièces portent : Lj BERTAS CARIOR AVRO, devise appropriée, car toute l'histoire de Saint-Gall se résume en une lutte contre la domination des abbés.
c). — Ligut de la Maison de Dieu '.
Au commencement du xv< siècle, les habitants des Grisons, voulant assurer leur sécurité et leur indépendance, se groupèrent en trois ligues, qui prirent les noms de ligue grise ou Grauerbund, ligue de la Maison de Dieu ou Gotteshausbund, et ligue des Dix- \ Juridictions ou Zehngerichtenbund. De ces trois états le second seul a exercé le droit de battre monnaie.
'*' ^*' La ligue de la Maison de Dieu, Domus
Dei Curiensis, a fait frapper dans le milieu du xvi= siècle, de 1540 à I 1 570, des thalers etdemi-thalers, des pièces de 12, 10, ), i et 1 kreu:iers | et des heller. l
I. C.-F. Trachsel, Die Mûnjen und McdaiUe» Craubùndms, 4» livraison. Lausanoe, i8js, în-8.
Les plus fortes monnaies portent d'un côté les armes de la Ligue : d'argent au bouquetin sautant de sable^ de l'autre, l'aigle impériale à deux têtes, avec la légende: DOMINE CONSERVA NOS IN PAGE. Notre figure 245 reproduit le double kreuj^er dont l'avers porte le buste de saint Lucius.
d). — Èvêché de Coire.
L'évêché de Coire, episcopatus curiensis, avait pour patron saint Lucius. Ses armes étaient les mêmes que celles de la ligue de la Maison de Dieu. Voici la liste des évêques depuis le commencement du xvi<^ siècle :
Paul Ziegler de Ziegelberg, i $03-41. *Ulric VI de Monte, 1661-92.
Lucius Yter, 1541-48. *Ulric VII de Federspiel, 1692-1728.
Thomas de Planta, 1548-6$. *Joseph-Bencît von Rost, 1728-54.
*Beatus de Porta, 1565-81. * Jean- Antoine de Federspiel, lysS-??-
Pierre II Rascher, 1581-1601. Denis von Rost, 1777-93.
*Jean V Plug d*Aspremont, 1601-27. Charles-Rodolphe Buol von Schauenstein,
*JosephMohr, 1627-3$. 1793-1833.
*Jean VI Plug d'Aspremont, 1635-61.
La numismatique des évêques de Coire forme une série très complète qui s'arrête sous Jean-Antoine de Federspiel par des thalers d'argent et des blut^ger de cuivre frappés en 1766, et par des ducats d'or frappés en 1767.
Le thalerlQ plus ancien appartient à Jean V; le premier qui porte une date est de 161 8. Les types les plus usuels des monnaies épiscopales de Coire sont les armes de l'évêque, l'effigie de saint Lucius, le bouquetin sautant. Ulric VI met le premier son buste sur les espèces. Les légendes comprennent, outre le nom de l'évêque régnant, celles de l'empereur, une prière adressée au Tout-Puissant: DOMINE CONSERVA NOS IN PAGE, ou un acte de foi : SI DEVS PRO NOBIS QVIS CONTRA NOS ou DOMINI EST REGNVM. Les thalers de Jean-Antoine de Federspiel sont conformes au pied de convention, ainsi que l'indique l'inscription placée dans le champ du revers.
e). — Ville de Coire,
Les armes de Coire, Curia rethica, qui forment le type habituel de ses monnaies, se composent d'une porte de ville à trois tours crénelées, chargée d'un bouquetin sautant. Les plus anciennes pièces datées sont des
bat^en de 1 529 et des demi-dicken de 1 572. Toutes les autres espèces d'or, d'argent et de cuivre appartiennent au xvii° ou au xviir siècle.
(Notre figure 246 reproduit unjlorin d'or de 1664. Les monnaies qui ne ponent pas en légende le nom de l'empereur régnant, ont la devise : ^^- '*' DOMINI EST REGNVM.
f). — Abbayt de DissetilU.
L'abbaye bénédictine de Dissentis, située dans les Grisons, à la jonction des vallées du Rhin antérieur et du Rhin moyen, avait reçu en 1466 de Frédéric III le droit de frapper des menues espèces. Ce droit fut confirmé en 1578, par Maximilien II, à l'abbé Chrétien de Castelberg.
En 1729, l'abbé Marian de Castelberg fit frapper des AreM^eri sur lesquels il s'intitule MAR'inus Dei Oratia K^bas Oesertinenst's Sicr/ Ro/nani \mperu pHnceps. L'empereur Charles VI, sur la plainte de Thomas- François, baron de Schaucnstein, mit l'abbé en demeure de cesser cette fabrication.
Les armes de l'abbaye de Dissentis étaient: de gueules au sautoir d'argent.
g). — Stignairie de Haldetutiin i .
En lâoy, Thomas 1 de Schauensiein-Ehrenfels acquit la seigneurie de Haldenstein; il obtint le 6 juillet 1611 de l'empereur Rodolphe 11 le droit de battre monnaie, qui lui fut confirmé en ces termes, l'année suivante, par l'empereur Mathias : « in seinen Herrsckaften gulden und sifberne Mûn^sorten, gros^ und klein, allermas^en solckes unser und des heil. Reichs Mûnc^-Edikt und Ordnung :{ulas^l, mil Umbschriften, Bildnussen, Wappen und Gepreg, aufbeiden seiten schlagen und mûna^en lassen... doch sollen ail solche gulden und silberne Miin^en, die Er von Sckauenstein... oder seine Erben und Nackkommen schlagen und mûnc^en lassen werden, von Strich, Nadel, Gehalt, Korn, Gewicht und | Gradt anderen unserer, auch Churfûrsten, Fiirsten, Slatt und St'ândl des Reichs Ordnung geinàs^ und nicht geringer sein. » On possède des monnaies d'or et d'argent de plusieurs seigneurs de Haldenstein :
I. A. Geigy. Haldenstàn und SchaiitnsSein-Rciclitnaii and ihrt MUnfJiràgungen, dans le Bullelin de la Sociité Suisse de Numismatique de 1889.
* Thomas I de Schauenstein-Ehrenfels, 1609-28. •Jules-Otton de Schauenstein-Ehrenfels, 1628-66.
* Georges-Philippe de Schauenstein-Ehrenfels, 1666-95.
Malgré les termes de sa concession, qui lui prescrivait rémission de monnaies de bon aloi, Thomas I émit des espèces qui soulevèrent en Allemagne et en Suisse les réclamations les plus vives et furent décriées par le cercle de Franconie. Ses thalers portent son buste et ont au revers Taigle d'empire, chargée de Técu écartelé du seigneur et entourée de la légende : ARGENTwm RECENS CAVATww m?eratorts k^Joritate SXa^citum,
Georges-Philippe mourut sans enfants en 1695. Jean-Lucius de Salis (1701-22), qui avait hérité de la moitié de la seigneurie de Haldenstein, recommença le monnayage et frappa des kreus^ers. Son successeur Gobert (1722-37) eut des émissions plus actives. On possède de lui diverses monnaies jusqu'aux thalers et doubles thalers d'argent, aux ducats et sextuples ducats d'or. La devise de Gobert : PRO DEO ET PATRIA, figure sur ses espèces. A la mort de ce seigneur, en 17J7, son frère Thomas de Salis lui succéda; il poursuivit les émissions jusqu'en 1 770 et mourut en 1783.
h). — Seigneurie, puis comté de Scimuenstein.
Au milieu du xvi^ siècle, la maison de Schauenstein-Ehrenfels se divisa en deux branches, dont Taînée conserva la seigneurie de Schauenstein. Le 27 février 1709, Jean-Rodolphe obtint de l'empereur Joseph I le droit de battre monnaie; il paraît n'en avoir usé qu'en 1718 et 1719 pour émettre des Wujçg-er de cuivre. Son fils Thomas François fut élevé en 1739 au rang de comte d'empire. On possède de lui diverses monnaies d'or, d'argent et de cuivre. Il mourut en 1742, après avoir adopté un de ses neveux, Jean-Antoine de Buol, sous la condition qu'il prendrait son nom et ses armes. Ce dernier auquel l'empereur Charles VII confirma en 1744 ses droits monétaires, frappa en 1748 des ducats d'or.
Les armes des Schauenstein étaient : de gueules à trois poissons nageants d'argent fun sur l'autre.
i). — Èvêchè de Sion et République du Valais ' .
L'évêché de Sion, en allemand Sitten, avait pour patron saint Théo-
I. M. de Palézieux, Numismatique du Valais, dans le Bulletin de la Société Suisse de Numismatique de i886.
dule; il n'avait pas d'armoiries particulières. Les évêques portaient les titres d'episcopus sedunensis praefectus et cornes Vallesiae ; voici leur chronologie :
•Jossc de Siiinon, 1482-96. i6î8-40.
* Nicolas au f der Flùhe, provtcaïre, 1496. 'Adrien III de Riedmaiten, 1640-46. 'Nicolas Schinner, 1496-99. Adrien IV de Riedmanen, 1646-72. •Mathieu Schinner, cardinal, 1499-1523. Adrien V de RJedmatten, 1672-1701, •Philippe de Piatten, 1522-29. François I Joseph auf der FlQhe, Super- 'Adrien I de Riedmatten, 1519-48. saxo, 1701-34.
•Jean Jordan, 1548-65. Jean-Jacques Blatter, 1734-51.
'Hildebrand I de Riedmanen, 1565-1604. Jean-Hildebrand Roten. 1751-60. '.Adrien II de Riedmatten, 1604-161J. 'François II Frédéric am Bùhel, 1760-80.
• Hildebrand U Jost, lôij-jS. François III Melchior zen Ruffinen, 1780- Banhélemy auf der Flûhe, Supersaxo, 1790.
L'époque moderne commence, pour la numismatique de Sîon, sous
Josse de Siiinon, par de
beaux testons ou dicken d'argent, d'un travail tout italien (fig. 247). Alors que I dans la Suisse allemande les caractères gothiques sont employés, pour les légendes, jusque dans le premier quart du xvi'^ siècle, ici nous sommes déjà en présence de caractères exclusivement latins.
Les ihalers commencent sous Nicolas Schinner en 1498; l'avers représente l'empereur Charlemagne assis sur son trône, en habits impériaux, avec l'épée et le globe; devant lui est agenouillé saint Théoduleen habits sacerdotaux, qui porte la main gauche sur le glaive de l'empereur et montre de la droite le livre des Évangiles que Charlemagne lient ouvert sur ses genoux. Le revers porte au centre l'écu de Nicolas Schinner, mitre et brochant sur une épée et une crosse en sautoir; aucune légende ne figure sur ce côté de la pièce ; la bordure est occupée par seize petits écus; ceux des sept dizains du Valais supérieur, Goms, Brigue, Viège, Raron, Louèche, Sierre et Sion, ceux des six bannières du Valais inférieur, Conthey, Ardon, Saillon, Martîgny, Entremont et Saint-Maurice, enfin ceux des trois seigneuries particulières de la bannière d'Entremont : Bourg Saint-Pierre, Orsières et Val de Bagnes.
Lethalerde Mathieu Schinner frappé en 1 50 [ et que nous reproduisons ici {fig. 248} ne le cède guère en beauté à celui de son prédécesseur; l'avers montre saint Théodule en prières sous une banderole tenue par un ange et portant les mots D. AVDITA EST (c'est-à-dire a Domino
LA SUISSE 40 î
audita est oratio tua); la légende circulaire achève de nous expliquer le sens de cette représentation : PRECIBVS S. THEODOLI DIMISSA EST CVLPA CAROLI. Le revers porte les armes de l'évèque et en bordure dix-sept petits écussons des divers territoires du Valais.
Fig. ni.
Le dernier thaler des évêques de Sion fui frappé en i j 28 par Philippe de Platten. Sous l'épiscopat de Hildebrand II Jost, en i6j8, éclata un mouvement populaire à la suite duquel l'évêque dut partager son autorité avec les représentants des dizains; au lieu de l'ancien titre de préfet et de comte du Valais, il dut se contenter de la qualification plus modeste de préfet et comte de la République Valaisanne. A cette condition les bourgeois, qui avaient commencé à battre des kreu!{er, des demi-bat^en et des dicken au nom de la république, consentirent à lui laisser cette prérogative ; mais depuis lors, l'écusson des sept dizains du haut Valais : parti d'argent et de gueules à sept étoiles posées 2, 1,2, 2, de l'un en l'autre, succéda sur le revers des monnaies à l'image de saint Théodule.
A part Jean 1 Jordan, Hildebrand I et Adrien 11, qui firent frapper des ducats d'or, et Hildebrand 11 Jost, qui en 1624 émit un gulden d'argent, les évêques de Sion n'ont plus produit que de la monnaie de billon. Les dernières pièces sont des bat^en et des pièces de 1, 6, 12 et 20 kreu^^ers frappées de [776 à i778 par François- Frédéric.
j). — Comli, puis principauté de Neuchdtcl.
Le comté de Neuchâtel, en allemand Neuenburg, avait pour armes : d'or au pal de gueules, chargé de trots chevrons d'argent.
En I J04, le mariage de Jeanne de Hochberg, héritière de Neuchâtel, avec Louis d'Orléans, duc de Longueville, fit passer ce pays dans la maison d'Orléans-Longueville, qui lui donna les souverains suivants:
4oé PREMIÈRE PARTIE
Jeanne et Louis, 1504-12. la tutelle desamère'Mariede Bourbon).
[Occupation par les Suisses, 1S12-29). 'Henri II, 1595-166}. Jeanne, veuve, 1529-45. Jean-Louis, i66j-68.
François, I54j-}i. Charles, 1668-72.
Léonor, 1551-7}. Jean-Louis, de nouveau, 1672-94.
•HenriI,i57}-9} (pendant sa minorité, sous 'Marie, duchesse de Nemours, 1694-1707.
En 1707, après l'extinction de la maison d'Orléans- Longue vil le, les États de Neuchâtel, appelés à choisir parmi les nombreux prétendants qui rédamaient la principauté, se prononcèrent en faveur du roi de Prusse :
•Frédéric I, 1707-I}. • Frédéric -Guillaume II, 1786-97.
•Frédéric-Guillaume 1, 171J-40. •Frédéric-Guillaume III, 1797-1806.
• Frédéric II, 1740-86.
Les plus anciennes monnaies de Neuchâtel furent frappées sur l'ordre de Marie de Bourbon; elles devaient être émises sur le pied de Berne, Fribourg et Soleure. En 1612, Henri I frappa des thalers. A la fin du xvii'î siècle, Marie, duchesse de Nemours, fit émettre plusieurs pièces à son effigie et à ses armes; notre figure I49 donne un spécimen de ce monnayage; la devise OCVLI DOMINI SVPER IVSTOS est empruntée au 54= psaume.
Les rois de Prusse firent ^'*' ^*'' frapper des espèces particu-
lières pour leur seigneurie de Neuchâtel; il existe notamment des ^/stoles d'or et des thalers de 171 j ; néanmoins les émissions consistèrent principalement en menues monnaies de billon.
k). — Ripiibliqiit de Genève K
La révolution politique et religieuse qui vint, en 1 j}s, modifier les institutions genevoises, fut le point de départ du monnayage municipal. Le 10 octobre de cette année, le Petit-Conseil décida de battre monnaie aux armes de la ville, et dès le mois de décembre on procéda à la nomination du maître.
Le type principal des monnaies genevoises se compose des armes:
I. Eug. Demole, Histoire monétaire de Genève de lî}} à 1792. Genève, - Le même, Histoire monétaire de Ce 1792 à 1848. Genève, 1892, i
parti, au i^^ d'or à une demi-aigle éployée de sable et couronnée, au 2^, de gueules à la clef d* or, La devise est POST TENEBRAS SPERO LVCEM (Job. XVII, 12), puis poST TENEBRAS LVX ou LVCEM.
Le teston équivalent au tiers du thaler fut, suivant toutes probabilités, la première monnaie d'argent frappée à Genève, comme Vécu au soleil fut la première monnaie d'or. Les thalers apparaissent en 1536 et se continuent jusqu'en 1659; en 1721 ce monnayage fut repris, mais les pièces portèrent officiellement le nom ài'écus d'argent. Les premières monnaies d'or datées sont \ts florins de 1 562.
La guerre de Genève avec la Savoie et les frais qu'occasionnait l'entretien de la garnison forcèrent en 1 590 le gouvernement à émettre des monnaies de nécessité en cuivre qui, plus tard, furent échangées contre de bonnes espèces. Ces pièces, ^orm^ de xii sols, demi-florins de vi sols et sols, portent à l'avers un soleil ayant en cœur les armes de Genève, et, au revers, dans le champ, la valeur de la monnaie suivie des mots : POVR LES SOLDATS DE GENEVE 1590. Notre figure 250 représente l'avers de la pièce de six sols.
En 1792 survint à Genève une révolution, contrecoup de la révolution française, qui entre autres innovations amena l'adoption du système décimal pour
^ J r Pjg 250.
les monnaies. Les pièces frappées en 1794 portent de curieux préceptes moraux ou des devises, tels que : TRAVAILLE ET ECONOMISE. LES HEVRES SONT DES TRESORS. APRES LES TENEBRES LA LUMIERE. L'OISIVETE EST UN VOL. PRIX DU TRAVAIL, etc. En 1795, les Genevois en revinrent au système duodécimal ; on frappa des gros écus, des petits écus, des quinze sols en argent, des six sols, des trois sols, des six quarts et des six deniers de billon. En 1798, Genève, annexée à la France, devint le siège d'un atelier monétaire français.
1). — Évéchi de Lausanne i .
L'évêché de Lausanne, episcopatus lausannensis, avait la Vierge pour patronne. Ses armes étaient : parti d'argent et de gueules, à deux ciboires d'or. Les trois évèques suivants se succédèrent à Lausanne pendant la période qui intéresse la numismatique moderne :
* Benoît de Montferrand, 1476-91. •Sébastien de Montfaucon, 1517-60.
• Aimon de Montfaucon, 1491-1517.
I. A. Morel-Fatio, Histoire monétaire de Lausanne (1 ^jb à 1588), dans les Mémoires et documents de la Société d'histoire de la Suisse romande, t. XXXV, 1881, p. i et suiv.
Le monnayage des testons d'argent commence à Lausanne sous Aimon de Mont faucon, et se continue sous son successeur. Un contrat passé, en 1 521, entre Sébastien et son maître des monnaies, nous apprend d'une manière exacte quelles unités composaient à cette époque le système métallique de Tévèché :