CHAPITRE aUATORZlÈME
JUSQU'A LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE.
Sources : A. Heiss, Descripcion gênerai de las monedas hispano-cristianas desde laini^asûm de los Arabes. Madrid, 1865-69, 3 vol. in-4. — Catalcfo de la coUccion de monedas y medallas de Manuel Vidal Quadras y Ramon, de Barcelona, Barcelone, 1892, tomes II et III, in-4. — A. Cam paner y Fuertes, Indicador mantial de la nnmismatica espaOohi, Palma, 1891, in-12, p. 523 et suiv. — A. C. Teixeira de Aragâo, Descripçào gérai e historica dos moedas cunhadas etn nome dos reis, régentes e governadores de Portugal. Lisbonne, 1874-77, t. III, in-8. — J. MqHï, Dos brasilianiscJje Geldwesen .l.DieMûn^en der Colonie Brasilien. Zurich, 1897, gr. in-8. — J. Atkins, The coins and tokens of the possessions and colonies of the hritish empire, Londres, 1889, in-8. — R. Chalmers, A hisiory of currettcy in the hristish colonies, Londres, 1893, in-8. — E. Zay, Histoire monétaire des colonies françaises, d'après les documetits officiels. Paris, 1892, in-8. — Vcrkade, Muntbœk bevattende de munten geslagen in de Vereenigde nederlandsche Provincien sedert den vrsde van Cent tôt op on:(en tijd. Schiedam, 1848, in-4. — E. Netscher et J. A. van der Chys, Dt munten van nederlandsch Indie heschrei'en en afgdfeeU, Batavia, 1863, in-4. — V. Bergsôe, Trankebar- Monter (1644- 184s) samt Monter og Medailler vedrorende den danske Handelpaa Osiindien, China og Gidnea (i6j'j'ijyy)» Copenhague, 1895, pet. in-4. — A. Weyl, Die Jules Fonrobert'sche Sammlung ûberseeischer Mûn^en und Medaillen. Berlin, 1877, in-8, 3 vol.
Les nations européennes qui, à la suite des grandes découvertes géographiques du XV* et du xvi« siècle, créèrent au delà des mers des colonies ou des comptoirs commerciaux pendant la période que nous étudions ici, sont au nombre de sept: l'Espagne, le Portugal, TAngleterre, la France, la Hollande, le Danemark, et enfin, mais pour une part insignifiante, la Suède. Il convient d'ajouter encore à cette liste la Prusse qui tenta, d'ailleurs sans succès, la création de comptoirs en Guinée et d'une compagnie commerciale asiatique investie du droit de battre monnaie ».
Les travaux publiés dans ces dernières années sont assez nombreux
I. On trouvera dans la Grande Encyclopédie, t. XI, au mot colonisation, un excellent résumé de l'histoire générale de l'expansion européenne.
LES COLONIES EUROPÉENNES d'oUTRE-MER 569
pour que nous puissions donner de la numismatique coloniale un résumé satisfaisant; on nous permettra, à ce propos, de remarquer que notre Traité est le premier ouvrage d'une portée générale où les monnaies des colonies ne soient pas passées sous silence.
§ I. — Colonies espagnoles.
Les colonies espagnoles dont on possède des monnaies forment trois groupes: en Afrique, Oran et les îles Canaries; en Amérique, les imnienses territoires du Mexique, du Guatemala, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade et du Chili ; en Océanie, les îles Philippines.
a). — Oran et Us {les Canaries.
Oran fut conquise par les Espagnols au commencement du wi^ siècle. Sous le règne de Philippe III (i 598-162 1), furent frappées à Tolède, en 1618, pour la possession d'Oran, des pièces de cuivre de huit, quatre et deux maravédis. Ces pièces d'une frappe très mauvaise portent à l'avers l'écu couronné de Castille, Léon et Grenade, au revers le mot ORAN disposé en croix autour d'une croisette '.
Sous Charles 1 1 de nouvelles pièces de cuivre de 8 et de 4 maravédis furent émises en 1691 dans l'atelier de Madrid. Elles portent d'un côté l'écu couronné, de l'autre les lettres IHS sous une couronne accostée du millésime et dessous ORAN. Par suite d'une erreur de lecture portant sur la date, 163 1 au lieu de 1691 , quelques auteurs classent ces pièces au règne de Philippe IV.
M. Campanei* a fait connaître * des monnaies d'argent du xvii« ou du XVIII* siècle qui portent d'un côté un monogramme paraissant composé des lettres palmas; ces pièces semblent appartenir aux îles Canaries dont la ville de Las Palmas est la capitale.
b). — Amérique espagnole.
C'est dans la première partie du xvi« siècle que fut constitué en Amérique l'immense empire colonial de l'Espagne. De 1519a 1 5^7, Fernand
1 . C'est à tort que Mailliet a fait figurer ces pièces dans son Atlas des monnaies obsidionaks et de nécessité, pi. xc, en les attribuant au siège soutenu en 17^3 par la yille d*Oran contre les Maures.