‹ Traité de paléontologieChapitre 18 sur 183 · IL · texte numérisé non relu

IL

2° ordre: PHYCOCH ROMOPHYCÆ.

Algues monocellulaires ou pluricellulaires, vivant dans l’eau ow plus rarement sur la terre, se reproduisant par division cellulaire ou à l’aide de spores immobiles asexuées; les espèces terrestres vivent en nombre plus ou moins grand d'individus, réunis dans une masse gélatineuse; celles qui sont aquatiques sont entourées d'une gaïne gélatineuse, souvent formée de plusieurs couches.

À cette division appartiennent les Chroococcées, Oscillariacées, Nostochacées, Rivulariacées, Scytonomenacées, Sirosiphoniacées, toutes plantes de structure délicate et de nature molle, peu susceptibles par conséquent de laisser des traces dans les strates terrestres. Nous ne connaissons à l’état fossile qu’un Nostoc, terrestre comme notre Nostoc commune, qui à laissé quelques restes assez douteux à l’époque tertiaire. Aussi ne citonsnous pas ici d'autre genre.

Nostoc Vauch. Cellules arrondies, réunies en chapelet et formant une membrane sphérique ou irrégulièrement étendue. Reproduction par division des cellules ou par les spores dormantes qui se forment à leur intérieur.

La plante décrite et figurée par Heer (Flore tertiaire de la Suisse) sous le nom de N.protoyæum, rappelle beaucoup notre Nostoc commune.

été tit am lne

ANGIOSPERMÉES 27

3° ordre: ANGIOSPERMÉES Kütz.

1° famille: FUCACÉES.

Algues la plupart de grande taille, habitant la mer, au thalle foliaire, rubané ou filiforme, souvent muni de frondes en forme de feuilles, de consistance ferme et de couleur vert brunûâtre. Les ramifications sont toutes disposées en un seul plan. Les anthéridies et oogones se forment dans des conceptacles sphériques qui naissent en grand nombre et très rapprochés les uns des autres, à l'extrémité de branches dichotomiques ow de rameaux latéraux. Certaines espèces possèdent les deux sortes d'organes sexuels dans le même conceptacle, d’autres sont dioïques. Beaucoup de F'ucacées sont pourvues de cavités aérifères.

Cystoseira Ag. Thalle mince, d'ordinaire filiforme, avec des rameaux en partie transformés en expansions foliiformes (Cysloseira) ou entièrement arrondis; vésicules aérifères pédiculées ou alignées dans les expansions. Conceptacles allongés, cylindriques, tuberculeux, partagés en loges à l’intérieur.

Les diverses espèces connues à l’état fossile proviennent du tertiaire; elles montrent une très grande ressemblance avec les formes encore maiïntenant vivantes. Ainsi, entr'autres, le ©. communis Ung. de Radoboj ressemble tellement au C. barbata de la mer Adriatique, et le C. Hellii Ung. à notre ©. (Halidrys) siliquosa Ag.: qu’il est à peine possible de les distinguer spécifiquement; une autre espèce également très semblable à cette dernière est le OC. helvetica Heer du Flysch.

Sargassum Ag. Plantes pourvues d’un axe solide, ramifié, d’où partent des appendices foliaires pédiculés, qui présentent une nervure médiane; vésicules aérifères distantes les unes des autres, isolées ; rameaux sporangifères terminaux ou axillaires tuberculeux, le plus souvent en forme de grappe.

De ces algues si répandues dans la monde actuel et qui se présentent parfois en masses énormes, on ne connaît jusqu'ici qu'une espèce fossile, le $. globiferum Sternb., de Monte Bolca.

Le Sargassites Sternbergii Brngt. (Algacites caulescens Sternb.) ne peut pas être placé ici, ni même parmi les Fucacées, car la formation tertiaire de Walsch à laquelle il appartient est un dépôt d’eau douce.

Fucus Grev. WAaTELET à fait connaître sous ce nom générique une série d’empreintes provenant de l’éocène inférieur; aucune ne peut être rapportée avec certitude à ce genre.

Himanthalia Lyngb. Thalle d’abord presque sphérique, à la fin concave-discoïde, portant en son milieu une branche fructifère longue souvent de plusieurs pieds, étroite, rubanée, plusieurs fois bifurquée, dans laquelle s’enfoncent les sporanges.

On connaît une espèce de ce genre à l’état fossile, l’Æ. amphisylarum Sch. elle provient de l’oligocène de la haute-Alsace (schistes d'Amphisyle).

Hormosira Harv. Plante rameuse dont les branches stériles sont filiformes et les branches fertiles moniliformes, formées de conceptacles sphériques, sur lesquels les sporanges se montrent comme de petits tubercules. Ce genre, très répandu dans les mers australes est représenté dans le Flysch par une espèce fossile.

28 THALLOPHYTES ALGUES

Les empreintes réunies dans le genre Haliserites Sternb. sont de nature si problématique, qu'une comparaison avec le genre actuel Æaliseris est à peine admissible. Le Æ. Dechenianus Gôpp., si fréquent dans le dévonien inférieur rhénan qu’il caractérise, présente une fronde enroulée à l'extrémité, à la façon des feuilles de Fougères, fait qui ne se produit pas chez les Fucacées, mais que l’on observe dans le genre dévonien PsYophyton Daws. (Lycopodiacées ?) auquel Carruthers rapporte cet Haliserites. Le Haliseristes gracilis Deb. et Ett. du crétacé, et le Haliseris erecta (Bean) Sch., de l’oolithe, appartiennent bien plutôt aux Fougères qu'aux Algues.

4 ordre: CHLOROSPORÉES Decsne ex. p.

Chlorospermeæ Harv.

Algues vertes, rarement olivätres ou rouges; reproduction par division cellulaire ou par des spores développées dans des conceptacles: parfois (ou souvent?) anthéridies et zoospores. Les fossiles sont:

1* tribu: SIPHONEZÆ Grev.

Algues vertes, marines ou d’eau douce, quelques-unes vivant sur la terre humide; elles sont nues ou incrustées de calcaire, et formées d’une simple cellule ramifiée, ou de nombreuses cellules filiformes feutrées.

1'° famille: CAULERPEÆ Grev.

Algues marines unicellulaires, colorées en vert par la chlorophyulle; cellule simple, ramifiée, aux parois épaisses, formées de deux membranes: l'intérieur est rempli par un tissu fibrillaire serré et un liquide trouble avec des grains nombreux de chlorophylle et d'amidon, ceux-ci plus petits. Fes]

Caulerpa Lamour. Tige rampante, souvent très longue, pourvue de crampons adhésifs radiciformes ; fronde dressée, d'aspect feuillé, prolifère, ou cylindrique avec des tubercules, des écailles charnues, ou bien, régulièrement développée en appendices ressemblant à des feuilles, uniformes dans la même espèce, disposés en deux ou plusieurs séries. Par ces particularités, les Caulerpa revêtent l'aspect de plantes plus élevées en organisation, comme par exemple les Lycopodes, ou de branches de conifères; cette ressemblance est encore augmentée par leur vive couleur verte.

Les nombreuses espèces de ce genre actuellement vivantes appartiennent presque toutes aux mers australes. La plupart des nombreux fossiles décrits par STERNBERG et par d’autres comme des Caulerpa, appartiennent aux Conifères (Walchia, Echinostrobus) les autres aux Fougères et à différents types d’Algues. Les premiers fossiles qui se caractérisent assez nettement pour des Caulerpa sont au nombre de trois espèces dans les couches tertiaires inférieures; on ne

peut rapporter avec certitude à ce genre, aucun fossile des autres formations.

2° famille: CODIEÆ Lk.

Thalle formé de filaments inarticulés, ramifiés, lâchement unis, nus ou recouverts d'une écorce calcaire, pourvu à sa base de nombreuses fibres radicales.

CHLOROSPORÉES 29

Halimeda Lamx. Plantes ramifiées en un seul plan, ayant le port d’arbuscules : tige et branches aplaties latéralement, articulées, articles réniformes ou presque flabelliformes, fortement incrustés, nus aux points d'insertion formés de fibres résistantes, aussi la plante n'est-elle pas fragile comme les Corallines; tissu formé de filaments resserrés et épaissis par places, qui, aux points épaissis, émettent horizontalement des cellules ramifiées en ombelle, dont les extrémités sont renflées en massue et forment, en se réunissant, la surface sur laquelle la croûte calcaire se dépose.

Les Halimedes sont des mers du Sud, ils habitent de préférence les récifs coralliens ; une espèce seulement se trouve aussi dans la Méditerranée.

Uxczr (Chloris protog.) place dans ce genre une empreinte d'articles orbiculaires de l’oolithe (Corallina halimeda). Cette détermination est douteuse.

3° famille: DASYCLADEZÆ et POLYPHYSEÆ Kütz.

Siphoneæ verticillate Mun.-Chal.

Alques marines vertes, incrustées ou non, formées d'une cellule simple ou ramifiée, rameaux verticillés, disposés sur toute la plante ou seulement à son extrémité. Zoospores dans des cellules particulières.

Appartiennent à cet ordre: Dasycladus Ag., et Halicoryne Harv., Polyphysa Lamx., Acetabularia Lamx., Neomeris Lamx. et une nombreuse série de formes fossiles, qui jusqu’aujourd’'hui, avaient été confondues avec les Coraux, les Foraminifères ou avec les Bryozoaires.

Le thalle des Siphonées à rameaux verticillés est simple ou bifurqué, formé d'un axe unicellulaire, autour duquel rayonnent les rameaux qui s’en détachent horizontalement ou un peu obliquement. Chez beaucoup d'espèces, une croûte calcaire épaisse se forme à la surface de l’axe et des branches et quelquefois aussi à l’intérieur. Cette croûte calcaire est par conséquent formée de un ou de deux cylindres, dont l’interne est déposé sur l’axe et sur le verticille de cellules simples qui s’en détachent, tandis que l’externe appartient aux ramifications des éléments du verticille, qui se renflent en massue et se mettent en contact par leur extrémité. Les sporanges sphériques qui se trouvent entre ces

ramifications et qui, d’après leur origine, ont la même signification morphologique peuvent aussi s’incruster, et on les retrouve alors à l’état fossile; c’est ce qui se passe pour toutes les divisions du type Cymopolia. Les conceptacles sont tantôt simples, c’est-à-dire formés d’un seul sporange (Cymopolia, Neomeris, etc.), tantôt composés et ils contiennent alors plusieurs cavités lisses, brillantes, qui renferment les sporanges ou les spores.

Il résulte de cette structure que, lorsque les tissus organiques sont détruits, ce qui est le cas pour les fossiles, il ne reste que le squelette calcaire. Les canalicules (pores externes) de ce squelette correspondants aux branches verticillées, et les cavités dans lesquelles se trouvaient les sporanges, peuvent facilement être pris pour des loges de Polypiers ou de Bryozoaires, ou aussi pour des loges de Foraminifères (fig. 30).

M. Muxier-CHazmas (Comptes rendus de l’Acad. des Sc. 1877) a récemment démontré qu’un grand nombre de formes fossiles jusqu'ici rangées dans le

30 THALLOPHYTES ALGUES

règne animal, étaient en réalité des plantes, appartenant généralement aux Siphonées verticillées. Il réunit dans cette famille, tous ces soi-disant Zoophytes ou Foraminifères, correspondant aux anciens genres Zarvaria Defr. ex p., Clypeina Mich., Polytripa Defr., Acicularia d'Arch., Dactylopora Park., Uteria Mich. Ce groupe contient déjà présentement plus de 50 genres. La plupart appartiennent aux formations triasiques, jurassiques, crétacées et tertiaires, dans lesquelles ils forment parfois des roches entières; tandis que, proportionnellement, un petit nombre seulement de genres et d'espèces vivent aujourd'hui, limités aux mers australes; on peut done admettre que c’est là un type en voie de disparition.

Il n’existe plus aujourd'hui que les genres Cymopodia, Dasycladus, Halycorine, avec les sous-genres Polytripa et Decaisnella M.-Ch. (Dactylopora Eruca Park.) Polyphysa, Acelabularia (aussi de la Méditerranée), Neomeris et Bornetella M.-Ch. (Neomeris nitida Harv.).

M.Muxwrer-CHaALmas, n’ayant fait jusqu'ici qu'énumérer les noms deses nouveaux genres fossiles, nous derons nous borner à citer ici quelques-unes des formes les mieux connues, déjà décrites ailleurs.

Cymopolia Lamx. (fossile Dactylopora Carp. ex p., Dactyloporella Gümb.). Thalle épais, filiforme, plusieurs fois bifurqué, articulé; les articles, chez les espèces vivantes, sont courts, revêtus d’une épaisse croûte calcaire, traversée de pores serrés, de forme hexagonale régulière à l’état jeune; à l’intérieur une cavité continue, ramifiée, d'apparence articulée, par suite de l’existence de nombreux étranglements, limitée par une paroi épaisse, prenant la consistance de la corne par la dessication; les articulations non incrustées des divisions jeunes, sont pourvues de poils ramifiés qui doivent disparaître plus tard, et qui forment à leur extrémité une sorte de pinceau de couleur verte qui brunit en se desséchant. Sur les entre-nœuds sont disposés les verticilles horizontaux déjà mentionnés, dont les branches, d’égaie longueur, renflées en massue, restent pour la plupart stériles et forment la surface externe en se juxtaposant par leurs extrémités; les rameaux fertiles, transformés en sporanges sphéroïdaux sont toujours plus courts que les branches stériles: ces verticilles correspondent aux pores.

L'espèce vivante connue, C. barbata Kütz. (C. Rosarium EI.) (fig. 29) à laquelle appartient aussi le C. bibarbata K., est assez fréquente dans la mer des Canaries et dans celle des Antilles; les formes fossiles du genre ne sont pas rares dans les dépôts éocènes marins, en particulier dans le calcaire grossier de Paris; naturellement, on ne retrouve que les tubes incrustés. Ces cylindres, sortes de squelettes des parties correspondantes chez la plante vivante, montrent sur les cassures transverses, et de la façon la plus nette, les tubes correspondant aux petites cellules stériles, et les cavités dans lesquelles se trouvaient les grosses cellules fructifères (fig. 29°*). Ces tubes et ces cavités

? Bibliographie: Muxrer-CHaLMAs: Comptes-rendus, Oct. 1877.

CARPENTER, W. B.: Introduction to the Study of Foraminifera. — Gümgez, C. W.: Die Nulliporen des Thierreichs. Denkschr. d. bayr. Akad. d. Wissensch. XI, 1872. BEexECKE, E. W.: Geognost.-palæont. Beiträge IL: Ueber die Umgebung von Esino, in in der obama, 1376. (Beschr. und Abbild. von triasischen Siphoneen).

CHLOROSPORÉES HE |

sont très bien conservés chez les espèces fossiles qui sont d'ordinaire riches en calcaire et c’est la raison pour laquelle on les avait rapportées aux Foraminifères ou aux Coraux. Le nom de Dactylopora leur vient de la division digitiforme du tube primaire (base du faisceau de cellules fig. 29°).

Le Polytrypa elongata Defr., du calcaire grossier de Paris, ressemble complètement par sa structure au Cymopolia vivant, et ses dimensions sont aussi

Fig. 29.

1 Cymopolia barbata Kütz, de grand. nat. des Canaries; 2 extrémité grossie d’un rameau; 3 cellule filiforme ramifiée de la touffe terminale (grossie); 4 coupe par un article, montrant un verticille de rameaux en partie fructifères 45/1; 5 une portion de ce verticille à un plus fort grossissement, à sporange, b branche stérile; 6 rameau isolé du verticille avec sporange a, et deux branches latérales stériles D, 100/: (d’après Harvey et Kützing.).

les mêmes; la différence consiste en ce que l'espèce fossile a ses tubes articulés notablement plus longs, aussi c’est avec raison que Munier-CHaLmAs réunit ce genre au Cymopolia.

Larvaria Defr. (Prattia d'Arch., Marginoporella Park., Dactylopora Carp. ex p. Haploporella Gümb.) (fig. 30). Tubes minces, épais d'environ 1"" avec des articles courts qui se détachent d'ordinaire facilement, chacun ayant une ceinture de pores, cavités (conceptacles) formées d’un tube qui s’élargit régulièrement, presque rond, tubes latéraux (branches) alternant avec les cavités arrondies, s’ouvrant à l'extérieur en forme d’entonnoirs dans les pores (ces entonnoirs correspondent au sommet épaissi des cellules (Cymopolia fig. 29°). Il y a donc encore ici la plus grande ressemblance avec les Cymopolia.

32 THALLOPHYTES ALGUES

Pour Derrance ce fossile était un polypier. BLAINvILLE l'avait considéré comme un fragment d'antenne de crustacé.

Les ZLarvaria ne sont pas rares, on en connaît déjà 10 espèces dans les sables et calcaires éocènes: calcaire grossier de Paris, à Parnes, Cuise-la-Motte, Biarritz, etc. Il faut citer, comme surtout fréquent le Z. (Dactyl.) annulus P. et J. Il faut rapporter ici le Dactylopora eruca Park. et Jones, du calcaire grossier de Grignon.

ANT 1) pl

Fig. 30.

1. 2 Haploporella reticulata Defr. 21, du calcaire grossier de Paris; 3 A. biscutata Gümb. Eocène de Cuise-la-Motte (Oise) 2/1; 3b coupe transverse ??/1 montrant les sporocystes. 4 Dactylopora saccata Gümb, avec 3 branches verticillées stériles a, et une branche sporangifère b, 76h1, cale. gross. de Paris. 5 Gyroporella triasina Schaur. grand. nat., du Muschelkalk de Recoaro; 5a coupe longitudinale #41; 56 coupe transversale 6h; 6 Gyr. cylindrica Gümb. grand. nat. du Muschelkalk de la Haute-Silésie, 6a coupe verticale 2h, montrant les cavités à sporocystes, 7 Gyr. annulata Schafh. sp. dolomie des Alpes ; 7 a fragment de la paroi montrant les verticilles 61. 8 Haploporella scrobiculata Gümb. 151, éocène de Cuise-la-Motte. 9 Haploporella fasciculata Gümb. 10h, sable de Astrup, 9a coupe transversale. 10 Dactylopora cylindracea Lamx. sp. coupe verticale, 3 verticilles avec branches fertiles et stériles, 15/1, calcaire grossier de Paris (d'après Gümbel).

En outre des genres que nous venons de décrire, M.Munigr-CHaLuAS range parmi les Cymopoliées les genres récemment proposés par lui, mais non encore définis: Parkeria, Hermitella, Karreria, ainsi que les Clypeina Mich. (coraux) et Vagèinopora Defr. (Bryozoaires).

Pour cet auteur, le type des Dactyloporidés est le genre unique :

Dactylopora Lmk. (fig. 30). Dactyloporella Gümb.). Tubes calcaires épais de 2-5"; articles courts avec des pores nombreux, parois épaisses; les digitations

CHLOROSPORÉES 33

des canaux correspondant aux cellules verticillées stériles atteignent la périphérie (pores), les cavités répondant aux cystocarpes sont larges, vésiculeuses.

À part sa grosseur beaucoup plus considérable, ce type montre une ressemblance complète avec les Cymopolia, au moins pour ce qui regarde la structure interne et externe des tubes calcaires.

L'espèce la plus connue, abondante dans le calcaire grossier de Paris, est le D. cylindrica dont Carpenter (1. cit. PI. X, fig. 24 et 29) à donné des dessins très instructifs ; la fig. 29 surtout, montre l’organisation interne du tube calcaire, d’une façon qui ne permet pas le moindre doute sur leur parenté avec le type Cymopolia.

Une seconde espèce est très répandue dans les couches miocènes de Hongrie et de Transylvanie.

Thyrsoporella Gümb. Tubes calcaires épais de 0,45 à 1,5", formés d'articles courts, en forme de tonneau, qui présentent à la périphérie de larges pores ronds et de nombreux petits pores ponctiformes; dans la paroi, qui est assez épaisse, courent des cavités horizontales dirigées vers l'extérieur et dont l’ouverture correspond aux larges pores, et aussi des tubes étroits qui s'ouvrent dans

les petits pores.

Les grandes cavités allongées dans le sens de la longueur, correspondent indubitablement aux cystocarpes, tandis que les tubes étroits proviennent des divisions cellulaires stériles.

Les deux espèces décrites par GümBEz appartiennent à la formation éocène du bassin de Paris.

Gyroporella Gümb. (fig. 30. 31). (Diplopora Schafh., Nullipora auct.) Dactylopora Reuss, Gastrochæna Stopp. p. p., Tubes plus ou moins gros, de 1-6" d'épaisseur, courts ou inarticulés, avec des pores disposés en deux ou plusieurs séries sur chaque article.

Ce genre, que M.-Munier-CHazmas ne compte pas parmi les Thyrsoporellidés ou qu’il y a rangé peut-être sous le nom de Gämbelina, contient les plus grandes et les plus nombreuses espèces des Siphonidées verticillées, celles qui sont les plus anciennes et jouent le rôle le plus important dans les formations géologiques. Des recherches ultérieures apporteront vraisemblablement la lumière sur quelques particularités encore inconnues de leur structure, en particulier sur ce qui à rapport aux fructifications.

La première apparition de cette forme date de l’époque permienne; les calcaires triasiques des Alpes du Sud, depuis la Suisse jusqu'en Hongrie, le Wettersteingebirge, les monts de Zug, en Tyrol, une partie des montagnes dolomitiques du Sud du Tyrol (Mendola, lac de Garde sont formés, pour la plus grande partie, de cylindres de Gyroporella, ou de leurs fragments; ils se trouvent également dans le Muschelkalk de la Haute-Silésie et du Vicentin (Recoaro); une espèce semblable à la G. cylindrica, mais un peu plus grosse, formée d’anneaux plus nombreux, souvent moins nets, se montre en quantité dans les couches crétacées moyennes du sud du Liban; de gros échantillons qui en proviennent

sont uniquement formés de ces fossiles.

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t, IT, 3

34 THALLOPHYTES. ALGUES

Neomeris Lamx. (Hist. des Polypiers). Thalle incrusté de calcaire, unicellulaire, tubiforme, avec de nombreux ramules verticillés, articulés, bifurqués et riches en chlorophylle; cystocarpes sphériques, accompagnés de 2 ou 3 tubes cellulaires.

Une espèce vit dans la mer des Antilles.

Très voisin du genre Cymopolia, en représente pour ainsi dire, un article isolé de la tige.

M.-Muxier-CHALMAs cite, comme proche parent de ce type, une série de genres tant vivants que fossiles, dont il n’a pas encore donné de diagnose; il range dans ce groupe le genre:

Uteria Mich. (Polypiers fossiles). Cylindre épais d'environ 2"", articulé, se

réduisant facilement en ses articles; ces derniers sont courts, en forme de tonneau, lisses aux surfaces d’articulation ou légèrement striés radiairement, avec une petite ouverture centrale; paroi interne avec trois anneaux de pores, paroi externe avec six anneaux de pores, espace entre les deux parois complètement creux.

Les articles isolés de ce fossile, fréquents dans les sables éocènes du bassin de Paris, ressemblent à de petits articles de crinoïde, de là le nom de

Fig. 31. U. encrinella Mich.

1 fragment de roche du Keuper du Tyrol méridional avec un Diplo- La disposition des pores, pora sp. ?1. 2 Diplopora sp., intérieur, grand. nat. Keuper d'Esino. 3. 4 Gyroporella vesiculifera Gümb., avec son écorce

”, S nt

La (fe DAOEN Re age0 À es 3

come

© Se

montre que des branches de-

enlevée par places. 5 cylindre intérieur, Keuper alpin supérieur Vaient les faire communiquer

de S. Michel en Lombardie (d'après Benecke). entre eux, de l'intérieur à l’ex-

térieur; les branches partant de l'anneau interne devaient donc se bifurquer

vers les doubles rangées de pores de la paroi externe. Ces branches, sans doute,

n'étaient pas incrustées de calcaire, ce qui explique leur complète disparition et la cavité continue qui existe entre les deux parois.

Acetabularia Lmx. Algue unicellulaire, avec une portion basilaire aplatie, lobée, par laquelle elle se fixe solidement et d’où s'élève, monté sur un pied grêle, dressé, un corps en forme de chapeau, dans lequel se développent les organes de fructification; le chapeau et son pédicule se détachent à la mâturité et se renouvellent tous les ans. La plante tout entière est imprégnée et incrustée de carbonate de chaux; la couche de protoplasme qui revêt la paroi interne, contient de nombreux grains de chlorophylle et d’amidon. Les spores naïssent dans les nombreuses chambres que forment les saiïllies disposées radialement de la membrane du chapeau; ces chambres sont larges, ellipsoïdes et s'ouvrent par le moyen d'un couvercle pour mettre les zoospores en liberté. Les zoospores donnent naissance, en premier lieu, à la partie basilaire et lobée de la jeune plante.

FLORIDÉES 3)

La seule espèce connue dans ce genre vit dans la Méditerranée; on n’en connaît encore aucun reste fossile.

M.-Munier-CHaLmAs rattache à ce type le genre vivant Polyphysa Lk., de même que les Acicularia d’'Arch., fossiles, et deux nouveaux genres fossiles qu'il n’a pas encore définis, sous le noms de Briardina et Orioporella.

Acicularia d’Arch. Tubes minces, non articulés, parfois terminés en pointe à une extrémité, traversés de nombreux pores, ou bien fragments, aplatis (d’après CARPENTER), qui paraissent divisés par des sillons radiaux et qui sont également perforés.

Les tubes minces sont peut-être des débris du pédicule, et les fragments aplatis, divisés radialement, lesr estes du chapeau, d’une plante analogue à un Ace-

tabularia. I] faut cependant remarquer que l’Acetabularia ne présente pas de pores.

Caleaire grossier de Paris.

5° ordre: FLORIDÉES.

Groupe très riche en formes, toutes marines, à peu d'exceptions près (Batrachospermées, Hildebrandtia), colorées à l’état vivant en beau rouge ou en violet. Elles se distinguent des autres Algues par le manque de zoospores et leur appare de fruchfication qui est très aberrant: des spermatozoides immobiles et un trichogyne qui se réunissent par copulation et ne produisent qu'indirectement les spores. Les organes de reproduction asexuée sont des tétraspores qui, à un certain degré, remplacent les zoospores des autres Algues (d'après Sachs).

Dans ce groupe si riche en formes, on ne connaît guère avec certitude à l’état fossile que les genres Delesseria, Sphærococcus représentés, le premier par un petit nombre, le second par une seule espèce, localisées dans les formations tertiaires inférieures, et la plupart dans les schistes marneux de Monte-Bolca. MassALzonGo a crée à leurs dépens le genre Pterygophycus qui diffère seulement du genre Delesseria en ce que son thalle porte sur ses deux bords et régulièrement disposées, des folioles rétrécies en court petiole, pourvues d’une côte centrale ramifiée comme la fronde principale.

j'e famille: SPHÆROCOCCÉES.

Delesseria Lamour. Thalle délicat aplati, ayant l’apparence foliaire, presque entièrement et souvent irrégulièrement lobé, d’une belle couleur rouge pendant la vie, avec une nervure médiane forte et ramifiée; le limbe disparaît plus ou moins vers le bas, ce qui donne à la fronde une sorte de pédicule plus ou moins long. Les fructifications sont ovoïdes, closes, pédiculées, insérées latéralement. Tétraspores sur de petits appendices d'apparence foliaire.

Sphærococeus Ag. Thalle arrondi ou aplati, souvent très ramifié et revêtant les formes les plus délicates, de nature cartilagineuse ou membraneuse, partagé en lobes ou digité; sporanges sphériques.

906 THALLOPHYTES. ALGUES

La seule espèce fossile connue (Sphærococcites cartilagineus Ung.) est, sa forme du moins, si semblable au Sp. cartilagineus des mers du sud, que l’on pourrait s'y tromper.

Halymenidium Sch. Thalle en forme de cylindre aplati, rarement tout-à-fait rond, peu divisé ou découpé, représentant des frondes foliiformes, recouvert d'impressions arrondies ou anguleuses, provenant vraisemblablement des sporanges; ceux-ci comme chez les Halymeniées vivantes, sont enfoncées dans la fronde.

Je réunis sous ce nom ces fossiles tertiaires, notamment ceux du Flysch, que Hger et FiscHEer-OosTtEr ont placé dans le genre très problématique Halymenites Sternb. Ces formes rappellent beaucoup certaines Halymeniées vivantes, tant par la forme du thalle que par le mode de fructification, ce qui peut autoriser leur classement parmi les Floridées. Le genre Halymenites Sternb. dont le mode de fructification est inconnu ne peut trouver place que parmi les Algues incertæ sedis.

Appartiennent au genre Halymenidium: Halymenites flexuosus F.-0., H. minor F.-0., I. lumbricoïdes Heer, du Flysch. Le Phymatoderma Dienalii Watel., des sables du Soissonnais, pourrait aussi être un Halymenidium.

2° famille: CORALLINÉES Menegh.

Thalle filiforme, ramifié, incrusté de calcaire, très fragile, articulé, articles réguliers, arrondis ou (d'ordinaire) cunéiformes ; enveloppe cellulaire formée de deux couches ; l’externe, interrompue aux articulations et dont les cellules sont arrondies ; l'interne en partie formée de cellules grandes, elliptiques, riches en amidon, en partie de cellules délicates, filiformes. Cystocarpes enfoncés, d'ordinaire terminaux, en forme de toupie ou obovales, avec une ouverture au sommet; spores fusiformes. Dans toutes les mers, mais surtout fréquentes dans les mers du sud.

Fossile (d’après UNGEr) dans l'oolithe de la Haute-Autriche (douteux!), dans le calcaire grossier de Paris (d’après BronanraArT et WATELET).

3° famille: LITHOTHAMNIÉES.

Spongitées Kütz.

Thalle étendu, lobé, fixé entièrement ou en partie, ou redressé, ramifié en arbrisseau, formant des coussinets ow gazonnant: branches courtes, arrondies ou anguleuses, d'ordinaire épaissies et arrondies à la pointe, en général irrégulièrement noueuses, imprégnée de calcaire de façon que la plante paraît pierreuse, de couleur brun-rouge ow violet-rouge, blanc à la fin par décoloration; surface lisse où grenue, avec des pores extrêmement petits correspondant aux cystocarpes el aux rares organes anthéridifères; corps cellulaire formé de cellules vertes, ovales où pyriformes, qui constituent des filaments moniliformes, dirigés en haut et vers l'extérieur. Ces filaments sont disposés régulièrement en zones arquées en avant, et reliés entre eux par des canalicules transverses ow anastomosés. Substance intercellulaire épaisse, mucilagineuse, complètement imprégnée de calcaire à la fin. Les loges à sporogones et à anthéridies s'ouvrent à l'extérieur par un pore étroit à peine visible à l'œil nu.

FLORIDÉES DT

Les Algues de cette famille, qui ne forment vraisemblablement qu'un seul genre, ont été rangés dans les coraux par LINNÉ, Lamarx, Lamouroux, CUvIER, Ezzis, SOLANDER etc., sous les noms de Cellépores, Nullipores et Millépores.

Lithothamnium Philippi (Cellepora spongites L.), Nullipora, Millepora Lk., Sol. et Ellis, Melobesia Lamx., Spongites Kütz.

Les deux principales formes de ce genre, les espèces formant croûte (Züthophyllum Phil.), et les espèces arborescentes, se trouvent encore aujourd’hui très communes dans toutes les mers, depuis les pôles jusqu'aux mers tropicales, plus nombreuses encore dans ces dernières, où elles habitent de préférence les récifs de coraux, à la consolidation desquels elles contribuent pour une grande part; au reste on les trouve partout sur les roches, les pierres des côtes peu profondes; les petits Lithophyllum crustacés, ou Melobesia, se voient sur les galets, les coquilles, les fucoïdes, ils ressemblent à des dépôts inorganiques calcaires, et c’est comme tels qu'ils ont, été longtemps considérés, surtout les formes fossiles. Les formes arborescentes ne sont pas sans ressemblance avec de petites groupes de stalactites, même par leur consistance, aussi Kürzne a t'il nommé l’une d’elles Spongites stalactitica et HarnnGer à t-il pris pour des stalactites les espèces fossiles du calcaire de la Leitha.

Les Zithothamnium se rencontrent en masses dans beaucoup de formations tertiaires, et avec des formes qu'il est à peine possible de distinguer de celles qui vivent.

encore aujourd’hui; des couches tout entières, sont presque uniquement formées de ces végétaux, ainsi, p. ex., le calcaire de la Leitha ou calcaire à Nullipores de Vienne, le calcaire à Nullipores d'Algérie, dans lequel les Zithothamniuwm arborescents se at dr |

Page 1