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Fig. 364.
8 Gleditschia triacantha. 9 Gymnocladus canadensis. 10 Cassia
floribunda. 11 Amorpha frutescens. 12 Erythrina crista galli. Folioles de diverses Légumineuses actuelles pour
6 Edwardsia Macnabia. 7 Cladrastis lutea.
permettre la comparaison avec les fossiles; toutes d'après nature,
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tiennent réellement à une même espèce. La nervure médiane des Amorpha fait saillie (mucron) au delà du sommet de la feuille; les nervures secondaires très-ascendantes sont camptodromes par les nervures tertiaires, et sont plus saillantes sur la face supérieure que sur la face inférieure, il en est de même des nervures secondaires incomplètes. Les nervures anastomotiques sont rectilignes et bordent des espaces occupés par un réseau irrégulier. Certaines celiules du parenchyme foliaire secrètent une matière huileuse et sont visibles par la face inférieure de la feuille. Voir fig. 364, les folioles de Légumineuses actuelles.
Le genre Dalbergia du groupe tropical et subtropical des Dalbergiées se distingue par sa richesse en formes fossiles comprenant des feuilles et des fruits. Son habitat actuel s'étend depuis la Dalmatie et le sud de la France jusque dans l'Allemagne du Nord, et du sud des Etats Unis jusqu’au Groënland. On admet que ce genre existait déjà à l’époque tertiaire au Groënland, on l’a trouvé dans les dépôts tertiaires européens depuis l’Oligocène jusqu’au Miocène supérieur. Les fruits des espèces actuelles sont, autant que je les connais, allongés, elliptiques, sur le même exemplaire on voit parfois des fruits présentant des constrictions, uni ou pluriséminés qui sont couverts de stries radiales là où se trouvent les graines. Les dimensions et la forme du limbe varient, en même temps que la nervation; dans les plus grandes feuilles, les nervures secondaires sont plus nombreuses, presque horizontales et un peu courbes dans les feuilles larges, plus ascendantes chez les feuilles étroites. Les nervures secondaires sont camptodromes par dichotomie, et les nervures secondaires incomplètes se relient aussi aux mailles ainsi formées. Les nervures anastomotiques simples et rectilignes ou rameuses forment des mailles allongées occupées par un réseau à éléments très-petits, comme chez la plupart des Papilionacées les divers faisceaux sont à peu près de même force, ce qui dépend sans doute de leur ramification, mais c'est là un dispositif tellement répandu dans le groupe que l’on ne devrait citer que les exceptions.
Les feuilles du Crétacé supérieur, des couches d’Atane au Groënland décrites par H£gEr sous les noms de Dalbergia Rinkiana, D. hyperborea ne démontrent pas plus que le fragment de fruit l'existence du genre à cette période dans la région. La première espèce n’est représentée que par des lambeaux de feuilles presque sans faisceaux; la seconde espèce ne montre que des nervures secondaires de feuilles. Il existe beaucoup de feuilles semblables, et l'on peut rapporter ces fossiles à un grand nombre d’autres familles. Le fragment de fruit ne montre aucun caractère propre au genre Dalbergia, et l’on voit encore moins la raison pour laquelle ce fruit a été rapporté aux feuilles. Tout au plus pouvons-nous dire que des fossiles du groupe des Légumineuses existent dans le Crétacé supérieur du Groënland, mais nous ignorons à quel genre on doit les rapporter.
Parmi les plus anciennes espèces de l'époque tertiaire on a D. primæva Unger (fig. 36910) de Monte Promina, Sagor, Sotzka, D. hæringiana Ettingh. de Hæring, D. oligocænica Fried. de Dôrstewitz, toutes de l’oligocène inférieur, mais qui persistent en partie jusqu'au miocène. Les feuilles de Schichow près Bilin décrites par M. D'ETTINGSHAUSEN pourraient appartenir au genre Dalbergia, mais
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d’autres genres de Légumineuses ne présentent-ils pas aussi la même nervation. Le D. hæringiana Ettingsh. de Hæring, dont la nervure médiane est seule conservée, est encore plus douteux. On sait que D. reticulata Ettingsh. de Tokay appartient au genre Salvinia. M. pe Saporra à décrit dans l’Oligocène inférieur du sud de la France, trois espèces d’Armissan: D. hecastophyllina, D. grandifolia et D. palæocarpa; une de Fénestrelle: D. leptolobiana Sap.; une d'Œningen : D. bella Heer (fig. 368$). Le fruit de cette dernière espèce serait difficilement rapporté au genre Dalbergia, quant à la feuille, je ne puis que renvoyer à ce qui à déjà été dit. Il en est de même du Dalbergia Sommerfeldtii Caspary signalé dans l’Ambre du Samland.
A ce genre se rattachent de très près les genres tropicaux Piscidia, Andira, Pterocarpus, Drepanocarpus, Machærium. Deux espèces du premier (genre, P. erythrophyllum, P. antiqua ont été décrites par UNGEr dans l’oligocène de Radoboj. Les nervures secondaires de l’espèce actuelle ont un parcours assez direct et se réunissent dans le bourrelet marginal en décrivant un arc concave en dedans; des nervures anastomotiques droites ou courbes relient ces nervures entre elles, et les espaces ainsi bordés renferment un réseau à très-petites mailles. Cette nervation et les quatre ailes du fruit, si elles étaient conservées, permettraient de reconnaître ce genre avec certitude. Le P. antiqua figuré par UXGER à une nervation absolument différente de celle du genre Piscidia auquel on ne peut le rapporter; les deux feuilles du P. erythrophyllum d'Unger ont quelque ressemblance avec celles de l'espèce actuelle. Andira tenuinervis Sap. de St. Zacharie est douteux de l’aveu de l’auteur lui-même. Les genres Pterocarpus et Machærium n'ont laissé à l’état fossile que des feuilles, le genre Drepanocarpus à fourni en outre des fruits, il est cependant douteux que ces fossiles appartiennent aux genres auxquels on les à rapportés. Les deux espèces fossiles du genre Machærium, M. palæogenum KEttingsh. de Kutschlin, et M. Kahlenbergi Fried. de Trotha près Halle, ont bien la nervation du genre; mais cette nervation se retrouve chez d’autres genres de Légumineuses, comme encore dans d’autres familles. On ne pourrait d’ailleurs distinguer avec certitude des rameaux feuillés de ces trois genres; on doit se borner à signaler la ressemblance des fossiles avec les feuilles de ces trois genres, mais on ne peut garantir ces déterminations.
On à également signalé des fossiles du groupe des Sophorées, parmi lesquels on à cru reconnaître des feuilles du genre Sophora aujourd'hui répandu sur une grande partie du globe, et d’autres genres de l'Afrique méridionale comme Calpurnia et Virgilia, et du genre tropical Bowdichia de l'Amérique du Sud. En ce qui concerne le genre Calpurnia, M. pe SaportA a décrit des feuilles et des fruits isolés de Calpurnia europæa de l’oligocène moyen d’Armissan. Le fruit est une gousse plate allongée, carênée au bord supérieur, et munie d’un bourrelet au bord inférieur. Les folioles (pennes) sont elliptiques et obtuses, la nervation camptodrome est conservée sur quelques-unes. Cette espèce a été comparée au C. aurea de l’Abyssinie. L'existence actuelle du genre en Abyssinie est un argument à faire valoir en faveur de l’existence probable du genre dans le sud de la France à l’époque tertiaire.
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Bowdichia amphimenium Sap. des formations tertiaires de Fénestrelle ressemble certainement beaucoup à une foliole de Bowdichia, toutefois la nervation de l’espèce actuelle se rencontre chez beaucoup de Papilionacées ; la nervation de la feuille fossile est certainement mal figurée, je ne connais pas d'exemple de camptodromie réalisée de cette façon.
Le Sophora europæa Unger (fig. 3635, fig. 3681) est signalé depuis l’Oligocène inférieur de Mte Promina, de Hæring, dans l’Oligocène supérieur du Sud de ia France (St. Zacharie, Bois d’Asson), de Radoboj, dans le Miocène de Sagor et jusque dans le Miocène supérieur d’Erdôbenye, franchissant la Suisse et la Styrie et s’avançant vers le Nord jusqu’en Wettéravie. Si l’on réunit à Sophora le genre Edwardsia, à l'exemple de BENTHAM et Hooker, cela ne change rien à la distribution décrite, il suffit d'ajouter Œningen (Miocène supérieur) aux stations citées. Ces auteurs réunissent encore à Sophora le genre Styphnolobium dont une espèce habite le versant Pacifique de l'Amérique du Nord, une autre le Japon. Les gousses sont cylindriques, contractées dans l'intervalle des graines, ou encore plates, ligneuses ou charnues. On peut rapprocher encore de Sophora le genre Cladrastis Raf., dont une espèce appartient au versant Atlantique de l'Amérique du Nord, l’autre à la région de l'Amour. Les folioles de ce genre sont très-voisines comme nervation et contour de celles du Sophora europæa. Les folioles sont ovales et penninerves, les nervures secondaires sont camptodromes par dichotomie, il existe de nombreuses nervures secondaires incomplètes qui se terminent dans le réseau des nervures tertiaires. On ne peut guère voir à l’œil nu les nervures tertiaires qui sont toutes grêles ainsi que leurs ramifications.
La flore tertiaire a fourni des formes mieux déterminables, qui sont repré-
sentées par des espèces actuelles, dans les régions signalées ci-dessus; il est donc vraisemblable qu’il se trouve parmi les fossiles désignés sous le nom de Sophora europæa, des feuilles appartenant à ce genre, mais il est très-difficile de s’exprimer sans réserve et de séparer ces feuilles les unes des autres, en raison de l’absence de caractères suffisants.
Une foliole (penne) très petite, de St. Zacharie, dont la nervation est très mal conservée, a été désignée par M. pe SaporTA sous le nom d’ÆEdwardsia reticulata. La nervation des Edwardsia se distingue de celle des genres précédents surtout par le fait que les nervures secondaires incomplètes forment, par leur réunion avec les nervures anastomotiques, des espaces allongés parallèlement aux nervures secondaires. HEEr distingue en outre d’autres espèces E. parvifolia de Monod, Æ. minuta et E. retusa (fig. 36319) d'Œningen; le genre aurait donc encore été représenté en Europe à l’époque du Miocène supérieur. Ce genre comme beaucoup d’autres qui se trouvent dans le même cas, n’est pas basé sur des caractères génériques; il à été établi pour distinguer les petites folioles précitées, comme si le genre Edwardsia était le seul qui eût de petites folioles de cette forme? De plus une seule des espèces, Æ, retusa, a une nervation bien conservée, qui n’est pas habituelle dans le groupe des Légumineuses, chez les deux autres la nervure médiane est seule indiquée.
UxGer et M. »'ETrINGsnAUsEN ont décrit chacun une espèce fossile du groupe
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des Swartziées, le premier S. Palæodendron de Radoboj, le dernier $S. borealis de Schichow. Les pétioles spéciaux des Swartzia sont épaissis chez un certain nombre d’espèces, et pas chez d'autres. Si nous étions en mesure de reconnaître cette particularité avec certitude, ce serait un caractère commode pour quelques espèces, en supposant qu'il ne se retrouve pas chez d’autres genres; cependant la compression peut provoquer le même aspect chez les fossiles. Les nervures médiane et secondaire sont en général nettement saillantes, les nervures secondaires incomplètes constituent des champs allongés parallèlement aux autres nervures de même ordre, champs qui renferment un réseau à mailles étroites formé par les ramifications ultérieures. La taille de la feuille est très variable, les espèces fossiles présentent des formes plus grandes que les espèces actuelles. Nous n'avons pas de preuve certaine de l’existeme du genre à l’époque tertiaire. Des rhizomes présentant des renflements tuberculeux sont décrits par GEYLER dans le Pliocène supérieur de Francfort sous le nom de Rhizomites Spletti. Ils appartiennent selon moi aux Papilionacées, le Lathyrus tuberosus possède de semblables rhizomes.
Les Cæsalpiniées sont bien représentées parmi les fossiles, notamment le genre Cæsalpinia. Aux genres actuels s'ajoutent encore deux genres éteints: Micropodium Sap. et Podogonium Heer. Les plantes de cette famille se distinguent des Papilionacées par la préfloraison carénale des pétales qui peuvent manquer en partie, les étamines libres ou soudées par croissance intercalaire, et dont plusieurs restent souvent rudimentaires, et par l'embryon droit. La garantie des déterminations des feuilles de ce groupe, n’est pas plus grande que pour les groupes précédents, puisque l’on n’en possède que des folioles isolées, rarement des fruits: la nervation est tout aussi peu caractéristique que celle des genres précédents. La structure de la graine qui est le caractère le plus important du groupe n'a même pas pu être observée. Ces considérations doivent tout d’abord éveiller des doutes au sujet de l’exactitude des déterminations; si de plus on passe en revue un granä nombre des genres et des espèces, on se persuade bientôt que la forme et la nervation des feuilles ‘sont aussi variables que chez les Papilionacées et souvent en rapport avec la taille et la forme du limbe. La forme des gousses est tout aussi peu constante.
Dans divers genres comme chez Gleditschia, la transformation des rameaux en épines fournit des indications, comme c’est surtout le cas pour quelques fossiles réunis au genre Gleditschia. Ce genre a aujourd’hui disparu de l'Europe, mais il s'étend depuis l'Amérique du Nord et l’Asie Orientale, jusqu'à la Mer Caspienne, le Caucase et le Nord de la Perse. On connaît à l’état fossile les rameaux transformés en épines simples ou rameuses des G. celtica Unger (Sotzka, Monod), G. Wesseli O. Weber (fig. 3671—3), G. allemanica Heer (fig. 362?). On ne peut décider si les feuilles qu'on a réunies avec ces épines sous les mêmes qualificatifs appartiennent aux mêmes espèces, bien que ce soit probable. A l'époque du Miocène supérieur d'ŒEningen ce genre existait encore dans le Nord de la Suisse, actuellement encore ces plantes atteignent leur épanouissement dans le Nord de l'Allemagne et elles se seraient maintenues probablement en Europe si la période glaciaire n’était survenue; leur distribution sur l'hémisphère
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boréal est identique à celle de beaucoup d’autres genres. La nervation des espèces actuelles est pennée, les nervures secondaires sont émises à angle aigu et ont un parcours ascendant rectiligne, elles sont camptodromes par les ner-
vures tertiaires, des nervures secondaires incomplètes se réunissent aux nervures
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