‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 121 sur 157 · I. Voyez p. 460, le § consacré à la république de Pérouse · texte numérisé non relu

I. Voyez p. 460, le § consacré à la république de Pérouse

Pesaro. — Le seul pape qui ait monnayé à Pesaro est Léon X; il occupa cette ville dei5i9ài52i,et frappa quelques monnaies d^argent et de billon. Nous avons déjà parlé de cet atelier (p. 459).

Plaisance. — Cette ville suivit les destinées de Parme, Son atelier fut en activité pour les États de l'Église sous Léon X, Adrien VI, pendant la vacance du Saintsiège de 1523, sous Clément VII et Paul III.

Le patron de Plaisance, saint Antoine, figure sur plusieurs pièces frappées dans cette ville. Un sequin d'Adrien VI porte à l'avers son buste, et au revers, dans le champ, le mot placentia, complété par la légende circulaire : romanor. colonia. ECCL« REDTA. Sur des monnaies d'argent du même le commencement de cette légende entoure la Louve romaine. Plusieurs pièces portent comme détail accessoire du tj'pe Técusson du cardinal-légat.

Ravenm. — Aussitôt que Ravenne fut retournée sous la domination pontificale, Léon X, par acte du 18 septembre 1517, y créa un atelier monétaire dont il laissa la direction à l'archevêque, le cardinal Nicolas Fieschi. Celui-ci émit des pièces de cuivre portant son nom, n. car. fliscvs, et ses armes. Les oiulii d'argent eurent le nom et les armes du pape, et au revers la représentation de la Résurrection.

En 1527, Ravenne fut de nouveau occupée par les Vénitiens, pour retourner en 1530 au Saint-Siège. L'atelier monétaire fut rétabli sous Paul III (1534-39), mais son existence fut de courte durée. Au xviii« siècle. Clément XII l'ouvrit de nouveau ; il resta en activité sous Benoît XIV, mais fut définitivement supprimé à la fin de son pontificat.

^gg^- — Le monnayage pontifical de Reggio d'Emilie n'intéresse que les règnes de Jules II, Léon X et Adrien VI. Il ne consiste qu'en monnaies de cuivre (voir p. 446).

San Severino. — En 1796, le pape Pie VI fit frapper dans cette ville, en la maison du comte Servuji CoUio, des monnaies de bronze.

Spoltte. — Cette ville, qui avait déjà monnayé pour les papes dans la seconde moitié du w^ siècle, eut un atelier sous Jules II et sous Léon X. L'image de saint Pierre forme le type habituel des monnaies, toutes en argent, frappées à cette époque.

De 1795 à 1798, Pie VI frappa à Spolète des monnaies de bronze portant le nom de cette ville.

§ III. — Italie méridionale,

a). — Royaume de NaplcsK

Alphonse I d*Aragon, dit le Magnanime, qui avait réuni en 1435 le royaume de Naples à celui de Sicile, laissa par son testament le premier

I. C.-A. Vergara, Monete del Regno di Napoîi. Rome, 171 s> in-4. — G.-V. Fusco, Ititonto allé i^ecch ed aile monete buttute nel Rcame di Napoli da re Carlo VIII di Francia.

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de ces états à son fils naturel Ferdinand I (1458-94), et le second à Jean, son frère.

Ferdinand I mourut en 1494. Son fils aîné, Alphonse II, lui succéda, mais il abdiqua presque aussitôt en faveur de son frère Ferdinand 11, saisi d'épouvante à la nouvelle de l'expédition que Charles Vlll, roi de France, préparait contre le royaume de Naples, auquel il prétendait comme héritier des droits de la maison d'Anjou.

Ferdinand II ne put résister à l'envahisseur. En février 1495, Charles VIII entra dans la capitale; mais l'occupation française fut de courte durée. Soutenu par la ligue de Venise, Ferdinand II rentra dès le mois de mai en possession de ses états, dont il jouit jusqu'à sa mort, survenue en 1496. Son oncle Frédéric III recueillit sa succession, mais en i joi, il fut dépouillé à son tour par Louis XII, roi de France.

En 1503, Ferdinand III le Catholique, roi d'Aragon et de Sicile, envahit le royaume de Naples, d'où il expulsa les Français,, pour le réunir de nouveau à celui de Sicile.

Le règne de Ferdinand I d'Aragon marque la transition du monnayage médiéval au monnayage moderne. Les caractères gothiques des légendes font place aux caractères latins; l'effigie royale cesse d'être conventionnelle, pour devenir un portrait sur les ducats d'or frappés pour la première fois en 1465. La même année, on entreprit la fabrication du tarin ou double carlin d'argent du poids de 7 gr. 20. Ferdinand I y fait graver également son buste, d'une exécution parfois charmante, précédant ainsi tous les princes italiens dans l'émission de pièces d'argent à portrait. Le type des carlins fut modifié; l'avers porta le buste royal; au revers, les armoiries firent place à l'image de saint Michel terrassant le dragon, qui avec la légende IVSTA TVENDA fait allusion aux victoires remportées sur les Turcs. Sous le même règne, nous voyons aussi apparaître les pièces de cuivre pur ', las cavalli, ainsi nommés de leur type: un cheval en liberté entouré des mots: EQVITAS REGNI. Ces cavalli furent frappés à

Naples, i486, in-4. — A. Heis, Descripciott gênerai de las monedas hispano-cristianas, Paris, 1867, t. II, p. 329 et suiv. — H. Hoffmann, Les monnaies royales de France depuis Hugues Capet jusqu'à Louis XVI. Paris, 1878, in-fol. — J.-A. Sambon, Monnaies de Omrles VIII frappées en Italie, d3LnsV Annuaire de la Société française denumism. de 1896, p. 49 et suiv. — Le même, Inciscri dei conii délia moneta napoletana, dans la Rivista italiana di numismatica de 1893, p. 69 et suiv. — Le même, I cavalli di Ferdinando I d*Aragone, et / carlini di Ferditiando I d'Aragone, dans le môme recueil, 1891. — M. J. -Arthur Sambon prépare en ce moment une monographie de la numismatique napolitaine, très impatiemment attendue. Nous lui devons certains renseignements dont nous tenons à le remercier ici tout particulièrement.

I. A rexception d'une tentative faite à Venise en 1462, puis abandonnée, Ferdinand I fut le premier souverain italien qui fit frapper des monnaies divisionnaires de cuivre.

Aquila, à Amatrice et à Brmdisi, villes des Abruzzes qui jouissaient d'une certaine autonomie monétaire. Les cavalU d'Amatrice ont coinme légende: FIDELIS AMATRIX, en souvenir de la fidélité de la ville lors de la conjuration ourdie, en 1485, par le pape Innocent VHI contre la maison d'Aragon. Ferdinand I créa un nouvel atelier à Lecce.

Le court règne d'Alphonse II a laissé de rares ducats d'or et des monnaies d'argent, les coronati del angelo, dont le type rappelle la scène du couronnement royal. Sous Ferdinand II, le monnayage ne fut pas non plus très actif, interrompu qu'il fut par l'arrivée des Français.

Charles Vil la laissé de nombreux souvenirs métalliques de son occupation. A Naples, il frappa des écus d'or analogues à ceux de France, des carlins d'argent et des cavalli de cuivre ; à Aquila, des écus dor et des cavalli; à Suimona, des carlins et des cavalli; à Chieti (TEATINA CIVITAS), à Ortona et à Sora, des cavalli. Le type principal de ces monnaies franco-italiennes se compose des armes de France. Sur les pièces de Suimona figure toujours comme détail de l'empreinte un petit cartouche ovale renfermant les lettres S-M-P-E, initiales de Sulmo miki patria est, demi-hexamètre d'Ovide, qui était né à Suimona.

Quand Ferdinand II eut été rétabli, le monnayage fut repris à son nom à Naples, à Lecce, dans la terre d'Otrante, et à Brindisi. En 1496, l'atelier de Brindisi fut définitivement fermé.

Frédéric III ne modifia pas le système monétaire en vigueur sous son neveu. Ses espèces furent frappées à Naples, à Suimona et à Lecce. Ces deux dernières oflîcines prirent fin avec lui.

Le monnayage du roi de France Louis XII comprend de curieux ducats d'or (fig. 279), au revers desquels est écrite une menace au pape:

PERDAM BABILLONIS NOMEN.

La monnaie d'argent reste le carlin '^■'" représentant Louis XII assis de

face. En cuivre nous retrouvons les cavalli aux armes de France, frappés à Naples et Aquila.

b), — Royaume dt Sicile.

Jean II d'Aragon, qui depuis 141; était roi de Navarre, succéda en i4;8 à son frère Alphonse I le Magnanime, dans les royaumes d'Aragon et de Sicile « au delà du Phare ». Il mourut en 1479, laissant ses états à son fils unique Ferdinand le Catholique. En i;o;, celui-ci conquit le royaume de Naples.

Les monnaies frappées vers la fin du règne de Jean II substituent aux caractères gothiques en usage jusqu'alors des caractères latins. Le real d'or, frappé dès 1466, dont nous reproduisons l'empreinte (fig. 280), marque ainsi, en Sicile, le commencement de la numismatique moderne. Jean il s'intitule : Dei gratta rex Sicilie et Aragonum, ac Aienarum et Neopatrie dux ; ces deux derniers titres, que lui avaient légués

ses prédécesseurs, et qui après i

lui disparurent des espèces, ne '

répondaient plus à une possession effective. Sous Ferdinand

le Catholique, l'or sicilien con- ^'s ^'o

serve l'image conventionnelle du roi assis; l'argent continue, comme dans la période précédente, à porter l'aigle et les armes d'Aragon-Sîcile.

Après la constitution du royaume des Deux-Siciles, la Sicile insulaire conserva une monnaie particulière'. L'atelier de fabrication, qui était situé à IVlessine, fut transféré à Palerme en 1676.

c). — Royaume dis Daix-SiciUs^.

Le royaume de la « Sicile en deçà et au delà du Phare », ou des Deux- Siciles, dénomination qui prévalut définitivement en 17)4, fut constitué en I îo} par Ferdinand le Catholique qui, héritier de la Sicile, conquit Naples sur Louis Xll, roi de France. Ferdinand le Catholique mourut en [J16. Il eut pour successeurs :

•Jeanne la Folle et Charles I, 1515-16. 'Philippe II (Kl en Espagne), 1598-1611. •Charles 1 (Charles -Qui m;, 1516-56. 'Philippe III (IV en Esp.igne), 1621-65.

'Philippe I (II en Espagne), 1556-98. 'Charles II, 1665-1700.

A l'extinction de la maison espagnole, Naples prit parti pour Philippe V d'Anjou, qui régna jusqu'en [707. En cette année, les Impériaux s'emparèrent du royaume, dont Philippe V fut dépouillé par le traité d'Utrecht, en vertu duquel Naples resta à Charles d'Autriche et la Sicile

1. Un officier de la Monnaie de Naples, Leonardo Zocchis, fut chargé en 1555 d'établir le rapport entre les monnaies siciliennes et celles de Naples; il calcub que pour un Au de 12 tarins siciliens on donnait au minimum 10 carlins, au maximum 10 catlim et 1 ou 2 grains napolitains.

2. Sources citéesau paragraphe consacré au royaume de Naples. — J.-A. Sambon, a de Oiarles V dans l'Italie méridionale, dans l'Annuaire de la Société française

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