‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 17 sur 157 · Trois deniers. | ronne de chêne · texte numérisé non relu

Trois deniers. | ronne de chêne

I. Voyez une histoire détaillée de ce concours par M. Sudre, dans V Annuaire de la Soc. franc, de numismatique, de 1885.

Les monnaies en métal de cloche furent fabriquées avec des coins de B. Duvivier. L'exécution du décret du 25 juin relatif à ces pièces avait rencontré de sérieux obstacles; le j août, l'Assemblée décréta que leur fabrication aurait lieu dans tous les hôtels des monnaies du royaume, et qu'on se servirait des poinçons et matrices patriotiquement offerts par B. Duvivier.

A la période constitutionnelle du règne de Louis XVI se rattachent un certain nombre de monnaies émises par des particuliers. L'article V de la Déclaration des Droits de l'homme de la Constitution de 1791 était ainsi conçu : « La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas ».

Un certain nombre de particuliers et de sociétés s'autorisèrent de cet article pour mettre en circulation des monnaies de confiance. Les plus répandues de ces pièces furent les pièces de cuivre de cinq sols et de deux sols des frères Monneron, les pièces de trois sols et de six blancs de la Caisse de Bonne-Foy, les pièces de 20, 10 et 5 sols en argent de Le Fevre, Le Sage et C»®, celles de 20, 7 et 5 sols en argent de la Manufacture de porcelaine rue de Crussol, etc., etc. L'exemple des négociants parisiens fut suivi en province, à Lyon, par Clemenson et C»«, à Clermont-sur-Oise par Leclech et C»*, etc.

Ces émissions furent d'abord tolérées par le gouvernement, à la condition toutefois que le cours des pièces fût facultatif et volontaire ; mais bientôt une foule de discussions surgirent à leur propos, de sorte que, par décret rendu le 3 septembre 1792, leur cours fut supprimé et leur fabrication interdite :

Art. i^^. Il est expressément défendu à tous particuliers de fabriquer ou faire fabriquer directement ou indirectement, d'introduire et défaire circuler dans le royoume, des monnaies de métal, sous quelque forme ou dénomination que ce soit, telles que médailles de confiance, ou autres généralement quelconques, à peine d'être puni de quim^e années de fer, et de confiscation desdites monnaies,

IL Les particuliers qui ont émis de telles monnaies les retireront de la circulation dans le délai d'un mois, à compter du Jour de la promulgation du présent décret, et les échangeront au pair contre des assignats, à bureau ouvert.

Le second article du décret ne fut pas scrupulement exécuté; les bronzes des frères Monneron se maintinrent assez longtemps.

S Xm. — République.

La journée du lo août 1792 marque la chute de la royauté française. L'Assemblée suspendit Louis XVI de ses fonctions et l'enferma au Temple. Le 2 1 septembre, la Convention ouvrit ses séances et proclama la République.

Depuis le 10 août jusqu'en février 1793, aucune disposition législative ne fut prise par l'Assemblée Nationale relative aux monnaies, et les ateliers continuèrent à se servir des coins constitutionnels. C'est ainsi que, par une anomalie extraordinaire, on possède des pièces de Louis XVI au millésime de 179^

La Convention Nationale, par ses décrets du 5 février 1793 et du 26 avril suivant, fixa le type des nouvelles espèces. Voici le texte de ces deux dispositions :

j février 1793. — La Convention Nationale, ouï le rapport de son Comité des finances^ décrète ce qui suit : .

Art. /«ï". Les monnaies d'or et d'argent de la République française porteront pour empreinte une couronne de branches de chêne ; la légende sera composée des mots : République française, avec désignation de l année en chiffres romains. La valeur de la pièce sera inscrite au milieu de la couronne.

Art. IL Le type adopté par le décret d'avril ijgi sera conservé sur le revers de ces monnaies : le faisceau, symbole de l'union, surmonté du bonnet de la Liberté ; le coq, symbole de la vigilance, continueront d'être placés des deux côtés du type. La légende sera composée des mots : Règne de la loi ; l'exergue contiendra le millésime de l'année en chiffres arabes.

Art. IIL Le cordon des pièces de six livres sera inscrit des deux mots : Liberté, égalité. Les pièces de vingt-quatre livres continueront d'être marquées d'un simple cordon.

Art. IV. Il ne sera fabriqué provisoirement que des pièces de six livres en argent et des pièces de vingt-quatre livres en or.

26 avril 1793. — La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport de son Comité des finances, section des assignats et monnaies, décrète :

Art. Z^**. Les monnaies de cuivre et de bronze de la République française porteront pour empreinte une table, sur laquelle seront inscrits ces mots : Les hommes sont égaux devant la loi ; au-dessus de cette table sera gravé un œil rayonnant; aux deux côtés seront gravées une grappe de raisin et une gerbe de Hé ; la légende sera composée des deux

mots : RÉPUBLIQUE française ; Vexergue désignera Vannée de la République, en chiffres romains.

Art. IL Le revers de la pièce portera pour empreinte une balance dont les deux bassins sont en équilibre, jointe à une couronne civique, surmontée du bonnet de la Liberté. La valeur de la pièce sera gravée au milieu de la couronne. La légende sera composée des deux mots : Liberté, égalité; Vexergue contiendra le millésime de Vannée en chiffres arabes.

Ces deux décrets sont les derniers dont nous ayons à faire mention dans cette partie de notre livre. Le 24 août 1793, la Convention prit une disposition qui fut la première tentative faite pour l'établissement du système décimal.

Nous devons toutefois, avant de clore ce chapitre, parler des obsidionales frappées en 1793, à Mayence et à Lyon, pièces qui se rattachent à l'ancien système.

Mayence avait été prise en octobre 1792, par Custine. Après la retraite de ce général, elle fut investie par les Prussiens, auxquels elle se rendit le 22 juillet 1793. Les monnaies frappées pendant le siège forment une série de trois pièces de cuivre, de cinq sols, de deux sols et d'un sol. Leur type se compose à l'avers du faisceau surmonté du bonnet de la Liberté, placé dans une couronne de chêne; la légende est : REPU- BLIQUE FRANÇAISE, i79h L'AN 2^ Au revers, la légende : MONNOYE DE SIEGE DE MAYENCE entoure l'indication de la valeur placée en deux lignes. Outre ces monnaies, on émit des assignats obsidionaux de 50, 20 et 5 livres, 20, 10 et 5 sols.

Pendant le siège que Lyon eut à soutenir contre les armées de la Convention, l'ingénieur en chef de l'artillerie lyonnaise, nommé Schmidt, fit faire avec du métal provenant de la fonte de vieux canons, des pièces de vingt, de six et de trois sols, portant à l'avers une épée sur la pointe de laquelle est posé le bonnet de la Liberté, et au revers, un petit lion très grossièrement dessiné, accompagné de fleurons et de l'indication de la valeur. Ces pièces ne furent pas goûtées des autorités lyonnaises, qui préférèrent émettre des assignats obsidionaux de différentes valeurs. Lyon fut pris le 9 octobre 179^

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