‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 119 sur 157 · SI · texte numérisé non relu

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république de Venise s'étendait en Italie sur un important territoire, compris entre l'Adriatique, les possessions de la maison d'Autriche, la Suisse, les duchés de Milan et de Mantoue, et les États de l'Église. Ses possessions extérieures comprenaient une partie de l'Istrie, la Dalmatie, quelques points en Albanie et en Morée, les îles Ioniennes, un grand nombre d'îles de l'Archipel, Chypre et enfin la Crète. Une grande partie de ces possessions tombèrent successivement au pouvoir des Turcs au xvi« et au xvn« siècles.

Les armes de Venise étaient: d'azur au lion couché, ailé et diadème d*or, la tête de front, tenant entre ses pattes de devant un livre ouvert d'argent inscrit des mots : pax tibi, marge evangelista. La république avait saint Marc pour patron.

Les doges suivants gouvernèrent l'état vénitien depuis le commencement du monnayage moderne jusqu'en 1797, année de la proclamation de la république démocratique. Nous conservons à leurs noms la forme italienne:

•Nicolô Tron, 1471-73.

* Nicol6 Marcello, 1473-74.

•Pietro Mocenigo, 1474-76.

* Andréa Vendramin, 1476-78.

•Giovanni Mocenigo, 1478-85.

* Marco Barbarigo , 1 48 5 -86 .

*Agostino Barbarigo, 1 486-1 501.

* Leonardo Loredano, 1 501 -2 1 .

•Antonio Grimani, 1521-23.

•Andréa Gritti, 1523-39.

* Pietro Lando, 1539-45.

•prancesco Donato, 1545-53.

* Marc' Antonio Trevisano, 1 5 5 3-54.

* Prancesco Venier, 1554-56.

•Lorenzo Priuli, 1556-59.

•Girolamo Priuli, 1559-67.

* Pietro Loredano, 1567-70.

•Alvisel Mocenigo, 1570-77. •Sebastiano Venier, 1577-78.

•Nicolô da Ponte, 1578-85.

•Pasquale Cicogna, 1585-95.

•Marino Grimani, 1 595-1606.

• Leonardo Donato, 1607-12.

• Marc ' Antonio Memmo, 1 6 1 2- 1 5 .

•Giovanni Bembo, 16 15- 18.

• Nicolô Donato, 161 8.

•Antonio Priuli, 1618-23.

•prancesco Centurioni, 1623-25.

•Giovanni I Comaro, 1625-30.

•Nicolô Centurioni, 1630-31.

•prancesco Erizzo, 1631-46.

• Prancesco Molin, 1 646-5 5 .

•Carlo Contarini, 1655-56.

•prancesco Cornaro, 1656.

•Bertuccio Valier, 1656-58.

• Giovanni Pesaro , 1658-59.

•Domenico Contarini, 1659-75.

•Nicolô Sagredo, 1675-76.

nise, 1878, in-4. — A. Menizzi, Délie monde veneiiane dal principio al Jitte dellarepubblica, Venise, 181 8, in-4. — V. Padovan, Le momie de' Vene:^iani, Venise, 1881, in-8. — C. von Wachter, Versuch einer systematischen Beschreibung der Veneiianer Mûni(en nach ihren Typen, d3ins le Numismatisclje ZeitscMft de 187 1 à 1879. — G. Werdnig, Die Osellen oder Mùnj^medaillen der Republik Venedig. Vienne, 1889, in-4.. — Travaux divers de V. Padovan, N. Papadopoli, etc., dans VArchivio Veneto, — M. N. Papadopoli publie en ce moment une monographie très complète de la numismatique vénitienne, mais la partie relative au monnayage postérieur au gouvernement de Cristoforo Moro n'a pas encore paru.

*Alvise Oïntarini, 1676-83. ■ Alvise Pisani, 17)4-41.

• Marc' Antonio Guisiiniani, 1683-88. 'Pietro Grimani, !74i-î2.

■Francesco Morosini, 1688-94. ' Francesco Lorcdano, 1752-62.

•Silvesiro Valier, 1694-1700. 'Marco Foscarini, 1762-63.

'Alvise II Mocenigo, 1700-1709. 'Alvise IV Mocenigo, 1763-79.

"Giovanni II Cornaro, 1709-22. 'Paolo Renier, 1779-89.

'Alvise III Mocenigo, 1722-32. 'Lodovico Manin, 1789-97. 'Carlo Ruziini, 173J-Î4.

La série monétaire de Venise est extrêmement riche, comme l'importance commerciale de la république le fait aisément concevoir, mais en même temps les types sont, par leur fixité, d'une grande monotonie. L'image impersonnelle d'un doge agenouillé devant saint Marc qui lui remet la bannière, le lion de saint Marc, l'écu de Venise, l'image en pied de sainte Justine (lig. 274), le Christ assis de face ou debout dans un nimbe elliptique, la Justice debout tenant l'épée et la balance, la Vierge assise, la personnification de Venise assise sur un lion, une croix ornée : telles sont les empreintes habituelles du numéraire vénitien.

Pendant toute la dernière partie du moyen âge, les deux pièces les plus fortes du système monétaire avaient été, en or, le sequin, i^ecchino ou ducat, en argent, le grosso ou matapane valant trois soldi de douze deniers. L'unité de compte était la /ira de 20 soldi. En 1471, le doge

NicolôTron fit de cette monnaie de compte une monnaie réelle et frappa des lire ou testons d'argent ; par une innovation que ses successeurs ne furent pas autorisés à imiter, NicoW Tron mit son buste à l'avers de ces lire.

En [S)5,sous Andréa Gritti,une nouvelle pièce d'or, le scudo, avec sa division le me^^o scudo, vint prendre place à côté de l'antique sequin. Les espèces d'argent de grand module firent leur apparition sous Nicolii da Ponte (iî78-8(); il y eut la. giusiina maggiore de & Vire,

avec l'image de sainte Justine, et le scudo ou ducaton de 7 lire, que la croix occupant Tavers fît dénommer scudo délia croce. Notre figure 274 reproduit Idigiustina maggiore de Pasquale Cigogna (1585-95).

Dans le courant des xvii« et xvin« siècles, on émit à diverses reprises des multiples du sequin d'or. Louis Manin, le dernier doge, se fit ainsi une série fastueuse en frappant des pièces de 4, 5, ic, 20, 25, 50 et 100 sequins,

A la numismatique vénitienne se rattache une suite curieuse de pièces d or et d'argent mi-monnaies, mi-médailles, appelées oselles, que les doges offraient le jour de Noël à la noblesse de la république. Les premières oselles furent frappées en 1 521, par Antonio Grimani, pour remplacer les canards sauvages, ucellae, qui constituaient jusqu'à cette époque le cadeau traditionnel du doge. Ces pièces existent pour tous les doges jusqu'à Louis Manin ; leur série n'est interrompue que pour Nicole Donato (161 8) et Francesco Cornaro (1656). Le type des oselles n'est pas uniforme; si l'image de saint Marc, remettant la bannière au doge agenouillé, est un des plus fréquents, on trouve aussi le lion de saint Marc, des sujets allégoriques, des allusions à des faits historiques, des inscriptions dans le champ, etc. La légende se compose généralement du nom du doge au génitif, suivi du mot munus et de la date du règne, par exemple sur les 05e//e5 frappées en i73opour Alvise Pisani : ALOYSII PISANI PRINCIPIS MVNVS ANNO V '.

§ n. — Italie centrale.

Nous groupons dans ce paragraphe les diverses souverainetés situées en Toscane, les États de l'Église et leurs fiefs des Romagnes et des Marches.

a). — République de Lucques.

La république de Lucques devait son existence à l'empereur Charles IV, qui affranchit en 1 369 la ville de la domination pisane. Jusqu*à la

I. Vers le milieu du xvie siècle, le conseil de la république de Venise accorda à la ville de Murano, située sur l'île du même nom, dans la lagune, le droit de frapper des oselles qui seraient distribuées à chaque renouvellement de Tannée aux personnes investies de charges publiques. Le plus ancien document où il soit question des oselles de Murano est de 1546. Ces pièces furent frappées à Venise; la dernière émission eut lieu en 1796. — Voyez : Vincenzo Zanetti, Délie medaglie di Murano detiotnittate oselîe, Venise, 1881, in-8.

fin du xvii^ siècle, les Lucquois reconnaissants firent figurer sur leurs monnaies le nom de leur libérateur: CAROLVS IMPERATOR, Le type habituel des espèces est un buste couronné, de face, avec la légende: SANCTVS VVLTVS DE LVCA. Au xyii^ et au xviii« siècles, les scudi d'argent portent les armes de la cité, un écu à la bande chargée du mot LIBERTAS, et l'image de saint Martin partageant son manteau. La lira et la lira doppia portent le Christ en croix et les mots : SALVATOR

MVNDL

La république de Lucques prit fin en 1805, lors de l'érection de son territoire en principauté en faveur de Félix Baciocchi et Élisa Bonaparte.

b). — République de Florence^.

La république de Florence, qui s'était formée à la fin du xii<^ siècle, conserva sa liberté jusqu'en 1532, année où Alexandre de Médicis fut créé duc par l'empereur Charles-Quint.

Les types monétaires de Florence se composent de la fleur de lis florencée, emblème parlant, et de l'image du patron saint Jean-Baptiste.

En 1 530, pendant le siège de dix mois soutenu contre Charles-Quint, les Florentins émirent des monnaies obsidionales; ces pièces portent à l'avers l'écu fleurdelisé de la ville : SENATVS POPVLYS Q. FLOREN- TINVS. et, au revers, une croix dont le bras supérieur porte la couronne d'épines: lESVS- REX- NOSTER ET DEYS NOSTER. On possède de cette émission un scudo d'or et un me^^o scudo d'argent.

c). — République de Pise.

La ville de Pise appartenait aux Florentins, quand la descente de Charles VIII, roi de France, en Italie, vint lui rendre la liberté en 1494. Jusqu'en 1 509, Pise eut une existence indépendante, qui lui permit de battre monnaie.

Les pièces frappées en 1494 et 1495 portent le nom du roi : KAROLVS REX PISANORVM UBerator; après le départ de Charles VIII, les émissions eurent lieu au nom de la commune ou du peuple de Pise. Le type local est fourni par l'image de la Vierge accompagnée de l'invocation: PROTEGE VIRGO PISAS.

En 1 509, Pise dut se soumettre de nouveau à la république florentine,

dont elle suivit désormais les destinées.

I. Ignazio Orsini, Sloria délie moneU délia repuhblica fiorentina, Florence, 1740, in-4-

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d). — Duché de Florence, puis grand duché de Toscane ' .

En 1531, après la prise de Florence par Charles-Quint, Alexandre de Médicis fut reconnu chef de l'état et, Tannée suivante, il fut proclamé duc de la république, avec toute l'autorité que pouvait avoir un prince ; cette dignité était rendue héréditaire dans sa famille. En 1569, Cosme de Médicis, fils d'Alexandre, fut déclaré grand duc de Toscane par le pape Pie V.

Le grand duché de Toscane forma dès lors un des états les plus puissants de l'Italie, comprenant, outre Florence, les villes de Pise, Sienne, Livourne, Arezzo et Pistoie. Les armes de la maison de Médicis étaient: d'or à cinq tourteaux de gueules posés 2, 2 et i, accompagnés au point du chef d'un tourteau d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or.

En 1 7 57, la maison de Médicis s'éteignit. La Toscane passa à François, duc de Lorraine et de Bar, plus tard empereur, en échange de ses duchés, qui furent cédés à Stanislas, roi titulaire de Pologne. En 1801, Ferdinand III perdit la Toscane, qui fut donnée à titre de royaume d'Étrurie à Louis, prince de Parme; il reçut en échange le duché de Salzbourg avec la dignité électorale. Les ducs suivants régnèrent en Toscane de I 532 à 1801.

* Alexandre de Médicis, 1532-36. *Jean-Gaston de Médicis, 1723-37.

* Cosme I de Médicis, 1536-74. * François II de Lorraine, 1737-65, empe-

* François I de Médicis, 1574-1587. reur en 1745.

* Ferdinand I de Médicis, 1587- 1608. * [Pierre]-Léopold de Lorraine- Autriche,

* Cosme II de Médicis, 1608-20. 1765-90, empereur en 1790.

* Ferdinand II de Médicis, 1620-70. * Ferdinand III de Lorraine- Autriche, 1790-

* Cosme III de Médicis, 1670- 1723. 1801.

Dès 1533, Alexandre de Médicis commença à Florence le monnayage à son nom. L'illustre orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini grava les coins de ces admirables pièces, scudi d'or, testons d'argent et monnaies divisionnaires. Le teston représente, à l'avers le buste du prince: ALEXANDER ÎAedices primus FLOREN^^'^e DVX. au revers, les images en pied des saints Cosme et Damien.

Sous Cosme I, la splendeur artistique de Florence atteignit son apogée. La série monétaire se complète par les fortes pièces d'argent, le scudo (ûg. 275) et le me^^^o scudo, dont l'émission ne débuta toutefois que dans les dernières années du règne. L'iconographie de saint Jean- Baptiste, patron de Florence, fournit les types les plus fréquents de

I. Ignazio Orsini, Storia délie rnonete dei granduchi di Toscana. Florence, 1756, in-4. — J. Friedlaender, Mûn^en und Medaïllen des Benvenuto Cellini, Berlin, 1853, in-4.

Cosme I et de ses successeurs. Parfois le saint est représenté seul, en buste ou en pied, parfois il est figuré debout, prêchant au milieu d'une foule, parfois enfin nous le voyons procéder au baptême du Christ.

A la série de François I se rattachent des monnaies d'argent que le grand-duc fit frapper en ijSû à l'occasion du mariage de sa demi-sœur Virginie avec César d'Esté, duc de Modène.

Ferdinand I était cardinal lorsque la mort de son frère, en [587, vint l'appeler au trône grand-ducal ; il ne déposa la pourpre romaine qu'en 1589. Les monnaies frappées jusqu'à cette époque lui donnent les titres dePERDMED CARrf'«<i/« MAGN ■ DVX- ETRVRIAE 111; son buste est revêtu des habits cardinalices. Ferdinand I créa un atelier monétaire à Pîse ; les pièces d'or et d'argent qui y furent frappées portent la Vierge de Pîse assise sur une nue et la légende : ASPICE PISAS SVP. OMNES SPECiO. Après Ferdinand I cette officine fut supprimée ; les pièces au type pisan émises par ses successeurs sortirent de l'atelier de Florence, désormais seul en activité en Toscane. C'est donc aussi à Florence que furent faites, sous Ferdinand II, Cosme 111 et Jean-Gaston, les monnaies d'or et d'argent avec le nom de Livourne; les revers de ces pièces portent un rosier, un navire, la vue du port de Livourne ou de sa forteresse '.

En 164Î, Ferdinand II prit possession de la terre de Castiglione del Lago, qui faisait partie de la succession du dernier duc d'Urbino; il fît frapper à Florence, en 164J et 1644, de menues espèces de billon pour cette nouvelle acquisition territoriale.

e). — Bipuhliqut de Sienne^.

La ville de Sienne formait une république enclavée dans la Toscane.

1. En 1650, l'atelier de Florence émit quelques quadruples pisloles d'or et triions d'argent au buste voilé de Christine de Lorraine, veuve du grand-duc Ferdinand I. De i6}4 à l6}7, Nicolas-Franïois, prétendant au duché de Lorraine fut autorisé à faire battre des testons d'argent i son effigie, à la Monnaie de Florence.

2. D. Promis, Moncte délia repubiica di Siena. Turin, 1868, in-4.

Ses types monétaires habituels se composent de l'initiale de son nom, de la louve allaitant Romulus et Remus, de l'image de la Vierge, la patronne. Ses légendes traditionnelles sont: SENA VETVS CIVITAS VIRGINIS, et: ALFA ET W PRINCIPIVM ET FINIS.

En is;i, Charles-Quint, proHtant des dissensions des Siennois, les soumit à un étroit protectorat, appuyé par une garnison impériale. En I î î2, les habitants, fatigués de ce régime, chassèrent les soldats espagnols et se mirent sous la protection du roi de France Henri II. Charles- Quint reprit la ville en j s j j, et la donna en i ( S7 à Cosme 1 de Médicis.

Lors de la prise de leur cité, un grand nombre de Siennois, sous la conduite de Mario Bandini, capitaine du peuple, se retirèrent dans la petite place forte de Montalcino, qui dépendait de la république de Sienne. Pendant plusieurs années, le monnayage siennois, transporté à IMontalcino, fut poursuivi et produisit un certain nombre de monnaies d'or, d'argent et de billon. Notre figure Î76 représente Vécu d'or de 1557. Toutes ces pièces portent le nom de Henri 11,

roi de France. Après la réunion •'îk- 't*

de Sienne à ses états, Cosme I de Medicis fit frapper à Florence des monnaies d'or et d'argent à l'ancien type siennois, mais après lui ces émissions ne furent pas continuées.

f). — Prinàpaiili de Piombino.

La terre de Piombino appartenait, avec l'ile d'Elbe, à la famille Appiani. En 1 509, l'empereur Maximilien 1 accorda le droit de battre monnaie à Jacques IV Appiani, mais les premières espèces furent émises de i)Ç)4à 160; par Jacques VII. Celui-ci mourut sans descendants mâles. En i6j4, son gendre Nicolas Ludovisi, prince de Venosa, obtint de l'empereur le droit de lui succéder.

On possède des monnaies d'or, d'argent et de cuivre de Nicolas Ludovisi {i6î4-6s) et de son fils Jean-Baptiste (1665-99).

g). — Marquisat de Massa-Lambarda.

Cette terre, située au nord-ouest d'imola, dans la province actuelle de Ravenne, faisait partie des domaines de la maison d'Esté. Elle fut donnée en 15^4 à François, fils d'Alphonse I d'Esté, qui obtint de l'empereur Ferdinand 1, probablement vers 1 562, le titre de marquis et

le droit de battre monnaie. Le seigneur de Massa-Lom barda s'empressa d'ouvrir un atelier, où il battit monnaie jusqu'à sa mort, survenue en 1 5 78. François d'Esté laissa en mourant tous ses biens à sa fille naturelle Marfisa, qui épousa Audran Cibo, prince de Massa-Lunigiana.

h). — Comté de Castiglùme de* Gatti ' .

Cette terre, située sur le versant de l'Apennin, dans la province actuelle de Bologne, appartenait à la famille Pepoli. Le 20 avril 1700, l'empereur Léopold I accorda aux comtes de Castiglione de' Gatti le droit de battre monnaie.

On possède des monnaies d'or et de billon frappées d'abord par Hercule et Corneille Pepoli, en 1700, puis quelques années plus tard, par Alexandre et Sicinio Pepoli.

i). — Duché d'UrUnoi.

En 1420, le pape Martin V avait accordé le droit de battre monnaie à Gui-Antoine da Montefeltro, seigneur d'Urbino, dont un des successeurs fut élevé en 1443 au rang de duc par le pape Eugène IV. Le monnayage, arrêté après la mort du premier concessionnaire, fut repris par Guidobaldo I da Montefeltro (i $00-1 508); ce duc, qui s'intitule: GVIDO' VB' VRBINI DVX. n'ayant pas d'enfants, adopta son neveu François-Marie I délia Rovere (1508-13). On possède de celui-ci des monnaies d'or, d'argent et de billon, sur lesquelles il prend les titres de dux Urbiniy sacrae romanae ecclesiae capitaneus generalis sub Julio II pontifice maximo.

En I $ 1 3, le pape Léon X dépouilla François-Marie I délia Rovere de ses états pour les donner à son neveu Laurent de Médicis (1516-19), puis pour les réunir, à la mort de celui-ci, aux possessions du Saint- Siège. En 1 522, François-Marie I récupéra ses biens et les transmit à ses héritiers. Le monnayage, arrêté après Laurent de Médicis, ne fut repris que par François-Marie II délia Rovere (1574-1631). Celui-ci termina la dynastie des ducs d'Urbino par la cession qu'il fit en 1624 de ses états à l'Église.

Le patron d'Urbino est saint Crescentin, dont l'image paraît fréquemment sur les espèces. D'autres saints, tels que saint Martin, saint Thomas

1. V. Promis. 5M//é! monde di Castigliofie de* Gatti. Turin, 1881, in-8.

2. R. Reposati, Délia ^ecca di Guhhio e délia gesta dci conli 0 ducln d'Urbino, Bologne, 1772-73, 2 vol. in-4.

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et saint François, illustrent d'ailleurs aussi les monnaies ducales dont les types, comme ceux d'un grand nombre de monnaies italiennes, sont empruntés le plus souvent à l'iconographie religieuse.

Les ducs d'Urbino possédaient un second atelier à Gubbio. Les pièces frappées en cette ville portent comme type le plus caractéristique l'image du patron : S. VBALDVS DE EVGVBIO.

Les ducs d'Urbino avaient pour armes : d'or à l'aigle de sable, becquée, membrée et couronnée d'or. Ils écartelaient de celles de Montefeltro : bandé d'or et d'azur, de celles de la Rovère : d'azur au chêne en italien : rovere arraché d'or, et d'un écartelé de Hongrie, Anjou, Jérusalem et Aragon, qui leur avait été concédé en 1472 par le roi de Naples. Comme préfets de Rome, ils portaient sur le tout un pal chargé du gonfanon du Saint-Siège.

j ). — Seigneurie de Pesaro • .

La seigneurie de Pesaro, Pisaurum, qui s'étendait non loin d'Urbino, formait un fief des états pontificaux. Après avoir appartenu aux Sforza, elle passa aux délia Rovere et suivit le sort du duché d'Urbino. Voici la liste des seigneurs qui possédèrent successivement Pesaro depuis la fin du x\^ siècle :

* Constant I Sforza, 1473-83. * François-Marie I délia Rovere, 151 3-16. ^Jean Sforza et Camille d'Aragon, tutrice, * Laurent de Médicis, 15 16-19.

1483-89. *Léon X, pape, 15 19-21.

* Jean Sforza, seul, 1489-1500. * François - Marie I délia Rovere, rétabli, •César Borgia. 1500-03. 1521-38.

Jean Sforza, rétabli, 1503-10. ♦Guidobaldo II délia Rovere, 1538-74.

•Constant II Sforza, 15 10-12. * François Marie II Rovere, 1574-1622.

En 1622, la terre de Pesaro vint en la possession du pape Grégoire XV, et l'atelier monétaire fut définitivement fermé.

Les types monétaires particuliers à Pesaro sont les images de la Vierge, de saint Térentien, de saint Innocent, de saint Jean et de saint Jacques, de saint François, de saint Antoine, et la vue de la ville. L'atelier de Pesaro émit également quelques monnaies portant au revers l'arbre des délia Rovere brochant sur une vue de Montefeltro, Feretria.

I. A. Olivieri degli Abati, Délia igcca di Pesaro e délie motiele pesaresi dei secoli bassi, dans la Nuova raccoUa de Zanetti, t. I, p. 181 et suiv. — N. Papadopoli, Monete italiaru inédite delta raccolta Papadopoli, dans X^Rivista iialiana di numismatica, 1893, p. 422 et suiv.

k). — Seigneurie de Castro.

La ville de Castro, aujourd'hui détruite, était située dans les états de rÉglise. En 1539, le pape Paul III Farnèse la donna à son fils naturel Pierre-Louis, en même temps que le droit de battre monnaie. Un atelier fut ouvert à Castro en 1 545, année où son seigneur fut créé duc de Parme et de Plaisance par l'empereur Charles-Quint. Cet atelier produisit des espèces d'or et d'argent sur lesquelles le duc s'intitule : P. LOISIVS FAR. DVX CASTRI. Le type des grossi et des menues pièces d'argent se compose de l'image de saint Savin : SANTVS SAVINVS ou SAVINW5. VRB«*5. CASTRI CVSTO^. En 1 547, Pierre-Louis fut assassiné et le monnayage de Castro prit fin.

1). — Seigneurie et duché de CamerinoK

En 1464, Jules-César da Varano fut nommé par le pape Sixte IV, vicaire pontifical de Camerino, ville qui jusqu'alors s'était gouvernée en république. Il inscrivit aussitôt son nom sur les monnaies locales. En 1502, il périt assassiné, et César Borgia, fils du pape Alexandre VI, s'empara de Camerino, dont il se proclama seigneur.

Dès 1503, Jean-Marie da Varano rentra en possession de Camerino et fit monnayer tant en son nom qu'en celui de sa mère Jeanne Malatesta, laquelle mourut en 1 5 1 1 . C'est à lui qu'appartiennent les premières monnaies d'or, des j(ecchini portant à l'avers son buste entouré de |0 • MARIA 'CAMERINI DVX. et au revers ses armes: vairé d'argent et d'azur, avec la légende: LEO X PONT • MAX • DECORAVIT.

A la mort de Jean-Marie, en 1 527, sa fille J ulie lui succéda sous la tutelle de sa mère Catherine Cibo. En 15^4, elle épousa Guidobaldo II duc d'Urbino. Quatre ans plus tard le pape Paul III s'empara de Camerino, qui fut définitivement réuni aux états de l'Eglise.

Le type des monnaies d'argent de Camerino se compose généralement de l'image ou du buste des patrons de la cité, saint Venant, SANCTVS VENANTIVS. ou saint Ansovin, S. ANSOVINVS.

m). — République de Pérouse^.

La ville de Pérouse formait une république autonome sous l'hégémonie

1. M. Santoni, Delîa :^ecca e délie tnonete de Camerino. Florence, 1875, in-8.

2. J.-B. Vermiglioli, Délia :^ecca e délie monete perugine. Pérouse, 1816, in-4.

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des papes. Ce régime prit fin en 1506, date à laquelle le pape Jules II inaugura un régime d'autorité directe. En 1 540, les habitants dePérouse se révoltèrent contre Paul III et reprirent pendant quelques mois rémission de monnaies particulières.

Les monnaies de Pérouse, Augusta Perusia, portent Teffigie et le nom de saint Herculain, S. HERCVLANVS.

n). — Les États de V Église K

Lorsqu'ils eurent atteint les limites qu'ils devaient conserver, les États de l'Église s'étendirent depuis Mantoue, le long de l'Adriatique, jusqu'aux confins des Abruzzes, et en largeur depuis Ancône jusqu'à Civita- Vecchia, d'une mer à l'autre. Ils comprenaient en outre la ville de Bénévent, enclavée dans le royaume de Naples, et le Comtat Venaissin avec Avignon, enclavé dans le royaume de France».

Le véritable fondateur de la puissance temporelle fut Jules II. A son avènement, le pouvoir du Saint-Siège n'était que nominal sur la plupart dés terres de TÉglise. La Romagne était, pour une partie, entre les mains des Vénitiens ; César Borgia s était emparé de l'autre partie, de plusieurs places de la marche d'Ancône et du duché d'Urbino. Les Bentivoglio dominaient en maîtres à Bologne et les Baglioni annihilaient à Pérouse l'autorité pontificale. Jules II parvint à s'assurer la possession de plusieurs de ces territoires ; il occupa Parme, Plaisance et Reggio, enlevées les unes au Milanais, l'autre au duc de Ferrare. Léon X, en 1514, acheta Modène à l'empereur Maximilien I. Parme et Plaisance, reprises par la France après la victoire de Marignan, furent rendues en 1521 au Saint- Siège.

Le pontificat de Clément VII vit un instant s'effondrer la puissance temporelle. En 1527, Rome fut prise par les troupes de Charles-Quint, et le pape dut souscrire aux plus dures conditions. Le prix de sa réconciliation avec l'empereur fut le couronnement de celui-ci à Bologne en

Sous Paul III, en 1 538, les États de l'Église s'accrurent du duché de Camerino, mais en 1545, Parme et Plaisance en furent détachées en faveur de Pierre-Louis Farnèse, fils que le pape avait eu avant son entrée

1. A. Cinagli. Le monete dei Papi descritte in tavole sinotticJx. Fermo, 1848, in-fol. — Ph. Bonanni. Numismata pontifUum romanorum a Martino V usque ad annum i6pp. Rome, 1699, 2 vol. in-fol. — Eug. Mûntz, L'atelier monétaire de Rome, dans la Revue numismatique de 1884.

2. Nous avons consacré un paragraphe spécial au monnayage du Comtat Venaissin. Voyez page 53 et suivantes. Il n'en sera donc pas question ici.

dans les ordres. En i S98, après Textinction de la maison d'Esté, Clément VIII prit possession de Ferrare. En 1626, Urbain VIII réunit définitivement au domaine du Saint-Siège le duché d'Urbino, les comtés de Montefeltro et de Gubbio, la seigneurie de Pesaro et le vicariat de Sinigaglia, par la donation que lui en fit le dernier membre de la maison délia Rovere.

Voici la chronologie des papes depuis la fin du xv« siècle, avec l'indication des cardinaux camerlingues qui administrèrent les États de rÉglise pendant les vacances du Saint-siège et dont les armes figurent à ce titre sur les monnaies frappées sede vacante :

*Sixte IV délia Rovere, 1471-84. * Urbain VII Casugna, 1590.

•Innocent VIII Cibo, 1484-92. * Vacanu du Saint-siège, IS90, H. Gaetani,

• Alexandre VI Borgia, 1492-1503. card. camerl.

*Pie III Piccolomini, 1503. * Grégoire XIV Sfrondati, 1590.

•Jules II délia Rovere, 1503-13. * Vacanu du Saint-siêgc, 1591, H. Gaeiani,

• Léon X de Médicis, 1 5 1 3 -2 1 . card. camerl .

* Vacance du Saint-siège, 1 5 2 1 , Fr. Armellini, * Innocent IX Facchinetti, 1 591 .

cardinal camerlingue. * Vacance duSaint-si^e, 1 591-92, H. Gaetani,

•Adrien VI Boyens, 1522-23. card. camerl.

• Vacance du Saint-siège, 1^2^, Fr. Armellini, •Qément VIII Aldobrandini, 1 592-1605.

card. camerl. * Vacance du Saint-siège, i6os> P. Aldobran-

•Clément VII de Médicis, 1523-34. dini, card. camerl.

•Paul III Farnèse, 1 s 34-49. Léon XI de Médicis, 1605.

* Vacance du Saint ^siège, 1549-50, G.-Asc. Vacance du Saint-siège, 1605, P. Aldobran-

Sforza, card. camerl. dini, card. camerl.

•Jules III del Monte, 1530-55. •Paul VBorghèse, 1605-21.

* VacanceduSaint-siège,i^^^yG,-Asc.S{orzsiy * Vacance du Scûnt-siège, 1621, P. Aldobran-

card. camerl. dini, card. camerl.

•Marcel II de Montepulcîano, 1555. •Grégoire XV Ludovisi, 1621-23.

* Vacatice du Saint-siège, 1555, G.-Asc. Sforza, • Vacance du Saint-siège^ 1623, V. Aldobran-

card. camerl. dini, card. camerl.

•Paul IV CaraflFa, 1555-59. •Urbain VIII Barberini, 1623-44.

♦ Vacance du Saint-siège, 1559, G.-Asc. Sforza, • Vacance du Saint-siège, 1644, Ant. Baberiai,

card. camerl. card. camerl.

•Pie IV de Médicis, 15^9-66. •Innocent X Pamphili, 1644-55.

• Vacance du Saint-siège, 1 565 ,V. Vitelli, card. * Vacance du Satnt-siège, 1 65 5, Ant. Barberini,

camerl. card. camerl.

•Pie V di Bosco, 1566-72. •Alexandre VII Chigi, 1655-67.

* Vccance du Saint-siège, 1 572, L. Cornaro, * Vacance du Saint-siège, 1667, Antoine Bar-

card. camerl. berini, card. camerl.

•Grégoire XIII Buoncompagni, 1572-85. • Clément IX Rospigliosi, 1667-69.

• Vacance du Saint-siège, 1585, Phil. Guas- * Vacance du Saint-siège, 1669-70, Ant. Bar-

tavillano, card. camerl. berini, card. camerl.

• Sixte V Peretti, 1585-90. •Oément X Altieri, 1670-76.

* Vacance du Saint-siège, 1590, H. Gaetani, * Vacance du Saint-siège, 1676, Pal. Altieri,

card. camerl. card. camerl.

l'italie 463

•Innocent XI Odescalchi, 1676-89. * Vacance du Saint-siège, 1730, Ann. Albani,

* Vacance du Saint-siège, 1689, Pal. Altieri, card. camerl.

card. camerl. * Clément XII Corsini, 1730-40.

•Alexandre VIII Ottoboni, 1689-91. * Vacance du Saint-siège, 1740, Ann. Albani,

* Vacatice du Saint-siège, 169 1, Pal. Altieri, card. camerl.

card. camerl. * Benoît XIV Lambertini, 1740-58.

* Innocent XII Pignatelli, 1691-1 700. * Vacance du Saint-siège,i']%Z, Gir. Colonna,

* Vacance du Saint-siège, 1700, J.-B. Spinola, card. camerl.

card. camerl. * Clément XIII Rezzonico, 1758-69.

•Clément XI Albani, 1700-21. * Vacance du Saint-siège^ 1769, Charles Rez-

* Vacance du Saint-siège, 1 721, Ann. Albani, zonico, card. camerl.

card. camerl. •Clément XIV Ganganelli, 1369-74.

•Innocent XIII Conti. 1721-24. * Vacance du Saint-siège, 1774-75, Ch. Rez-

* Vacance du Saint-siège, 1721, Ann. Albani, zonico, card. camerl.

card. camerl. *Pie VI Braschi, 1775-99.

•Benoît XIII Orsini, 1724-30.

La numismatique des papes présente pour l'histoire générale du monde chrétien, comme pour l'histoire de Tart, un intérêt de premier ordre, et il est vraiment inconcevable que la monographie n'en ait encore tenté personne. On ne saurait, en effet, considérer comme un travail définitif l'ébauche informe de Cinagli, qui reste cependant le seul livre permettant d'étudier dans son ensemble la merveilleuse série pontificale. Cinagli se borne à cataloguer sommairement les pièces qu'il a eues sous les yeux, et ne fournit de détails ni sur les systèmes monétaires, ni sur les ateliers, ni sur les graveurs qui, attirés à Rome par la splendeur de la cour pontificale, firent des monnaies des papes de véritables œuvres d'art.

A la fin de la période médiévale, le système monétaire pontifical comprenait une monnaie d'or, le sequin, dont quelques papes, notamment Paul II, avaient émis des multiples, et trois monnaies d'argent, le giulio, le grosso et le me{j(o grosso. Quelques pièces de billon formaient l'appoint.

Sixte I ¥(1471-84) émit le rfowWeg^/W/o et y fit graver, comme sur les g-/w///de la même émission, son portrait de profil. Sous Innocent VIII (1484-92) apparaissent les premières monnaies divisionnaires de cuivre pur ^ les quattrini. Enfin sousJules II (1 505-1 3) surgitletoton d'argent. Ce premier teston a un caractère commémoratif qu'auront, dans la suite, un grand nombre de monnaies pontificales; l'avers porte, écrits dans une couronne de chêne, les mots : IVLIVS IIPONTMAXROMA SEDI- TIONIBFAMEQ'LIBERATA; au revers, nous trouvons les images associées des saints Pierre et Paul, entourées de la légende : IN-OMNEM TERRAM EXIVIT SONw^ EORum. Sous Léon X (1513-21) les testons, de divers types, se multiplient; notre figure 277 en reproduit un d'une

gravure particulièrement remarquable: il représente au revers les rois mages à cheval, en route pour Bethléem, fixant l'étoile qui les conduira au berceau du Sauveur-

Les premiers ecMS d'argent furent frappés en i jiy sous Clément VII, aussitôt après le sac de Rome par les impériaux.

Ce sont de véritables monnaies de nécessité d'une exécution négligée, sentant l'improvisation, D'un côté figurent le nom et les "g' '"n armes du pape, surmon-

tés, suivant l'usage, des clefs en sautoir et de la tiare; de l'autre, une couronne de chêne renferme en deux lignes le motDV-CATO: ces pièces furent, en effet, mises en circulation pour un tiucat d'or. Il en fut frappé deux divisions, la moitié : MEDIO DVHA'o, et le quart QVARTDVC.

Sous Grégoire XIII (j 572-8 s), des icurfi d'argent furent frappés dans l'atelier de Bologne ; mais pour l'atelier de Rome la plus ancienne forte monnaie d'argent, émise dans des circonstances régulières, le fut en 15S8, sous le pontificat de Sixte V. L'écu d'argent de ce millésime porte le buste de profil du pape et, au revers, saint François d'Assise agenouillé recevant les stigmates.

Au XVII' siècle, les monnaies pontificales, gravées par les Hamerani, continuent à être très remarquables. Nous reproduisons (fig. 178) un

scudo d'argent frappé l'an I du pontificat d'Innocent XI (1676-89); le revers représente saint Mathieu écrivant son évangile sous la dictée d'un ange qui lui montre le ciel.

Sous Pie VI, de 177; à 1798, fut frappé un grand nombre de mon-

naies de bronze portant des noms de villes de province : Ancône, Ascoli, Bologne, Civita-Vecchia, Fano, Fermo, Foligno, Gubbio, Macerata, Matelica, Montalto, Pergola, Pérouse, San Severino, Spolète, Terni, Tivoli et Viterbe'. Quelques-unes de ces pièces, celles d'Ancône, de Bologne, de San Severino et de Spolète, furent frappées dans les endroits dont elles portent le nom ; les autres paraissent être sorties de l'officine de Rome.

Envisagée dans son ensemble, la série monétaire des papes témoigne d'une grande décentralisation, tant pour le système que pour les types. A côté de la ^ecca de Rome, il y avait dans les provinces de nombreux ateliers qui monnayaient à des empreintes locales et, très souvent, suivant un système de compte particulier. Il nous est impossible d'entrer ici dans des détails qui nécessiteraient une étude préliminaire dont les éléments nous font défaut. Nous devons nous borner à passer en revue les divers ateliers pontificaux, en notant, pour chacun d'eux, les faits les plus caractéristiques de leur histoire ou de leur iconographie.

Rome. — L'atelier delà capitale monnaya sous tous les pontificats des temps modernes, sauf sous Urbain VII (1590), Innocent IX (1591) et Léon XI (1605). Ce dernier pape n*a laissé aucun souvenir monétaire.

Ancone. — Cet atelier fut fermé par Sixte V (1585-90), après avoir ouvré depuis la fin du xive siècle. Il fut momentanément remis en activité sous Pie VI (1775-98), et tomba en 1797 au pouvoir des Français. Ses monnaies portent fréquemment l'image de saint Q^iriace.

Ascoli^. — Cette ville appartenait au Saint-Siège depuis 1426. L'atelier qu'y possédaient les papes fut fermé par Léon X en 15 18. Les armes de la ville, un pont à deux tourelles, figurent fréquemment sur ses espèces, qui ne consistèrent qu'en menue monnaie.

Bologne, — Après Rome, Bologne fut le principal atelier monétaire des papes. Le type local est l'image de saint Pétrone ou celle de saint Pierre; la légende traditionnelle, BONONIA DOCET, fait allusion à l'Université qui permettait à la ville de s'intituler bononia MATER STVDioRVM. Quand Jules II eut expulsé de Bologne les Bentivoglio, qui avec le titre de conservateurs étaient parvenus à y dominer en maîtres et même à y monnayer, il fit frapper un sequin d'or commémoratif, où se lit au revers la légende bon. p. ivl. a TiRANO LiBERATa. En 1530, quand Charles-Quint se fit couronnera Bologne par Clément VII, l'atelier frappa des monnaies d'or et d'argent à l'effigie de l'empereur.

Le monnayage pontifical continua à Bologne pendant toute l'époque moderne, et l'on possède également des pièces frappées dans cet atelier pendant un grand nombre de vacances du siège apostolique. La plupart des monnaies portent les armes du cardinal-légat, parfois celles du gouverneur.

1. Friedlaender, Die Mùn^en des Kirchenstaates von i'jç4 bis 1814, dans la Zeitschrift fur Mûn:^', SiegeU und Wappenhunde de 1841.

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