Deux formes vivantes de Zithothamnium
détachent sur la cassure, comme des for- (ie Maurise) mations, blanches, brillantes, à l’aspect de porcelaine, le marbre-granitique de la formation nummulitique, dont la masse est formée de fragments du Z. nummuliticum Gümb., et en général la plupart des calcaires à Nulliporites. Mais la présence de ces Algues calcarifères n’est nullement limitée aux formations tertiaires et elles sont encore très fréquentes dans le crétacé supérieur: ainsi entr’autres exemples, les couches supérieures du calcaire à pisolithes de Paris, sont formées, pour les S/10, par ces végétaux; ils ne sont pas rares dans les calcaires jurassiques, surtout dans les couches supérieures, si même nous excluons les Nulliporites grêles et ramifiés de H&er, qui ne doivent pas être classés ici; même dans le Muschelkalk et dans les calcaires encore plus anciens du carbonifères, on trouve encore des traces nettes de ces Algues.
38 THALLOPHYTES. ALGUES
La parenté de ces fossiles avec les Lithothamniées a été indiquée par UNGEr en 1858; plus récemment (1873), GümMBEz, après avoir étudié une série d'espèces provenant de divers horizons, l’a définitivement confirmée.’
UxGer s'exprime ainsi au sujet du Mullipora ramosissima Reuss du calcaire de la Leitha: ,Je fus surpris de pouvoir encore observer dans les lames minces de ces roches tous les détails de la structure des ZLithothamnium et Lithophyllum. Les coupes parallèles aux rameaux montrent admirablement la disposition régulière des tubes articulés (fig. 33 !“) dont les membres isolés, nettement séparées, de même que chez le Zithothamnium expansum Phil. (Nullipora agariciformis Lk.), n'ont formé que des filaments mis en série à côté les uns des autres. Il en résulte indubitablement que le N. ramosissima KReuss n’est mi un organisme animal, ni une sorte de stalactite, mais bien un végétal.“
, D'après M. Güusez, Les exemplaires : fossilisés chez lesquels la matière or- | 2 ganique est disparue et dont les cavités ; . ; À da (0 à: 7 ÿ “| sont remplies de calcaire, ne pré-
EEAUEC 0 JC sentent plus la forme en tonneau de l'enveloppe cellulaire interne; et les coupes transversales montrent des cellules polyédriques à 6—8 angles plus ou moins régulières, serrées les unes
Fig. 38. contre les autres (fig. 33°), avec des ee longitudinale par l'extrémité d'une branche, grossi; arrondis pour la plupart au côté 1n-
2 L. tuberosum Gümb. sables d'Astrup près Osnabrück terne, et. marquées par de faibles
grand. nat. 3 coupe longitudinale. : coupe trans- : changements de coloration: les coupes
versale d’un rameau du Z. (Melobesia) lichenoîides Decs
(vivant) 32/1, 5 coupe longitudinale du ZL. nummuliticum longitudinales montrent des cellules
Gümb, %#/1 couches nummulitiques de Kressenberg. rectangulaires ou carrées (fig. 33 » assez
on: Re pes he ER ua semblables entre elles, placées côte à
côte, dans lesquelles la substance intercellulaire primitive est remplacée par une bordure plus sombre, qui circonscrit un noyau central plus clair; la matière inorganique qui remplit la cavité centrale peut aussi être plus sombre que celle des espaces intercellulaires.“
1 UN6er, Beiträge zur näheren Kenntniss des Leithakalkes, namentlich der vegetabiischen Einschlüsse und der Bildungsgeschichte desselben, avec figures, in Denkschr. d. k. Acad. d. Wissensch. zu Wien. t. XIV (1858). — C. W. GümBez, Die s0g. Nulliporen und ihre Betheiligung an der Zusammensetzung der Kalkgesteine 1re partie: Nulliporen des Pflansenreichs (Lithothamnium) in Abb. d. kgl. bayr. Akad. d. Pre TI. CI. XI, vol. I (1872).
CHARACÉES 39
Gümsez à déjà décrit douze espèces dans ce genre; en outre de la forme extérieure, qui n’est pas toujours très constante dans la même espèce, c’est principalement sur les dimensions des cellules, sur leur longueur et sur leur largeur relatives que la spécification est basée. Les Cystocarpes, de forme ordinairement semi-lunaire, se laissent d'autant plus facilement reconnaître, qu’ils sont remplacés par du calcaire de nuance claire.
6° ordre: CHARACÉES.
Les Characées sont des plantes aquatiques fixées au sol par des racines, dressées, grêles, ramifiées, aux feuilles verticillées, très riches en chlorophylle. Elles ressemblent par leur port aux grandes Algues confervoides et sont, comme ces dernières, de structure fort délicate, à moins qu’elles ne soient incrustées de calcaire, ce qui arrive souvent, particulièrement dans le genre Chara. Elles vivent en touffes serrées au fond des eaux douces, dans les fossés et les ruisseaux, mais elles ne sont pas rares dans les eaux saumâtres. Elles atteignent souvent une hauteur de plusieurs pieds et forment, les espèces incrustées, surtout des détritus importants que l’on rencontre aussi à l’état fossile, sous l’aspect de roches dures, traversées dans toutes les directions par des tubes délicats et qui contiennent fréquemment les fruits aux contours spiraux bien connus chez ces plantes. |
Les Characées ont un proembryon comme les Mousses et, par suite de leur accroissement terminal indéfini, font aussi partie des acrophytes.
La tige des Characées est formée d’une simple série de cellules longues, étroites, cylindriques, entre chacune desquelles s’intercale toujours, en alternance régulière, une cellule très courte, qui se partage en un verticille de cellules, où se forme ensuite le verticille foliaire. Les feuilles de ce verticille, au nombre de 4 à 10, sont formées d’une série de cellules cylindriques et ressemblent complètement aux jeunes branches, à cette différence près que leur accroissement est limité et que, leur développement étant achevé, elles se terminent par une petite pointe. Des renflements internodaux naissent les rayons ou folioles, disposés en verticille. Les ramifications naissent de l’aisselle des feuilles, elles ressemblent complètement à la tige principale. Chez les Chara, il naît toujours une pousse latérale dans l’aisselle de la feuille la plus âgée du verticille, chez les Nitella il en sort toujours une de l’aisselle de chacune des deux feuilles les plus anciennes.
Les cellules basilaires des feuilles et des folioles sont le point de départ des cellules corticales, qui, chez les Chara, revêtent la tige et souvent aussi les feuilles. De chacune de ces cellules basilaires, naissent deux lobes dont l’un monte et l’autre descend, les lobes corticaux ascendants et descendants se rencontrant au milieu de l’entre-nœud inférieur et
40 THALLOPHYTES. ALGUES
supérieur, avec les lobes de même nature, fournis par les cellules basilaires des deux verticilles foliaires voisins; ils forment ainsi, en se serrant les uns contres les autres, une véritable enveloppe fermée, l'écorce. Par suite de la torsion de l’entre-nœud, ces cellules corticales ont un trajet d'ordinaire, oblique ou spiral.
Les anthéridies et les sporogemmes (celles-ci étant complètement différentes des archégones des autres Cryptogames) naissent toujours sur les feuilles. Les premières sont sphériques, avec un diamètre de ‘2 ou de 1”, elles sont formées de huit cellules de forme plan convexe, scutiformes; les quatre écussons supérieurs sont triangulaires, tandis que les autres présentent quatre angles. La chlorophylle qui recouvre leur face interne dans le jeune âge devient d’un beau
Fig. 34. + 1 Charu vulgaris L. 2 fragment avec sporanges et anthéridies, grossi. rouge à la maturité, 3 sporange plus grossi. 4 sommet d'un sporange après la chûte de la œou- tandis que le côté
ronne. D partie basilaire d’un sporange. 6 anthéridies du Mitella flexilis Ag. ] , 50/!, 7 sporange du même, incomplètement mûr. externe de à parol
semble de nature hyaline. Du milieu de la paroi interne de chaque écusson, naît une cellule cylindrique, dirigée vers l’intérieur, qui porte à son extrémité de longs filaments articulés, enroulés sur eux-mêmes et qui contiennent les spermatozoïdes. .
CHARACÉES A1
Le produit de l’oogemme est une grosse spore (oosphère) entourée de cinq feuilles roulées en spirale, qui se divisent à leur sommet pour donner chacune une cellule (Chara) ou deux cellules {Witella). — Ces derniers éléments forment ce que l’on appelle la couronne. La paroi interne des cellules qui, décrivent des tours plus ou moins nombreux selon
- l’espèce, autour de l’oosphère, est revêtue de granules chlorophylliens. Pendant la mâturation la paroi interne des cellules d’enveloppe se lignifie, se colore en noir et la cellule reproductrice se trouve revêtue d’une membrane solide; elle-même se remplit de matières grasses, d'huile et de protoplasme. Le tout se détache à parfaite mâturité. La couronne du Chara assez volumineuse, un peu ouverte, formée d’un cercle de cellules se maintient plus longtemps, tandis que la petite couronne fermée, en forme de cône mousse et formée de deux cercles de cellules, qui caractérise les Nifella se détache au contraire de bonne heure.
Les Characées actuelles sont répandues par tout le globe, à l’exception des régions polaires; le nombre des espèces observées dépasse la centaine.
Ces plantes n'étaient connues jusqu'ici à l’état fossile que dans les formations tertiaires; on les a récemment trouvées aussi dans le trias (Muschelkalk de Moscou) dans le jurassique et dans les dépôts crétacés. Chose remarquable, toutes les espèces fossiles connues concordent complètement avec les formes vivantes, aussi bien pour les dimensions que pour la structure, en tant qu’on la connaisse, et surtout pour les fruits, qui sont souvent presque entièrement conservés. On peut admettre en conséquence, que, pendant la durée infiniment longue de son existence, ce type n’a subi aucune modification. Nous ne connaissons jusque maintenant aucune autre forme végétale, à l'exception peut-être des Equsetum, qui apparue en des temps si anciens, se soit maintenue jusqu'aujourd'hui dans tous ses caractères.
Les impressions bien conservées des plantes même, sont extrêmement rares et cela s’explique facilement si l’on songe à leur structure délicate ; on ne trouve d'ordinaire que de petits fragments, tant d'espèces à écorce que de formes sans écorce. Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, il n’est pas rare de rencontrer les restes des Characées en masses, sous forme de
\ roches, traversées dans toutes les directions par leurs tubes fins et articulés. Au contraire, les fruits sont bien conservés, on les trouve souvent en quantités innombrables dans les formations d’eau douce de la série tertiaire. Comme ces fruits manquent généralement de couronne, on ne peut distinguer s'ils proviennent du genre Chara ou du genre Nitella et l’on ne peut décider si les deux genres se trouvent à l’état fossile. Les fragments de tige pourvus d’écorce permettent toutefois de conclure à l'existence du genre Chara.
49 THALLOPHYTES. ALGUES
La détermination des fruits repose sur leur grosseur relative qui oscille entre 0,50 et 1,40 "", leur forme, et surtout sur le nombre de tours décrits par les cellules d’enveloppe; celles-ce1 portent des tubercules chez certaines espèces, et c’est un caractère qui n'a pas encore été observé chez les espèces vivantes. De même, on ne connaît plus, chez les formes actuelles, de fruits qui atteignent la grosseur de ceux du Chara tuberculata Lyell, ou Chara helicteres Brgt. (1,25 - 1,44").
La première fructification connue de Chara à été celle du Chara medicaginula Bret. (fig. 35), des meulières éocènes du bassin de Paris; elle avait été décrite et figurée par Lamark sous le nom de Gyrogonîtes (Ann. du Muséum, vol. IX) et rangée parmi les Foraminifères. C’est LÉMAN qui reconnut sa vraie nature (ibid. vol. XV).
On connaît en tout, jusque maintenant, environ 40 espèces de fruits de Characées: parmi lesquels il en faut en citer un du Muschelkalk de Moscou, un autre de l’oolithe d'Angleterre!
le Ch. Bleicheri Sap., dans l’ox-
Chara medicaginula Brgt. AUaTr de tige et de feuilles, fordien de Cajasc (départe-
grossi, éocène d'eau douce de Paris ?1. 2 sporange 2/1. ment du: Lot), le Ch. Jac-
Re oo ee DD g LLcard een Guierhiat ARS
6 Ch. inconspicua Heer. Miocène de Rochette. 7 Ch. Escheri (Wealdien ?) du canton de Neuf-
Hour. Miocene en châtel en Suisse; les Ch. medicaginula Bret., helicteres Bret., Lyelli Al. Br., tuberculata Lyell, qui caractérisent l’éocène inférieur d’eau douce du bassin de Paris et de l’île de Wight; le Ch. siderolithica Grép. marque le tertiaire inférieur de Delémont, dans le Jura suisse; le Ch. Voltzii Al. Br. caractérise l’éocène supérieur de Lobsann en Alsace; quelques autres espèces se trouvent encore dans l’éocène et l’oligocène; les autres appartiennent aux formations miocènes et pliocènes.
2° division: Algues incertæ sedis.
1* groupe: CONFERVITÉES. Algues filiformes, (Confervites Brgt.) | Ce groupe renferme toutes les Algues fossiles dont l'aspect extérieur rappelle les Confervacées, sans que l’on puisse, toutefois, affirmer qu’elles
! Je ne sais si ces deux espèces ont été nommées et décrites.
CHARACÉES 43
doivent être rangées dans ce groupe. Il y a, en effet, dans le monde actuel, une quantité d’Algues, habitant aussi bien l’eau salée que l’eau douce, qui possèdent le même aspect, sont formées comme les Conferves 2 2 d’une simple série de cellules, mais qui appartiennent à des genres et à PP des familles très différentes. Même, sur nombre d’empreintes délicates que beaucoup d’auteurs ont considérées comme des Conferves, on ne peut dire, avec certitude, si les filaments sont formés d’une seule ou de plusieurs rangées de cellules.
Les formes dont nous parlons, se présentent tantôt comme empreintes sur la roche, tantôt comme des tubes capillaires produits dans les tufs calcaires, sous l'influence des algues filiformes qui correspondent à ces tubes; on les rencontre aussi dans les concrétions d'oxyde de fer hydraté qui ont pris naissance par la même voie chimique. De semblables travertins à tubes fins ne sont pas rares dans les formations tertiaires (ex.: Confervites incrustans Ludw.*) dans le calcaire miocène à hydrobia de Francfort sur le Main, C. callosus Ludw. du calcaire miocène, de Francfort, Oppenheim; j'ai moi-même observé de semblables travertins entièrement formés de tubes capillaires, dans le calcaire oligocène d’eau douce. Ce que l’on appelle Papierkohle, dans les lignites, est parfois formé en grande partie, d’Algues filiformes. L’on sait que les travertins d’Italie sont dus principalement à la présence d’Algues d’eau douce qui se transforment en carbonate de chaux, en enlevant de l’acide carbonique au bicarbonate que contiennent les sources chaudes?. Les Algues filamenteuses en réduisant le bicarbonate de chaux agissent de la même manière que les Bacillariacées, agents fixateurs de la silice et jouent un rôle qui n’est pas sans importance, dans la formation de la croûte terrestre.
Nous ne savons rien de l’existence d’Algues filamenteuses dans les terrains de transition. HeEr décrit et figure sous le nom de Confervites Padella une fort petite algue marine filamenteuse du Lias, et une autre espèce, également marine, du Lias de Ganei (C. alpinus*). L’une et l’autre laissent subsister de grands doutes au sujet de leur position systématique. Au contraire, il n’est pas rare d'observer des empreintes très ressemblantes à des Conferves dans les formations tertiaires, surtout dans celles qui sont dues à l’eau douce, mais celles même qui sont les plus nettes ne se prêtent pas à une détermination précise et aucune d'elles ne peut servir à fixer l’âge de la roche dans laquelle elle est enfermée.
1 LupwiG, Foss. Flora à. d. mittl. Etage der Wetterau — rhein. Tert.-Format., in Palæontogr. Vol. V, p. 135, t. XX VII.
2? Conn, Entstehung der Travertine in den Wasserfällen von Tivoli (Jahrb. f, Geolog. und Mineral. 1864).
3 F1. foss. Helvet. p. 108.
44 THALLOPHYTES. ALGUES
2° groupe: CAULERPITEES.
Thalle plus ou moins ramifié, plus ou moins robuste, pourvu d'écailles épaisses ou d'excroissances foliiformes, celles-ci parfois disposées en verticille.
Ces Algues, présentent quelque ressemblance avec les Caulerpées vivantes par leurs caractères extérieurs; l’état d’incomplète conservation dans lequel elles se trouvent, ne permet pas de décider quelle était leur structure interne.
Keckia Glock. Thalle formé d'une tige cylindrique, plusieurs fois ramifiée, qui paraît avoir été solide; branches se détachant à angle aigu, simples ou ramifiées, s’épaississant d'ordinaire progressivement vers le haut, recouvertes de bourrelets qui ont presque la forme d’écailles, semi-amplexicaules, appuyés les uns sur les autres sur l'empreinte fossile à la facon des tuiles d’un toit, ou, marqués, lorsqu'ils sont déchirés, par deux lignes en forme de croissant soudées par leurs extrémités et écartées en bas. Cette disposition semble montrer que ces bourrelets étaient creux, la ligne arquée supérieure, qui est convexe, correspondant à la face antérieure de l’appendice, et la ligne inférieure, concave, correspondant à sa face postérieure (voyez une de ces empreintes in Heer, Flora foss. helvet. pl. LXIX, fig. 4).
La forme typique de ce genre est le X. annulata Glock. (N. acta Nat. curios. XIX Suppl. 2) du Quadersandstein de Moravie (Cénomanien), à laquelle Scxar- HÂUTL et FISCHER-OosTrErR ont rapporté, à tort, une espèce de moïndre taille et très différente par ses caractères généraux, le Müänsteria annulata Schafh., du Flysch. Au contraire, le M. Schneideriana Güpp., du Quadersandstein de Silésie pourrait n'être qu'une portion inférieure plus grande du K. annulata.
À ce genre appartiennent vraisemblablement le Mänsteria cretacea K.-0., épais de 2°*, avec des impressions paraboliques de squammes, du crétacé supérieur de la chaîne du Stockhorn; M. Hæssi Sternb. du grès de Vienne et du Flysch; M. nummulitica Heer avec des empreintes moins paraboliques de squammes, et les formes plus petites, Caulerpites candelabrum et pyramidalis Sternb. (deux formes bien voisines) du grès de Vienne.
Le fossile de forme simple, cylindrique, parfois enroulé en corne de bélier, plissé superficiellement et en travers, appartenant au Flysch et figuré par H£Er (loc. cit.) sous les noms de Münsteria caprina, Hæssü (pl. LVI fig. 6) et bicornis, semble n’appartenir ni au genre Keckia ni aux Münsteria; il serait préférable d'en faire provisoirement un genre indépendant dans le groupe des Cylindritées.
Une forme très problématique, qui trouverait peut-être sa meilleure place dans ce groupe, est le genre: -
Hydraneylus F.-0. D'une tige cylindrique RTS des rameaux courts, épais, élargis vers le haut, qui se recourbent en crochet vers le bas. Toute la plante est fortement plissée en travers. Il est difficile de dire si les plis existaient pendant la vie, ou s'ils sont seulement le résultat de la compression d’un thalle creux.
Cette forme remarquable d’Algue se rencontre dans le grès de Vienne (Mün- Steria geniculata) en formes petites et plusieurs fois divisées; on observe dans le Flysch de la Suisse, le Hydr. hamatus F.-0. qui a de 2'/2 à 4° de large.
CHARACÉES 45
Phymatoderma Brgt. (fig. 36). Plante cylindrique, plusieurs fois dichotome, ramifiée et buissonneuse, vraisemblablement de consistance solide à l’état vivant, recouverte d’appendices squammiformes, imbriqués par suite de la pression ou plus ou moins écartés, appendices qui rappellent les excroissances papilleuses de quelques Caulerpa; le port de la plante est celui du Codium tomentosum, qui, on le sait, appartient aux Caulerpées.
L'on a décrit jusqu'ici trois espèces dans ce genre, l’une, la plus anciennement connue, Ph. liasicum Sch. (Fucoides granulatus Schloth.) du lias supérieur, recouvre et pénétre les schistes marneux bleus, dans toutes les directions et sur une épaisseur considérable; une marne blanche, fine s’est substituée au végétal dont l'empreinte tranche ainsi sur le fonda. Cet - Algue, très caractéristique pour le lias supérieur, est surtout abondante à Ohmden, Metzingen etc. en Wurtemberg. Une seconde espèce Ph. cœlatum Sap., de l’oxfordien, est plus petite, plus grêle, avec des excroissances moins saillantes mais plus larges. Je considère comme une troisième espèce l'Algue du Flysch décrite dans mon Traité de Paléontologie végétale sous le nom de Caulerpa arcuata; elle est caractérisée par sa fronde très divisée dès sa base, dont les branches presque falquées, plusieurs fois bifurquées, sont recouvertes de petits écailles aplaties, serrées les unes contre les autres.
L'on ne saurait dire encore si les deux genres suivants doivent être rangés dans ce groupe:
Gyrophyllites Glock. (fig. 37). Fronde formée d’une tige arrondie, flasque et d’un large verticille foliaire terminal,
Fig. 36.
Phymatoderma liasicum Sch. Schistes liasiques supérieurs de Boll.
A6 THALLOPHYTES. ALGUES
Ces plantes ont quelque ressemblance avec les Annulariées, mais elles s’en distinguent facilement par leur tige flasque, inarticulée, et par les folioles moins régulières qui se détachent de la plaque qui termine la tige.
Il n'existe, dans la flore algologique actuelle, aucune forme que l’on puisse comparer à celle-ci.
La première espèce connue de ce genre fondé par Gzocxer (N. acta Ac. Leop. Carol. XIX Suppl. 2) appartient au Quadersandstein inférieur de Moravie. Elle porte, d'après la localité où on la trouve, le nom de
1 Gyrophyllites Re 2 G. pusillus H, & HR a ss FREE ds Re
de 10 appendices d’égale, dimensions et de même formes en massue allongée, qui paraissent avoir été de consistance charnue.
Hger dans son Flora foss. helvet. ajoute six espèces à ce genre; trois d’entre elles appartiennent au Lias et trois au Néocomien.
Discophorites Heer. Fronde formée d’un axe médian long, grêle sur lequel sont insérés plusieurs verticilles d'appendices longs, arrondie, réunis à leur base en un large disque, avec des entre-nœuds plus ou moins longs.
Très voisin du genre précédent, si on ne doit pas l’y réunir.
Les deux espèces connues proviennent du Néocomien du canton de Fribourg.
Il existe une forme d’Algue marine connue sur le nom de Constantinea Post. et Rupr., dont KüTzinG donne la diagnose suivante: Phycoma caulescens foliosum. Caulis teres, ramosus, annulatus, annulis superioribus foliiferis. Folia crassa, orbiculata, centro cauli pertusa, terminalia peltata (integra vel fissa).... Structura Euhymenie. s
Les formes fossiles dont il est ici question doivent-elles être rapprochées de cegenre actuel qui appartient aux Floridées? Il le semblerait d’après cette diagnose, du moins pour ce qui concerne los caractères extérieurs.
3° groupe: (HORDOPHYCÉES (Schnuralgen).
Algues non ramifiées d'ordinaire, longues, demi-cylindriques, rubanées, moniliformes, pourvues d'excroissances serrées, égales, en forme de vésicules, d'écailles ou de feuilles, disposées ordinairement en deux séries latérales, plus rarement en un plus grand nombre de séries et recouvrant toute la surface, ou réunies en une bande étroite disposée en spirale autour de la tige.
Ces remarquables fossiles qui recouvrent certaines roches de leurs rubans sinueux sous forme d'empreintes en creux ou en relief, et'qui se trouvent souvent en grande quantité, ont été prises par la plupart des paléontologistes, soit pour des traces d’Annélides, soit pour des Annélides même imprégnées par la substance rocheuse. Mais les appendices latéraux de l'empreinte sont trop nettement marqués sur la roche, pour que le doute puisse subsister au sujet de leur nature et pour qu’on puisse les attribuer au mouvement sur le sable ou dans la boue des lames branchiales, parapodes
CHARACÉES 47
ou soies que possèdent ces animaux. Ces empreintes, dans la progression du corps, se seraient forcément brouillées. On ne peut pas davantage les attribuer au corps même des Annélides, car, toutes les formes connues de ces animaux ont le corps de nature molle, et elles auraient été écrasées dans l’enfouissement. — Les fossiles dont nous parlons sont si nettement empreints dans la roche, qu'ils ne peuvent provenir que d’un organisme assez résistant. Disons encore que l’on na jamais trouvé chez ces Néréides présumées une tête pourvue des tentacules caractéristiques, ni les armatures buccales cornées, le plus souvent fortement développées chez ces êtres, et qu’on trouve cependant chez les Annélides conservées dans les schistes de Solenhofen. Ces dernières quoique enveloppées par des sédiments très fins, sont loin de présenter les contours nets que nous observons chez les Phyllochordées. L’extrémité antérieure, lorsqu'elle existe, consiste en un lobule arrondi sans aucune trace d’organe.
Une autre particularité s'oppose aussi à ce que l’on considère ces fossiles comme provenant de Néréides: c’est leur grande: taille d’ordinaire, ils ont en effet plusieurs pieds de longueur et atteignent même parfois, plusieurs toises d’après Murcxisox. On sait que la plus grande forme connue d’Annélides le Lumbriconereis gigantea Quatref. ne dépasse pas 0,60.
Pour ce qui concerne les appendices latéraux, considérés comme lames branchiales, parapodes ou soies, disons qu’il n'y a même pas là de ressemblance éloignée avec les Annélides. Ces appendices qui se rattachent directement au corps par une large base, étaient solides, plus ou moins épais, parfois presque vésiculeux et il est à remarquer qu'ils ne se détachent pas toujours uniquement des côtés, mais Ça et là de tout le corps. Ils forment même une spirale continue dans l’un des genres. Des parapodes avec soles qui existent sous les lames des Néréides, il n’y a ici aucune trace.
La circonstance que ces fossiles se rencontrent dichotomisés, fixe d’une façon décisive leur nature végétale, HEEr à fait connaître une espèce dont la pointe est plusieurs fois ramifiée et LupwiG à figuré un exemplaire (fig. 38 et 39?) dont la base offre une large expansion en forme de thalle. On peut aussi à peine admettre que des Annélides aient vécu en aussi innombrables colonies, pour former au fond de la mer des amas comme ceux des Chordophycées.
Il résulte de tout ce que nous venons de dire, que ces êtres anciens, disparus du monde actuel, ne sont ni des Phyllodoce ni des Néréides comme l’admet GæerniTz', et qu’il ne faut pas y voir les précurseurs des Echinodermes comme HÂcxkeL l’a pensé.
1 GeInirZz, Die organischen Überreste im Dachschiefer von Wurzbach bei Lobenstein, in Act, Nat. Curios. 1866,
48 THALLOPHYTES. ALGUES
Ajoutons qu'il faut laisser dans le doute la question de savoir si ces plantes sont voisines des Caulerpacées, ou si elles forment un ordre ou une famille indépendants.
On peut réunir les diverses formes dans les genres suivants:
Phyllochorda Sch. (fig. 38). Fronde très longue, large de 8-20" décrivant de multiples ondulations; appendices opposés d'ordinaire, en deux séries, ovales, arrondis, aplatis ou renflés en vésicule, généralement de dimensions uniformes; les appendices vésiculeux recouvrent parfois tout le corps; celui-ci est con-.
cave et forme un sillon sur l’empreinte, tandis que les appendices sont convexes ou au moins saillants.
Nereites Mac Leay, Phyllodoeites Gein. — Delesserites Ludw. — Caulerpites Eichw.
Il faut rattacher ici:
Nereites Sedgwiekii et cambrensis Mac Coy, du silurien du pays de Galles et de l’Ecosse; Ner, Loomisi Emm., de la même formation dans l'Amérique du Nord, de Wurzbach en Thuringe (d'après Grinirz), du pays de Saalfeld (Nereiteiden RicaTER); HALL pistes d’Annélides (Nat. hist. of New- York II, pl. 13, fig. 2); Caulerpites pennatus Eichw., du vieux grès rouge de St-Pétersbourg; Delesserites sinuosus, gracilis et foliosus Ludw., du dévonien supérieur (ou du Culm?) de Thuringe et du Rhin; chez cette dernière espèce les excroissances sont épaisses, en forme de feuilles, ovoïdes, acuminées, imbriquées, rappelant cer-
+ taines Caulerpées. Nommons, dans les
Phyllocorda sinuosa Ludw. sp. Devon. sup. Thuring. formations ultérieures, les Gyrochorda vermicularis Heer, du jurassique brun, et peut-être le Caulerpa Lehmanni Heer, du Néocomien.
Gyrochorda Heer. Rubans étroits, fortement convexes, large de 2-4"", gisant parfois amassés les uns sur les autres, pourvus d’appendices latéraux étroits, ovales, disposés en deux séries, d’égales dimensions, dirigés en avant, imbriqués de façon qu'ils paraissent soudés entre-eux (peut-être le sont-ils en réalité ?), le ruban tout entier paraissant être une tresse, par suite de la demi-torsion que présentent les appendices, — ce qui explique le nom de tresses que les géologues ont donné à ces formations.