STRUCTURE ET MULTIPLICATION DES BACILLARIACÉES
Nous devons nous occuper ici de deux choses, d’abord de la forme et de la structure de la membrane silicifiée, dont l’importance est trèsgrande pour le paléontologiste, puisqu'elle seule a persisté, et ensuite de l’organisation interne, qui est spécialement du ressort de la botanique. Nous ferons mention, à propos des différents genres, de l’enveloppe gélatineuse de certaines formes et du pédoncule de même nature qui en porte d’autres. L'on avait admis, et c’est une opinion encore défendue par SMITH, que la membrane silicifiée était une incrustation indépendante de la cellule, quelque chose comme l’incrustation siliceuse chez les Équisétacées ou l’enveloppe calcaire des Characées; mais NäGeLr et d’autres savants, ont montré que les faits sont tout autres et qu'il s’agit non pas d’un enveloppement, mais bien d’une imprégnation de la paroi cellulaire par l’acide silicique ou un silicate, d’où l’on peut tirer cette conclusion importante, que la prétendue cuirasse, lorsqu'elle est formée, n’est pas absolument rigide et inextensible comme on l’avait pensé, mais que, dans la jeune plante, elle est susceptible d’accroissement. La membrane incolore, finement grenue, qui revêt la cuirasse en dedans, n’est pas la paroi primitive de la cellule, mais une couche de protoplasme épaissi; elle correspond à l’utricule primordiale qui agit comme cellule de reproduction, et se partage pour donner naissance à deux nouveaux individus. Cette division se fait dans le sens longitudinal et le processus est exactement le même que pour la division cellulaire, telle qu’elle se passe ordinairement. Disons en particulier que le noyau, toujours présent, bien que parfois invisible, se partage en deux moitiés, la division du protoplasme se fait ensuite.
STRUCTURE ET MULTIPLICATION DES BACILLARIACÉES fl
La couleur jaune-brunâtre qui caractérise les Bacillariées, est due à deux lames d’endochrome, ou à des grains disposés selon des zones déterminées, à l’intérieur de la cellule, contre les parois latérales (zone connective Sm., GüRTELRING Pfitz.), d’où ils s'étendent plus ou moins sur les parois antérieure et postérieure (valves Engl., Nebenseiten Kütz.). Le plasma luimême s’amasse surtout dans le milieu de la cellule où se trouve aussi le noyau, qui est gros et clair. Des gouttelettes d'huile de volume variable et plus ou moins nombreuses, se trouvent disséminées dans les vacuoles du reste de la cavité cellulaire.
Quand l’utricule protoplasmique s’est partagée en deux moitiés égales par une cloison longitudinale, il se fait, à son intérieur, une extension bilatérale à la suite de laquelle les deux moitiés de cuirasse, emboïîtées l’une dans l’autre, s’élvignent, puis se séparent complètement. Ces deux moitiés, dont chacune représente un nouvel individu ne sont pas complétement semblables: l’une, celle dont le bord a été enfermée un moment dans l’autre, est plus petite que la plante-mère. Le Dr. E. Prirzer (Unters. üb. Bau u. Entwickel. der Bacillariaceen) s'exprime de la manière suivante en parlant de la diminution de la taille dans les générations qui se suivent: »À chaque division d’une Bacillariacée, la moitié cellulaire primaire (ou ainée, d’abord enveloppante), et la moitié secondaire (plus jeune, enveloppée), qui ne sont pas de mêmes dimensions, comme Wallich l’avait démontré, donnent naissance à deux nouvelles moitiés, différentes entre elles par la taille. ,L’une d’elles est incluse dans la grosse moitié primaire de la cellule-mère: elle est donc, par conséquent, aussi grosse que la moitié cellulaire secondaire enfermée primitivement du même côte de la cellulemère. Mais l’autre individu, d'ordre tertiaire, se formant dans l’intérieur de la moitié secondaire, est nécessairement un peu plus petit. Nous avons, par conséquent, après une division, des valves de trois longueurs différentes: une primaire, plus grande, une secondaire et une tertiaire dont les contours sont identiques, et enfin une valves tertiaire qui est plus petite que les autres.“ D’après ces processus, les dimensions des Bacillariées doivent aller toujours en diminuant, et l’on comprend que les individus d’une même espèce soient très variables en grosseur. La diminution progressive des dimensions des Bacillariées à cependant une limite: les individus qui ont atteint la plus petite taille. que comporte l’espèce, subissent un rajeunissement. Le rajeunissement peut se faire de deux manières: par copulation de deux individus, qui quittent leur carapace et n’en forment plus qu’un seul (comme chez les conjuguées), ou par l’issue du contenu d’une seule cellule qui peut rester simple, ou qui donne naïssance, par voie de division, à deux individus. Dans l’un et l’autre cas, il se forme, par la fusion en un seul, des deux individus accouplés, ou par la très-rapide croissance de Ja cellule
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qui s’est rajeunie seule, un produit qui a reçu le nom d’auxospore (Pftz.) fig. 1!, dont les dimensions surpassent à peu près du double celles des cellules-mères, et qui à repris exactement la taille des individus point de départ de la division. |
L’on ne sait pas encore combien de temps un Bacillarié reste sans se diviser, mais on admet une limite maximum de 24 heures'; 1l s’ensuit que le nombre des individus qui peuvent prendre naissance au cours
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