I. Buste dit poupard, 164) {fîg. zi
j. Buste poupard à la mèche longue, 1646. Il ne diffère du précédent que par la longueur de la boucle de cheveux, descendant jusqu'au vêtement.
j. Buste adolescent, 1668 (Bg. 2;).
Fig. « Fig. .) Fig. 14 Fig, ,i
4. Buste dit « du parlement » â la petite perruque, 1672 (fîg. 34).
;. Buste dît « du parlement » à la grande perruque, 16&6 (fig. 2;).
On possède de ces différents types les écus blancs et leurs plus grandes divisions. La première série, celle du buste poupard, comprend toutes les fractions, le demi-écu, le quart, le douzième, le vingt-quatrième et te quarante-huitième ; mais ces dernières nont jamais été mises en circulation.
Outre le monnayage pour le royaume de France, qui est caractérisé
Fg. « Kg. ïS Fig. i<|
par la présence au revers de l'écu couronné, à trois lis (fig. 26), il existe pour le second, le troisième et le quatrième types des séries, plus ou moins complètes, frappées pour la Navarre (fig. 27) ou le Béarn (fig. 28).
Aprèsla conquête de la Flandre, on frappa, pour Tusage exclusif de cette province, à Paris, Lille et Amiens, des pièces d'argent de 4, 2, i livre, 10 et 5 sols, pour l'usage exclusif de cette province. Ces pièces, appelées caramboles, portent au revers les armes écartelées de France, Bourgogne ancien et Bourgogne moderne (fîg. 29). L'atelier de Lille fut créé en septembre 1685, mais il ne commença la fabrication qu'en 1686.
Pendant la période dont nous venons de nous occuper, nous voyons apparaître, à côté des anciens dom^ains et sixains, un certain nombre de monnaies divisionnaires nouvelles. En 1644, une ordonnance prescrivit rémission de petites pièces d'argent valant trente et quinze deniers ; leur type n'est qu'une réduction de celui des écus au buste poupard. Une seconde émission de ces monnaies eut lieu en 1657.
Dès. le début du règne, les ateliers frappèrent en cuivre le double et le denier tournois. En 1649, on créa des liards de trois deniers dont la fabrication, faite à Paris, fut interrompue par les troubles de la Fronde. Le type de ces liards est d'un côté la tête royale, et de l'autre un grand L couronné, accosté de deux lis. La valeur de la pièce en deniers est indiquée à l'exergue en chiffres romains ou arabes. La fabrication des liards fut reprise en 1654 et, cette fois, les pièces portèrent au revers, en trois lignes : LIARD-DE-FRANCE. L'émission, continuée jusqu'en 1658, fut répartie entre plusieurs ateliers, dont quelques-uns ouverts spécialement à cet effet :
A Corbeil • . E Meung-sur-Loire et Châtellerault.
B Pont-de-l* Arche et Acquigny. G Lusignan et Montreuil-Bonnin.
C Caen. I Limoges.
D Vimy, localité appelée ensuite Neu- K Bordeaux.
ville-sur-Saône'. R Nîmes.
En avril 1 674, une ordonnance prescrivit l'émission de pièces de quatre et de deux sols dites « des Traitants ». La première de ces pièces a au revers quatre lis posés en croix et formant losange en cœur ; la seconde, deux fleurs de lis dans le champ. L'avers porte le buste royal.
En décembre 1689 commence une nouvelle période de l'histoire monétaire de Louis XIV. Un édit prescrivit la refonte générale des espèces et une modification radicale du type : l'or prit le revers de l'argent, et l'argent celui de l'or. Il y eut donc des louis chargés au revers de Técu
1. Cf. A. Dufour, Un atelier monétaire à Corbeil de i6s4 à 16 s8, dans les Annales de la Soc. hist. et archéol. du Gdtinais, 1884, p. i.
2. N. Rondot, La Monnaie de Vimy ou de 'Neuville dans le Lyonnais, dans la Rev. numism., 1890.
de France et des écus d'argent ayant au revers la croix formée de huit L (fig. î i). Sur l'argent, le buste royal (fig. jo) abandonne le jabot de dentelles de la série « du parlement »; on l'avait déjà figuré de la sorte sur les « caramboles ».
Fig. y> Rg. Ji
Cette émission dura jusqu'en 169;. Elle avait été complétée en 1691 par des pièces de trois sols portant au revers deux L cursifs feuillus, affrontés et entrelacés, accompagnés de trois fleurs de lis et surmontés d'une couronne.
L'écu d'argent aux huit L, émis pour 66 sols, subit des abaissements de cours successifs; en juillet 169:, il ne valut plus que 6; sols; en décembre, 64 sols; en juin 169), 6; sols; enfin, en août de la même année, 62 sols seulement. Nous assistons pour la première fois à une de ces spéculations monétaires connues dans l'histoire sous le nom de réformations. Voici, dit l'abbé Hanauer, dans ses remarquables Études économiques sur l'Alsace, en quoi consiste la manœuvre, que nous allons voir se produire pendant toute la dernière période du règne de Louis XIV et pendant le règne de Louis XV : « Les espèces qui sont dans la circulation sont amenées, par une série de décris successifs, à un taux qui équivaut, ou peu s'en faut, à leur valeur intrinsèque. Ce terme atteint, on les prohibe; la Monnaie s'en empare, les marque d'un signe quelconque, sans les refondre, et les rend au public à un cours élevé, bénéficiant de toute la difl^érence qui existe entre le prix de rachat et le taux de la nouvelle émission. Quelque temps après, quand les pièces réformées se trouvent placées, et que le désir d'opérer une nouvelle spéculation se fait sentir, les décris recommencent et se succèdent, jusqu'à ce que la valeur de change de ces pièces se confonde de nouveau avec leur valeur intrinsèque. Alors intervient une autre ré/ormation, destinée à parcourir les mêmes phases. »
De 1691 à la fin du règne, il y eut quatre de ces réformations : les monnaies portées aux ateliers reçurent une empreinte nouvelle, sans
être refondues, de sorte que leur frappe est des plus défectueuses, le type étant très fréquemment défiguré par la présence partielle de l'ancienne empreinte.
En septembre 169;, les monnaies émises à la suite de l'édit de 1689 furent retirées de la circulation et remplacées par une série de pièces analogues, d'un type nouveau. Les louis portèrent au revers une croix
Fig. H Fig. jÉ
formée de quatre lis couronnés, cantonnée de quatre L. Les ^cu£ d'argent et leurs subdivisions eurent du même côté un écu rond soutenu par deux palmes (Bg. ;z à h)- " existe de cette série des pièces pour la
Fig. ,t
France et pour le Béarn-Navarre; en Flandre, une modification analogue fut apportée aux « caramboles », Les monnaies frappées en exécution de l'édit de 1695 furent r^rm^es en 1701,
Au mois de septembre de cette année parut une ordonnance qui modifia le type de la manière suivante, A l'or, on mit une croix formée de huit L adossés deux par deux et couronnés, la croix brochant sur deux insignes (sceptre et main de justice en sautoir). A l'argent, on donna un écu rond brochant sur les mêmes insignes. La série des monnaies d'argent existe non seulement pour la France et le Béarn-Navarre, mais encore pour le Dauphiné, à l'exception toutefois de Vécu. L'atelier de Grenoble ne semble avoir frappé que des demi-écus, des huitièmes et des seizièmes. En Flandre, les monnaies régionales dites caramboles reçurent également le type aux insignes (fig. j; à ;8).
En mai 1704 un nouvel édit vint changer les louis. Les huis rf'or portèrent, jusqu'à nouvel ordre, une croix formée de quatre lis couronnés, brochant sur deux insignes en sautoir. Pour les espèces d'argent, on en revint à la croix formée de huit L, mais le centre de cette croix qui.
Sg- W Fig- 40
dans l'émission de 168g, était réservé à la lettre monétaire, reçut les armes de France ou de Béarn-Navarre (fig. J9). Les coins des caramboles de Flandre s'éloignent cette fois de la donnée générale : on en refond l'écu de i68f en le posant sur les insignes en sautoir (Bg. 40).
La dernière r^ormaï/on du règne de Louis XIV fut opérée par l'éditde mai 1709. Le buste fut mis en rapport avec l'âge du monarque (fig. 41).
Le revers des louis d'or fut empreint d'une croix formée de huit L. cantonnée de fleurs de lis. Les monnaies d'argent portèrent trois couronnes rangées en triangle (fig. 42).
Dans le résumé qui précède nous avons négligé de parler de quelques monnaies divisionnaires d'argent, ainsi que des pièces de billon et de cuivre. Par édit d'octobre 1692, les dou^ains furent supprimés et remplacés par un sol de quinze deniers tournois : le type de cette pièce qui existe pour la France, pour la Navarre et pour le Béarn, est à l'avers une croix formée de huit L et au revers un écu couronné.
En mars 1702 parut une pièce de cinq sols et en mai 1703 une pièce de dix sols en argent; elles portent Tune et Tautre à l'avers le buste du roi et au revers deux insignes en sautoir cantonnés de trois lis et d'une couronnelle. Le 9 août 1707 une déclaration royale vint compléter cette série par une pièce de vingt sols.
Par édit de septembre 1709 on créa des pièces de trente deniers dont voici le type: à l'avers deux L adossés sous une couronne. Au revers une croix cléchée, cantonnée de lis, est entourée de la légende française PIECE DE XXX DENIERS. H y eut également des pièces de quinj^e deniers au même type.
Les monnaies de Louis XIV furent toutes frappées au balancier après 1645. Le 8 mars de cette année, une ordonnance supprima le monnayage au marteau, et le monnayage mécanique fut introduit dans tous les ateliers. Par un perfectionnement qui sous les règnes précédents avait été réservé aux piéforts, les écus et demi-écus d'argent de Louis XIV reçurent une inscription sur la tranche; cette inscription est: Domine salvumfac regem. Les pièces dites caramboles, d'un modèle plus grand, ajoutent christianissimum.
Nous avons signalé plus haut les ateliers temporaires qui furent créés sous Louis XIV, à la suite de Tédit de 1654 relatif à la fabrication des liards. Voici la liste des ateliers qui eurent une existence plus solide et une destination moins restreinte :
A Paris H La Rochelle
AA Metz, ouvert en 1662 I Limoges
AR Arras K Bordeaux
B Rouen L Bayonne
BB Strasbourg, depuis 1696 LL puis L couronné, Lille
C Saint-Lô, jusqu'en 1793, puis den M Toulouse
DC Besançon N Montpellier
D Lyon O Clermont
E Tours P Dijon
F Angers Q. Narbonne, jusqu'en 17 10, puis Per-
G Poitiers pignan
R Saint-André-les-Avignon, puis vers Y Bourges
la fin du r^ne, Orléans. Z Grenoble
S Troyes & Aix en Provence
S et îa Sainte Ampoule, Reims. 9 Rennes
T Nantes Une vache, Pau
W (depuis 1674), Lille Un petit écu de Navarre, Saint-Palais X Amiens
A Paris, l'existence simultanée de deux ateliers prit fin. L'officine du Louvre ne frappa plus que des jetons et des médailles à partir de 1660. Les graveurs-généraux du règne de Louis XIV furent :
Jean Warin, 1646-1672.
François Warin, son fils, 1672-1681.
Jt)seph Roettiers, né à Gand et auparavant graveur de la monnaie de
Londres, 1682- 1705.
Norbert Roettiers, neveu du précédent, 1 704-1 727.
Les guerres que le grand roi eut à soutenir et les annexions qui en furent la conséquence, donnèrent lieu à l'émission d'un assez grand nombre de monnaies locales. Nous avons déjà parlé des caramboles frappés spécialement pour la Flandre. Cette série s'enchâsse si bien dans les monnaies françaises proprement dites que nous avons cru ne pas devoir l'en séparer. Il n'en est pas de même des monnaies frappées à Strasbourg après son annexion.
La ville libre alsacienne était depuis la fin du moyen âge en possession du droit de battre monnaie. Dans l'acte de capitulation signé à Illkirch, le 30 septembre 1681, Louis XIV avait conservé à Strasbourg la disposition de son atelier municipal. Cette liberté reçut cependant une restriction, car si la ville continua par son autorité directe à battre sur l'ancien pied ses monnaies d'or, ses jetons de présence du conseil, ses deniers et ses oboles, les officiers de la monnaie reçurent l'ordre de fabriquer des espèces nouvelles d'argent conformes au système de la monnaie française. Il y eut des pièces de 30, i j, 10, 4, 2 sols et d'un sol. Leur type reste essentiellement local ; elles ne portent aucune mention royale ; à l'avers, on lit: MONETA NOVA ARGENTINENSIS. autour de la grande fleur de lis strasbourgeoise ; le revers a la légende : GLORIA IN EXCEL- SIS DEO et, dans le champ, en trois lignes, l'indication de la valeur et du millésime.
Lorsque le gouvernement français entra dans la voie des reformations, une ordonnance royale vint, le 9 mars 1690, défendre aux officiers de la monnaie de Strasbourg de continuer leur travail, pour les empêcher de participer aux bénéfices résultant de l'opération de réforme. Le magistrat
protesta contre cette violation évidente de la capitulation de 1681 ; mais le gouvernement passa outre et la ville ne conserva plus que le droit d'émettre sur l'ancien pied les pièces d'or et d'argent, dont elle s'était réservé la fabrication.
Ce droit semble avoir disparu lorsque, le 6 octobre 1693, Louis XIV eut décidé d'ouvrir à Strasbourg un atelier monétaire pour son propre compte. L'annexion monétaire de l'Alsace à la France ne fut néanmoins pas complète, car le roi entreprit la fabrication de pièces ayant un cours réservé à la province et portant un type spécial. Il y eut des demi-écus et des quarts d'écus portant d'un côté, avec la légende SIT NOM EN DO- MINI BENEDICTVM, le type ordinaire des monnaies françaises de la série dite « aux palmes ^. Par une concession à l'amour-propre local, le revers porte la fleur de lis strasbourgeoise et les mots M ON ETA NOVA ARGENTINENSIS. Cest sur ces pièces que nous trouvons pour la première fois le différent monétaire BB signalé plus haut dans notre liste des ateliers.
Les reformations successives des monnaies eurent leur contre-coup à Strasbourg, et le type des pièces locales subit des modifications graduelles qui le rapprochèrent peu à peu des monnaies du royaume. En 1 7 1 0 le buste et le nom de Louis XIV font leur apparition. C'est la dernière étape. L'annexion complète suivra de près; à partir de 1716, les monnaies frappées à Strasbourg ne se distinguent plus de celles des autres ateliers français.
Pas plus que nous ne l'avons fait aux précédents règnes, nous ne parlerons ici des monnaies franco-espagnoles émises sous Louis XIV en Roussillon et en Catalogne, ni des pièces que le roi battit à Modène pendant l'occupation de cette ville. Il nous reste toutefois à nous occuper des obsidionales frappées en France ou dans des localités frontières pendant les nombreuses campagnes du grand roi, à Saint- Venant, à Mayence, à Landau, à Lille, à Tournai, à Aire et à Bouchain.
En 1657, la ville de Saint- Venant en Artois était assiégée par le maréchal de Turenne. Manquant d'argent pour le <.FOvii.3oS0i.i^Di&* J payement de la solde de ses troupes, l'illustre ^ , /fys^^ I capitame fit convertir sa vaisselle d argent en
•TVRENNE.^/ 1 1 monnaies improvisées, de 30 et de 20 sols. Ces .ASSIEGEA NrTm^^l monnaies, qui constituent un très rare exemple
'^'•^-^Î?^T / ^® pièces de nécessité émises par un assiégeant
et non par un assiégé^ sont de simples morceaux **■ ^^ de métal découpés dans de la vaisselle plate et
contre-marqués d'une fleur de lis; la pièce de 30 sols porte en outre une inscription gravée au burin (fig. 43).
La ville de Mayence, assiégée en 1689 par les Impériaux et défendue
par M. d'Uzelles, frappa d'intéressantes obsidionales d'argent, mais ces pièces fabriquées avec l'outillage régulier d'un atelier officiel n'ont pas l'aspect d'un numéraire improvisé, La série se compose dejlorins ou '/■ de rixdale, de demi-florins ou tiers de rixdale, de doubles sols et de sols. On lit à l'avers: MONETANOVA ARGENTEA. autour d'un écusson couronné renfermant un chiffre formé de quatre L entrelacés. Le type du revers se compose de l'indication de la valeur, avec GLORIA IN EXCEL- SIS DEC.
A Landau, en 1701, pendant le siège que la ville eut à soutenir contre les Impériaux, le gouverneur, M, de Mélac, convertit sa vaisselle en monnaie, comme l'avait fait Turenne devant Saint- Venant, Les morceaux d'argent portent à Landau diverses estampilles, des fleurs de lis, les armes de M. de Mélac (ûg. 44), le nom de la place investie, le millésime et les indications des valeurs ; 4 livres 4 sols, i I. I s. ou I 1. I s.
Le siège de Lille parles alliés en 170S donna lieu ^'•s- 44
à une monnaie obsidionale de fabrication plus parfaite. C'est que le maréchal de Boufflers avait à sa disposition, comme M. d'Uxelles à Mayence, un atelier bien outillé. On émît à Lille des pièces de cuivre de vingt, dix et cinq sols. Leur type se compose, d'un cdté, des armes de M. de Boufflers, posées sur deux bâtons de maréchal mis en sautoir et sur un manteau ducal. Elles sont entourées des trois ordres de Saint- Louis, de Saint-Michel et du Saint-Esprit, L'empreinte du revers est simplement épigraphique : elle donne, en six lignes horizontales, la valeur d'émission, la légende PRO DEFENSIONE VRBIS ET PATRIvE et la date. Suivant un renseignement recueilli par M. Van Hende, le savant auteur de la Numismatique lilloise, il fut frappé 100,000 exemplaires des pièces lilloises de 20 et de } sols et 1 $0,000 de celles de losols.
Le 27 juin 1709, les troupes alliées investirent Tournai où commandait au nom de la France Charles de Hautefort, marquis de Surville : Le 1 î juillet, la Cour approuva l'émission, par ordre du gouverneur, d'obsidionales en argent : « Sur le réquisitoire du procureur général du Roy, contenant que quoy qu'il n'appartienne qu'audit seigneur Roy d'ordonner la/abrication et l'évaluation de la monnaye, les commandons des villes assiégées ont souvent pratique^ de/aire frapper des espèces
pour avoir cours dans la nécessité Messire de Surville avait
ordonné aux orphèvres de fabriquer des pièces d'argent du poids d'un
quart d'écu et d'employer les dittes pièces au payement des troup-
pes sur le pied de vingt patars ou vingt-cinq sols, avec promesse de
les reprendre sur le même pied après la fln du siège la cour ordonne
que les dittes pièces seront reçues dans le public...» Ces pièces carrées, unifaces, découpées dans la vaisselle des habitants, portent la tête du gouverneur à gauche, accompagnée de son nom : M. / *iv \ I DE SVRVILLE- Le ïo juillet, un nouvel arrêt autorisa % la circulation des pièces de cuivre rondes, de huit et de deux patars. Les premières représentent « d'un côté les ^ *a/^rf^l '^''"tss dudit sieur marquis de Surville {d'or à trois '■^'""^t'""* I forces hautes de sable) et de l'autre cette inscription: '^■«■■" MONETA IN OBSIDIONE TORNACENSI CVSA »-
Les pièces de deux patars sont unifaces et empreintes d'une tour, armes de la ville, avec la légende TORNACO OBSESSO 1709. Tournai capitula le 39 juillet'.
Le 2 septembre 1710, l'armée des alliés commandée par Marlborough et le prince Eugène mit le siège devant Aire-sur-la-Lys. Le marquis de Guébriani, qui commandait la garnison, donna le 28 octobre, aux orfèvres de la ville, pour la valeur de 4,000 écus de sa vaisselle, afin qu'ils la convertissent en pièces de aj et ;o sols. Les coins dont on se servit pour la ' fabrication de ces pièces étaient ronds, mais les Sans sont de toutes formes. Le type de ces monnaies unifaces est un écu rond aux armes de Guébriant : d'ai;ur à la fasce d'or, surmonté d'une couronne i cinq fleurons. La légende circulaire ''■« «^ est : PRO RE&E ET PATRIA ARIA OB'. Dans le
champ ou sous l'écu est placée la date 1710, et au-dessus de la couronne se trouve l'indication de la valeur. Le siège d'Aire se termina par une capitulation, le 9 novembre.
Les obsidionales dont nous avons eu à parler jusqu'ici sont toutes métalliques. Les pièces dont se servit M. d'Affry de la Monnoye, gouverneur de Bouchain, assiégé en 1711 parles alliés, sont simplement en carton. On en connaît de 3j et de { sols. Les premières ont au droit un cachet de cire rouge: Cupidon portant une lanterne sourde et cette devise : ^« " SANS ECLAT. Les autres ont un cachet aux
armes du gouverneur, d'argent à trois chevrons de sable (fîg. 47). Au
Cocheteui, Du marguis de Surville et des moim. ehstdionaUs jr. d Tournai en rjop, la Rev. belge de numism., 1855, p. 22. — Chaudruc de Crazanoes, Sur la tnonn. de Tournai, dite de SurviOe, dans le même recueil, i8j4, p. 59.
dos des deux pièces est inscrit: DAFFRY M et l'indication de la valeur, XXV ou |||||> placée aux quatre coins de la carte.
Avant de quitter l'histoire monétaire de Louis XIV, rappelons que, sous son règne, les ateliers français frappèrent pour la première fois un numéraire destiné aux colonies. Nous en parlerons en détail lorsque nous esquisserons la numismatique du Canada.
§ XI. — Louis XV (1715-1774).
Louis XV, né le 15 février 17 10, succéda à son bisaïeul le \ septembre 1715, sous la régence de Philippe, duc d'Orléans.
Le règne commençait sous de fâcheux auspices ; les premières années et surtout celles qui s'étendent de 1718 jusqu'à 1722 furent désastreuses pour les finances, par suite des opérations de la fin du règne de Louis XIV. Le I î août 1715, Louis XIV avait déclaré « que le prix des espèces et matières demeurerait fixé pour toujours et sans aucun changement ». Le régent, à peine arrivé au pouvoir, avait renouvelé, le 12 octobre, la même promesse, mais dès le mois suivant, il s'était donné, dit M. Hanauer, un éclatant démenti. Les réformations reprirent de plus belle. Une refonte générale des espèces pratiquée pendant l'administration du duc de Noailles procura un bénéfice d'un cinquième par le surhaussement de la valeur nominale qu'on donna à la monnaie nouvelle.
En 1716, Law commença l'application de son système. Depuis le 2 mai, il avait été autorisé à créer des billets de banque et, le 10 avril 1717, leur cours était devenu obligatoire pour les caisses de TEtat. Au mois d'août de cette dernière année, il avait fondé par commandite la Compagnie d Occident^ et obtenu, grâce à la faveur du Régent, la direction réelle des finances du Royaume. Le 1 juillet 17 19, Law fut nommé fermier général des monnaies, et au mois de décembre le célèbre financier commença une refonte générale des espèces. Il les remplaça par le quin^ain d'or, la livre d'argent, le sol, le demi-sol et le liard de cuivre.
4c Law, dit M. Hanauer, était alors au comble de sa gloire. Les actions de la Compagnie des Indes, émises à 500 1. en billets d'Etat, 160 1. en valeur réelle, valaient 10,000 1. Il croyait toucher à la réalisation de son rêve : la suppression du numéraire et son remplacement par le papiermonnaie. C'était à ses yeux la pierre philosophale, le gage d'une prospérité désormais sans nuage et sans limite. Appuyé sur le Crédit et armé d'une presse, il défiait la disette et tous les désastres publics. Comme la
hausse dans le prix des denrées n'est qu'apparente, quand elle correspond à un accroissement parallèle des ressources publiques, il prétendait prévenir toute cherté effective. Il se croyait en état de maintenir toujours un équilibre parfait entre le renchérissement possible des choses et la somme de la fortune sociale : une émission de billets de banque suffirait pour rendre ce renchérissement inoffensif ».
Law, pour hâter le triomphe du papier-monnaie, prit contre la monnaie métallique une série de mesures prohibitives dont la plus violente, prise le 6 avril 1720, frappait de nullité toute stipulation de payement en numéraire. Le but poursuivi par le financier écossais semblait atteint, mais son « système » s'écroula, et le papier-monnaie sombra dans la plus désastreuse des banqueroutes.
Jusqu'en 1726, les variations, dans le prix des matières, continuèrent d'affliger l'Etat, mais sous le ministère du cardinal Fleur)', on s'occupa sérieusement de rétablir Tordre dans les finances. Les monnaies reçurent au point de vue du titre, de leur valeur légale, et même de leur type, une fixité qui devait durer jusqu'à la fin du siècle.
Nous allons examiner maintenant en détail les types monétaires du règne de Louis XV ; quelques-uns d'entre eux sont d'une élégance charmante, c'est le reflet de l'art du xviii^ siècle dans toute sa richesse et toute sa pureté.
171 j. — Les premières monnaies du règne sont la continuation pure
et simple des pièces dont la frappe avait été décidée sous Louis XIV par l'éditde mai 1709. Les louis d'or ont au revers une croix formée de huit L couronnés, avec fleurs de lis dans les cantons. Les écus d'argent sont empreints aux trois couronnes. La modification ne consiste que dans Teffigie ; le buste du vieux roi fait place au joli profil de Louis XV enfant. L'argent de cette émission est aujourd'hui de la plus haute rareté. Fig. 48 Décembre iyi5, — Par un édit de cette date fut or-
donnée une réforme des pièces fabriquées en exécution de l'édit de mai 1709. Le type des louis, doubles et demi-louis, des écus d'argent et de leurs quatre divisions, fut un écu rond de France placé sous une grande couronne. Pour Tor, l'écu broche sur deux insignes en sautoir. A l'avers, le buste reste le même que sur les pièces de l'émission précédente. C'est le type dit vertugadin.
Novembre 17 16. — Nouvelle fabrication de monnaies d'or. Ce sont les pièces dites << de Noailles ». 11 existe de ce type des louis, des doubles louis et des demi-louis. D'un côté la tête du roi enfant couronné, avec longue chevelure flottante et tourné à gauche; de l'autre, une croix
formée de deux écussons de France et deux de Navarre, avec lis dans les cantons.
Mai lyiS. — Refonte générale des espèces. Sur l'or, la tête du roi est tournée à droite et laurée ; au revers, le champ est occupé par une Croix
de Malte. Les monnaies d'argent portent au revers un écu échancré, écartelé de France et de Navarre. La série se compose du louis et du demi-louis d'or, de Vécu, du demi-écu, du quart et du dixième.
Décembre iyi8. — A cette date est ordonnée une émission de sw/émes et de doui^ièmes d'écu. Le type est le même que celui des pièces qui précèdent, mais l'écu du revers est accosté de l'indication de la valeur XX — S ou X — S.
Mai et juillet ijig. — Deux édits dus à l'inspiration de Law vinrent créer des monnaies de cuivre de ii, 6 et ) deniers, c'est-à-dire de sols, de demi-sols et de liards. Leur type se compose à l'avers de la tête du roi, à longue chevelure, tourné vers la droite; au revers, d'un écu de France couronné.
Décembre ijig. — Fabrication de la livre d'argent de Law, par les soins de la Compagnie des Indes. Son type est un buste enfantin à droite et, au revers, deux L adossés sous une couronne. Par une étrange méprise, contre laquelle nous mettons nos lecteurs en garde, cette monnaie a été décrite et gravée par M. Holfmann parmi les monnaies coloniales de Louis XV.
Mars tyao. — Par édit daté de ce mois, il fut ordonné une fabrication de louis d'argent valant trois livres. Le type du revers est une répétition de la croix aux huit L couronnées.
Septembre !J20. — Nous assistons à une réformation des louis d'or et des écus d'argent. La tête ou le buste du roi est lauré. Au revers des pièces d'or figurent deux L adossées sous une couronne, accompagnées, dans le champ, de trois Us. Au revers de l'argent prend place un écu de France ordinaire.
jé PREMIÈRE PARTIE
Août !J23, — Nouvelles pièces d'or : louis, double louis et demi-louts, appelés par le peuple mirlitons. Leur revers est occupé par deux L cursives enlacées, couronnées et entourées de palmes.
Fig. î.
Septembre IJ24. — C'est la première émission de la majorité de Louis XV. On frappa de nouvelles pièces d'argent, écus et subdivisions, portant au revers une croix formée de quatre lis couronnés, cantonné de huit L adossées deux par deux. Le buste royal est serré dans une armure dont la cuirasse porte une tète de IVléduse.
Janvier lyiô. — Refonte générale des espèces. En or, il y eut des louis et des demi-louis; en argent,- des écus, des demi-écus, des cinquièmeSy des dixièmes et des vingtièmes d'écu.
Le type de l'or est à l'avers le buste (et non la tête) drapé et tourné à gauche ; le revers porte deux écus ovales, l'un de France et l'autre de Navarre, surmontés d'une couronne. Ce type, qui fut conservé jusqu'à la fin du règne, a fait donner par le peuple, aux monnaies d'or frappées ■après 1716, le sobriquet de louis aux lunettes.
Les pièces d'argent portent le buste du roi à gauche, avec habit brodé, cordon bleu et plaque de l'ordre du Saint-Esprit. Au revers, un écu ovale aux trois lis est placé sous une couronne et embrassé par deux branches de laurier. Ce type de revers fut conservé jusqu'à la fin du règne.
Fin IJ40, — Modification de l'effigie, mise en rapport avec Tâge du roi. L'or et l'argent ne portent que la tête royale à gauche, les cheveux flottants retenus par un bandeau et le col tranché. Les subdivisions de l'argent deviennent le demi-écu et les pièces de 24^ de 12 et de six sols.
Octobre 17 38. — On frappe des double sol et des sols de billon. Leur type est à l'avers une grande L couronné, accompagnée de trois fleurs de lis ; au revers, deux L feuillues, affrontées et croisées sous une couronne.
1767. — Emission de sols, demi-sols et liards de cuivre, ayant à l'avers la tête laurée et vieillie du roi et, au revers, un écu couronné : la partie supérieure de l'écu eA forme de cartouche. Ce poinçon, d'une exécution très imparfaite, fut employé dans certains ateliers jusqu'en 1773, mais à Paris et dans quelques villes de province, il fut remplacé dès 1768 par un autre mieux gravé; les armes de France sont placées dans un écu simple sur les pièces de cette nouvelle frappe.
1770. — Modification de l'effigie mise en rapport avec l'âge du roi. Les types des revers de l'or et de l'argent restent ce qu'ils étaient, mais la tête à col tranché est remplacée par un buste lauré, avec légère draperie aux épaules. Ce changement est le dernier du règne.
Les lettres monétaires des ateliers de Louis XV restèrent les mêmes que sous Louis XIV, mais quelques villes cessèrent d'avoir un hôtel dans leurs murs. Dans l'atelier de Paris, le directeur. Renard du Tasta, met sur les pièces frappées sous sa direction un renard comme diff'érent.
Les graveurs généraux du règne furent Norbert Roettiers (1704- 1727), Joseph-Charles Roettiers (1727-53, 1772-74), et Charles-Norbert Roettiers (175 3-72). Les initiales de ce dernier se lisent sur la tranche du cou, des monnaies d'argent dites ^ au bandeau >^.
Sous Louis XV, toutes les séries monétaires provinciales ou locales furent supprimées. Jamais on ne battit pendant son règne de pièces spéciales ni au Dauphiné, ni en Navarre, ni auBéarn'. Le privilège strasbourgeois fut seul respecté pendant la première année de la minorité: il existe une pièce de 40 sols de 1716 portant au revers, autour de l'écu de France : MONETA NOVA ARGENTINENSIS. C'est le dernier souvenir d'une prérogative locale. L'édit de mai 1 7 1 8 omit de parler des pièces d'Alsace et le cours des espèces devint dans cette province ce qu'il était par toute la France.
Il y eut sous Louis XV un certain nombre d'émissions de pièces desti-
I . Les pièces frappées dans râtelier de Pau portent, outre le différent à la vache, le monogramme d b, Dominus Benearni, à la fin de la légende de Tavers. Cette particularité fut continuée sous Louis XVL
nées à circuler aux colonies d'Amérique. Nous en parlerons lorsque nous traiterons des monnaies du Nouveau-Monde.
§ Xn. — Louis XVL
Les monnaies de Louis XVI forment deux groupes. Le premier se compose des pièces frappées depuis Tavènement du roi jusqu'en 1791 ; le second, qui correspond à la période de royauté constitutionnelle, comprend les monnaies émises de 1791 jusqu'à la mort du prince.
•re
période (1774-1791).
Les pièces du premier groupe ne sont que la répétition, appropriée au nouveau règne, des dernières monnaies de Louis XV. 23 mai 1774* — Une déclaration du roi, datée du château de la Muette,
ordonna « le changement des poinçons pour la fabrication des espèces, sans que néanmoins le titre, le poids et la valeur en soient changés », de sorte que les nouvelles espèces à battre auraient cours concurremment avec les pièces de Louis XV.
Les figures jointes aux exemplaires imprimés de la
déclaration royale représentent un louis d'or et un écu
d'argent portant à l'avers le buste de Louis XVI avec
F»g- 56 habit, plaque et cordon du Saint-Esprit, et au revers
un écu aux angles coupés, couronné, brochant sur deux insignes en
sautoir et embrassé par deux palmes.
La déclaration du 23 mai 1774 ne reçut d'exécution qu'en ce qui concerne les louis d or. On ne connaît de Vécu d'argent que des essais en plomb.
18 septembre \ii^^ — Une nouvelle déclaration parut à cette date. Le roi y ordonne « que les poinçons des revers des Espèces d'or et d'argent, prescrits par l'Edit de 1726, continueront d'avoir lieu pour celles qui seront fabriquées à l'avenir ». Sauf pour Teffigie royale, on en revint donc purement, pour les doubles louis, louis et demi-louis^ au type dit 4c des lunettes » et pour les diverses espèces d'argent, au type dit « aux lauriers ».
Le cuivre de Louis XVI, doubles sols, sols et liards, conserva aussi, pour le revers, le coin des dernières pièces de Louis XV; à l'avers, vint prendre place la tête du nouveau roi, tournée à gauche. Août 1779. — Des lettres patentes autorisent l'Hôtel monétaire de
Paris à fabriquer des pièces de 6 et 1 2 sols avec les coins de Louis XV de 1770. Cette mesure avait pour but d'accélérer la fabrication des menues espèces d'argent.
1785-86. — Le buste du roi est changé pour le louis d*or en 1785, et remplacé par la tête royale, aux cheveux longs et flottants. On conserve néanmoins au revers le type dit « des lunettes "». L'année suivante, ce revers est modifié : les louis et doubles louis frappés dorénavant portent deux écus accolés sous une couronne. L'arrêt de la Cour des monnaies ordonnant la déformation des matrices et poinçons qui ont servi à la fabrication des anciennes espèces d'or est daté du 14 décembre 1785.
Notons en passant un détail qui intéressera les collectionneurs. Le graveur des coins de l'atelier de Perpignan avait mis, par erreur, sur les écus de six livres frappés en 1786, l'indication LVD XI. au lieu de LVD XVL.. Un arrêt de la Cour des monnaies du 19 août supprima ces espèces. Nous ignorons si des écus de coin fautif ont été conservés jusqu'à ce jour.
A la première période du règne de Louis XVI se rattachent un certain nombre d'émissions, faites en France, de monnaies destinées aux Colonies.
Les ateliers de Louis XVI sont beaucoup moins nombreux que ceux de ses deux prédécesseurs. En février 1786, l'Hôtel d'Aix fut supprimé et transféré à Marseille. En 1789, les ateliers étaient réduits au nombre de dix-sept :
A Paris. Q. Perpignan.
B Bouen. R Orléans.
D Lyon. T Nantes.
H La Rochelle. AA Metz.
I Limoges. BB Strasbourg.
K Bordeaux. W Lille.
L Bayonne. MA en monogramme, Marseille.
M Toulouse. Une vache, Pau.
N Montpellier.
Dans l'atelier de Paris, deux différents sont successivement employés par les directeurs ; sur les pièces frappées par Dupeyron de la Coste, nous trouvons une grue ; sur celles de son successeur, Roettiers de Mon • taleu, un lion.
Tous les coins des monnaies de Louis XVI, roi de droit divin, ont été gravés par B. Duvivier. Sous le ministère de M. de Calonne (1785-87), un graveur suisse, Jean-Pierre Droz, fît des essais remarquables, mais sans réussir à les faire adopter. Les louis et les écus de Calonne peuvent être rangés au nombre des plus beaux monuments que nous ait laissés l'art monétaire en France.
210^ période (1791-179}).
Dans sa remarquable Histoire numismatique de la Révolution française. Hennin a résumé d'une manière fort complète tout ce qui se rattache au monnayage de cette période agitée. Son travail, fait avec un soin minutieux, n'est pas à refaire, et nous nous bornerons à le résumer.
L'Assemblée Nationale s'occupa des monnaies dès les premiers mois de l'année 1 790. Le 8 mai, elle rendit un décret dont le but était l'établissement d'un système complet sur le titre et le poids des espèces. Par décret du 1 1 septembre suivant fut établi un comité de sept membres, chargé de tout ce qui avait rappon à la législation monétaire.
Le 9 avril 1791, l'Assemblée Nationale, après avoir entendu son comité des monnaies, décréta ce qui suit :
« Art. i*'. L'effigie du Roi sera empreinte sur toutes les monnaies du royaume, avec la légende: louis xvi, roi des français.
//. Le revers de la monnaie d'or, des écus et demi-écus, aura pour empreinte le génie de la France, debout devant un autel, et gravant sur des tables le mofCoNSTiTUTiON, avec le sceptre de la raison, désigné par un œil ouvert à son extrémité. Il y aura à côté de l'autel un coq, symbole de la vigilance, et un faisceau, emblème de l'union et de laforce armée.
m. Le revers portera pour légende ces mots : r£cne de la toi,
IV. Il sera gravé sur la tranche : u nation, la loi et le roi.
V. Les pièces de trente sous et de quinze sous porteront les mêmes empreintes, à l'exception du coq et du faisceau.
Fig- (7 Fig- S'
VI. La monnaie de cuivre portera la même effigie du Roi et la même légende; le revers seul sera différent.
VII. L'empreinte du revers sera un faisceau traversé par une pique surmontée du bonnet de la Liberté; autour, une couronne de chêne, avec la légende : La Nation, la Loi et le Roi.
VIII. Sur toutes les monnaies, le millésime sera en chiffres arabes, suivi de l'année de la liberté.
IX. Il sera, sans délai, procédé à la formation de nouveaux coins et matrices.
X. Tous les artistes pourront concourir à leur gravure, et la préférence sera Jugée sur l'avis de l'Académie de peinture et sculpture ».
Ce décret fut sanctionné par le roi le 1 5 avril.
Un décret du 20 mai ordonna que les flans existant dans divers hôtels des monnaies et manufactures du royaume, à la taille anciennement en usage, seraient monnayés avec les anciens coins, jusqu'à ce que les nouveaux fussent prêts à servir. Il y eut donc un monnayage à l'ancien type royal, simultanément avec le monnayage à l'empreinte constitutionnelle.
Dans le but de favoriser les petites transactions, en multipliant la menue monnaie, l'Assemblée nationale rendit le 25 juin 1791 le décret suivant :
Article i«^. Les cloches des églises supprimées dans le département de Paris seront fondues et coulées en monnaie au type décrété par l'Assemblée nationale, le 9 avril dernier, et à raison de 24 pièces d'un sou à la livre et de 48 demi-sous.
La fabrication de ces monnaies au métal de cloche fut confiée à des entrepreneurs.
Conformément à l'article X du décret du 9 avril 1791, il avait été établi, par le comité des monnaies de l'Assemblée nationale, un concours pour la gravure de nouveaux coins et pour la place de graveur général des monnaies. Six artistes concoururent : Bertrand Andrieu, Jean-Pierre Droz, Augustin Dupré, Benjamin Duvivier, Nicolas-Marie Gatteaux et François Vasselon. Les essais furent exposés publiquement, et jugés par l'Académie de peinture et sculpture. Par quarante suffrages sur cinquante-sept votants A. Dupré obtint le prix; un décret de l'Assemblée du 1 1 juillet 1791 le nomma graveur général des monnaies de France ^
La série des monnaies de Louis XVI comme roi constitutionnel se compose des pièces suivantes :