‹ Traité de paléontologieChapitre 166 sur 183 · NN AS À SN 0102 22.227 79 0 07 A · texte numérisé non relu

NN AS À SN 0102 22.227 79 0 07 A

Fig. 429, Palmoxylon lacunosum Felix (Fasciculites Unger). Antigua. Section transversale (d'après nature).

Palmoxylon caractérisés par des faisceaux de sclérenchyme distincts des faisceaux conducteurs. Deux autres espèces, Fasciculites Hartigii Gœppert et Stenzel, F. fragilis Gœppert et Stenzel du même gisement n’ont pas de faisceaux de sclérenchyme distincts, mais nos connaissances à leur sujet sont encore moins nettes et la dernière espèce est considérée par STENZEL lui-même comme douteuse. On trouve aussi des Palmiers fossiles dans l’Oligocène de l'Allemagne du Nord, le Palmeæcites Demonorops n’y est même pas absolument rare, il existe aussi des débris de tiges de Palmiers dans les Lignites. de Keuselwitz près Grimna. La

structure de ces fossiles n’est pas suffisamment conservée et il est préférable de ne les mentionner que d’une façon générale. Pour la même raison je signalerai simplement la présence de tiges silicifiées de Palmiers fossiles dans le Quaternaire de Leipzig, mais leur conservation est trop insuffisante pour que l’on puisse les étudier de plus près. Ces tiges appartiennent sans doute aux espèces que l’on trouve dans le Tertiaire de Saxe. On doit en outre ranger parmi les tiges fossiles douteuses le Palmacites dubius Caspary (nec Corda) de Langfur près Dantzig, au sujet duquel les indications de l’auteur sont assez incomplètes. Triebel donne cependant de ce Palmier fossile des figures, qui montrent l'insuffisance de conservation des tiges, dont les faisceaux ne sont pas conservés et dont le tissu fondamental est très mal représenté. De tels fossiles ne méritent aucune attention.’ Ce fossile a cependant un certain intérêt à cause des indications complémentaires de M. Conwentz au sujet de l’existence des Palmiers fossiles dans le Succin. Deux autres tiges fossiles de Palmiers également douteuses, Palmacites dubius et P. intricatus Corda,? sont très mal conservées, ils doivent sans doute trouver leur place parmi les Archégoniates.

Outre les tiges de Palmiers, les racines de ces plantes ont aussi été fossilisées, ainsi qu’il résulte d’un exemplaire de la Collection géologique de Dresde qui a été étudié par M. Feux. Cet auteur, dans son travail sur les bois fossiles des Indes occidentales, le désigne sous le nom de Æhizopalmoxylon, sa structure est insuffisamment conservée. N’ayant pas de sections de ce fossile, je ne puis rien ajouter à son sujet.

J'ai déjà donné mon opinion dans ce chapitre au sujet des objets que l’on a appelés Yucca, Yuccites. Le Yucca Roberti, récemment décrit par M. BUREAU, restera également douteux, aussi longtemps que sa structure ne sera pas connue. Les tiges de ces plantes se distinguent de celles des Palmiers par leur structure et par leur croissance en épaisseur due à un tissu formateur occupant la zône la plus interne de l'écorce.

Comparativement au nombre des autres fossiles de ce groupe, les bois fossiles des Dicotylédonées sont peu nombreux. On attribue cette disproportion certainement étonnante à la teneur moindre ou nulle du bois en substances susceptibles de se conserver. Cette explication rend compte partiellement de cette rareté, mais il est bien certain qu’elle n’a aucune généralité et en tout cas plusieurs gisements se comportent différemment, j'en citerai seulement deux qui ont été l’objet de recherches de ma part: l'Egypte et Antigua. Grâce à l’obligeance de M. le Dr. SCHWEINFURTH, je possède un nombre important de bois fossiles de l'Egypte dont la plupart appartiennent à des Dicotylédones, quelquesuns seulement aux Palmiers et aux Conifères. Parmi les bois fossiles d’Antigua que je tiens en partie de M. le baron EcGcers, ne se trouvent ni Conifères ni Palmiers, ce sont seulement des bois d’essences feuillées, et je n'ai pas vu en

1 CAsPARY, Hinige fossile Hôlzer Preussens. Travail posthume publié par R. TRIEBEL.

? Beiträge zur Flora der Vorwelt. Tab. 22, 23. Schimper-Ziltel, Traité de Paléontologie. t. II. 56

général de Conifères dans les fossiles de ce gisement. A ces fossiles s'ajoutent encore les bois de Dicotylédones et les Palmiers signalés dans d’autres gisements, et dont le nombre est assez important.

L’abondance des plantes arborescentes representées à l’état fossile, ne trouve son explication que dans le développement à des époques antérieures, d'un nombre considérable d’arbres dont nous ne soupconnerions pas autrement l'existence. D'autre part nous connaissons des gisements qui fournissent de nombreuses feuilles de Dicotylédones, tandis que les bois de ces plantes y sont rares et ceux des Conifères plus ou moins abondants. Enfin certains gisements n'ont fourni aucune tige fossile, sauf peut-être des rameaux jeunes, alors que les feuilles sont en grande quantité, et c’est peut-être la raison qui a conduit à admettre la facile destruction des bois de Dicotylédones. Un gisement isolé n’est jamais que l’expression d’une flore locale, il en est ainsi en particulier de ces gisements qui n’ont fourni que des feuilles. Cette accumulation de feuilles est due à des conditions locales, les arbres et arbustes d’où elles dérivaient florissaient en divers endroits, d’où ces feuilles ont été transportées jusqu'aux stations où nous les trouvons aujourd’hui; on remarque en effet que les localités les plus riches en feuilles correspondent à des stations abondamment pourvues d’eau.

Durant les périodes Crétacée et Tertiaire, les conditions de la végétation rappellaient celles de la végétation forestière des «Galleriewälder» de MM. SCHWEINFURTH et STANLEY; des forêts de composition très-variée en espèces arborescentes, fournissaient les nombreux troncs que nous connaissons à l’état fossile non seulement en Egypte et à Antigua, mais dans les Provinces d'Alger, d'Oran, de Tunis, dans l’ouest du Sahara, au Zambèse d’après LIVINGSTONE, à Angora d’après WeLwiTcH et aussi aux Indes orientales et en Amérique. La rareté des bois de Dicotylédones dans beaucoup de gisements ne prouve pas que ces bois soient moins aptes à la fossilisation; avant d'arriver sur ce point à un jugement définitif, il s’agira d'étudier les couches des bois bitumineux. Les troncs de bouleaux avec écorce conservée qui existent parfois en masse dans les formations tertiaires ne concorderaient pas avec l’idée de la facile destruction des bois de Dicotylédones.

SCHIMPER dans son Traité de Paléontologie végétale ne s’est pas occupé des bois fossiles des Dicotylédones, tandis qu’ UNGErR dans son »Genera et species plantarum fossilium« a décrit ces bois dans les diverses familles et en a donné un tableau synoptique ‘. Il a, concurremment avec GæœPpErrT le mérite d’avoir appelé l'attention sur ces fossiles, dont ENpzicHer a aussi donné les Diagnoses. Après Uxcer, de nombreux ouvrages ont été publiés sur le même sujet et ont augmenté considérablement le nombre des fossiles de cette catégorie décrits par cet auteur.

La structure des bois de Dicotylédones est moins uniforme et moins simple que celle des bois des Conifères, les points communs aux deux groupes sont la production des couches annuelles, et les zônes d’accroissement qui se développent successivement; la tige est par conséquent formée comme chez les Conifères de couches successives. La formation des couches de bois dépend des conditions extérieures comme chez les Conifères, par conséquent la largeur n’est

1 UNGER, loc. cit. p. 530. |

pas la même pour toutes les couches. Quoique l’on puisse voir entre les divers genres des différences essentielles en ce qui concerne la largeur des couches annuelles, par exemple entre les larges zônes annuelles des Catalpa, Paulownia d’une part et les zônes étroites des Buxus et des Citrus d'autre part, l'épaisseur de ces couches annuelles ne peut cependant pas être utilisée comme caractère absolu dans les diagnoses. On peut observer dans une même espèce suivant les conditions de la nutrition un développement excentrique de la tige alors que d’autres individus se développent régulièrement, et il est de règle pour les rameaux de voir la face supérieure plus développée. Il sera cependant rarement possible de se rendre un compte exact des faits chez les tiges fossiles qui sont en grande partie altérées par le frottement. Dans les ramifications des racines c’est au contraire la face inférieure qui prédomine. Chez divers arbres les couches annuelles manquent ou sont peu nettes. Comme chez les Conifères, leur netteté dépend d’une variation dans la structure, à savoir de la différence de calibre des éléments du bois d'automne par rapport aux éléments du bois du printemps de la couche annuelle contiguë. Ce bois printanier se compose d’un grand nombre de larges vaisseaux et de cellules parenchymateuses à parois plus minces que les éléments semblables du bois d'automne qu'il recouvre et du bois d’été qui l’enveloppe.

Les éléments dont se composent les diverses couches annuelles et par conséquent toute la tige sont (sauf pour un groupe des Magnoliacées, les Wintéracées): les vaisseaux ou trachées, les trachéïdes, le parenchyme ligneux, puis les fibres ligneuses (cellules ligneuses, cellules libriformes, scléreuses, sclérenchyme). Tous ces éléments parcourent la tige dans sa longueur et sont traversés dans le sens du rayon par des masses plus ou moins étendues de cellules de parenchyme formant les rayons médullaires. Comme chez les Conifères, ces rayons occupent les mailles formées par les faisceaux ligneux. Lorsque la portion centrale du bois est conservée, ce qui arrive parfois, on peut étudier la moëlle et le bois primaire, mais en somme la conservation est rarement assez complète. Dans quelques bois de Dicotylédonées, comme Juglans, Pterocarya, Jasminum, la région médullaire est occupée par de nombreux planchers, ailleurs la moëlle se compose de cellules parenchymateuses courtes, à parois minces, ponctuées, parmi lesquelles se trouvent d’autres cellules à parois épaisses disséminées ou groupées; les cellules à parois minces ne contiennent pas d’amidon, les cellules épaissies en présentent, dans la moëlle on trouve encore des cellules cristalligènes, mais la répartition de ces substances dépend de l’époque de la végétation.

Des cellules scléreuses courtes (Steinzellen) ou allongées et alors simples ou rameuses se rencontrent également dans la moëlle, ainsi que de longs cristaux prismatiques isolés, des aiguilles cristallines, des cystolithes, des tubes à latex, des poches et des cellules sécrétrices, des canaux résiniféres, et des canaux à mucilage. Le bois primaire, qui est contigu à la moëlle, est surtout caractérisé par ses vaisseaux annelés et spiralés auxquels font suite les vaisseaux ponctués. Puis vient le bois secondaire. Comme le plus souvent chez les fossiles l'écorce manque, c’est ordinairement le bois plus vieux capable de résistance qui est conservé. Les tiges fossiles les plus nombreuses que j'aie vues appartiennent à

cette catégorie. Les Vaisseaux sont des tubes cloisonnés, allongés parallèlement au grand axe de la tige, à parois transversales minces perforées par places ou sur toute leur étendue; les perforations sont de taille variable et arrondies, étirées transversalement (perforations scalariformes) ou bien petites et en forme de fentes ou polygonales (perforations en réseau); les paroïs latérales ont de petites ponctuations aréolées, serrées, la ponctuation interne étant elliptique, ces ponctuations sont les plus serrées sur les paroïs en contact; plus rarement on trouve dans les vaisseaux des épaississements en spirale qui existent cependant concurremment avec les ponctuations dans beaucoup de cas. Les articles ou cellules primitives des vaisseaux, plus ou moins longues, sont juxtaposées par leurs extrémités effilées sur une plus ou moins grande longueur; si les cellules sont courtes, leurs extrémités ne sont pas amincies; la largeur des vaisseaux est très variable, cependant les vaisseaux du bois du printemps sont presque toujours plus larges que ceux du bois d'automne.

Les cellules comblantes, thylles qui existent dans les bois actuels se rencontrent également dans les bois fossiles, sans avoir cependant une valeur quelconque pour la détermination. Les Trachéides sont des éléments fermés à leurs deux extrémités, effilés en pointe, présentant les mêmes épaississements que les vaisseaux, mais que l’on distingue facilement à l’état isolé, des articles successifs des vaisseaux, par leur longueur et leur largeur différentes. Les fibres ligneuses (fibres scléreuses du bois, cellules ligneuses, »Libriforme) sont des cellules plus ou moins allongées fermées à leurs deux extrémités qui sont pointues ou bifurquées, d’un diamètre ordinairement inférieur à celui des autres éléments ligneux, à parois épaisses munies de ponctuations allongées obliquement vers la gauche, et ornées de stries hélicoïdes. A côté de fibres non cloisonnées s’en trouvent d’autres qui sont divisées par des cloisons transversales. Les éléments parenchymateux du bois sont, d’après la division proposée par pe Bary! des cellules fibreuses et des cellules parenchymateuses courtes. Les premières comprennent d’abord des cellules fibreuses proprement dites, semblables aux fibres ligneuses sous le double rapport de la structure et de la forme, différant cependant par le contenu qui est ordinairement de l’amidon. Ces fibres peuvent être également cloisonnées. La seconde forme des cellules fibreuses, les »Ersatzfaserzellenc« de Sanio, ont les mêmes caractères que le parenchyme ligneux dont nous allons parler, elles n’en diffèrent que par leurs extrémités pointues et leurs ponctuations en fentes.

Des éléments parenchymateux, cellules parenchymateuses courtes, forment ensuite le parenchyme ligneux et le parenchyme des rayons médullaires (Strahlparenchym). Les cellules du parenchyme ligneux sont diversement groupées entre les autres éléments dont il vient d’être question, presque toujours elles entourent les vaisseaux, qui les aplatissent en s’élargissant, et elles sont toujours reliées aux vaisseaux et au parenchyme des rayons médullaires; ces cellules sont parfois allongées, étirées, prismatiques avec terminaisons coupées à angle droit ou en biseau; les cellules terminales des groupes de parenchyme sont acuminées; les parois sont minces ou faiblement épaissies, sauf de rares exceptions,

et présentent sur toute leur étendue des ponctuations arrondies ou elliptiques. ! Vergleichende Anatomie p. 499.

Leur contenu est protoplasmique, et amylacé. Sanio désignait sous le nom de paratrachéale la position du parenchyme ligneux, lorsqu'il entoure les vaisseaux ou groupes de vaisseaux, et sous le nom de métatrachéale la position du parenchyme qui forme des bandes tangentielles, à l’intérieur ou à côté desquelles se trouvent les vaisseaux et qui alternent avec des bandes de trachéïdes. Le parenchyme des rayons médullaires est placé dans la direction du rayon entre tous les éléments énumérés jusqu'ici, il peut être question de parcours horizontal lorsque la hauteur de ses cellules est moindre que leur allongement radial, et de parcours vertical lorsque la hauteur des cellules est plus considérable. Dans le premier cas qui est le plus fréquent, c’est le diamètre radial qui l'emporte, dans le second, c’est le diamètre vertical. La forme des cellules est celle d’un prisme à angle droit, avec angles assez souvent arrondis. Comme chez les Conifères, ce parenchyme occupe les mailles d’un réseau formé par les faisceaux ligneux; il forme des groupes ordinairement plurisériés, à nombreux étages, rarement unisériés, les deux cas pouvant se rencontrer l’un près de l’autre. Les parois sont minces, plus ou moins richement ponctuées.

Les ilôts médullaires (Markflecke), productions locales de parenchyme, se rencontrent également chez les Dicotylédones et résultent de blessures ou de la présence de larves d'insectes dans les bois. Ce sont des produits pathologiques qu'on pourrait retrouver dans les bois fossiles, mais que je n'ai toutefois pas encore rencontrés !,

Dans les bois actuels ou peut en outre observer des canaux résinifères, des cellules sécrétant de la résine ou de l’huile, des cellules cristalligènes, des canaux à latex et autres organes sécréteurs. Outre les bois à structure normale, on rencontre aussi des bois à structure anomale fournis par des plantes dont la plupart habitent les zônes plus chaudes, mais que l’on rencontre également dans les régions froides, puis des boïs à structure parenchymateuse. Ces derniers ne pouvaient que difficilement se fossiliser, et ils ont été aisément détruits. On n’a pas jusqu’à présent observé parmi les fossiles de bois à structure anomale.

Le classement des bois fossiles dans les familles actuelles me semble hérissé de grandes difficultés. Pour les Conifères, il est arrivé que divers bois fossiles ont présenté une structure tellement semblable à celle du bois de certains genres actuels que nous avons pu avec une certitude suffisante les identifier avec ceux-ci (Glyptostrobus, Phyllocladus); mais la grande majorité des bois fossiles a fourni des groupements qui ne coïncident pas avec les groupes et genres établis d’après des caractères morphologiques. Il est vrai que la structure du bois des Conifères est de beaucoup plus simple que celle du bois compliqué des Dicotylédones. Nous avons affaire ici à une série de formes différentes de tissus, que l’on distingue sans difficulté dans les bois actuels, mais cette séparation sera souvent difficile ou impossible chez les fossiles. Vaisseaux, fibres ligneuses, parenchyme ligneux, parenchyme des rayons, pourront toujours être sûrement distingués et il en sera de même de la structure des parois. Tout cela ne présentera aucune difficulté dans le cas de bonne conservation. Mais s’il est nécessaire d'isoler les éléments, comme par exemple pour la distinction des

1 Voir KIENITZ-GERLOF, Bot. Centralblatt 1883.

trachéides des vaisseaux, les cellules fibreuses des formes voisines de tissu, cette distinction sera difficile puisque la séparation des éléments n’est pas possible; d'autant qu'il y a entre ces diverses formes des transitions qui rendent la distinction difficile même chez les bois actuels. D’après les recherches de SANIO, la combinaison la plus répandue et par conséquent la plus typique des tissus est la présence simultanée de vaisseaux, trachéïides, fibres ligneuses, parenchyme ligneux et de cellules fibreuses, et l’on doit s'attendre à trouver la même chose chez les fossiles. A ces difficultés s'ajoutent encore celles qui résultent de la conservation des tissus qui fait paraître les membranes moins épaisses lorsqu'elles ont été desséchées. Il sera indispensable de comparer attentivement les fossiles aux bois actuels.

Outre la nature des éléments qui composent le bois des Dicotylédones, éléments variables chez les diverses espèces, bien que la structure soit semblable pour les divers genres, je considère comme caractères essentiels de ces bois: la répartition et l’arrangement des vaisseaux, sur les sections transverses l’épaississement des parois, lorsqu’ il est différent des ponctuations ordinaires, la perforation des parois transversales des vaisseaux, la répartition des fibres ligneuses et du parenchyme ligneux, leur relation réciproque au point de vue de leur quantité, et lorsque cette constatation est possible, l'observation de l'abondance relative des trachéïdes et des deux formes de cellules fibreuses. Pour le parenchyme des rayons médullaires, il importe d'apprécier la hauteur des diverses cellules, et de savoir si elles sont toutes semblables ou dissemblables. Il faut enfin attacher une certaine importance à la présence des canaux à latex, des poches et des canaux sécréteurs.

Nous pouvons nous demander maintenant s’il nous sera possible de trouver à quels genres les tiges fossiles appartiennent, ou en: d’autres termes si les différences qui sont signalées dans les feuilles et les fruits se retrouvent également dans la structure du bois. A mon avis il n’en est pas ainsi. Les études de Sanrio montrent que l'on peut distinguer un certain nombre de groupes caractérisés par certaines combinaisons des éléments histologiques, mais que ces groupes comprennent des genres très différents et aussi des familles très diverses, tandis que des familles voisines se trouvent très éloignées par ce mode de groupement. En comparant les bois fossiles à ceux des plantes actuelles, nous pourrons être amenés à identifier un fossile avec un genre récent, nous pourrons encore le comparer à un genre voisin, mais toutes ces déterminations seront entachées d’une plus ou moins grande incertitude.

Dans ces conditions, il est difficile de trouver pour les bois fossiles des désignations exactes, à moins que ces bois ne soient reliés à d’autres organes pouvant donner des renseignements sur leur position systématique; on rapportera alors le bois au genre qui est indiqué par les organes en question. Je ne connais d'exemple de ce fait chez les Dicotylédonées que dans le genre Betula. Dès lors on en est réduit à désigner les bois fossiles par les noms des genres actuels dont les bois se rapprochent le plus par la structure, en ajoutant au nom de genre le mot xylon suivant l'usage courant, lorsqu'on n’a pas à appliquer la loi de priorité.

UxcGer, qui avec Gœrperr et quelques autres, sont les seuls auteurs-dont nous ayons à nous occuper, à désigné ses genres de bois fossiles par des dérivés

de noms propres comme Petzholdtia, Mohlites, Schleidenites, etc. ou bien pour bien indiquer que le fossile est un bois, il a ajouté la terminaison conventionnelle inium aux noms des genres actuels dont il éliminait la syllabe finale comme dans Betulinium, Quercinium etc. Plus récemment MM. Fezix, Conwenrz et-VATER ont choisi à plusieurs reprises la première manière pour désigner les bois fossiles. La conséquence des remarques précédentes serait de remplacer par d’autres, tous les noms donnés jusqu’à présent aux bois fossiles; mais ces changements compliqueraient encore la synonymie, sans ajouter plus de certitude aux déterminations, Car nous sommes toujours en présence de ce fait, que des genres très différents et même des familles distinctes présentent la même structure, tandis que des plantes voisines possèdent des structures très-différentes.

Caspary, dans une brève communication préliminaire, a posé un autre principe pour la nomenclature des bois fossiles. Partant de cette idée que la détermination du genre des bois fossiles est sûre et certaine, Caspary désigne ces bois par des noms de genres actuels et décrit par conséquent des bois des genres Magnolia, Erica, Acer, Platanus, Quercus, Cornus, Juglans, Laurus alors que ces bois ne sont pas réunis à d’autres parties de plantes, et sans s'inquiéter de la règle de priorité. Il résulte de ce que nous avons dit plus haut que nous n'approuvons cette manière de faire que dans le cas où des feuilles ou d’autres parties de la plante attachées au bois permettent d’en déterminer le genre avec certitude. Les figures publiées par M. TRrIEBEL confirment mes doutes, car la conservation de la plupart des bois décrits n’est pas de nature à donner aux déterminations une absolue certitude, et l’on est moins sûr encore des débris végétaux autrefois décrits dans le Tertiaire du Samland.

La terminologie de Caspary! differant sensiblement de la nomenclature usuelle, je donnerai la valeur des termes employés par cet auteur. »Holzstrahle est une portion du bois comprise entre deux rayons médullaires. Les »Holzspitzzellen« sont les fibres ligneuses, fibres ligneuses scléreuses, cellules libriformes, puis aussi les trachéïdes, les »Ersatzfasernc; les »Holzstumpfzellenc sont les cellules du parenchyme ligneux, les »Deckzellenc sont les cellules du parenchyme ligneux contiguës aux vaisseaux; les »>Kantenzellenc sont les cellules supérieure et inférieure des rayons médullaires unisériés, les autres cellules des rayons sont les »Mittelzellenc ou cellules moyennes; lorsque les rayons médullaires sont plus larges, ils sont bordés par une couche de cellules parenchymateuses à parois plus minces, plus hautes, mais plus courtes que les cellules des rayons médullaires, ce sont les »Hüllzellenc. M. Triepez dans le travail plusieurs fois cité a donné la synonymie.

Dans les diagnoses et tableaux synoptiques d'UNGER, quelques termes ont été mal employés et pourraient conduire facilement à des conclusions fausses. Tels sont vasa vacua et vasa impleta. La première expression correspond à l’état normal, la seconde s’applique aux vaisseaux contenant des thylles qui suppriment comme on sait le fonctionnement des vaisseaux. Les vasa composita ne peuvent pas davantage être regardés comme caractéristiques, car il n’est pas

1 Voir CaspaARy, Bemerkungen über die Schutzscheaide ete. dans PRINGSHEIM, Jahrbücher t. IV p. 101, 1865.

rare de voir communiquer entre eux deux ou trois vaisseaux formant un groupe au milieu des autres éléments ligneux. L’épaisseur des parois des bois fossiles dépend souvent des actions extérieures, la minceur des parois peut être produite . par dessiccation, et leur épaississement par hydratation. Dans aucun cas on ne pourra utiliser ce caractère si l’on ne connaît exactement les autres particularités du bois. La largeur des couches annuelles n’a pas une plus grande valeur diagnostique, car elle dépend des conditions vitales particulières de l’arbre durant la période de végétation correspondante, tandis que la délimitation plus ou moins nette des couches annuelles dépend de la nature de l'organe (tige ou racine) dont le bois provient; elle peut être aussi un caractère propre au bois. La section transversale arrondie ou elliptique des vaisseaux peut dépendre du tissu environnant et peut résulter de la pression que celui-ci a exercée, et alors la forme de la section perd toute signification. L'emploi de ces caractères rend incertaines les diagnoses d'UNGEr en ce qu’elles renferment des particularités indifférentes à côté de caractères d’une réelle valeur. Ce qui précède s’applique aux genres comme aux familles. En déterminant les bois fossiles par la comparaison avec les bois actuels, on peut dans certains cas arriver à des déterminations exactes, toujours cependant les déterminations conserveront un certain degré d'incertitude par ce fait que des genres différents peuvent avoir des bois semblables et inversement. UNGEr a indiqué avec doute la place de certains genres tandis qu'il en a classé d’autres dans des familles déterminées, pour plusieurs enfin il n’a désigné la famille qu'en manière de conjecture; UNGER n’a pas toujours été d'accord à ce sujet avec d’autres observateurs, comme par exemple au sujet de Cottaîtes lapidariorum du Pliocène de Gleichenberg qu’il considère comme un bois de Légumineuse, tandis que Kaiser le signale comme bois d’orme et l’appelle Ulmoxylon. Je regrette de n’avoir pu étudier les sections originales d'UNGER, j'ai dû me borner à ses figures et à ses diagnoses. Diverses espèces peuvent, si j'en juge par les figures, être rangées à juste titre dans les familles en question, mais le classement d’un certain nombre d’autres me semble douteux.

Outre les études anciennes qui ont eu pour objet les bois fossiles et pour auteurs SANIO, M&ŒLLER, ABROMEIT et d’autres, mentionnons le travail plus récent de M. SoLEREDER ! auquel se rattachent les recherches faites dans la même direction par d’autres auteurs comme Konz, Micxarz, MoziscH, Pax, etc., études qui peuvent être utilisées pour la comparaison avec les bois fossiles. Ces auteurs partent de cette idée énoncée d’abord par HarriG, mais défendue spécialement par RADLKOFER, que la structure du bois a une valeur systématique. Il en est ainsi dans bien des cas, peut-être même chez beaucoup d'exemples, maïs on peut encore douter que cette opinion se vérifie pour tous les genres et espèces, car les conditions de la vie d’un arbre ne sont pas sans influence sur sa structure et il en résulte les difficultés déjà mentionnées dans l'étude des bois fossiles. On ne saurait contester que certaines particularités anatomiques puissent être constantes dans diverses familles et genres, mais on se demande si les bois fossiles peuvent être déterminés avec certitude en se basant sur les caractères

! Ueber den systematischen Werth der Holzstructur bei den Dicotyledonen. München, R. Oldenbourg. 1885,

anatomiques des bois actuels. Il faut ensuite considérer au sujet des données de SOLEREDER que ses matériaux étaient surtout empruntés à des plantes d’herbier, et comme d’autre part les bois fossiles proviennent de tiges plus âgées, il n’est par conséquent pas possible d’en déduire une comparaison absolument juste. Il est certain néanmoins que beaucoup des vues de M. SOLEREDER sont exactes, mais les caractères peuvent se comporter de même dans des genres ou familles différentes.

Les bois fossiles de Dicotylédones décrits par UxGEr, et d’autres auteurs sont:

Betulinium Unger (Chloris protogæa. Tab. 34, fig. 8-10). (Betuloxylon Conwentz). Vaisseaux disposés radialement, assez étroits, avec cloisons transversales couvertes de perforations scalariformes, parois avec petites ponctuations aréolées, rayons médullaires étroits, homogènes, fibres ligneuses modérément épaissies. Epoque tertiaire; on le rencontre souvent muni encore de son écorce dont les lamelles péridermiques papyracées sont caractéristiques. On le trouve à cet état près de Salzhausen en Wettéravie, et près de Grimma en Saxe,

Quercinium Unger (Chloris protogæa Tab. 29, fig. 4-6). Vaisseaux larges, à disposition radiale, cloisons transversales avec perforations scalariformes, mais arrondies et simples dans le bois primaire, parois avec ponctuations simples et aréoles, rayons médullaires larges, plurisériés ou étroits et unisériés, fibres ligneuses épaissies, parenchyme ligneux abondant aux environs des vaisseaux et formant des bandes tangentielles. ÆTüdenia Gœppert rentre dans ce genre. Epoque tertiaire.

Fegonium Unger (Chloris protogæa Tab. 27, fig. 7-9). Vaisseaux nombreux, assez étroits, disposés en files radiales, aréoles sur les portions contiguës des parois, ponctuations simples du côté des rayons médullaires, perforations souvent étirées, simples, scalariformes dans le bois primaire, rayons médullaires nombreux, plurisériés, fibres ligneuses avec aréoles, parenchyme ligneux clair semé. Ce fossile répond à la structure du groupe ÆEufagus dont nous ne connaissons que des feuilles. Tertiaire.

Carpinoxzylon Vater. Diffère du bois des genres voisins surtout par les rayons étroits, uni-ou bisériés; fibres ligneuses à petites aréoles, perforations des vaisseaux scalariformes et simples.

Ulminium Unger (Ulmoxylon Kaiser), Vaisseaux assez larges, étroits dans le bois d’automne, les premiers avec aréoles, les seconds avec ornements spiralés. Rayons médullaires variables, composés d’une à sept séries de cellules très allongées radialement. Perforations des cloisons transverses des vaisseaux, simples, arrondies ou elliptiques. Fibres ligneuses ponctuées, parenchyme ligneux en bandes. Tertiaire. D’après Kaiser, on doit ranger ici le Cottaïtes lapidariorum Unger du Pliocène de Gleichenberg. Ulminium diluviale est d'après Fezix un bois de Lauracée, qu’il appelle Perseoxylon diluviale. Dans les Planera les fibres ligneuses ont de petites aréoles.

Ficoxylon Kaïser. Bois à parenchyme ligneux abondant formant des bandes tangentielles. Tertiaire.

Juglandinium Unger. Vaisseaux à parois transversales présentant des perforations simples sur les parois contiguës, ponctuations simples sur les parois

confinant aux rayons médullaires. Rayons étroits, uni, bi ou trisériés. Fibres ligneuses aréolées. Parenchyme ligneux abondant autour des vaisseaux. Tertiaire. — Chez Carya dont les fruits ne sont pas rares à l’époque tertiaire, et dont le bois pourrait parfaitement exister aussi, les vaisseaux ont des parois épaisses, particulièrement dans le bois d'automne. Fibres ligneuses sans aréoles. Rayons médullaires avec cristaux. Moëlle formant des cloisons.

Mirbelites Unger. Ce bois attribué aux Juglandacées, provient du Tertiaire de Lesbos, il est caractérisé par ses rayons médullaires élevés, présentant de une à sept séries de cellules, par ses vaisseaux larges, par ses fibres ligneuses à parois épaisses, parfois cloisonnées. Ce bois m'est inconnu, mais je ne crois pas qu'il appartienne aux Juglandacées.

Salicinium Unger. Vaisseaux très nombreux en partie disposés en rayonnant, aréoles polygonales sur les parois des vaisseaux en contact, les parois avoisinant les rayons médullaires ont des ponctuations simples, perforations des parois transversales simples, arrondies. Fibres ligneuses à parois minces et large lumière. Ces caractères sont ceux du bois de Populus, que l’on trouve avec le précédent dans le Tertiaire.

UNGER rapporte aux Salicacées un bois fossile du Crétacé de la Carinthie (formation de Gosau) désigné sous le nom de Rosthornia et qui se distingue de Salicinium par des rayons médullaires comprenant une à trois séries et par les perforations scalariformes de ses vaisseaux.

Laurinium Unger (Lauroxylon Schenk). Vaisseaux de largeur variable avec épaississements hélicoïdes et ponctuations aréolées, mais simples contre les rayons médullaires. Perforations des parois transversales simples, arrondies, elliptiques, parfois scalariformes. Rayons médullaires composés d’une à trois séries, nombreux, en partie allongés verticalement. Moëlle avec cellules sécrétrices. Fibres ligneuses à ponctuations simples, épaisseur des parois variable. Parenchyme ligneux peu abondant. Tertiaire. M. Fezrx divise ces bois en deux groupes; l’un, caractérisé par les cellules sécrétrices, est appelé Perseoxylon.

UNGER rapporte aux Aurantiacées le bois qu’il décrit sous le nom de ÆXipsteinia et chez lequel il signale de larges rayons médullaires pouvant présenter quatre séries de cellules, des fibres ligneuses à parois épaisses, et du parenchyme ligneux disséminé. On peut hésiter à rapporter ce bois à cette famille, et l’on rencontre la même structure parmi les Célastracées.

Acerinium Unger. Vaisseaux nombreux, disposés radialement, séparés ou groupés par deux, trois ou quatre, larges, à parois minces, avec ponctuations aréolées, perforations scalariformes des cloisons transversales. Parenchyme ligneux abondant; fibres ligneuses abondantes à parois minces, rayons médullaires nombreux bi ou trisériés. Tertiaire. À. ægyptiacum Schenk. Côte orientale d'Egypte

Haueria Unger est un bois figuré par Wiraam' et rapporté aux Aquilarinées, il ne peut être rangé dans cette famille, car les ilôts de liber mou que l'on trouve dans le bois de ces plantes manquent chez le fossile. Ce bois ne se trouve pas parmi les bois d’Antigua que j’ai étudiés. D’après UnGer, les rayons

! Internal structure of vegetables. Tab. 16 fig. 14.

médullaires sont très hauts et présentent trois ou quatre séries, les vaisseaux sont larges et les fibres ligneuses ont des parois épaisses. D’après la figure on serait tenté d’y voir un bois de Cæsalpiniée.

Rhoidium Unger. Vaisseaux de largeur variable, isolés, à ponctuations simples sur les faces voisines des rayons médullaires. Cloisons transversales à perforations simples, souvent complètement résorbées. Rayons médullaires composés

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