‹ Traité de paléontologieChapitre 9 sur 183 · TABLEAU SYNOPTIQUE DU RÈGNE VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

TABLEAU SYNOPTIQUE DU RÈGNE VÉGÉTAL

4° embranchement: GYMNOSPERMES (Archispermes).

Phanérogames, c’est-à-dire plantes produisant des fleurs (pollen, boyaux polliniques, ovules) et des graines. Endosperme primitif (prothalle) formant des Archégones dans le sac embryonnaire, chacune étant pourvue d’une oosphère qui peut se développer en embryon après la fécondation.

Calamodendrées, Cordaitées, Conifères (arbres à aiguilles), Cycadées.

D° embranchement: ANGIOSPERMES (Métaspermes). Des fleurs et des graines. Sac embryonnaire sans Archégones, four-

nissant une vésicule embryonnaire (rarement deux) susceptible de se

transformer en embryon.

Monocotylédones, Dicotylédones.

1* embranchement

THALLOPHYTES 1° classe: ALGUES. Algues et Fucacées.

Les Algues se distinguent des Champignons, avec lesquels elles ont la plus grande ressemblance au point de vue morphologique, par l’existence de la chlorophylle, qui les rend indépendantes des autres organismes, tandis que les Champignons ne peuvent vivre que comme parasites. Les Algues qui croissent sur d’autres végétaux, les prennent comme supports et n’en tirent pas leur nourriture.

On peut dire d’une façon générale que les Algues et les Fucacées sont des plantes aquatiques: elles vivent en grand nombre, aussi bien dans les eaux douces que dans les eaux salées; les Fucacées sont propres aux eaux salées; les espèces terrestres ne se trouvent, sans exception, que dans les lieux humides ou souvent inondés.

Aucun groupe de végétaux ne montre une aussi grande variété dans la forme et dans l’organisation que les Algues, aussi est-il impossible de donner leur caractéristique en peu de mots. Les particularités que présentent les dimensions, à elles seules, nous entraineraient fort loin: :1l y a, en effet, tous les degrés imaginables, entre la cellule simple, microscopique des Volvocinées, Diatomées et Desmidiées, et ces Fucacées divisées en milliers de branches et mesurant parfois plus de cent pieds de long. La coloration montre aussi une grande variété: les Algues présentent toutes les nuances entre le vert clair et l’olivâtre, entre le rose et le pourpre, entre le brun clair et le brun sombre.

Nous sortirions de notre cadre, si nous voulions résumer ici l’histoire du développement des Algues, même en nous limitant à ses traits généraux; nous nous Ccontenterons de renvoyer sur ce sujet au chapitre , Algues“ des l’excellents Manuels de Botanique de Sacris, DUCHARTRE, VAN TIEGHEM. Nous renvoyons aussi le lecteur aux traités spéciaux pour ce qui concerne la systématique et nous allons nous limiter à l’étude des familles et des genres qui comptent des représentants parmi les formes fossiles. !

1 Consultez pour la systématique générale des Algues: KürziNG, Phycologia generalis.

Leipzig 1843. — Nicerr, Die neuern Algensysteme. 1847. 1*

4 THALLOPHYTES. ALGUES

On connaît déjà environ 8000 espèces d’Algues actuellement vivantes. Ce grand nombre, joint à l’abondance des individus, ferait croire que l’on rencontre beaucoup d’Algues à l’état fossile, surtout dans les dépôts d’origine marine, il n’en est point ainsi en réalité: au contraire, les restes de ces végétaux sont relativement rares, et, à l'exception des Diatomées, des Siphonées incrustées et Lithothamniées, préservées de la destruction par leur revêtement siliceux ou calcaire, nous ne connaissons jusque maintenant que 200 espèces fossiles environ. Maintés d’entre elles sont très-incomplètement connues, ce qui est dû à leur organisation délicate, facilement altérable, et même, ces végétaux représentés d'ordinaire par des empreintes, sont généralement si incomplets, si peu nets, que l’on ne peut rien dire de certain sur leur nature, ni sur leurs organes de fructification, fondement de la systématique. De plus, les Algues fossiles appartiennent en partie à des types complètement éteints, qui se tiennent par conséquent, en dehors de nos systèmes actuels; nous réunirons en une division particulière, comme Algues incertæ sedis, ces formes que l’on ne peut comparer immédiatement aux autres.

1° division: Algæ certæ sedis systematicæ.

1‘ ordre: THALLOPHYTES UNICELLULAIRES.

L'on doit considérer comme unicellulaires, ces plantes dont le cycle vital, la vie végétative toute entière et la reproduction s’accomplissent dans une seule et même cellule. La plante, en conséquence, est une cellule-mère pour les spores, dont chacune, à son tour, devient directement un végétal autonome, ou n’atteint cet état qu'après plusieurs générations transitoires. Ces générations ne constituent point des entités indépendantes, elles ne sont que des stades de passage, rapidement dépassés, pour en arriver à l’état parfait.

Les individus unicellulaires vivants en colonie peuvent facilement être pris pour des êtres pluricellulaires, par exemple les Protococcus et les délicats Hydrodictyon, dont les cellules cylindriques, correspondant chacune à un individu, se joignent par leurs extrémités pour former un réseau régulier.

Le type le plus remarquable des végétaux unicellulaires, qui constitue à lui seul une division. des Algues, est celui des Caulerpacées. Ces plantes sont représentées par une seule cellule qui ne se divise jamais, mais s'accroît continuellement; cette cellule forme une tige rampante qui donne des fibres radiculaires par sa face inférieure et dont le côté supérieur porte des appendices, dont la forme et la disposition régulière rappellent

THALLOPHYTES UNICELLULAIRES )

souvent les feuilles des végétaux supérieurs. Nous reviendrons plus tard sur ce type particulier. |

Nous commencerons par l'étude de ces formes végétales, généralement microscopiques, chez lesquelles chaque cellule, qui représente un individu, se divise de telle facon, qu’elle produit un nouvel être monocellulaire entièrement semblable à la cellule-mère. Autant la nature de ces organismes est simple, autant ils diffèrent entre eux par leurs caractères extérieurs, de sorte que l’on à pu les partager en beaucoup de familles et de genres et établir d'innombrables espèces. La plupart de ces formes, eu égard à leur manque de parties solides, n’ont pu laisser de traces de leur existence dans les couches terrestres, aussi ne nous en occuperonsnous pas davantage; nous étudierons spécialement les Algues unicellulaires rangées autrefois dans le règne animal, par suite de leur carapace dure, siliceuse et de leurs mouvements automatiques en apparence, mais qui, sans aucun doute, sont des végétaux. Elles forment parmi les plantes une division spéciale, assez isolée, celle des Algues monocellulaires à enveloppe siliceuse.

1* sous-ordre: BACILLARIACÉES ou DIATOMACÉES.

ÉHRENBERG, dans son travail classique sur ces fossiles microscopiques (Mikrogeologie), comme dans ses nombreux autres écrits sur ce sujet, tient ces êtres, en se basant surtout sur leur mobilité pour des formes animales, et voit, dans les vacuoles de leur plasma, un tube digestif rétréci par places, ou autant d’estomacs motivant le nom de Polygastrica qu’il leur impose. La faculté qu'ont les Diatomées de se mouvoir, ne démontre pas leur nature animale: la mobilité s’observe, en effet, exprimée à un très-haut degré, dans les zoospores (micro- et macrogonidies), qui sont indubitablement des Algues et des Champignons, comme chez les spermatozoïdes des Cryptogames supérieurs. Ce que EHRENBERG a pris pour un tube digestif, n’est autre chose que le plasma avec ses vacuoles et son noyau cellulaire, tels que nous les voyons dans chaque cellule vivante et comme le montrent, entre autres, avec la plus grande netteté, les Desmidiées, Algues unicellulaires voisines des Diatomées.

‘Le mouvement des Bacillariés est généralement un glissement suivant leur grand axe, il n’est pas tumultueux comme celui des zoospores et des spermatozoïdes. L’on n’a pu encore trancher la question de savoir si ce mouvement est déterminé par des cils vibratiles qui feraient saillie au travers de la carapace, ou s’il est causé par les mouvements du protoplasme. Smiru, Drrrez et d’autres, invoquent des processus diosmotiques, ce qui est à peine admissible. Il est vraisemblable que la lumière

6 THALLOPHYTES ALGUES

joue un certain rôle dans ce mouvement, comme cela a lieu pour les OScillatoriées.

Les Bacillariées n’ont aucune analogie avec les formes animales les plus inférieures, parmi lesquelles on les a placées. Les Polycystines et les Polythalames, dont on les à rapprochées, sont si différents d’elles par leurs caractères extérieurs et par leur organisation interne, qu’il paraît impossible de les classer dans le même embranchement. Il en est tout autrement lorsque l’on compare les Bacillariées avec les végétaux les plus inférieurs: elles forment sans doute, au milieu de ces derniers, un ensemble bien tranché, mais il existe des formes qui se rapprochent d’elles par les phénomènes vitaux et dont les caractères extérieurs sont même parfois identiques. Les Desmidiées, dont on aussi discuté la nature végétale, bien qu’elle soit évidente, sont les plantes auxquels je fais allusion; je citerai entre autres les genres Closterium, Penium, Cosmarium, dont la membrane cellulaire se partage aussi en deux moitiés.

Page 1