‹ Traité de paléontologieChapitre 129 sur 183 · GA LE · texte numérisé non relu

GA LE

Fig. 361.

Cercis Siliquastrum L. 1 feuille, 2 fruit. Europe méridionale. Espèce actuelle figurée pour la comparaison. (D'après nature.)

Her:

justifiée, car le fossile ne montre que des gousses et rien qui puisse servir de point de départ à cette hypothèse. Ces fruits sont uniloculaires, uni ou plurix séminés, rétrécis en pédoncule à la base, brièvement acuminés et carênés au … bord inférieur. Je doute fort que les fruits du même gisement figurés antérieure- 2 ment par M. pE SaporTa? appartiennent à la même plante. Ils paraissent très 1 Ann. des Sc. nat. Bot. Ser. V t. 18.

hoc. cit. t. 17.

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analogues à ceux du genre Podogonium avec lesquels ils pourraient bien être identiques. Si les fossiles mentionnés appartiennent au genre Cercis, il résulte de la comparaison des formes de feuilles des espèces actuelles avec celles des espèces fossiles, que les formes actuelles apparaissent déjà en Europe à l’époque miocène, alors que les espèces des dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord ne possédaient pas encore ces formes; en tant que nous pouvons en juger, le genre faisait encore défaut alors au versant Pacifique de l'Amérique du Nord.

Fig. 362.

Cercis antiqua Sap. 1 feuille, 4 fruit. 2, 8,5 fruits fossiles d’Acacia peur la comparaison. Oligocène inférieur d'Aix. 6, 7 C. Tournoueri Sap., feuilles. Miocène de Brongnon. 8, 9 C. Virgiliana Massal., feuille, fruit. du miocène supérieur de Sinigaglia. (Reprod, d'après M. de Saporta.).

Le fossile provenant d'Œningen désigné par HEeEr sous le nom de Mucunites Grepini est un fragment de gousse avec une graine; il est trop incomplet pour qu’on puisse le déterminer sérieusement. La graine paraît avoir été sphérique et l’on se demande si l’on n’a pas affaire à une gousse d’une espèce de Gymmnocladus ou d’une plante bien voisine de ce genre. H£ger figure sur la graine un hile court linéaire, tandis qu'il est arrondi ou ovale chez le G. canadensis actuel, ainsi que je l’ai observé sur des graines récoltées ici. A cela près les graines se ressemblent complètement. Si on rapporte ce fossile au genre Mucuna, il ne peut appartenir qu'à la section Séizolobium' qui présente un hile court et des gousses lisses. Mais ces caractères se retrouvent encore chez d’autres genres, de plus le genre est tropical et nous savons, comme je l’ai déjà signalé antérieurement, que les fossiles que l’on peut déterminer avec précision n’appartiennent pas à ces régions.

1 BENTHAM et Hooker, Gen. Plant. p. 533.

Des feuilles de Rhynchosia et de Glycine des formations tertiaires de Kumi ont été décrites par UNGEr. Mais il est impossible de fixer si ces feuilles appartiennent à ces genres, et si elles sont voisines des espèces de l’Abyssinie et du Cap citées par UNGER, car en dehors des feuilles on n’en connaît rien qui permette de conclure quon a réellement affaire à ces deux genres. Tout ce que l’on peut dire de ces fossiles c’est que ce sont vraisemblablement des folioles (pennes), et c’est aller trop loin que de les rapporter à l’un des genres ou à un groupe des Légumineuses. On trouve en effet ces formes dans d’autres groupes de Légumineuses, et aussi dans d’autres familles. La répartition actuelle du genre Rhynchosia. qui habite l’Abyssinie est le seul fait qui plaide en faveur de l'interprétation d'UN&re.

Les feuilles entières, trapézoïdes, décrites sous les noms de Phaseolites Unger, Dolichites et Dolichos, ainsi que les fruits rangés dans ces genres ne sont pas moins douteux. Si déjà pour les formes actuelles des Phaséolées, les auteurs délimitent diversement les genres, comment peut-on prétendre déterminer des pennes isolées et des fruits, lorsque tout fait défaut pour la distinction du genre ? Ces fossiles ne permettent par en général une détermination aussi rigoureuse. La ressemblance des feuilles avec celles de beaucoup d'espèces de Phaseolus, de Dolichos, de Lablab etc., la nervation palmée permettent de conclure cependant que des espèces de ces genres existaient en Europe à l’époque tertiaire, mais il se peut tout aussi bien qu’on ait affaire à d’autres genres. Des noms comme Dolichos maximus, Unger, D. europæœus Unger (fig. 363 1-3), Phaseolithes oliganthum Unger de Parschlug, Sotzka et Sused n’ont aucune signification au point de vue botanique, car ils ne nous renseignent pas sur le développement du groupe, ni sur le genre, tout au plus peut-on conclure, si l’on considère comme exactes les déterminations des fossiles de ces deux genres, que leur développement n’a subi aucune modification; leur habitat toutefois n’atteint plus l'Europe à l’époque actuelle.

On peut en dire presque autant de tous les autres genres traités, Cercis excepté peut-être; on n’a rien signalé de particulier pour ces genres, pour aucun d’entre eux on n’a trouvé les feuilles et les fruits ou les fleurs associés à l’état fossile, et nous ne pouvons dire avec certitude pour aucun de ces fossiles s’il appartient bien au genre auquel on l’a rapporté ou seulement à un genre à feuilles analogues. On peut seulement faire valoir en faveur de l’existence de ces formes à l’époque tertiaire, un argument que nous avons déjà signalé à plusieurs reprises: c’est l'habitat actuel des Robinia, Colutea, Cercis; le premier genre appartient au versant atlantique de l'Amérique du Nord et au Mexique, le second s'étend depuis le versant méridional des Alpes jusqu’en Chine et au Japon; nous avons déjà signalé la distribution du troisième genre. Le genre Robinia a de nos jours disparu de l’Europe, mais en admettant les déterminations des fossiles, ce genre se serait étendu à l’époque tertiaire depuis le Sud de la France jusque dans la vallée du Rhin; Colutea qui fait aujourd'hui défaut à l'Amérique du Nord, habitait à l’époque tertiaire le versant Pacifique de cette partie du Monde et atteignait même le Groënland, tandis qu'en Europe, il ne dépassait pas la vallée du Rhin. Comme le prouvent les essais de culture, les conditions climatériques actuelles de l'Europe conviendraient à la plupart de ces genres;

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t, II, 43

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Fig. 363.

Dolichites maximus Unger, 1 fruit, 2 feuille. 3 D. europœus Unger, fruit du miocène moyen de Parschlug. 4 Glycirrhisa Blandusiæ Unger, fruit. 5 Sophora europæa Unger, feuille. 6 Copaifera kymenea Unger, fruit du miocène de Kumi. 7 C. radobojana Unger, fruit du miocène inférieur de Radoboj. 8 Micropodium oligospermum Sap. 9 Gousse isolée, grossie, Aix, oligocène inférieur. 10 Ædwardsia retusa Heer. Miocène supérieur d'Œningen. 11, 12 Cerutonia emarginata Heer, feuille du miocène supérieur d'Œningen. (Reprod. d'après Unger, de Saporta, Heer.)

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c'est la période glaciaire qui aurait rendu impossible leur maintien dans la majeure partie de l’Europe. L'absence du genre Colutea au Spitzberg, tandis qu'il existe au Groënland dépend sans doute de ce fait que les fossiles de cette dernière contrée sont plus connus que ceux du Spitzberg, grâce aux recherches des savants danois et suédois; de même la coïncidence de la limite septentrionale du genre avec la vallée du Rhin à sa raison dans la connaissance insuffisante des fossiles tertiaires de l'Allemagne, et aussi dans l'absence de critique qui caractérise les études qui en ont été faites.

Si l’on veut comparer les fossiles précédemment cités avec les genres actuels, on doit considérer surtout la nervation des folioles. Chez toutes les espèces de Cytisus qui entrent en considération, tels que C. Laburnum, C. alpinus, etc., la nervation est pennée comme chez tous les genres mis en question, sauf le genre Cercis dont la nervation est palmée. Les nervures secondaires décrivent un arc en montant vers le bord, et sont reliées en camptodromie près du bord de la feuille par leur dichotomie. A ces mailles se terminent une partie des nervures secondaires incomplètes, tandis que d’autres se perdent dans le réseau anastomotique. Les espaces formés par les anastomoses dirigées obliquement renferment un réseau à mailles moyennes formé par les ramifications. Chez les feuilles fossiles, sauf les nervures secondaires incomplètement conservées, et la nervure médiane, on ne peut rien voir de la nervation, la forme des feuilles répond dans ses traits essentiels à celle des feuilles des espèces citées plus haut. On peut se demander avec raison si les espèces établies par UNGER ‘ sont réellement distinctes. A mon avis la délimitation des trois espèces distinguées par cet auteur?, C. Dionysi, C. freybergensis et C. radobojanus de Parschlug, Freiberg et Radoboj est arbitraire, et en outre le genre est douteux, car ni le fruit, ni les feuilles ne présentent rien de caractéristique. Je ne puis juger autrement non plus les feuilles des dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord.

Dans le genre Robinia les nervures secondaires font nettement saillie sur la face supérieure du limbe, et s'élèvent à peine au-dessus de la face inférieure, les autres nervures ne sont visibles que par transparence. Les nervures secondaires des feuilles, très délicates, sont camptodromes par bifurcation, et les nervures tertiaires, les nervures anastomotiques et leurs ramifications forment un réseau à mailles très petites, visibles seulement à un plus fort grossissement. Je me suis déjà prononcé sur la valeur des déterminations des fruits rapportés au genre Robinia; je pourrais répéter la même chose à propos des feuilles. Les feuilles fossiles rapportées à ce genre étaient évidemment assez solides, ce qui n’est pas le cas pour celles des espèces actuelles, il serait arbitraire d'admettre que les espèces éteintes aient possédé des feuilles d’une consistance différente. La nervation n’est pas plus probante pour la détermination.

Les feuilles fossiles rapportées u genre Colutea, sont encore celles qui par leur sommet émarginé répondent le mieux parmi tous les genres cités, à leur détermination, cependant des formes tout à fait analogues se rencontrent également dans le genre Cassia, par exemple dans la section Senna. Les nervures

1 Sylloge IT tab. 4.

Aboc. cit.

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secondaires sont camptodromes par dichotomie; des nervures secondaires incomplètes se réunissent sous des angles aigus aux précédentes, les nervures anastomotiques naissent à angle droit, les espaces qu’elles limitent sont remplis par un réseau à mailles très petites. Ce réseau délicat, concurrement avec la forme de feuille des espèces actuelles, évidemment caractéristique pour les feuilles fossiles, serait important pour la détermination, si ces ramifications très fines des faisceaux se conservaient à l’état fossile, Néanmoins la détermination des feuilles est jusqu’à un certain point assurée. De tous les genres que nous venons de citer, Cercis est peut-être celui dont l'existence ancienne est la plus fondée. La forme et la nervation sont très uniformes chez toutes les espèces actuelles, les feuilles sont entières, arrondies, échancrées en cœur à la base, dissymétriques, la nervation est palmée. Sept ou neuf nervures primaires provenant de l'extrémité supérieure parfois renflée du pétiole pénètrent dans le limbe; les nervures de la paire inférieure sont grêles, et reliées en camptodromie avec les nervures secondaires de la paire suivante, celles-ci se reliant de même avec les nervures de la troisième paire. Les nervures de la quatrième paire se bifurquent à deux reprises dans leur parcours; la nervure médiane fournit dans sa région supérieure des nervures secondaires dichotomes qui sont reliées entre elles comme toutes les autres le long du bord du limbe.

Les feuilles des espèces fossiles diffèrent par diverses particularités, soit comme C. Tournoueri Sap. de Brongnon (miocène), C. Virgiliana Massal. (Sinigaglia, miocène supérieur) par la nervation moins nettement palmée, soit par la base contractée de la feuille comme chez C. antiqua Sap., de l’Oligocène inférieur d'Aix. Il en est de même des deux espèces des dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord, C. parvifolia Lesq. de Florissant et C. éruncata Lesq. des Mauvaises Terres. Le C. radobojana Unger ne doit certainement pas être rapporté à ce genre, nous n’avons pas de preuve suffisante pour rapporter le fragment de gousse à la feuille, ni pour classer le fossile dans le genre Cercis.

Le genre ÆErythrina est également cité dans les formations de l'époque tertiaire; cependant ni les espèces de Radoboj décrites par UnGer, Æ. daphnoides et E. Phaseolites, ni l'E. Ungeri Ettingsh. de Sagor ne sont identiques aux feuilles de ce genre. Bien que la forme des feuilles fossiles ressemble à celle des espèces actuelles, la nervation est cependant différente. Les espèces d'Erythrina à folioles trapézoïdales ont la nervation palmée, dans d’autres espèces, la nervation est pennée, les nervures secondaires sont réunies en camptodromie par les nervures tertiaires, les nervures secondaires incomplètes sont réunies aux nervures anastomotiques obliques, les espaces ainsi découpés renferment de petites mailles polygonales. Gousses plus ou moins longuement pédonculées.

Les fossiles, feuille et fruits de Parschlug qu’ Un&er a décrit sous le nom d'Amorpha stiriaca ne démontrent guère l'existence à l’époque tertiaire de ce genre répandu dans toute l'Amérique du Nord. Parmi les espèces actuelles, il n'en est aucune dont les feuilles soient identiques au fossile; le fruit peutêtre une petite gousse uniloculaire et uniovulée, mais cela suffit-il pour rapporter le fossile au genre Amorpha? Il est en outre douteux, que les deux fossiles appar-

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