‹ Traité de paléontologieChapitre 140 sur 183 · SN · texte numérisé non relu

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Fig. 391.

1 Nerium Rôhlii Sap. Crétacé supérieur de Haldem. 2, 3 N. Oleander L. var. pliocemicum Sap. et Marion. Tufs pliocènes de Valentine. 4 N. repertum Sap. Oligocène inférieur d'Aix. 5, 6 N. sarthacense Sap. Eocène inférieur de la Sarthe. 7 N. Gaudryanum Brongn. Miocène inférieur d'Oropo. 8 N. bilinicum Ettingsh. Miocène inférieur de Bilin. 9, 10 N. parisiense Sap. de l'Eocène inférieur de Paris. 9 feuille, 10 fleur. (Reprod. d'après M, de Saporta.)

CONTORTÆ 151

vers le sommet de la feuille, émet presque à angle droit des nervures secondaires presque toutes de même force qui sont ordinairement camptodromes par dichotomie dans le voisinage du bord du limbe, et se ramifient parfois durant leur parcours; les autres ramifications font défaut et l’on a encore ici une preuve des rapports réciproques de la nervation et de l’accomplissement des fonctions de la feuille. Lorsque les nervures secondaires sont très rapprochées, les portions de tissu qu’elles doivent alimenter sont très réduites, et les ramifications des nervures que l’on voit apparaître lorsque les nervures sont plus distantes, cessent de se produire.

L'apparition du genre a lieu à l’époque du crétacé supérieur avec le N. Rôühlii Sap. de Haldem, puis viennent N. sarthacense Sap. dans l’Eocène inférieur de Maine-et-Loire et de la Sarthe, N. parisiense Sap. dans le Calcaire grossier de Paris, espèce dont on connaît aussi une fleur, N. exile Sap.. NN. repertum Sap. de l’oligocène inférieur d’Aïx, N. bilinicum Ettingsh. du Miocène de Kutschlin, N. stiricum Ettingsh. de Léoben, N. Gaudryanum Brongn. de Kumi, N. Oleander L. var. pliocenicum Sap. et Marion (fig. 391) du Pliocène de Meximieux et des Tufs de Valentine. Une autre espèce, le N. Heeri, a été signalée par GARDNER dans l’Eocène inférieur de Bornemouth, par PrLar dans le Tertiaire de Sused.

Les formes éteintes se rapprochent, les unes du MN. Oleander L., les autres du N. odorum Sol. Le N. exile Sap. a fourni également un fruit fossile. L'Europe ne possède plus actuellement que des espèces dont les feuilles rappellent par la forme celles du N. Ojeander L., les formes à feuilles étroites comme le N. odorum Sol. font défaut; la limite septentrionale qui à l’époque tertiaire atteignait l'Angleterre, la Bohême et la Styrie, a rétrogradé vers le Sud jusqu’au Nord de l'Italie !.

Les feuilles distinguées sous les noms d’Apocynophyllum Heer et de Neritinium Ünger ne peuvent être rapportées à aucun genre actuel d’Apocynée; le dernier genre répond à des feuilles de Radoboj et de Coumi qui possèdent en partie la nervation des Apocynophyllum ou bien une nervation tout à fait différente et se rapprochant de celle des T'hevetia, Echites, Cerbera, etc. Chez Apocynophyllum, mais aussi chez les Asclépiadées et dans d’autres familles, les nervures secondaires issues de la nervure médiane sont alternativement plus fortes et plus faibles, elles se dirigent presque horizontalement jusqu’au bord où elles se réunissent à deux fines nervures marginales. Cette nervation se retrouve non seulement chez plusieurs genres d'Apocynées, mais aussi chez un certain nombre d’espèces du genre Apocynum. Celui-ci est représenté par deux espèces dans l’Amérique du Nord; une troisième espèce s’est avancée depuis la Vénétie, la presqu'île des Balkans, le Sud de la Russie, les Monts Altaï, la Chine septentrionale jusqu’au Japon; cette répartition nous prouve que ce genre a dû exister à l’époque tertiaire. La dernière espèce mentionnée, À. venetum L., présente précisément une nervation semblable à celle d’un Apocynophyllum.

Parmi les feuilles rapportées à ce genre Apocynophyllum ïil en est peut-être qui appartiennent au genre Apocynum, ou à un genre éteint, ou encore à d’autres

On doit sans doute ranger ici Apocynchyllum tligerinum Boulay du Tertiaire de Saturrier (Maine-et-Loire).

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genres de la même famille et même à d’autres familles; on ne peut rien préciser à ce sujet, puisqu'on n’a pas découvert autre chose que des feuilles. L'Ambre du Samland à aussi fourni une feuille dont la nervation est la même: À. Jenteschii Conw. On ne peut accorder aucune portée au fruit pédonculé, soi-disant bivalve, de Bornstedt, réuni par Her à l'A. helveticum, car on ne sait de quelles feuilles on doit rapprocher ce fruit; de plus ce fruit est incomplet et nous ne connaissons rien de sa structure. Quant au fruit du Miocène supérieur de Sinigaglia décrit par MassaLoNGo, il est tout aussi peu probant.

On a distingué dans ce genre un grand nombre d'espèces, dont un certain nombre sont assurément douteuses, celles de Hæring par exemple, la plupart proviennent des dépôts tertiaires d'Europe, l'Amérique du Nord n’en a fourni que quelques-unes. En Europe, on les trouve depuis l’Oligocène inférieur jusque dans le Miocène supérieur, dans un espace compris entre le Portugal et la région Baltique. La camptodromie des nervures n’est pas toujours réalisée par le mode indiqué dans la diagnose générique (voir À. helveticum Heer), il en est de même de la distance entre les nervures qui peut être plus ou moins grande. En tout cas, le nombre des espèces est considérable. GæPPERT, H£ER et GEYLER ont aussi décrit dans les dépôts tertiaires de Java, Sumatra, Bornéo, des restes d’Apocynées, comme Apocynophyllum Reinwardtianum, A. nervosissimum Güpp., A. sumatrense Heer, À. alstonioides Heer, À. willhughbyoïdes Geyler, feuilles fossiles qui peuvent appartenir aux Apocynées, ainsi que les À. ÆEtherigdii, A. microphyllum et À. obscurum, décrits par M. D’ETTINGSHAUSEN dans le Tertiaire de l’Australie; mais on doit tenir compte assurément de la conservation défectueuse de certaines de ces feuilles. L’Æchitonium obscurum KEttingsh. de l'Australie est un fragment de feuille indéterminable.

On a décrit sous le nom d’Echitonium Unger des feuilles, des fruits et des graines qui rappellent le genre Æchites. Il serait cependant difficile d'admettre que les fruits et les graines démontrent l'existence ancienne de ce genre ou d’un genre voisin. En effet tous les fossiles décrits par WEBER, ETTINGSHAUSEN et Her rentrent bien dans la catégorie des fruits provenant d’ovaires supères, mais il n’est pas sûr que ce soient des fruits d'Apocynées, car aucun d'eux n'a pu être étudié d’une façon précise; les graines peuvent être tout aussi bien des achaines de Composée, et même si les graines et les fruits appartenaient aux Apocynées, on ne pourrait les rapporter avec certitude au genre Æchites.

La nervation varie pour les feuilles d’un même rameau d'Echites. La camptodromie est réalisée par la bifurcation des nervures secondaires ou par la réunion des nervures tertiaires; les deux procédés peuvent même se rencontrer dans la même feuille. Des nervures secondaires incomplètes se terminent à la camptodromie ou dans le réseau des nervures anastomotiques. Ces dernières ont un parcours rectiligne ou courbe, les espaces qu’elles bordent sont occupés par un réseau de petites mailles polygonales. L'angle d’origine et la courbure des nervures secondaires varient avec la largeur du limbe, mais il y a aussi des exceptions. Les feuilles sont généralement étroites et linéaires. Une feuille large, ovale, décrite par UNGEr sous le nom d’'ÆEchitonium obovatum Unger est regardée par M. D’ETTINGSHAUSEN* comme une feuille de Rhus. L'espèce la plus ancienne est

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