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Duché de Hoîstein

Le duché de Hoîstein, extrême terre allemande aux confins du Jutland, était, depuis le milieu du xv« siècle, une possession des rois de Danemark de la maison d'Oldenbourg. En 1460, les habitants du Hoîstein avaient obtenu que leur pays fût uni à perpétuité au duché danois de Schleswig, qui ne relevait pas de l'empire d'Allemagne. En 1559, le Hoîstein s'accrut de la terre de Dithmarschen.

Les souverains du Hoîstein s'intitulaient : Dei gratia hères Norvegiae, dux Schlesvici et Holsatiae, Stormariae et Ditmarsiae, cornes in Oldenburg et Delmenhorst. Les armes de Hoîstein étaient : de gueules à trois clous de Passion mis en pairie et trois feuilles d'ortie posées en triangle d'argent, mouvant d'un écusson du même en cœur. Celles de Stormarn étaient : de gueules au cygne d'argent, le col passé dans une couronne d'or, et celles de Dithmarschen : de gueules au cavalier armé et au galop d'argent.

I. Cf. sur les monnaies du Hoîstein la Numismalische Zcitung de Leitzmann, année 1859, p. 9$ et suiv.

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Dans la première moitié du xvi« siècle, le duché fut divisé entre les fils du roi de Danemark Frédéric I, qui créèrent ainsi deux lignes. L'aîné, Chrétien III, qui devint roi, poursuivit la ligne royale ou danoise ; le cadet, Adolphe, créa la ligne ducale de Holstein-Gottorf. De la ligne danoise se détachèrent successivement plusieurs branches, dont quelques-unes ont frappé monnaie. Le tableau ci-dessous rappellera au lecteur cette descendance assez compliquée :

Danemark-Holstein .

Danemark-Holstein . Holstein-Gottorf.

Danemark-Holstein. Holstein-Sonderbourg.

H.-Sonderbourg. H.-Glucksbourg. H.-Ploen.

H.-Ploen. H.-Norbourg.

Ligne danoise. — Les rois de Danemark avaient obtenu en 1475 de l'empereur Frédéric III le droit de frapper des espèces d'or comme souverains du Holstein. Nous ne donnerons pas ici la liste des ducs de Holstein, leur chronologie étant identique à celle des rois à partir de Tavènement de Frédéric I à la couronne (1523). De 1481 à 152J, ce prince monnaya comme simple duc de Holstein et frappa notamment des marks qui constituent pour ce pays les premières pièces d'argent à flans épais. Leur type se compose de ses armes et de l'effigie de saint André représenté à mi-corps et entouré de la légende : DILEXIT • DNS ■ ANDREAM. Les caractères appartiennent encore à l'alphabet gothique.

En 1620 Chrétien IV rebâtit la ville de Gluckstadtet y créa un atelier monétaire dont le nom apparaît fréquemment, dans le cours du xvii^ siècle, au revers des espèces.

Branche de Sonderbourg. — Cette branche, dont les possessions étaient situées dans le Schleswig, c'est-à-dire hors de l'empire d'Allemagne, mais que néanmoins nous estimons devoir citer ici, fut fondée par un cadet du roi Chrétien III. Les seuls de ses membres qui aient monnayé sont: Jean le Jeune (i $ J9- 1622), son fondateur, et Al exandre (1622-27), le fils de celui-ci.

Branche de Glucksbourg. — Cette branche fut créée par Philippe, frère d'Alexandre de Sonderbourg. Ses domaines s étendaient également

en Ph

Schleswig. On ne possède de monnaies que des trois premiers ducs: ilippe (1622-6)), Chrétien (1663-98) et Philippe-Ernest (1698-

Branche de Ploen. — Cette branche eut pour fondateur un troisième fils de Jean le Jeune de Holstein-Sonderbourg. Ses domaines appartinrent successivement aux ducs suivants, dont plusieurs monnayèrent :

•Joachim-Ernest, 1622-71. Joachim-Frédéric, 1706-22.

•Jean-Adolphe, 1671-1704. * Frédéric-Charles, 1722-61.

Léopold- Auguste, 1704-6.

En 1 761, la branche de Ploen s'éteignit et le roi de Danemark prit possession de ses domaines. La devise inscrite sur les monnaies de Joachim-Ernest est: SUFFICIT- MIHI • GRATIA • TUA • DOMINE. Jean- Adolphe choisit comme légende : CEDVNT • PREMENTI • F ATA. L'atelier des ducs de Holstein-Ploen était situé à Rethwisch près de Hambourg.

Branche de Norbourg. — Auguste {1671-99), frère de Jean-Adolphe de Holstein-Ploen, obtint la terre de Norbourg. On possède de lui un thaler frappé en 1676 a l'occasion de la solution intervenue dans le procès auquel avait donné lieu la succession du comté d'Oldenbourg. L'avers de cette pièce représente les armes aux quartiers ducaux timbrées de trois heaumes; le revers, une vue à vol d'oiseau de l'Oldenbourg, audessus de laquelle plane un aigle qui tient une balance et que le soleil éclaire ; la légende circulaire est : DIVINA BENEDICTIONE ET OESA- REA lUSTITIA.

Ligne de Holstein-Gottorf. — Cette ligne, dont la création remonte à Adolphe, fils de Frédéric I, roi de Danemark, est représentée par neuf ducs:

Adolphe, 1533-86. * Frédéric IV, 1694-1702.

Frédéric II, 1586-87. * Charles-Frédéric, 1702-39.

* Jean- Adolphe, 1587-16 16. * Pierre III de Russie, 1739-62. •Frédéric III, 1616-59. Paul I de Russie, 1762-73.

* Chrétien- Albert, 1 6 5 9-94.

Charles-Frédéric avait épousé Anne de Russie. Lorsque leur fils Pierre III monta sur le trône impérial, en 1762, il donna le Holstein à son fils Paul, lequel le céda en 1773 au Danemark en échange de TOlden bourg.

La série monétaire de la ligne de Holstein-Gottorf est très riche. En

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1600, J ean- Adolphe ouvrit un atelier à Steinbeck, mais le numéraire ducal fut, par la suite, frappé généralement à Schleswig. Frédéric III avait pour devise : VIRTVTIS • GLORIA • MERCES. Son fils, Chrétien- Albert, écrivait au revers de ses pièces: PER ASPERA AD ASTRA; enfin Frédéric IV et Charles-Frédéric adoptèrent une légende plus modeste : CONSTANTIA • ET • LABORE. Aux monnaies courantes de la ligne de Holstein-Gottorf viennent se joindre quelques thalers commémoratifs et, pour Frédéric III, un curieux double thaler frappé avec de l'argent qu'on prétendit fourni par des procédés alchimiques.

g). — Èvéché de Hildesheim-.

L'évêché de Hildesheim, episcopatus Hildesiensis ou Hildesemensis, avait la Vierge pour patronne. Ses armes étaient : /7ar^/ d'or et de gueules. Voici les noms des évèques depuis la fin du xvi^^ siècle :

•Ernest II de Bavière, 1573-1612. * Vacance du siège, 1723-24. •Ferdinand de Bavière, 1612-50. Clément- Auguste de Bavière, 1724-1761.

* Maximilien-Henri de Bavière, 1650-88. * Vacance du siège, 1761-63.

•Vacance du siège, 1688. * Frédéric-Guillaume de Westphalie, 1763- •Josse- Edmond de Brabeck, 1688- 1702. 1789.

Vacance du siège, 1 702-1 704. François-Égon de Furstemberg, 1789-

Joseph-Clément de Bavière, 1714-1723. 1802.

Le monnayage épiscopal, arrêté au milieu du xv« siècle, fut repris à la fin du x\i^. En 1598, l'évèque Ernest de Bavière érigea au village de Moritzberg un atelier qui travailla jusqu'en 1634. Il créa un autre atelier, en 1608, à Peine; celui-ci fut fermé en 1627 ; les pièces frappées à Peine consistent engroschen et dreier qui portent l'écusson de la ville: d'or au loup d'argent sautant par-dessus deux gerbes du même.

Pendant la guerre de Trente-Ans, les ducs de Brunswick mirent la main sur la plus grande partie du temporel de Hildesheim, et l'évèque ne rentra en possession qu'en 1644. En 1663, Maximilien-Henri érigea un atelier dans Hildesheim; il tenta, mais en vain, de racheter à la ville la moitié de la monnaie, qui depuis la fin du moyen âge appartenait aux bourgeois.

En 1688, pendant la vacance du siège épiscopal, le chapitre fit frapper des thalers au nom et au buste de l'empereur régnant. Ce monnayage capitulaire se renouvela en 1724 et en 1761.

Sous Josse-Edmond de Brabeck eurent lieu des émissions assez

1. Voyez page 134, fig. 120 et 125, les monogrammes qui figurent sur certaines monnaies de Chrétien-Albert et de Charles-Frédéric.

2. Cappe, DieMûn:^en der Stadt und des Bisthums Hildesheim, Dresde, 1858, in-8.

actives. Ses espèces, taillées suivant le pied de Leipzig, portent fréquemment sa devise: IN PAGE ET ^QVITATE. A son épiscopat se rattachent des ausbeutethalers frappés de 1697 à 1699 avec l'argent de la mine dite Sint Antonius; ces pièces portent l'image de saint Antoine et une légende de circonstance, telle que: H/EC SUNT MUNERA MINER>E S. ANTONY EREMIT/E.

Pendant la vacance du siège épiscopal, en 1 761, le chapitre avait ouvert un atelier monétaire dans sa terre de Papenstiege. L'évêque Frédéric-Guillaume le reprit pour son compte et le laissa en activité jusqu'en 1784, date extrême du monnayage particulier de Hildesheim.

h). — DucM de Saxe-Lauenbourg » .

Le duché de Saxe-Lauenbourg était borné au nord par le territoire de la ville impériale de Lubeck et Tévêché de Ratzebourg, à l'est par le Mecklembourg, au sud par le pays de Lunebourg, à l'ouest par le territoire de Bergedorf et le duché de Holstein. Les localités principales de ce duché étaient Lauenbourg, Otterndorf et une partie de la ville de Ratzebourg.

Les armes ducales étaient écartelées de celles de Saxe, du Palatînat saxon et de Bréna. Voici les noms des ducs de Saxe-Lauenbourg depuis le commencement du xvi« siècle jusqu'à l'extinction de leur maison :

*Magnus I, IS07-43' *Auguste, 1619-56.

François!, 1543-81. •Jules-Henri, 1656-65.

Magnus II, 1 581-1603. François-Erdmann, 1665-66.

•François II, 1603-19. * Jules-François, 1666-89.

Il y eut une interruption d'un siècle environ, dans le monnayage de Lauenbourg, entre l'émission des groschen de Magnus I, qui appartiennent encore par leurs types et leur épigraphie à la série médiévale, et celle des multiples espèces de François II. Les monnaies de Magnus I furent frappées à Ratzebourg et à Otterndorf. François II commença la fabrication de ses doppelthaler, de ses thalers, de ses gulden et de leurs divisions en 1609 dans sa résidence de Lauenbourg; cet atelier exista jusqu'en 1689. Les monnaies ducales étaient taillées conformément au système adopté par le cercle de Basse-Saxe, mais à diverses reprises l'abaissement de leur titre donna lieu à des réclamations et des décris. François II avait comme devise ces mots, inscrits au revers d'un grand nombre de pièces: PROPITIO- DEO-SECURUS- AGO. Sa mort fut célébrée par plusieurs sterbemûn^en.

I . M. Schmidt, Die Mûnien und MedailUn der Herjôgt von Sachsen'-Lauenbourg. Ratzebourg, 1884, in-4.

Auguste choisit comme devise: DURA • PATI -VIRTUS. Ses thalers sont nombreux et la série qu'on en possède se termine en 1656 par un sterbetkaler. Jules-Henri est le premier duc de Lauenbourg qui ait frappé des monnaies d'or, des ducats aux millésimes de 1657 à 1662, mais on n'a de lui aucune autre espèce. Les émissions redevinrent actives sous Jules-François, dont les thalers et les gulden portent cette sentence morale: THV- RECHT- SCHEV- NIEMAND, agis avec droiture et ne crains personne.

Avec ce duc s'éteignit en 1689 la maison de Saxe-Lauenbourg. Georges-Guillaume de Brunswick-Lunebourg-Celle mit la main sur ses possessions et y fut formellement reconnu en 1702. Il existe de lui quelques pièces de 4 schillings, frappées en 1704 dans l'atelier de Celle, spécialement pour le duché de Lauenbourg. Sous Georges II eut lieu une nouvelle émission de monnaies particulières; elle consista en gulden d'argent et en un grand nombre de pièces divisionnaires datées de 1758 à 1750; le nom du souverain n'est pas mentionné dans leurs légendes, mais l'inscription MONETA NOVA LAUENBURGICA indique le pays où les pièces devaient circuler.

i). — Évêché de Lubeck ».

Le territoire de l'évêché de Lubeck était enclavé dans ceux de la ville impériale de ce nom et du duché de Holstein. Les patrons de cette église étaient saint Jean-Baptiste et saint Nicolas. Les évêques résidaient à Eutin. Les armes de l'évêché étaient : ûTajçwr à la croix d'or surmontée d'une mitre du même.

Le monnayage recommença dans l'évêché de Lubeck, dans la seconde moitié du xvi^ siècle, avec l'introduction du protestantisme, et fut continué avec quelques interruptions jusqu'en 1776. Il est toutefois difficile de dire si les pièces de certains évêques ont été frappées spécialement pour Lubeck, ou pour un des autres évêchés dont ils cumulaient parfois la possession :

•Eberhard II de Holle, 1561-86 (Verden). * Auguste-Frédéric de Holstein- Gottorf,

* Jean- Adolphe de Holstein-Gottorf, 1586- 1 666-1 705.

1607 (Brome, Verden). * Chrétien-Auguste de Holstein-Gottorf.

* Jean-Frédéric de Holstein-Gottorf, 1607- 1706-26.

1634 (Brème, Verden). Charles de Holstein-Gottorf, 1726-27.

Jean de Holstein-Gottorf, 1634-55. * Vacance du siège épiscopal, 1727.

Jean-Georges de Holstein-Gottorf, 1655. Adolphe-Frédéric, roi de Suède, 1727-50. Chrétien-Albert de Holstein-Gottorf, * Frédéric- Auguste de Holstein-Gottorf,

I. Cf. la NumismatiscJx Zeitung de Leitzmann, 1863, p. 156 et suîv.

Les évoques de Lubeck suivaient le système monétaire des villes hanséatiques, sur lequel le système portugais exerça une si grande influence. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que le plus ancien thaler décrit par Schulten-Rechberg, et qui fut frappé en 1595 par Jean-Adolphe, reproduise au revers le type des pièces portugaises : une grande croix entourée d'une double légende, comprenant d'abord les titres épiscopaux, et en second lieu les mots: NACH • PORTVGALIScAem SCHROT ynd KORN. Sur d'autres monnaies de Jean- Adolphe, qui ne sortent pas de la donnée générale des types allemands contemporains et qui portent, par conséquent, le buste et les armes, nous trouvons la devise de l'évèque : VIVIT POST FVNERA VIRTVS. La devise d'Auguste-Frédéric était : A-DEOSORSQ-SALVSQ-MEA. La vacance du siège épiscopal, en 1727, donna lieu à l'émission par le chapitre d\in thaler au buste de l'empereur Charles VI ; le revers porte les armes du chapitre et, audessous de celles-ci, le petit écusson du doyen Jean de Wickede.

j). — Èviché et principauté de Rat:^ébourg.

L'évèché de Ratzebourg s'étendait, au sud de Lubeck, entre les pays de Saxe-Lauenbourg et de Mecklembourg-Schwérin. L'évèque, épiscopus raceburgensis, résidait à Schonberg. Les patrons de l'évêché étaient la sainte Vierge et saint Jean l'Evangéliste. Les armes étaient :/?ûr/^ au /«^ d'or à la crosse d'azur, au 2^ d*or à la tour d'azur, la tour couverte d'un toit pointu. Voici la liste des évoques depuis le commencement du xvi« siècle :

Henri III Bergmeier, 1511-24. Charles duc de Mecklembourg, adminis-

Georges de Blumenthal, 1524-50. trateur, 1 592-1610.

Christophe Ivon der Schulenburg, 1550- * Auguste de Brunswick-Lunebourg, i6io-

* Christophe II de Mecklembourg, 1 5 54-92. * Gustave- Adolphe de Mecklembourg, 1636-

En 1648, à la paix de Westphalie, l'évêché fut sécularisé et transformé en principauté au profit des ducs de Mecklembourg-Schwérin ; en 1701 cette principauté passa aux ducs de Mecklembourg-Strélitz.

En ij8i, Christophe II établit un atelier à Schonberg et y frappa des thalers conformes aux lois de l'empire. En 1641, une nouvelle officine fut créée à Ratzebourg par Auguste de Brunswick, qui y émit des ducats d'or, des thalers avec leurs divisions et leurs multiples. Leitzmann assure que cet atelier travailla jusqu'en 1678. En 1686, il y avait dans leDomhofde Ratzebourg une heckenmûn^ie qui mettait en

circulation de menues monnaies de bas aloî et que le duc de Brunswick vint détruire à main armée.

k). — Comté de Régensiein.

Ce comté, situé aux environs de Halberstadt, avait pour armes : d*or (puis d'argent) à la ramure de cerf à cinq andouillers de gueules. Au xvi« siècle, avec Ulric de Régenstein, commence une série monétaire qui se poursuit jusqu'à l'extinction de sa maison. Les comtes monnayèrent fréquemment en commun, c'est pourquoi nous donnons ici le tableau généalogique de leur famille:

* Ulric IX, 1S29-51.

* Ernest I, *Botho, * Gaspard-Ulric,

1 5 5 1 -8 1 . 1 5 5 1 - 94 . abbé de Michaelstein .

* Martin, Ernest II,

1581-97. ti594.

* Jean-Ernest, 1597-99.

Après la mort de Jean-Ernest, le duc de Brunswick prit possession de son héritage comme fief vacant, et l'atelier comtal de Blankenbourg fut supprimé.

1). — Comté de Rant^au.

En 1649, Frédéric III, duc de Holstein-Gottorf, vendit au statthalter royal de Danemark, Chrétien de Rantzau, la seigneurie de Barmstedt, située au sud du Holstein. L'empereur Ferdinand III confirma cette cession, éleva Chrétien au rang de comte d'empire et fit de la terre de Barmstedt le comté immédiat de Rantzau.

Chrétien de Rantzau (1650-6^) et son fils Dethlef (1663-97) frappèrent, de 1655 à 1668, des ducats d'or, des thalers et demi-thalers d'argent, à leur buste et à leurs armes. Ils s'intitulaient : Sacri Romani imperii comes in Rantzau et Loewenholm, dominus in Breitenburg. Leurs armes étaient : écartelé, aux i^^et4^ parti d'argent et de gueules^ qui est Rantzau, aux 2^ et 3^ d'or à la bande de sable côtoyée de dou^e losanges du même, qui est burgraviat de Leissnig; sur le tout un écusson d'azur au lion d*or couronné du même et lampassé de gueules, qui est seigneurie de Pénik. La devise habituelle est: RECTE -FACIENDO NE- MINEM TIMEAS.

Le petit-fils de Chrétien de Rantzau fut tué en 1721 par son frère. Le roi de Danemark fit incarcérer le fratricide et confisqua en 1726 tous ses biens.

m). — Seigneurie de Crottorf.

Sébastien de Hatzfeld (1569-163 1), fils unique de Guillaume de Hatzfeld et de Catherine de Selbach, héritière des seigneuries de Crottorf et de Zeppenfeld, se trouvait, à la fin du xyi® siècle, sans doute à la suite d'une concession impériale, en possession du droit monétaire. Il existe de lui des îhalers frappés en 1 597 avec la mention de l'empereur Rodolphe II ; ils portent à l'avers le buste de Sébastien de Hatzfeld et au revers ses armes tenues par les images en pied de l'Honneur et de la

Vertu : HONOSETVIRTVS.

Sébastien de Hatzfeld eut deux fils, Melchior et Hermann, que nous retrouverons plus loin, comme comtes de Gleichen, dans le cercle de Haute-Saxe.

n). — Ville impériale de LubeckK

L'histoire monétaire de la ville hanséatique de Lubeck, dont le commerce était si étendu, est d'une importance capitale pour l'histoire économique du Nord de l'Europe, notamment du Danemark. Nous ne pouvons malheureusement entrer ici dans les détails d'un exposé dont le résumé est diflScile à faire, et nous devons nous borner à noter quelques dates essentielles, à donner sur les types de superficielles indications.

En 1302, les villes de Lubeck, Hambourg, Lunebourg et Wismar, renouvelant des alliances monétaires antérieures, décidèrent d'abandonner l'étalon d'or et de frapper de fortes pièces d'argent à l'imitation des guldengroschen. Le type de ces pièces, en ce qui concerne Lubeck, se compose de l'aigle d'empire et de l'image en pied de saint Jean- Baptiste, patron de la ville, dans une épicycloïde; à ses pieds figure Técusson municipal: coupé d'argent et de gueules. Les légendes sont: MO-

NETA : NOVA : LVBICENSIS » $02, et SANCT • lOH ANNES • BAPTiST ;

elles sont encore écrites en lettres gothiques. Il existe des divisions de ces guldengroschen.

En 1 5 1 j, les quatre villes alliées décidèrent de frapper des marks d'ar-

I. H.-C. Dittmer, Geschichtliche Darstellung der Mûnifusse von den :ç« Lubeck vorgekommenen und iheils noch vorkommenden grôbern Silbermûni^en, Lubeck, 184$, in-8. — J.-H. Schnobel, Luheckisches Mûni utid Medailkn-Kabinet. Lubeck, 1790, in-8.

gent taillés à 12 au marc de Cologne et à 14 1/4 loths d'argent comme aloî. La taille et le titre furent légèrement modifiés dans la suite, mais cette monnaie nouvelle obtint dans la circulation un accueil favorable Ces marks portent à l'avers l'aigle à deux têtes et la légende : MON ETA - NOVA-LVBICENSIS, suivie du millésime; le revers donne les écussons des villes de Hambourg, Lunebourg et Wismar, placés en tréfeuille autour d'un écude Lubeck plus petit; Tinscription est : STATVS- MARGE ■ LVBICEw^w. En même temps que les marks, il y eut des demi-marks et des tiers de marks. Ces nouvelles monnaies, mieux appropriées aux habitudes de compte des villes hanséatiques du Nord, étaient destinées à remplacer dans les transactions le guldengroschen et le florin d'or rhénan.

L'ordonnance de Charles-Quint promulguée en i j 24 à Esslingen n'eut aucune influence sur le système monétaire de Lubeck. En 1528, cette ville frappa ses premiers thalers, émis au début pour 24 schillings. L'abaissement successif de l'aloi des menues monnaies amena dans leur rapport avec le thaler des modifications parfois mentionnées sur les espèces. Un thaler de 1568 porte l'indication numérale: 27-6 qui signifie : 27 schillings 6 pfennigs. Les types monétaires de Lubeck se bornent généralement à l'image de saint Jean, à Técu de la ville et à ceux des villes alliées, à l'aigle d'empire, à l'effigie de l'empereur; comme détail accessoire, nous trouvons sur un certain nombre de pièces l'emblème héraldique des bourgmestres et, à partir de 1602, leur écusson.

A la fin du xvii« siècle, Lubeck n'admit pas le pied de Leipzig, et l'on créa en 1691 un pied local suivant lequel le marc d'argent fin était évalué à 1 1 i/^ thalers ou 34 marks argent courant de Lubeck.

o). — Ville impériale de Hambourg i.

L^histoire monétaire de Hambourg marcha, au début des temps modernes, de pair avec celle de Lubeck. La patronne de la cité est la Vierge, et c'est son image que nous trouvons sur les plus anciennes pièces d'argent de poids fort, frappées depuis i J05 ; la devise inscrite sur les pièces de cette époque est : SPES • NOSTR • VIRGO • MAR'.

En 155}, commence à Hambourg une émission très nombreuse de monnaies d'or et d'argent de diverses espèces. Les thalers portent à

1. O.-C. Gaedechens, Haniburgische Mûn:^en und Medaiîlen. Hambourg, 1850-54, 2 vol. in-4. — Langermann, Hamburgisches Mûn:(;-und Medaillettvergnûgen. Nouv. édit. Hambourg, 1802, ia-4.

l'avers les armes de la ville : un mur d'enceinte à trois tours, celle du milieu percée d'une porte pourvue d'une herse, au revers l'image de la Vierge accompagnée des mots: FIAT • MIHI • SECVNDVM • VERBV'TVV. Parmi les pièces d'or ham bourgeoises, nous accorderons une mention particulière aux portugalôser, pièces copiées des crusades portugaises et valant respectivement dix ducats, cinq ducats et deux ducats et demi. Les portugalôser hambourgeois portent d'un côté les armes de Hambourg, entourées d'une double légende: MONETA-NOVA- AVREA-CIVITATIS- HAMBVRGENSIS. et: NACH • PORTVGALIS • SCHROTVND KORN : l'autre côté porte une grande croix entourée des mots : IN • XPO • CRV-

CIFIXO • PENDIT • SALVS • NRA.

En I J72, Hambourg résolut de frapper des espèces en conformité avec l'ordonnance impériale de 1559. Par la même occasion, le type de la Vierge disparut pour faire place à l'aigle d'empire et aux nouvelles armes de la ville : de gueules, au château à trois tours d'argent. Vécu des comtes de Holstein, qui avait été conservé jusque-là sur certaines espèces hambourgeoises, est aussi définitivement omis. C'est une étape vers l'affranchissement complet de Hambourg, qui en 161 8 fut reconnue ville impériale, malgré les protestations de ses anciens maîtres.

Dans la seconde moitié du xvii« siècle, l'adoption dans certains états du Nord de l'Allemagne du pied de Zinna exerça son influence sur le monnayage de Hambourg, mais en 1725 cette ville se fixa un pied monétaire spécial.

p). — Ville impériale de Brème K

En 1 541, Charles-Quint donna à la ville de Brème le droit de battre monnaie et fixa le type suivant lequel les espèces municipales devaient être frappées. Dès 1 542, parurent des Jlorins d'or et des thalers portant d'un côté reçu de la ville : de gueules à la clef antique d'argent posée en * bande, de l'autre l'aigle d'empire. Toutes les pièces frappées dans la suite continuèrent à porter la clef sur une de leurs faces.

q). — Ville de Stade 2.

La série monétaire de cette ville, commencée à la fin du xv« siècle, se poursuit jusqu'en 1689.

1. H. Jungk, Die bremischen Mûnien. Brème, 1875, gr. in-8. — J.-Ph. Cassel, VoUstàndiges hremisches Mûnicabinet. Brome, 1772-73, 2 vol. in-8.

2. M. Bahrfeldt, Die Mûuien der Stadt Stade, dans la Numismatische Zettschrifi, 1879.

l'empire d'allemagne 283

Stade portait une clef dans ses armes ; celles-ci forment le type habituel des monnaies municipales. Le patron de Stade est saint Pierre; son effigie figure sur quelques espèces.

r). — Viîle de Lunébourg " .

Nous avons parlé précédemment des alliances monétaires conclues entre les villes de Lubeck, Hambourg, Wismar et Lunébourg. Cette dernière ville eut un monnayage assez actif, qui se poursuivit avec quelques interruptions jusqu'en 1757.

Le type des monnaies de Lunébourg, au xvi« siècle, est très remarquable; l'avers porte les armes de la ville : un mur d'enceinte à trois tours, celle du milieu percée d'une porte dans laquelle est placé un écu au lion penché ; le revers est occupé par un croissant à figure humaine entouré de la légende: VISITAVITNOSORIENSEX- ALTO. Au xvn^ siècle, ce croissant fait place à Taigle d'empire, et le nom de l'empereur régnant est substitué le plus souvent à l'ancienne devise.

A partir du milieu du même siècle, Lunébourg cessa d'avoir un atelier monétaire particulier. Son numéraire fut fabriqué dans des monnaies voisines, telle que celle des ducs de Brunswick à Celle.

s). — Ville impériale de Goslar a.

Le commencement de l'époque moderne dans le monnayage de Goslar peut être fixé à l'année 1505, avec l'apparition des mariengroschen. Le premier Ma/erest de 1542, et vingt ans plus tard, environ, commence l'émission à^s florins d'or. Le monnayage municipal cesse en 1764.

Le type particulier à Goslar pour ses fortes monnaies est, indépendamment de l'aigle de ses armes, la Vierge debout dans une gloire. Un certain nombre de pièces de cette ville obtinrent un grand succès dans la circulation et furent copiées jusque dans les Pays-Bas '.

t). — Ville impériale de Muhlhausen,

En 1J19, la ville de Muhlhausen frappa des p/ennings, en 1525 des

1. M. Bahrfeldt, Die Mûn^en der Siadt Lûneburg, dans les Berliner Blàtter de Weyl de 1883 et 1884. — Le même, Die Mûnien der Stadt Lûneburg von ijp^'j6o2, dans le Numism,'sphragist. An\eiger de 1894.

2. H. -Th. Cappe, Beschreïbting der Mûn^en von Goslar . Dresde, 1860, in-8.

3. On trouvera la description d'un certain nombre de ces imitations dans Hooft van Iddekinge, Des monnaies en guise de jetons. Description de quarante quarts d'écus ayant servi comme jetons au XV 1^ siècle, dans la Revue belge de numism., 1877, p. 203 et suiv.

groschen et en 1554 des keller. Les premiers thalers apparurent en iî74. Les émissions de divers genres de monnaies se succédèrent avec des intervalles jusqu'en 1767.

Les armes de Muhlhausen, qui constituent le type monétaire le plus fréquent, sont : d'argent à l'aigle de sable chargée sur chaque aile d'un fera moulin d'argent. Le nom de la ville est écrit sur les monnaies delà manière suivante : CIVITIMPERIALIS- MOLHVSIN* ou MVLHV- SINA.

u). — Viîk impérial! de Nordhauscn.

La ville de Nordhausen frappa ses premiers thalers en 1 ; j6, ses derniers en 1686. Ses monnaies connues consistent enjlorins d'or, thalers, gulden, doubles gros, gros, et quelques monnaies divisionnaires.

Les armes de la ville sont : d'or à l'aigle de sable. La légende habituelle est : MO- N ■ LIB IMPER ■ CIVITATIS NORTHVS^.

v). — Filh de Hanovre '.

Le type des menues monnaies de cette ville se compose des armes municipales, une rose à trois feuilles. Sur \esJlorins d'or, les thalers et les autres fortes espèces d'argent, nous trouvons une porte de ville à deux tours, entre lesquelles est placé le lion de Brunswick. Dans la porte est reproduite la rose des armes de Hanovre.

w). — Ville de Gatltingue =.

Le premier thaler deGoettingue date de 1 567; les dernières monnaies municipales sont de 1684. L'initiale du nom de la ville, un S" gothique, est la marque caractéristique du numéraire. Nous donnons ici {fig. 22;} la représentation d'un mariengroschen frappé en iSjS par la ville de Goettingue, à l'imitation des pièces * "' de Goslar.

I, Voir la Numbtmlùehe Zeitimg de Leitimann, 1841, p. 21 et suiv.

z. Voir la Kiimismatisclic Ztitung do Leitzmann, 1841, p- 73 et suiv., et 184), p. i

l'empire D'ALLEMAGNE 28;

x). — FiUi d'EimheckK

Le type des pièces de cette ville se rapproche beaucoup de celui des monnaies de Goettingue. C'est aussi l'initiale du nom, un fi gothique, qui en constitue l'élément habituel. Les monnaies les plus récentes d'Eimbeck sont de 1675.

y). - ViiU ât Nordheim'.

La série monétaire de cette ville se poursuivit avec des interruptions jusqu'en 1678. Le type des ^oscAen et des menues monnaies est un grand U gothique. Sur les plus fortes espèces nous trouvons une porte de ville à cinq tours, dans l'ouverture de ' laquelle est placé le lion de Brunswick.

La ville de Brunswick devint en 1610 le siège d'un des ateliers ofBciels du cercle de Basse-Saxe ou kreismûn^stàtte. Son monnayage particulier paraît s'être arrêté en 1680. Ses armes, qui figurent sur les espèces, consistent en un lion.

Parmi les monnaies les plus intéressantes de la ville de Brunswick, il convient de citer les thalers de 1 J46 qui font allusion à la ligue de Schmalkalde et sont connus des collectionneurs allemands sous le nom de schmalkaldische bitndesthaler. Leur type se compose, i l'avers, du lion de Brunswick, au revers de l'image du Christ sortant du tombeau, avec la légende : VERBVM - OOmini UAnet |N • J^ternum.

aa). — mu de UamilnA.

La ville de Hamein sur le Weser, appelée aussi Quern-Hameln, monnaya depuis le commencement du XVI' siècle. Ses pièces les plus anciennes sont des hohlp/ennigs , chargés d'un fer à moulin, armes de la ville. Les premiers thalers \ datent de \<,AA ^t '^s premiers ^0rins d'or de i6}8. Le monnayage paraît s'être arrêté en 1672. Notre

1. Voit la Numimatùche Zeitung de LeilztnanD, i8}9, p. 14O et :

2, Voir la IVumismalische Zeitung de Lcitzmann, 1841, p. 121 et ! }. Voit la Numismaliscbe Zeitung de Lciczmann, 1S41, p. 164 et ! 4. Voir U Numismalische Zeitung de Leitimann, 1840, p. 177 et ;

6gure 324 reproduit un man'engroschen frappé en 154; à l'imitation de ceux de Goslar.

ab). — Vilk d'Osttrodc.

La ville d'Osterode n'émit jamais que de menues espèces, dont les plus récentes appartiennent à la kîpperi^eit.

ac). — ViîUdi Hilieshâm'.

Les thalers les plus anciens de cette ville furent frappés dans les premières années de la seconde moitié du xvi' siècle. Le monnayage prit fin en 1772. Outre les fortes espèces d'argent, la série municipale de Hildesheim comprend àesjlorins d'or et leurs multiples, puis un assez grand nombre de pièces divisionnaires.

Les armes de Hildesheim consistaient en un écu écartelé; en i;iS, Charles-Quint y ajouta un chef à l'aigle. Plusieurs monnaies d'or et d'argent, notamment un thaler de 1605, rappellent cette circonstance et portent à l'avers l'écusson de la cité accompagné de l'inscription : IN- S\Qnia A ■ CARo/o V RO ■ IMP ■ HILD ■ A» ■ 1 iî8 COLLATA.

ad). — Ville de Magdebourg i.

Pendant les guerres de religion, lorsqu'en i j ;o et 1 ; 5 1 Magdebourg se

trouvait assiégée par Maurice de Saxe, le magistrat entreprit de frapper

des monnaies d'or et d'argent

(tîg. 2ij) sans y avoir été

autorisé par une concession

1 régulière. Celle-ci ne fut obtenue par la ville qu'en 1 567, sous lerègnede Maximilien II.

A f)artir de cette date, le monnayage municipal comprit un •^B- "î assez grand nombre de pièces

des trois métaux.

Magdebourg eut beaucoup à souffrir de la guerre de Trente Ans, Pendant le siège qu'elle soutint en i639Contre les impériaux commandés

1. H. -Th. Cappe, Dit Mûnien do- Sladi und des Bistbums Hildeshàm. Dresde, [8sS> in-8.

2. S. Alexi, Dit Mûnj^prâgung der Sladt Magdeburg a. jjsotmd tJS'i dans la Ztil-

schrift fur Numismatik Jl- [887.

l'empire d'allemagne 287

par Wâllenstein, elle émit des monnaies obsidionales portant la devise: NECESSITAS- LEGEM- NON HABET. légiUme excuse de leur mauvais aloi. Lors de sa prise par Tilly, en 16} 1, elle fut en grande partie réduite en cendres; un thaler de i6}8 célèbre la restauration des quartiers incendiés : MAGDEBURGUM RESTAURATUR ANNO

MDCXXXVIII.

Le type habituel des monnaies de Magdebourg se compose à Tavers d'une porte de ville (burg) défendue par deux tours crénelées entre lesquelles apparaît à mi-corps la Pucelle (magd) : ce sont des armes parlantes.

ae). — Chapitre et ville de HalherstadtK

Le droit monétaire, à Halberstadt, appartenait au chapitre et à la ville depuis la cession qui leur avait été faite en 1 363 par Tévêque Louis de Misnie.

Au commencement du xvi« siècle, après un long chômage de l'atelier, le manque d'espèces provoqua des émissions de groschen et de pfennigs, dont il existe des variétés de i $ 1 9 et des années suivantes. Les pièces et notamment les thalers qui portent le nom et les armes du cardinal Albert de Brandebourg, administrateur de Halberstadt (1513-4$), n'émanent pas directement de son autorité, mais ont été frappées à sa demande par le chapitre.

Dans le cours du xvi« siècle, le monnayage eut une nouvelle interruption, mais au xvn«, et particulièrement à partir de 16 17, les émissions redeviennent abondantes. Le chapitre frappa le plus souvent seul, parfois en communauté avec la ville. Les monnaies qui émanent de la ville seule sont rares.

Le patron de Halberstadt est saint Etienne, S. STEPHANVS PROTO- MARTïV; c'est son image qui fournit le type habituel. Les armes du chapitre étaient : parti de gueules et d'argent,

af). — Ville de Rostock.

Le monnayage de Rostock commence d'assez bonne heure et se compose, pour la période qui nous occupe, de florins et de ducats d'or, de thalers, de gulden et de menues espèces d'argent et de billon. Les armes de la ville, un griffon ou un écu chargé d'une fasce accompagnée en chef

I. C.-F.Zepemicli, Die Kapitels uttdSedistHican7;;'Mûnien. Halle, 1822, in-4.

d'un griflFon rampant, composent le type habituel ; sur les pièces divisionnaires le revers est souvent occupé par une croix portant en coeur un R en minuscule gothique.

A diverses reprises, la ville de Rostock émit des thalers commémoratifs, par exemple en 1612, à l'occasion du baptême de Jean-Christophe, fils aîné de Jean-Albert II, duc de Mecklembourg-Gustrow, et en 1616 à l'occasion de la naissance de Charles-Henri, second fils du même duc. Le nom de Rostock figure sur les espèces de la manière suivante : MO NETANOVAROSTOCHIENSIS ou CIVITATIS ROSTOCHIENSIS.

ag). — Vilk de Wismar,

Les armes delà ville hanséatique de Wismar éiaiient: parti au premier (Tune demi-tête de taureau couronnée de face, au second fasce de quatre pièces. Le patron de la ville était saint Laurent, qui partage avec l'écusson de Wismar les honneurs de l'empreinte monétaire.

La ville de Wismar passa de fréquentes conventions monétaires avec Lubeck, Hambourg et Lunebourg, notamment en 1 502 pour la frappe des marks d'argent. A partir de la fin du xvii*^ siècle, la décadence du commerce amena celle du monnayage, et Wismar cessa d'avoir un atelier particulier; elle faisait frapper ses espèces à Lubeck ou à Rostock.

En 1715, la ville, assiégée par les Danois, émit des monnaies de nécessité.

§. VL — Cercle de Haute-Saxe.

Le cercle de Haute-Saxe était situé entre les cercles du Haut et du Bas- Rhin, de Franconie et de Basse-Saxe, la mer baltique, les margraviats de Haute et de Basse-Lusace, les royaumes de Pologne et de Bohème. Comme étendue, ce cercle venait immédiatement après celui d'Autriche et occupait ainsi le second rang dans les dix grandes divisions de l'empire. Le directeur du cercle était l'électeur de Saxe, et c'était dans sa résidence de Dresde que se trouvait également la chancellerie. Les kreistage se tenaient principalement à Leipzig; le dernier est de 1683, ce qui témoigne du relâchement du lien par lequel la création des cercles avait rattaché entre eux les divers états voisins. En 1571, les villes de Leipzig, Berlin, Stettin et Saalfeld avaient été déclarées kreismûm^stàtten ou sièges des ateliers monétaires officiels du cercle.

l'empire d' ALLEMAGNE 289

a). — Duché de Saxe et possessioris de la maison de SaxeK

D'après le partage fait en 1485 entre les deux fils de Frédéric II le Bon, Ernest eut le duché de Saxe et Télectorat, le sud de la Thuringe et le nord de la Misnie; Albert obtint le sud de la Misnie et le nord de la Thuringe,

La ligne ernestine ne resta que jusqu'en 1 547 en possession de Télectorat. A la suite de la guerre de Schmalkalde, cette dignité fut enlevée par Charles-Quint à Jean-Frédéric, en même temps que le duché de Saxe, et donnée au duc Maurice, de la ligne albertine. En 1806, les états de cette ligne furent érigés en royaume par Napoléon I.

De toutes les maisons souveraines de l'Allemagne, la maison de Saxe est celle qui a la généalogie la plus compliquée. Sa numismatique semble un écheveau inextricable, par suite de cette circonstance que plusieurs princes souvent homonymes, frères, oncles, neveux, cousins, s'entendent pour frapper un numéraire commun. Nous avons déjà constaté de ces associations de famille dans plusieurs autres maisons souveraines, mais ce qui est ailleurs une exception constitue pour ainsi dire la règle dans la maison de Saxe. Nous voyons jusqu'à huit personnages signer à la fois les monnaies et leurs huit portraits y figurer en même temps.

Le tableau suivant indique la manière dont les diverses branches de la famille ducale se rattachent les unes aux autres. On le consultera utilement pour l'intelligence de ce qui suit»:

1 . La numismatique de la Saxe possède une bibliographie considérable. Nous nous bornons à mentionner les ouvrages les plus importants : W.-E. Tentzel, Saxonia numismatica lineae Ernestinae et lineae Aîbertinae. Dresde et Francfort, 1705-14, 4 vol. în-4. — J.-G. Bôhme, Sâchsisches Groschun-Cahinet. Leipzig et Zullichau, 1765-69, 2 vol. in-8. — J.-G. Bidermann, ChurfûrstlicJje Sâchsische Begràhniss vnd Gedàchlnissmûn^en. Dresde, 1764, in-4. — K.-W. Dassdorf, Numismatisch-historischer Leitfaden ^r Uehersicht der Sàchsischen Geschichte. Dresde, i8oî, in-8. — A.-M. Engelhard, Friedrich-Christian Churfàrst von Sachsen, Ein hiographischer Entwurf nebst Beschreibung der Mûn:^en und Medaillen, Dresde, 1828, in-4. — J--G. Baumgarten, Historisch, geneahgisch, chronologisch, kritiscljes Ver^eichniss aller bekannten ducatenjôrmigen Goldmûn:^en der Albertinischen Hauptlinie des uralten sàchsischen Hauses, Dresde, 18 12, in-8; supplément, Dresde, 18 16, in-8. — J. et A. Erbstein, Erôrterungen auf dem Gebiete der sàchsischen Mûn^- und Medaillen Geschichte. Dresde, 1888 et 1890, 2 parties in-8. — L. Grobe, Die Mûn:(en des Her:(ogthums Sacbsen-Meiningen. Meiningen, 1891, in-4.

2. Les branches de la maison de Saxe dont le nom est suivi d'un astérisque existent encore.

Saxe.

Ligne ernestine.

ligne albertine.

Co bourg.

Weissenfels. Mersebourg. Zeitz.

Vieux Gotha.

Vieux U eimar.

Vieux Vieil

Cobourg. Eisenach.

Vieil Moyen

Altenbourg. Weimar.

Nouveau Eisenach. Nouveau Weimar. Gotha.

Eisenach. léna.

Eisenach. léna.

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Les armes de Saxe sont: burelé de sable et d'or de dix pièces^ au crancelin de sinople brochant sur le tout; mais les diverses branches de la maison ducale écartelèrent leur blason des armes particulières des nombreuses terres formant leurs possessions ou ayant appartenu à leurs ancêtres. Nous ne pouvons entrer ici dans tous ces détails héraldiques.

L'électeur de Saxe était vicaire héréditaire de l'empire pour le pays de droit saxon et partageait avec les électeurs palatin et de Bavière le gouvernement de l'empire pendant les vacances du trône. Comme vicaire, il prenait pour armes une aigle à deux têtes sans couronne, avec reçu de sa charge d'archimaréchal brochant sur le tout.

IJgfie ernestine.

Ligne ernestine jusqu'à la mort de Jean-Frédéric. — Les débuts de la fabrication des fortes espèces d'argent qui marquent le commencement de la numismatique moderne, remontent au règne de Frédéric III le Sage (1486-1525), fils d'Ernest. Ses monnaies présentent les groupes suivants:

a) celles qu'il frappa en commun avec son oncle Albert et son frère Jean (1486-1 ;oo).

b) celles qu'il frappa en commun avec son cousin Georges, lils d'Albert, et son frère Jean.

c) celles sur lesquelles il apparaît seul. Celles-ci lui donnent jusqu'en 1519 le titre d'imptrii locum lenens generalis.

Frédéric 111,1e protecteur de Luther, mourut en 152; sans avoir été marié; son frère Jean le Constant (1 $2;-;!) lui succéda dans l'électorat. Jusqu'en 1 s îo, il monnaya en commun avec Georges, de la ligne albertine; de 1^30 à i};2 ses pièces portent son nom seul.

Le règne de Jean-Frédéric le Magnanime (ij}2-;4) fut troublé par sa lutte contre Charles-Quint, qui se termina en 1 f 47 par la bataille de Muhlberg, où l'électeur de Saxe fut fait prisonnier. Sa captivité fut de cinq ans; pour en sortir, il fut obligé en 1552 de renoncer à l'électorat et à presque tous ses états. Le monnayage de Jean-Frédéric reflète naturellement les incidents de son règne. De ij^i à 1)47, le duc porte, comme ses prédécesseurs, le titre d'électeur; il frappa ses espèces en commun avec des parents ou des alliés :

a) en commun avec le duc Georges, de la ligne albertine (iS33-;9).

b) en commun avec Henri le Débonnaire, de la même ligne (iS}9-4t).

c) en commun avec Henri le Débonnaire, et avec son demi-frère, Jean-Ernest de Cobourg(iS40).

d) en commun avec Maurice, de la ligne albertine, et Jean-Ernest de Cobourg (i 541).

e) en commun avec Maurice, de la ligne albertine (1543-47).

f) en commun avec Philippe, landgrave de Hesse, son allié de la ligue de Schnialkalde (i (42-47). Notre figure 226 représente un tlaler de cette série.

Pendant la captivité de Jean-Frédéric (1Î47-Ï2), les monnaies furent au nom de ses fils: MONEFILIOR- lOANFRIDSENIORISDV- SAX, et. par une dérision cruelle, elles ponent le nom et l'effigie de l'empereur Charles-Quint. Ixrqu'il eut recouvré la liberté, le duc de Saxe fut autorisée prendre le titre d'électeur né: lO-FRIDER-SENIOR-

NATVS'ELECTOR'SAX; le nom de Charles-Quint continua à figurer sur les espèces.

Vieux-Gotha. — Jean-Frédéric II {1554-67), le fils aîné du vaincu de Mûhlberg, hérita de sa haine contre Tempereur. Maximilien II le mit au ban de Tempire, et le duc, fait prisonnier en 1567, termina ses jours en Autriche après vingt-huit ans de captivité. Ses biens, attribués d'abord à son frère Jean-Guillaume, furent rendus en 1570 à ses enfants.

Les monnaies de Jean-Frédéric II comprennent trois catégories :

a) celles qui sont émises en commun avec ses deux frères, Jean-Guillaume de Weimar et Jean-Frédéric III.

b) celles qui sont émises en commun avec Jean-Guillaume. Leur frère, Jean-Frédéric III, était mort sans postérité en 1565.

c) celles qui portent le nom de Jean-Frédéric II seul.

Lors de la restitution faite aux enfants de Jean-Frédéric II des biens de leur père, l'aîné, Jean-Casimir (1570-1633), obtint le duché de Cobourg. Il monnaya soit seul, soit avec son frère Jean-Ernest d'Eisenach, qui lui succéda en 1633 dans l'ensemble des possessions de leur branche et mourut à son tour en 1638.

Vieux- Weimar. — Jean-Guillaume de Weimar(i 554-73), second fils de rélecteur Jean-Frédéric I, régna d'abord en commun avec ses frères. De 1567 à 1570, après la mise au ban de lempire de Jean-Frédéric II, il posséda seul tous les biens de la ligne ernestine.

Jean-Guillaume mourut en 1 573, laissant deux fils, Frédéric-Guillaume I,qui forma la branche de Vieil-Altenbourg, et Jean, qui poursuivit celle de Weimar. Jusqu'à la mort de l'aîné, survenue en 1602, ils gouvernèrent et monnayèrent en commun.

Vieil-Altenbourg. — Les quatre fils de Frédéric-Guillaume I, Jean- Philippe, Frédéric, Jean-Guillaume et Frédéric-Guillaume II, régnèrent et monnayèrent généralement en commun de 1603 à 1625 ; un thaler de 1612 à la devise: DISCORDIA PR>CCVRSOR RVIN>E. est l'écho des sentiments qu'ils professaient. En 1625, Frédéric mourut; les trois survivants continuèrent leur alliance; en 1632, Jean-Guillaume mourut à son tour; en 1639, Jean-Philippe les suivit, laissant à Frédéric- Guillaume II la possession de tout le patrimoine et la signature exclusive des espèces. Il mourut en 1669 laissant un fils, Frédéric-Guillaume III, avec lequel la branche de Vieil-Altenbourg s'éteignit en 1672. Ce dernier n'a eu qu'un monnayage très restreint.

l'empire d' ALLEMAGNE 293

Moyen-Weimar. — Jean, second fils de Jean-Guillaume de Weimar, régna seul sur Weimar après la mort de son frère aîné Frédéric-Guillaume I d'Altenbourg, c'est-à-dire de 1602 à 1605. Son numéraire porte alors son buste et son nom seuls.

Jean laissa huit fils, dont voici Ténumération dans Tordre de leur décès : Frédéric-Guillaume (f 1619), Frédéric (•{• 1622), Jean- Ernest I (f 1626), Jean-Frédéric (f 1626), Bernard (f 1639), Albert (f 1644), Guillaume (f 1662) et Ernest le Débonnaire (f 1672). Mineurs à Ja mort de leur père, les huit enfants furent placés sous la tutelle de l'électeur de Saxe; en 1615, Taîné, Jean-Ernest I, atteignit sa majorité et devint le tuteur de ses cadets. Longtemps les fils de Jean de Weimar régnèrent en commun. Les monnaies frappées avant 16 19, date de la mort de Guillaume, portent leurs huit bustes, le plus souvent posés de face, quatre à l'avers et quatre au revers.

En 1640, les trois survivants, procédèrent au partage de leur patrimoine. Guillaume obtint Weimar, Ernest le Débonnaire eut Gotha, Albert eut Eisenach. Celui-ci étant mort sans enfants, ses biens vinrent en 1644 grossir la part de ses frères.

Nouveau-Weimar. — La série monétaire de Guillaume (1640-62) présente une suite particulièrement intéressante de thalers commémoratifs; le moindre événement de famille lui sert de prétexte pour l'émission d'un souvenir métallique à valeur échangeable. En 1639, ^^ sont les obsèques de son fils Jean-Guillaume; en 1650 c'est la fête organisée à Weimar pour célébrer la paix de Westphalie, en 1652, la reconstruction du château de Weimar qu'un incendie avait anéanti, en 1654, l'élévation de son fils Bernard au rectorat de l'université d'Iéna, etc., etc.

Guillaume eut quatre fils, qui laissèrent d'abord à leur aîné, Jean- Ernest (1662-83), le soin du gouvernement. En 1672, les trois survivants firent le partage de leurs états communs; l'aîné eut Weimar, Jean-Georges I eut Eisenach, et Bernard eut léna. Les monnaies de Jean-Ernest portent sa devise: PRUDENTER ET CONSTANTER, parfois accompagnée des figures allégoriques de la Prudence et de la Constance.

Voici la liste des successeurs de ce prince dans le duché de Saxe- Weimar :

•Guillaume-Ernest, 1683-1782. * Charles-Auguste, 1758 — grand duc en

Ernest- Auguste, 1728-48. 181 5-1828.

* Ernest- Auguste- Constantin, 1748-58.

Eisenach. — Jean-Georges I, fils de Guillaume de Weimar, obtint Eisenach lors du partage fait en 1672 avec ses frères. Son fils Jean-

Georges II (1686-98) lui succéda; la devise de celui-ci est: PIETATE ET IVSTITIA.

léna. — Dans le partage de 1672, léna fut attribué à Bernard (1672- 1678). On a de lui diverses monnaies portant son buste, ses armes et sa devise : DEO DUCE COMITE FORTUNA. A sa mort, ses états passèrent à son fils Jean-Guillaume, qui mourut à son tour en 1690, sans avoir atteint sa majorité. Ses états furent partagés entre les branches de Weimar et d'Eisenach.

Nouveau-Gotha. — Ernest le Débonnaire, fils de Jean de Weimar, obtint Gotha lors du partage de 1640; ses monnaies comprennent, comme celles de son frère Guillaume de Weimar, une intéressante série de pièces commémoratives, auxquelles viennent s'en ajouter d'autres qui constituent de véritables actes de foi. Un thaler de 1668, connu dans les nomenclatures numismatiques allemandes sous les noms de catechismusthaler ou glaubensthaler^ énumère dans ses légendes les propriétés de Dieu; un autre, émis en 1672, communément appelé seligkeitsthaler^ porte des préceptes religieux débutant par ces

mots : SIEH • DEINE • SEELIGKEIT ■ STEHT • FEST • I • IN3 • VATERS • LIEBE. etc.

Frédéric I commença à régner au nom de son père en 1675 et lui succéda en 1675. Il avait plusieurs frères mineurs, avec lesquels il partagea en 1680, et qui furent les fondateurs des lignes de Cobourg, Meiningen, Rômhild, Eisenberg, Hildburghausen et Saalfeld. Frédéric I continua la maison de Gotha :

•Frédéric II, 1691-1732. * Ernest II, 1772-1804.

* Frédéric III, 1732-72.

Ces divers ducs de Saxe-Gotha eurent, comme le chef de leur branche, un monnayage intéressant dans lequel les pièces à caractère jubilaire ou commémoratif abondent. Le thaler frappé par Frédéric II représente son buste et ceux de ses sept fils.

Cobourg. — Dans le partage de 1680, Cobourg échut à Albert. Il ouvrit un atelier monétaire dans sa résidence. On possède de lui plusieurs monnaies où figure sa devise française : POINT DE COURONNE SANS PEINE. Les types se composent de son buste, de ses armes ou de son chiffre, les lettres A- D. S conjuguées. Albert devint en 1684 chevalier de Tordre danois de TÉléphant blanc; le collier de cet ordre orne dès lors toujours son buste. Il mourut sans héritiers directs en 1699.

l'empire d'allemagne 295

Meiningen. — Cette terre fut donnée en 1680 à Bernard, troisième fils d'Ernest le Débonnaire. Son monnayage comprit des espèces nombreuses en or, en argent et en billon, depuis le rfwca/ jusqu'au meininger heller. Ses devises sont : In vulneribus Christi triumpho, Nil ntsiprudenter, Nil est mortale quod opto, ou enfin: Turris /ortissima nomen Domini. Bernard mourut en 1706.

Ernest-Louis I (1706-24) frappa ses espèces à Cobourg et à Meiningen, mais elles sont moins nombreuses que celles de son père et rémission des véritables monnaies courantes s'arrêta après 1714. Le monnayage reprit en 1738 sous Frédéric-Charles (1729-43) et continua sous ses successeurs, mais en ne comprenant souvent que de menues espèces :

* Frédéric-Guillaume et Antoine-Ulric, * Charlotte- Amélie de Hesse, tutrice, 1763-

• Antoine-Ulric seul, 1 746-63 . * Charles, 177 s-82.

* Georges I, 1782- 1803.

Rômhild. — Henri obtint Rômhild dans le partage de 1680. II mourut sans héritiers en 1710 et ses domaines retournèrent à ses frères. La devise qui figure sur ses monnaies est SI • DEUS • PRO- NOBIS • QUISCONTRA NOS.

Eisenberg, — Le cinquième fils d'Ernest le Débonnaire, Chrétien, reçut Eisenberg. Il mourut sans héritiers mâles en 1707. Quelques rares monnaies rappellent son souvenir.

Hildburghausen. — Ernest, qui dans le partage de 1680 eut Hildburghausen, fut le créateur d'une branche encore florissante aujourd'hui. On possède des monnaies de ce duc et de ses successeurs :

Ernest-Frédéric I, 1715-24. •Ernest-Frédéric-Charles, 1745-80.

Ernest-Frédéric II, 1724-45. Frédéric, 1780-1834.

Saal/eld, puis Cobourg, — Jean-Ernest, le plus jeune fils d'Ernest de Gotha, obtint Saalfeld lors du partage de 1680. Après la mort de son frère Albert de Cobourg, en 1699, la succession de celui-ci donna lieu à de longs différends, qui furent apaisés, en 1735, P^^ ^^^ transaction à la suite de laquelle Cobourg échut à la branche de Saalfeld, depuis lors appelée branche de Cobourg :

•Jean-Ernest, 1680-1729. * Franco is-Josias seul, 1745-64.

Chrétien-Ernest et François-Josias, 1729- * Ernest-Frédéric, 1764-1800.

Ligm albertim.

Ligne albertine jusqu'à Maurice. — Le monnayage du fondateur de cette ligne, Albert le Courageux (1485-1 500), second fils de Frédéric II le Bon, clôt la numismatique médiévale de la Saxe *, mais les thalers n'apparaissent que sous Georges le Barbu (1500-15 39). En 1 5 54 ce prince édicta, en même temps que son cousin l'électeur Jean- Frédéric, un nouveau règlement des monnaies. Georges mourut sans enfants, laissant ses états à son frère Henri le Pieux (i5}9-i54i).

Ligne électorale.— En 1547, Maurice (1541-1555), fils d'Henri le Pieux, obtint de Charles-Quint l'électorat de Saxe, après que Jean- Frédéric, de la ligne ernestine, en eut été dépouillé. Plus tard, Maurice abandonna le parti de l'empereur et prit les armes contre lui. Une ordonnance vint compléter en 1549^8 améliorations apportées en 1554 au régime monétaire de la Saxe. Les émissions monétaires de l'électeur Maurice furent importantes, et, à côté des monnaies normales, dans plusieurs ateliers telsqu'Annaberg, Buchholz, Freiberg, viennent prendre place de curieuses obsidionales, frappées en 1 547 à Leipzig, investie par Jean-Frédéric de Saxe; ces pièces, carrées, en or et en argent, portent les lettres : M • H • Z • S • L, Morit^, Her^og ^u Sachsen, Leipzig,

Après Maurice, les princes suivants continuèrent la ligne électorale de Saxe :

•Auguste, 1553-86.

•Chrétien I, 1586 91.

• Chrétien II, Jean-Georges l et Auguste :

*a) sous tutelle, 1591-1601.

*b) Chrétien II, majeur, et ses frères, 1601-11. •Jean-Georges l :

*a) en commun avec son frère Auguste, 161 1 -15.

*b) seul, 1615-56.

•Jean-Georges II, 1656-80.

•Jean-Georges m, 1680-91.

•Jean-Georges IV, 1691-94.

• Frédéric- Auguste I, 1694-173}, roi de Pologne à partir de 1697. •Frédéric-Auguste II, 1733-63, roi de Pologne.

• Frédéric-Chrétien, 1 763 .

•Frédéric III, 1763-1827, roi de Saxe à partir de 1806.

•a) Minorité sous la tutelle de Xavier, 1763-68. •b) Majorité.

I. Voyez p. 233 les monnaies frappées antérieurement 31315 par les ducs de Saxe de la ligne albertine, comme gouverneurs de la Frise.

l'empire d'Allemagne 297

En 1 556, rélecteur Auguste décida la suppression de tous les ateliers de son pays et la centralisation du monnayage à Dresde. En 1571, il adhéra au pied monétaire de Tempire et les thalers furent dorénavant taillés à 9 pièces au marc. Au commencement du xvii« siècle, la Saxe, plus peut-être que les autres parties de l'Allemagne, fut envahie par les monnaies illégales de bas aloi qui valurent à cette période de l'histoire monétaire le nom de kipper^eit. L'électeur Jean-Georges I mit fin à cette situation déplorable en 1623 par des mesures énergiques. En 1667, Jean-Georges II s'entendit avec l'électeur de Brandebourg pour établir \t pied de Ztnna, auquel succéda en 1690 sous Jean-Georges III le pied de Leipi^ig. Nous avons parlé avec quelque détail de ces systèmes dans le premier paragraphe du présent chapitre. En 1763, la Saxe adhéra au pied de convention.

Saxe-Weissenfels. — Cette branche fut fondée par Auguste, second fils de l'électeur Jean-Georges I. Il mourut en 1680 et eut pour successeurs :

* Jean- Adolphe I, 1680-97. * Chrétien, 1712-36.

* Jean- Georges, 1697-17 12.

Les monuments monétaires des ducs de Saxe-Weissenfels consistent plutôt en thalers commémoratifs qu'en espèces destinées à une circulation effective, tels par exemple le ihaler rappelant la construction de l'église du château de Weissenfels en 1663, plusieurs sterbethaler, etc.

Saxe-Zeitz. — Maurice, quatrième fils de l'électeur Jean-Georges I, obtint l'administration de l'ancien évèché de Naumbourg-Zeitz; il mourut en 1681, et eut pour successeur son fils Maurice-Guillaume (1681 -17 18). Un Ma/er commémora tif de 1667 rappelle la reconstruction du château de Zeitz.

b). — Margraviat électoral de Brandebourg,

Le margraviat de Brandebourg était situé entre la Saxe, la Lusace et laSilésie au sud, la Pologne à l'est, la Poméranie et le Mecklembourg au nord, et l'archevêché de Magdebourg à l'ouest; on le divisait en deux grandes marches : la marche électorale ou Kurmark, et la nouvelle marche ou Neumark.

Les margraves de la première moitié du xvi« siècle ne prennent sur leurs monnaies que le titre de : marchio brandenburgensis, auquel s'ajoute parfois la qualification de sacri romani imperii princeps elector. Dans la suite, la titulature des margraves devint beaucoup plus compli-

quée; ils se parent de leur titre d'archichambellan de l'empire et énumèrent leurs nouvelles possessions, les duchés de Prusse, de Juliers, de Berg, de Clèves, de Poméranie, de Silésîe, etc. Les quaniers du blason margravial deviennent aussi de plus en plus nombreux. Nous nous bornerons à rappeler ici l'écu du Brandebourg: d'argent à l'aigle de gueules, becquée, membrée et couronnée d'or, chaque aile chargée d'un demi-cercle tréjlé du même : souvent l'aigle est chargée de l'écu d'archichambellan de l'empire : d'azur au sceptre d'or posé en pal.

Voici la liste des margraves de Brandebourg depuis le commencement du XVI* siècle jusqu'à la création du royaume de Prusse en [701 :

"Joachlm I, 1499-153S- 'Georges-Guillaume, 1619-40.

"Joichini II, 153S-71. * F rcdéiii;- Guillaume, le Grand Élccieur,

•Jean -Georges, 1571-98. 1640-88.

•Joacliim-Frédéric, iî98-[6o8. 'Frédéric III, 1688, — roi de Prusse en

'Jean-Sigismond, 1608-19. '7°'-

Joachim 1 monnaie tantôt avec son frère Albert (1499-1 j !()> tantôt seul. Dans toute la première partie de son règne, \gs grosc/ten irappés à .\n-

igermùnde , Brandebourg, Francfort-sur-l'Oder , Kyritz, Stendal, Crossen et Berlin restent la monnaie d'argent la plus forte. En Fig. ««■ ij2[ apparaissent les pre-

miers thalers, dont le t}pe se compose, à l'avers du buste du margrave, coiffé du bonnet d'électeur et tenant le sceptre, au revers de l'écu écartelé. Les caractères des légendes sont encore de forme gothique.

Joachim II continua l'émission des thalers sur lesquels, à partir de 1551, figure le nom de l'empereur. Les noms des ateliers inscrits jusqu'alors sur la plupart des espèces disparaissent vers cette époque. Jea n-Georges frappa les premiers ducats d'or à î? carats 8 grains de fin et à 67 au marc de Cologne.

Notre figure 226» représente un double ducat, frappé en 1604 par

I. A. Weyl, Die Paul Hfticln-l'sclxSammliiiishrandunburg-preusn'scher Miinim und Mtdaillen. Berlin, 1876, in-S.— P. von Arnim, Ton Tbjlern des chiirf. Braiidcnbiirg, iind kôiiigl. Prnissisclien rrçieiendeii Hanses. Berlin, 178B, in-8. — Le même, Von Diicutm des cbui bruiideiibiiigisclxii und kaiii«lki>-preimisclien Hanses. Berlin, 1796, in-8.

Joachjm-Frédéric. Les légendes sont écrites en latin jusque sous Georges - Guillaume , avec lequel se montrent pour la première fois les inscriptions en langue allemande et les abréviations qui vont se multiplier sur les monnaies de la kipper- ^eit Le double ducat kappé

en 1620 à Berlin par le Fig. 117

maître Liborius Mùller ,

dont il porte les initiales, est un beau spécimen du monnayage brandebourgeois de cette époque (fig. 227).

c). — Margraviat de Brandebourg- Custrin.

Le fils cadet de Joachim I de Brandebourg, Jean (inî'TOi obtint, comme part de l'héritage paternel, la nouvelle Marche. Il fixa sa résidence à Custrin, au confluent de l'Oder et de la Warta, et fit frapper de ii4î à 1562 diverses monnaies d'argent et de billon, depuis le thaler jusqu'au heller. La devise de Jean de Brandebourg-Custrin était: |N ■ SILENCIO ET ■ SPE ■ FORTITVDO ■ MEA.

d). — Villes du Brandebourg.

On possède des monnaies particulières à plusieurs villes du Brandebourg. Au xiv= siècle, les bourgeois de Berlin avaient acheté du margrave Otton le droit de frapper des pfennigs. En i 540, la ville, apparemment dans le but de remédier au manque de menue monnaie, se souvint de son privilège et fît battre jusqu'en 1 J42 des hohlmiin^en à ses armes, l'ours et l'aigle.

Pendant l'anarchie de lakipper^eilci spécialement pendant les années 1621 et 1622, un grand nombre de villes émirent des monnaies divisionnaires. Nous citerons Berlin, Beeskow, Brandebourg, Cottbus, Custrin, Drossen, Guben et Neu-Ruppin. Les pièces, en cuivre saucé, le plus souvent unifaces, portent les armes des villes et parfois un millésime et des initiales telles que S-C, pour Stadt Cottbus, etc.

e). — Comté de Gleichn.

Le comté de Gleichen était situé au sud de Gotha. En 1639, une partie de ce comté, qui appartenait à l'électeur de Mayence, fut donnée

par celui-ci à Melchiorde Hatzfeld. En 1641, ce seigneur fut élevé, en même temps que son frère Hermann, au rang de comte d'empire, et en 1654, Ferdinand III leur accorda le droit de frapper monnaie d'or et d'argent.

Melchior mourut en 1658; Hermann le suivit dans la tombe en 1677. Sur leurs monnaies Tun et l'autre s'intitulent comtes de Gleichen et seigneurs de Crottorf, terre située en Basse-Saxe, qu'ils avaient héritée de leur père, Sébastien de Hatzfeld.

f). — Duché de PoméranU,

La Poméranie était comprise entre la mer Baltique, le royaume de Pologne, le margraviat de Brandebourg et le duché de Mecklembourg- Gustrow. Les armes du duché : d'argent au griffon de gueules couronné d*or^ étaient généralement écartelées de celles de Rûgen : coupé d'or au lion naissant de sable, couronné de gueules, la queue four chée. et d*a^ur à cinq carreaux de gueules, entassés en pyramide, de celles de Putbus : d*or à l'aigle naissant d'argent, et enfin de celles de Pomérélîe: d'azur au griffon de gueules. Les souverains de ce pays prenaient les titres de ; Dei gratia dux Stetini, Pomeraniae, Cassubiorum et Vandalorum.

Au commencement du xvi^ siècle, la maison ducale se divisa en plusieurs branches entre les descendants de Bogislas X :

• Bogislas X, 1 474- 1 5 2 3 .

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