‹ Traité de paléontologieChapitre 67 sur 183 · SAN · texte numérisé non relu

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Fig. 206.

Geinitzia formosa Heer. «a Branche feuillée, b fragment d'une branche plus vieille, c cône coupé longitudinalement, 4 fragment d’un cône, montrant sa surface extérieure. Quedlinbourg. (D'après nature.)

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie t, IT. 19

290 ARAUCARIEÆ

Heer, où il est représenté par un fragment de cône, avec l'aspect caractéristique de celui de Geinitzia. Les cônes décrits par M. Lesquereux (Tertiary Flora, Washington 1878) comme cônes d’une Sequoia (pl. 65 fig. 5), et les restes de rameaux représentés (pl. 61 fig. 28. 29) comme rameaux vieux de S. longifolia, appartiennent je pense, à (reinitzia ; ainsi le genre serait aussi représenté dans le Tertiaire. M. Lesquereux (Cretaceous Flora) signale la présence dans le Crétacé de l’Amérique du nord, d’écailles strobilaires provenant du groupe de Dakota, près Sioux City; elles sont voisines de celles de Geinitzia. Les fragments déterminés comme graines par HEER, me semblent les écussons d'’écailles isolées. Araucarites spathulata Newb. (HayDeN, Illustr. of the cretac. Flora, Washington 1878) du Crétacé de Nebraska, Abietites dubius Lesqx. du Tertiaire de l'Amérique nord (Teït. Flora, pl. VII fig. 19-23), et surtout Sequoia biformis Lesqx. (pl. LXXII fig. 15-18), appartiennent peut-être aussi à Geinitzia, tandis que l’'exemplaire figuré pl. VIT fig. 24, semble être un fragment de branche d’une Cunninghamia.

BRACHYPHYLLUM Brongniart (MOREAUIA Pomel).!

Branches avec rameaux alternants, dressés obliquement; feuilles spiralées, contigües, courtes, épaisses, à large base, leur sommet émoussé est tourné en dedans, elles sont carénées sur le dos, portent une glande en dessous du sommet; elles laissent sur les vieux rameaux, par suite de leur accroissement en épaisseur, une cicatrice rhombique ou héxagonale, rhombique après la chute, avec la trace des faisceaux.

Les restes de cette Conifère, en supposant que toutes les formes ici réunies appartiennent réellement à ce genre, se trouvent depuis le Rhétien et l'Infralias, jusque dans le Jurassique supérieur et le Wéaldien ; ils se distinguent très bien par leurs feuilles épaisses, courtes, contigües, et recouvrant le rameau comme des écussons. Leur parenté est encore douteuse, parceque nous n'avons pas une Connaissance assez éxacte des cônes appartenant à ces rameaux; cette notion est indispensable pour fixer leur place parmi les Conifères fossiles ou vivantes.

D'après M. Hger les cônes ont un court pédicelle, ils sont terminaux, sphériques, leurs écailles possèdent des écussons héxagonaux contigus, et présentant une excavation en leur milieu (fig. 207). Quand ils sont mûrs ils restent attachés au

Fig. 207.

Brachyphyllum insigne Heer. Jurassique moyen de Sibérie, Ust Balei. (D'après Heer.)

1 Her, Flora foss, arct, t. IV. — SarorrA, Paléontologie franc. t, III. — SCHIMPER, Traité t, IT,

à ue

BRACHYPHYLLUM. ECHINOSTROBUS 291

rameau. Par contre, M. DE SAPpoRTA rapporte à ce genre, des cônes pas très grands, ovoïdes ou allongés, avec des écailles nombreuses, se recouvrant étroitement, carénées sur la face dorsale vers le haut, lancéolées ou présentant une apophyse rhomboïdale; ces écailles portent chacune 1-3 graines petites, renversées, avec une aile étroite sur un côté; ces cônes restent attachés aux rameaux, et les écailles persistent sur l’axe. D’après cela, M. DE SaporTa place naturellement les Brachyphyllum dans son groupe des Walchiées ; M. H£Er au contraire les range parmi les Taxodinées, et on doit bien adopter sa manière de voir, puisque ses dessins montrent le développement des écailles strobilaires caractéristique du genre Sequoia. Comme ces cônes appartiennent à des rameaux dont les feuilles présentent les caractères du genre Brachyphyllum Brongt., et ceux même de l'espèce typique, les échantillons figurés par M. H#er doivent appartenir à ce genre ; ceux de M. DE Saporra (à l'exception des cônes de B. Moreauanum Sap.), comme une partie de ceux que M. Herr réunit à Brachyphyllum, paraissent appartenir à un autre type. D’après M. pe Sarorra, les fleurs mâles sont petites, ovales ou sphériques, avec des étamines serrées et se recouvrant l’une l’autre, le limbe de ces étamines est lancéolé.

On connaît un assez grand nombre d'espèces: PB. Papareli Sap. (Mende) appartient au Rhétien et à l’Infralias, B. Delgadonum Hecr au Lias supérieur du Portugal, B. mammillare Brongt. (B. Phillipsii Schimp.) l'espèce typique, à l'Oolithe de Scarborough et de Whitby, B. Desnoyersii Sap. (B. mammillare Schimp., Mammillaria Brongt.) à l'Oolithe de France (Mamers, Etrochey); dans le Jurassique de Andô en Norwège on trouve B. boreale Heer, dans celui de Sibérie (Ust Balei), B. insigne Heer (fig. 207), dans le Jurassique supérieur (Corallien, Kimméridgien) d’Allemagne et de France, B. Moreauanum Sarp. (Verdun, St-Mihiel), B. Jauberti Sap. (Chateauroux), B. Nepos Sap. (Arthrotaxites Unger ex p., B. mammillare Schimp.), B. gracile Brongt., ces 2 dernières d'Armaille, Cirin, Nusplingen, Solnhofen; B. micromerum Heer des mêmes assises du Portugal, PB. obesum Heer et B. corallinum Heer du Wealdien du Portugal. FEISTMANTEL mentionne également dans les formations jurassiques de l'Inde orientale ce genre: Brachyphyllum mammillare Feistm. de Jabalpur, certainement différente de l’espèce de BronGnrarT, probablement identique d'après M. NarxorsT avec une espèce qu’il trouva à Scarborough; il y à une autre espèce à Madras, que je crois une Cheirolepis. En raison de l'incertitude qui règne au sujet de la délimitation de ce genre, j'ai réuni ici les espèces que MM. pe Sarortra et HEEr rapportent à Brachyphyllum, bien qu'une partie d’entre elles doivent plus tard passer à une autre place.

ECHINOSTROBUS Schimper (emend.).!

Branches étalées à rameaux alternants, distants, couverts de nombreuses feuilles. Feuilles disposées en spirale, courtes, serrées, se recouvrant, ovales, pointues, décurrentes à la base. Fleurs inconnues. Cônes sphériques, à l’extré-

1 SCHIMPER, Traité t, II p. 330, — SarorraA, Paléontologie franc. t. II p. 530. ; 19*

292 ARAUCARIEÆ

mité de rameaux courts latéraux. Ecailles strobilaires avec un prolongement

pointu, conique, sur le dos.

Comme tant de Conifères des schistes lithographiques de Solnhofen, il fut successivement décrit comme Caulerpites, Thuyites, Baliostichus, jusqu'à ce

dl l ï AN ù \ it ( FA

Fig. 208.

Echino trobus Sternbergi Schimp.

Schistes lithographiques de Solnhofen. (D'après Saporta.)

qu'Uxcer le reconnût pour une Conifère et le désigna sous le nom de Àythrotaxites lycopodioides ; il fut distingué, comme genre particulier, par M.

SCHIMPER, et enfin nettement défini par M. DE S1- PORTA. En outre de la disposition spiralée de ses feuilles, ce genre est aussi caractérisé par la structure de son cône, dont les écailles strobilaires portent en dehors une pointe conique, assez forte.

L'état de conservation des cônes ne permet pas de décider sûrement, si la pointe conique appartient à l’écaille ovulifère ou à

J'écaille protectrice? La

comparaison de ces cônes avec ceux d’Arihrotaxis ne permet pas de rapprocher Echinostrobus de ce genre. Ce genre Æchinostrobus est limité au Jurassique supérieur, et on n’en connaît qu'une seule espèce Æ,. Sternbergi Schimper (fig. 208), des schistes lithographiques de Solnhofen et du Kimméridgien inférieur de Creys (Isère).

Ce genre est aussi cité. dans l'Inde par M. FrisrMANTEL, avec 3 espèces: ÆE. rajmahalensis, E. expansus, E. rhombicus de la Série Rajmahal, Kach, Jabalpur, Madras, South-Rhewabassin. Mais à en juger par les dessins, les exemplaires des divers gisements ne paraissent pas identiques, et de plus ils semblent se

ECHINOSTROBUS,.* CYPARISSIDIUM 293

rapprocher d’autres genres, tels que Brachyphyllum au sens de MM. BronGnrarT et DE SAPORTA, ainsi que de Pagiophyllum et de Cyparissidium.

Sous le nom de Sequoiopsis, M. pe SaporTA réunit des fragments de rameaux de Conifères, qui rapellent, Arthrotaxis et Widdringtonia, par leur aspect, par la disposition spiralée des feuilles; ils se rapprochent aussi des Séquoiées à feuilles courtes et squamiformes. Leur gisement est le Corallien de Creue près de St. Mihiel, is sont caractérisés par une ramification irrégulière et par des feuilles disposées en spirale, courtes, se recouvrant lâchement, lancéolées, pointues, légèrement recourbées sur le dos; on distingue deux espèces: $. Buvignieri Sap. et S. echinata Sap. (Sarorra, Paléontologie franç. II. p. 539).

CYPARISSIDIUM Heer !.

Rameaux grêles, alternes, à feuilles spiralées, imbriquées, serrées. (Cônes ovoïdes; écailles strobilaires disposées en spirale, se recouvrant à la base, coriacées, divergeant au sommet, munies d’une pointe courte; sous les fleurs femelles, ovoïdes, composées de nombreux carpelles, et sous les cônes, se trouvent des bractées disposées en spirales.

M. Hxer réunit sous ce nom des rameaux de Conifères qui se rapprochent de ceux de Arthrotaxis et de Widdringtonia ; ils ont la même disposition des feuilles, la même forme et la même ramification, mais ils diffèrent beaucoup par la structure du cône. Celui-ci rappelle les cônes de dimensions plus petites des Cunninghamia ; si suivant l’opinion de Hger il n'existe qu’une graine. ronde, ce genre qui diffère tant son aspect des Taxodinées, prendrait plutôt place à côté de Cunninghamia parmi les Auracariées; notons en outre que l’on ne FOR rencontre chez lui aucune trace, 4 siaium Ne Se a Routes D de cette excroissance que portent plus vieux, e cône, d fleur mâle, e fleur femelle, j fleur les écailles strobilaires des Taxo- femelle grossie. Crétacé inférieur (couches de Kome) Groën-

Ur land (d'après Heer).

dinées.

Ce genre a été rencontré dans le Rhétien et dans les formations crétacées : une espèce, C. septentrionale Nathorst, dans le Rhétien de Palsjô et Biuf; C. gracile Heer (Widdringtonites gracilis Heer) (fig. 209) a été trouvée au Groënland depuis

il nn,

1 Heer, Flora foss. arct. t. III. VI. VII.

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