I. V. Bellini, Deîîa moneta di Ferrara. Ferrare, 1761, in
Les armes de la maison d'Esté étaient: d'a\ur à l'aigle d'argent, armée et couronnée d'or.
aq). — Duché de Reggio » .
La terre de Reggio en Emilie, Regium Lombardiae, Regîum Lepidi ou Regium olim Aemilia, appartenait à la maison d'Esté, qui, de 1512a 1 523, en fut dépossédée par les papes. Pendant la période du monnayage moderne, elle obéit aux souverains suivants :
•Hercule I d'Esté, 1 471- 1505. * Adrien VI, pape, 1522-23.
•Alphonse I d'Esté, i $05-1 s 1 2. •Alphonse I d'Esté, rétabli, i $23-34.
•Jules II, pape, 1512. •Hercule II d'Esté, 1534-59.
•Léon X, pape, 1513-22. •Alphonse II d'Esté, 1559-97.
Le monnayage de Reggio, bien que ses produits portassent le nom du souverain, avait un caractère municipal. Au commencement du règne d'Hercule I d'Esté, le conseil des Anciens de Reggio sollicita du duc et obtint l'autorisation d'ouvrir un atelier où l'on battrait de menues espèces de cuivre pur, dites bagattini, La première émission eut lieu en 1477. En 1492, la ville obtint la permission de créer une seconde officine destinée à la fabrication de monnaies d'or et d'argent. C'est alors que furent frappées au nom du duc des ducats d'or, des testons, des grossi da soldi due et des soldi d'argent.
Aussitôt après son avènement, Alphonse I défendit aux habitants de Reggio de frapper des espèces d'or et d'argent, mais dès 1 506 les sollicitations répétées du conseil des Anciens eurent raison de cette interdiction, qui privait la ville d'un revenu important. On possède pour le premier règne de ce duc les mêmes espèces que pour son père.
Pendant l'occupation pontificale, les seules monnaies de Reggio consistèrent en bagattinide cuivre pur. Les émissions de monnaies d'argent reprirent après la restauration d'Alphonse I.
Le règne d'H ercule 1 1 est l'époque la plus brillante pour les ateliers monétaires de Reggio ; c'est alors que furent émis en quantité considérable les ^cu^i d or aux armes de la ville, REGII LOMBARDIAE. et à l'image du Sauveur tenant la croix et versant son sang dans un calice posé à ses pieds, CVIVS CRVORE SANATI SVMVS. La date la plus récente relevée sur ces pièces est 1558. Les monnaies d'argent et de cuivre frappées sous Hercule II portent son nom.
Sous Alphonse II, les émissions s'arrêtèrent définitivement, en
I. F. Malaguzzi Valeri, La :(ecca di Reggio ErniUa, dans la Rivista itaîiatta di numis" tnatica de 1894.
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1^7]; elles furent beaucoup moins actives que sous son prédécesseur, mais comprirent deux pièces d'or plus fortes que le scudo : en 1 167 une quadrupla et en i jya un dobhne da dieci scudi.
Les principaux types des monnaies frappées à Re^io sont : l'écu chargé d'une croix, qui forme les armes de la ville, les images de saint Prosper, S. PROSPER EPS REGIENSIS. de sainte Daire, S. DARIAMAR, et de saint Chrisante. S. CHRISANTVS M ■ REGIENSIVM. le buste du duc ou quelque emblème particulier à la maison d'Esté.
ar). — Duclii de Modem ' .
Comme les duchés de Ferrare et de Reggîo, celui de Modène appartenait à la maison d'Esté. L'atelier monétaire fut réouvert sous Hercule 1 d'Esté (1471-1500. et maintenu sous son fils Alphonse L En 15 10, les troupes du pape Jules II s'emparèrent de Modène; la ville fut remise l'année suivante à l'empereur Maximilien 1, qui s'empressa d'y monnayer. En iî[4, le pape Léon X acheta Modène, moyennant quarante mille ducats d'or. Jusqu'en [$27, le duché appartint aux souverains pontifes, dont le pouvoir à Modène est rappelé par des monnaies de Léon X (lîi)-ai). d'Adrien VI {[(ie-îî) et de Clément VII (ii2î-27). En [527 Alphonse I d'Esté rentra en possession de Modène, qui resta dorénavant dans sa maison :
•Hercule II d'Esté, 1534-59- 'François d'Esté, 1629-58.
•Alphonse II d'Esté, 1559-97. 'Alphonse IV d'Esté, 1658-62,
•COsar d'Esté, 1597-1618. 'François II d'Esté, 1662-94.
Alphonse III d'Estc, 1628-29. 'Renaud d'Esté, 1694-1702.
(ses s'emparèrent de Modène, que Renaud
En 1702, les troupes françaîsi d'Esté avait abandonnée à leurapproche. Pendant l'occupation, des monnaies d'argent et de billon de 1 1 sols, 10 sols, j sols et i sol furent émises au nom de Louis XIV. Notre figure 27 î représente la pièce
de is sols. En 1706, le duc '^' '''
Renaud d'Esté rentra en possession de Modène, qu'il transmit à ses héritiers, François 111 {17)7-80) et Hercule II! (1780-1796).
t. A. Crespellani, La ^ecca di Modeim nci pcrîodi comunale ed eslense. Modène, 1884, in-4. — Le même, Conii t pun\otti mimismalici délia R. Biblioteca eslense. Modène, 1887, ÎD-4. — G. -A. Lotti, Raccolla dtUe monele à'oro, d'argenlo e di rame balliile e ipesi délia ciUàt negli statiâi Modrna dalV anm i4yoa tultoil lysj. Modine, 1755,10-4.
Le type particulier aux monnaies de Modène est l'image de saint Géminien. On trouve aussi la Vierge à l'Enfant, l'image de saint Contard, S. CONTARDVS MVTIN ou AESTENSIS PROTECTOR. l'aigle delà maison d'Esté: NOBILITAS ESTENSIS. l'Espérance, marchant à gauche, etc.
as). — Seigneurie y puis duché de Mirandola.
La terre de Mirandola s'étendait autour de la petite ville de ce nom, aux environs de Modène. Elle appartenait à la famille Pico. En 1515, Jean-François Pico obtint de l'empereur Maximilien I le droit de battre monnaie, qui lui fut confirmé en 1 5 2 1 par Charles-Quint. La seigneurie de Mirandola fut érigée, en 1 596, en principauté par l'empereur Rodolphe II, puis, en 1617, en duché par l'empereur Mathias; les souverains suivants s'y succédèrent pendant la période qui nous intéresse :
* Jean-François, 1515-33. Frédéric, 1 590-1602. *Galeotto II, 1533-50. 'Alexandre I, 1602-37.
* Louis II, 1550-68. * Alexandre II, 1637-91. Galeotto III, 1 568-1*590. François-Marie, 169 1-1707.
Le monnayage de Mirandola, interrompu dans la seconde moitié du xvi« siècle, s'arrête définitivement sous Alexandre II. Son fils, François-Marie, vit ses états confisqués en 1 707 par l'empereur Charles VI, qui les vendit l'année suivante à la maison d'Esté. Les souverains de Mirandola monnayèrent dans les trois métaux; leurs types consistent principalement dans leurs effigies, leurs armes, ou les images de saints tels que saint François, sainte Agathe, etc. Les légendes de l'avers indiquent le nom du seigneur, suivi de son nom de famille, par exemple, pour Lou is 1 1 : LVD • PICVS • Il • MIR- CON • Q- DNS-
at). — Comté, puis duché de Guastalîa.
En 15^9, Ferdinand I de Gonzague, fils de Jean- François III et frère de Frédéric II, ducs de Mantoue, acquit la terre de Guastalîa, Guardastallum, Vastallum, et la transmit à ses descendants :
Ferdinand I, 1538-57. César II, 1630-32.
* César 1,1557-75. • Ferdinand III, 1632-78. •Ferdinand II, 1 575-1630.
En 1621, Guastalîa fut élevé au rang de duché. Le monnayage commença sous César I. L'atelier, tombé en chômage, ne fut réouvert que vers 1595, par Ferdinand II, qui y frappa des pièces dans les trois
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métaux. On ne connaît aucune monnaie de César II, mais Ferdinand 1 1 1 nous a laissé quelques monnaies d'argent et de billon. Ce duc mourut sans enfants ; la terre de Guastalla fut mise sous séquestre entre les mains de Ferdinand-Charles, duc de Mantoue, puis attribuée en 1693 à Vincent, cousin du défunt. Après Vincent, le duché de Guastalla passa successivement à ses deux fils Antoine-Ferdinand (1714-29) et Joseph- Marie (1729-46). Ce dernier recommença le monnayage et frappa quelques pièces d'argent et de billon. A sa mort, comme il ne laissait pas d'héritiers directs, Guastalla fut occupée par l'Autriche, pour être, en 1748, donnée au duc de Parme.
au). — Comté de Noveîlara.
En 1501, Jean-Pierre Gonzague obtint de l'empereur Maximilien I la confirmation de ses droits sur Noveîlara, terre située près de Guastalla, et le titre de comte. Le 6 avril 15^5, Charles-Quint accorda le droit de battre monnaie aux quatre frères Jules-César, François, Camille I et Alphonse I Gonzague, comtes de Noveîlara. A la mort de Jules-César, survenue en I j j4, ses trois frères survivants reçurent la confirmation de leurs droits monétaires, d'abord de Charles-Quint, le 5 décembre 1554» P^is de l'empereur Ferdinand I, le 3 mai 1 559.
Les Gonzague, comtes de Noveîlara, monnayèrent en commun depuis le milieu du xvi« siècle jusqu'au milieu du xvii^; leurs pièces sont anonymes. En 1650, Alphonse II, fils et unique héritier de Camille II, commença à signer les produits de l'atelier de Noveîlara, qui fut définitivement fermé à sa mort, survenue en 1688.
Au xviii« siècle, le comté de Noveîlara passa à la maison d'Esté, et fut annexé au duché de Modène.
av). — Comté, puis prhicipauté de Correggio '.
Le comté de Correggio s'étendait autour de la ville et du château de ce nom, dans la province actuelle de Reggio d'Emilia. On ignore à quelle époque ses possesseurs obtinrent les droits monétaires, mais il est probable que la concession concorde avec l'investiture du comté, confirmée en 1 551 à Gibert, Camille et Fabrice, fils de Manfred d'Austria.
Les premières monnaies sont anonymes et frappées en commun par les trois frères : COMITES CORRIGII ; leur type le plus usuel est l'image ou le buste de saint Quirin : S. QVIRINVS EPS • CORRIG • PRO. Après
I. Q. Bigi, Di Camillo e Siro da Correggio e délia loro :(ecca. Modène, 1870, in-4.
la mort de Gibert, survenue en 1583, Camille et Fabrice font figurer leurs noms réunis sur les espèces ; puis, de 1 597 à 1Ô05, Camille, seul survivant, auquel l'empereur accorda le titre de prince, poursuit les émissions.
Après la mort de Camille, son fils naturel Siro d'Austria (1605-jo) lui succéda. Son monnayage fut extrêmement actif, surtout à partir de 1615, année où ses biens, qui depuis 1612 avaient été mis sous séquestre, lui furent rendus par l'empereur Mathias.
Les comtes et princes de Correggio frappèrent de nombreuses contrefaçons de monnaies étrangères, ducats de Hongrie, monnaies allemandes, néerlandaises et suisses. Sous Siro, cette industrie prit des proportions tellement scandaleuses, que l'empereur fut contraint de sévir; un premier avertissement, en 1623, étant resté sans effet, le prince de Correggio fut cité en 1630 devant la cour impériale, qui le déclara coupable d'altération des monnaies, et le priva de tous ses biens. Le duc de Guastalla, chargé de l'exécution de la sentence, prit possession de la principauté de Correggio au nom de l'empereur, et ferma définitivement l'atelier monétaire.
aw). — Principauté de Porcia.
Annibal-Alphonse-Emmanuel, fils de Jérôme, comte de Porcia, bourgade située au nord de Venise, non loind'Udine, obtint en 1698 de l'empereur Léopold I le titre de prince de l'Empire. En 1704, il fit frapper à Vienne un ducat d'or.
ax). — Principauté de Soragna,
En 1709, l'empereur Joseph I accorda le titre de prince et le droit de battre monnaie à Jean-Paul-Marie IV Meli-Lupi, seigneurde Soragna, bourg situé aux environs de Parme. En 175 1, Nicolas Meli- Lupi fit frapper un ducat d'or, portant à l'avers ses armes, et au revers l'aigle d'empire entourée des mots: SVB PROTECTIONE CAESAREA. Le prince de Soragna prend les titres suivants : Nicolas marchio Melolupi, sacri romani imperii princeps Soraneae, magnus Hispaniae.
ay). — République de Venise^.
A la fin du xv^^ siècle, lorsque commence le monnayage moderne, la
I. Madalcna et Morchio, Tavole sinotiiche nummograficJie ddla Repuhlicadi Vene^ia.X^
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