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Fig. 390.
Menyanthes arctica Heer, 1 fruit, 2 pédoncule du fruit grossi, miocène du Spitzherg. 3 M. trifoliata var. diluviana Heer. M. trifoliata L. actuel, 3 graine, 5 capsule, 6 section transversale du tégument de la graine. M. trifoliata L., d’une couche de tourbe postglaciaire de Hæœrbach près Aschaffenburg, 7 graine, 8, 9 sections transversale et tangentielle du tégument de la graine. (D'après nature, 1, 2, 3 reprod. d'après Heer.)
Il n’a été décrit qu'un petit nombre de fossiles de la famille des Gentianacées, et il est probable que l’un d’eux seulement mérite d’être rangé ici. Cette famille a des représentants sur toute la surface du globe, dans les régions tropicales et subtropicales, ainsi que dans les contrées arctiques, antarctiques et tempérées. La raison du petit nombre des fossiles se trouve vraisemblablement dans ce fait, que cette famille comprenait surtout comme aujourd’hui, des formes annuelles et des formes vicaces, dont les tiges annuelles étaient facilement détruites par les agents extérieurs en raison de leur moindre résistance et ne pouvaient être fossilisées que dans des cas particuliers. Les fleurs régulières tetra- ou pentamères, ont quatre ou cinq étamines, l’ovaire supère uniloculaire a deux placentas pariétaux, les fruits sont des capsules. On a signalé des feuilles et des graines fossiles.
H£er à décrit sous le nom de Menyanthes arctica deux fragments très-incomplets de feuilles provenant du Tertiaire du Groënland et qui ne montrent qu'une
1 Bull. de la Soc. géol. de France, 1887.
Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. IT, 48
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nervure médiane assez forte et quelques nervures secondaires grêles. On ne voit pas dans ces fragments, quels caractères ont pu les faire rapporter au genre Menyanthes. Ce sont deux fragments de feuilles provenant sans doute de plantes Monocotylédonées et qui ont une nervure médiane composée de nombreux faisceaux et de laquelle partent les divers faisceaux qui se rendent aux deux moitiés du limbe. Si je parle de Monocotylédonées, c’est qu’une nervation de ce genre est plus ordinaire dans ce groupe que chez les Dicotylédonées ou chez les Fougères: Le groupe et ‘le genre auquel ces débris peuvent appartenir, sont également indéterminables. HEErR dans un travail sur la Flore du Groënland : décrit sous ce même nom un fruit fossile, mais il est également douteux que ce
fruit provienne du genre Menyanthes. I] se peut que ce soit une capsule, bien
qu'il me semble plus probable qu’on à affaire à un schizocarpe. Ce fossile ne prouve pas mieux que les précédents l'existence du genre à l’époque tertiaire. Si SCHIMPER avait comparé un fruit mûr de Menyanthes trifoliata L. (fig. 3905) avec la figure de HE£ER, il n’aurait pas, en admettant même que le fossile ne soit qu'un fruit aplati, exprimé l'opinion suivante: »fructus exacte ut in Menyanthe trifoliatax; car parmi des centaines de capsules on n’en trouve pas une dont les valves se découpent au-delà du milieu.
On a en outre décrit des graines, les unes proviennent de Lausanne: JZ. tertiaria Heer, les autres, M. trifoliata L. du Quaternaire de Biarritz, Dürnten, Utznach, Môrschwyl, Aschaffenburg, Wobhlscheidt dans l’Eïfel, et Lauenbourg sur l’Elbe?, Cromer, Mundeslay, de Happisburgh dans les dépôts charbonneux et tourbeux inter-et postglaciaires, ces graines sont identiques avec celles de l’unique espèce actuelle de ce genre, qui est commune à l'Europe, à l'Asie moyenne et à l’Amérique (fig. 390). J'ai examiné des graines d’une couche tourbeuse interglaciaire de Hœrbach pres Aschaffenburg, et j'ai trouvé la structure des graines complètement identique à celle des graines récentes (fig. 390 7). SCHIMPER Considère le M. tertiaria Ludwig du Tertiaire de la Wettéravie, comme identique avec l'espèce de HEEr. Un coup d'œil jeté sur la planche de Lupwic 4 suffit pour se convaincre que les graines de Wettéravie n'ont rien de commun avec l'espèce de H&ger, et le prétendu rhizome n'appartient pas davantage à ce genre. Toutefois je ne reconnais pas la position de ces petites graines. Les graines de l'espèce actuelle sont lisses, peu bombées, celles du 27. tertiaria Heer sont rugueuses et un peu comprimées.
Dans les exemplaires de l’époque postglaciaire que j'ai étudiés, la structure du tégument séminal était seule bien conservée. L’épiderme du tegument séminal des graines fossiles se compose de cellules courtes, polygonales, modérément épaissies et allongées, puis vient un tissu parenchymateux très-développé formant la couche moyenne; il n’y a de conservé de la couche suivante, c’est à-dire de
1 Hger, Contrib. of the Foss. Flora of Northgreenland.
? Tout dernièrement les formations tourbenses de Lauenbourg désignées comme interglaciaires par H. CREDNER, E. GEInITz et WAHSCHAFFE ont été regardées comme interglaciaires par M. KercxaCck (N. Jahrb. 1889).
# Palaeontogr. Bd. VIII.
# Loc. cit.
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la couche aqueuse, que des débris. Cette structure s'accorde complètement avec celle du tégument de l'espèce actuelle, les parois externes et latérales des cellules épidermiques sont bien un peu plus épaisses que chez les graines fossiles, mais on peut mettre cette différence sur le compte de la fossilisation (fig. 390 8-9).
Les trois familles des Loganiacées, Apocynacées et Asclépiadacées n’ont fourni que quelques fossiles qui à peu d’exceptions près, sont douteux et peuvent admettre des interprétations différentes. La plupart des espèces actuelles appartiennent aux régions tropicales et subtropicales, quelques-unes aux contrées tempérées, beaucoup d’entre elles appartiennent à des genres qui ont survécu à l’époque tertiaire, ou à des genres voisins de ceux qui ont possédé à cette époque, un habitat plus étendu que de nos jours.
Il nous suffira de mentionner pour le groupe des Zoganiacées une feuille de Schichow près Bilin décrite sous le nom de Sérychnos europæa Ettingsh. On conçoit difficilement pourquoi l’auteur a rapporté ce fossile au genre Sfrychnos, sur le seul fait de la ressemblance de la nervation avec celle de quelque Strychnos; mais ce mode de nervation n’est pas caractéristique de ce genre, et d'autre part on ne connaît pas d'autre fossile qui puisse se rapporter au genre Strychnos. On pourrait peut-être faire valoir, en faveur de l'existence ancienne du genre Strychnos, un bois fossile du Tertiaire, décrit par M. Feux sous le nom d’Anomaloxylon, et dont il sera question plus loin.
Les Apocynées sont connues à l’état fossile par des espèces des genres Alstonia, Cerbera, Tabernæmontana et Plumiera, représentés seulement par des feuilles dans les formations tertiaires de Sagor, de Bohême, de Radoboj, de la . Vallée du Rhin et de l'Australie; mais ces déterminations ne sont pas plus fondées que celles des fossiles rapportés au genre Sérychnos, car aucun de ces genres ne possède une nervation caractéristique; nous ne connaissons pas de fossiles capables de confirmer ces déterminations, et si ces fossiles appartenaient réellement à la famille des Apocynées, il y aurait encore lieu d’hésiter entre les genres cités et un certain nombre d’autres.
Le genre Nerium est représenté par des feuilles, accompagnées de fleurs et de fruits. La forme et nervation des feuilles ont permis de les rapporter au genre Nerium L. Ce genre est actuellement représenté par un nombre d'espèces plus ou moins grand suivant les auteurs, et qui sont répandues depuis les bords de la Méditerranée, l’Arabie, l'Asie Mineure, le sud-est de la Perse, le Beloutchistan, l'Afghanistan jusque dans le Nord des Indes orientales et au Japon. Comme beaucoup d’autres formes des régions méditeranéennes, ce genre nous a été légué par l’époque tertiaire, il fournit de nos jours des arbustes communs sur les bords des lacs italiens, bien que sa limite septentrionale ait reculé bien plus loin vers le sud durant l’époque glaciaire; ses représentants actuels ne supportent pas l'hiver sans abri au nord des Alpes, même dans les régions les plus favorisées au point de vue des conditions climatériques. La nervation . n'est pas propre au genre; les stomates, placés dans des cavités tapissées de poils, peuvent servir, lorsque leur structure est conservée, à déterminer sûrement les feuilles fossiles. La nervure médiane, qui s’atténue graduellement
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