‹ Traité de paléontologieChapitre 74 sur 183 · JUNIPERUS · texte numérisé non relu

JUNIPERUS

Kingsbai au Spitzberg, contient J. rigida Heer (fig. 22844), voisine de J. nana (fig. 228c) (Sect. Oxycedrus) du nord de l'Amérique ; au Miocène du Groënland appartiennent J. gracilis Heer et J. tertiaria Heer, cette dernière n'étant pas autre chose, à mon avis, que Sequoia Sternbergi, et la première différant des Juniperus vivants, de la division Oxycedrus, par ses feuilles émoussées. M. GürpERT a décrit dans les couches succinifères du Samland, comme Juniperites Hartmannianus une fleur mâle, qui peut appartenir au genre Juniperus, par la forme du limbe de l’étamine; on connaît dans le Forest-Bed (Interglaciaire) de l'Ohio, Juniperus virginiana (fig. 228/2%). Si l'interprétation des rameaux rapportés aux Juniperus est juste, l’histoire de ce genre est la même que celle des autres genres de Cupressinées; on voit en outre que le groupe Sabina apparût dès le Crétacé supérieur, et que les deux groupes du genre éxistaient déjà à l’époque tertiaire. ‘

! Addenda :

. (À la page 262.) M. SCHMALHAUSEN décrit dans les lignites de Jekaterinpolje dans le Gouv. de Kiew et dans le grès éocène de Mogilno en Volhynie, (Palæontologische Abh. von Dames und Kayser, Heft IV. Berlin, 1883), des feuilles de Podocarpus, qui sont identiques à P. suessoniensis Watelet, et P. Apollinis Ettingsh. M. GARDNER cite (A Monograph of the british eocene Flora. Vol. IL. 1. London, 1883) Podocarpus eocænica Unger, de BorNEMoOUTH, ALUM Bay, HoorpweLz, MuLz et ANTRIM; Podocarpus (?) incerta Gardner, de BORNEMOUTE, parait plutôt une Cycadée. Podocarpus elegans Gardner d’ALuUM Bay est le Sequoia Langsdorfi Heer.

Au sujet de Taxus baccata L. il faut ajouter que des graines ont été trouvées, dans les schistes charbonneux interglaciaires de Durnten.

Il faut remarquer à propos de Æuwryphyllum Feistm. p.262, que M. SCHMALHAUSEN (Pflanzenpalæontologische Beiträge, in Mélang. biolog. t. XI. 1883) range son genre Rhiptomites (Rh. Güpperti Schmalh.) non pas parmi les Cycadées, mais bien parmi les Cordaitées ; en effet rien ne prouve que ces feuilles spatuliformes, à nombreuses nervures serrées, de même grosseur, divergeant vers le haut, très dichotomes, soient des feuilles pennées; on observe au contraire entre les nervures longitudinales, des liaisons transverses, et la forme des feuilles est en outre voisine de celle de beaucoup d’espèces de Cordaites. Des feuilles analogues à celles-ci désignées également par M. SCHMALHAUSEN comme Rh. Gôüpperti, ont été trouvées dans le Carbonifère inférieur du nord-ouest de la Mongolie, sur le fleuve Chara-Tarbagataï, et sur le versant occidental de lOural; ces couches forment le passage du Houiller au Permien (grouppe d’Artin).

M. SCHMALHAUSEN réunit les genres Rhiptozamites et Nôggerathiopsis de Feistmantel (Foss. Flora of Talchir etc., 1879; Foss. Flora of Damuda and Panchet group, 1880; Foss. Flora of the South Rewah Bassin, 1882). Je partage ces vues de M. ScHMaLt.- HAUSEN concernant l’identité de Rhiptozamites et Nüggerathiopsis, et leurs relations avec les Cordaïtés; mais pas pour les mêmes raisons, attendu que je considère leurs réticulations; comme résultant de l’état de conservation; je partage ces vues parce que les feuilles sont voisines de celles de Cordaites et de Feildenia, et que M. ZEILLER (Examen de la flore foss. du Tonkin. Paris, 1882) a observé, associé à des feuilles de Nôüggerathiopsis, un morceau de branche très ressemblant aux rameaux des Cordaites, pu les cicatrices transverses laissées par les feuilles. D’après M. FEISTMANTEL, on trouve non seulement ces feuilles dans l’Inde orientale, mais encore dans le New South-Wales, dans les couches houillères inférieures de Greta (New-Castle-beds), elles y sont accompagnées d’une faune paléozoïque marine (Palæontogr. Suppl. III. 1878-79).

320 ABIETINÉES

Si les fossiles décrits comme Cordaites, Euryphyllum, Rliptozamites, Nôggerathiopsis, Feildenia sont réellement des termes d’un même groupe, ou s’explique facilement l’apparition des Feildenia dans le Tertiaire.

(A la page 269. Dammara.) Fossiles rarement observés. M. SCHMALHAUSEN- à décrit récemment dans de grès de Mogilno, des cônes et des écailles strobilaires qui peuvent être regardés d’après la forme des écailles, et la présence d’une seule graine sur l’écaille, comme appartenant à ce genre. Ils sont désignés sous le nom de D. Armaschewskii Schmalh. L’Araucaria cité par M. GARDNER dans l’argile de Londres, est le Sequoia Sternbergi Heer, que M. GARDNER regarde en partie du moins, comme étant un Araucaria. M. GARDNER a figuré en outre un fragment de rameau feuillé rapporté dubitativement à Dammara.

Cunninghamites borealis Heer des couches d’Atane du Groënland, - rapporté p.274 à une Sequoia, doit plutôt être rangé parmi les Torreya; dans ce genre en effet, les stomates disposées sur une large zône, à droite et à gauche de la nervure médiane de la face inférieure de la feuille, surmontées par des prolongements pédiformes des cellules épidermiques, donnent la figure que l'on trouve grossie dans H&Er. |

Page 286. Taxodium eocænum Gardner (Bonrnemouth) n’est pas différent de Glyptostrobus europæus Heer; Sequoia Towrnalii et une partie des exemplaires représentés comme Cupressites taxiformis par M. GARDNER, appartiennent à S. Langsdorfii Heer ; d’autres exemplaires de cette espèce, appartiennent à Sequoia Couttsiæ Heer; Libocedrus adpressa Gardner de BromBy est un Callitris Brongniarti. M. SCHMALHAUSEN a figuré Sequoia Couttsiæ ainsi que des fleurs mâles de Frenela, provenant des grès de Jekaterinopolje et de Mogilno. Ce Sequoia Couttsiæ de Mogilno, si le cône appartient bien aux rameaux, est pour moi le S. Sternbergi. On a trouvé dans largile à Spondylus de Kiew, S. carbonifera Rogowicz. An genre Echinostrobus, appartient sans doute Brachyphyllum (?) australe Feistm., des couches houillères supérieures des New-Castle-beds dans le New-South-Wales (tab. XVI.

ABIETINEZÆ.!

Arbres avec branches verticillées, rameaux bilatéraux. Feuilles disposées en spirale, vertes, soit plates, linéaires, à court pétiole, avec disposition bilatérale par torsion du pétiole, soit pointues, obtusément quadricarénées, dirigées obliquement, ou bien membraneuses, non vertes, tombant dans la même période de végétation, et portant à leur aisselle des rameaux courts avec deux et jusqu’à cinq feuilles plus ou moins longues, linéaires, semi-circulaires ou triangulaires; parfois les rameaux courts se développent aux aisselles des feuilles ordinaires, persistent longtemps ou tombent annuellement, ou bien ils portent des feuilles pointues persistant plusieurs années. Bourgeon recouvert de nombreuses feuilles membraneuses, disposées en spirale. Fleurs monoïques, terminales. Fleurs mâles disposées en spirale sur un axe pourvu de bractées; ces fleurs portent de nombreuses étamines ; elles sont isolées ou réunies en groupe à l’aisselle des feuilles, ou en grappes à l’aisselle de feuilles membraneuses, à la base des pousses annuelles, ou terminales au sommet de pousses courtes. Etamines avec deux sacs polliniques, le sommet du connectif est tuberculeux, arrondi ou allongé,

Traduction de M. Queva.

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ELATIDES 321

souvent dentelé. Pollen avec deux sacs à air latéraux, ou sphérique ou ovoïde. Prothalle composé le plus souvent de deux cellules. Fleurs femelles aux extrémités de rameaux latéraux courts. Carpelles nombreux, disposés en spirale ; le carpelle porte à sa base une proéminence placentaire, d’abord située à son aisselle, puis déplacée par suite d’un accroissement intercalaire. Sur cette proéminence placentaire, à droite et à gauche de la région moyenne développée en un plus ou moins longue pointe, se trouve un ovule d’abord dressé et plus tard renversé. Après la fécondation, la proéminence placentaire se développe rapidement, se lignifie (écaille ovulifère), tandis que le carpelle (écaille protectrice) arrête sa croissance : de là résulte sur les graines mûres la présence d’une feuille plus petite et plus étroite, qui manque parfois. L’écaille ovulifère subit pendant son développement des changements ultérieurs ; sa partie supérieure s’épaissit et devient quadrangulaire ou hexagonale par pression sur les bords, ou bien l’épaississement est limité au sommet, ou il ne se fait pas. La base se prolonge parfois en un pétiole. Les écailles strobilaires sont caduques ou persistantes, puis le cône se détache. Les graines sont au nombre de deux, pourvues ou non d'ailes.

Les feuilles de presque toutes les Abiétinées ont un coussinet foliaire appartenant à l'écorce et qui subit la même croissance que cette partie de l'arbre; il change par conséquent de forme dans le cours du développement du rameau. Suivant les différentes formes, ce coussinet est visible plus ou moins longtemps sur les rameaux, jusqu’à ce qu’il disparaisse par suite du développement progressif de l'écorce. Pour juger de l’état primitif des rameaux fossiles comme de leur rapport avec un groupe déterminé, on doit prendre ce caractère en considération. Chez la plupart des formes appartenant aux Abiétinées, les feuilles persistent plusieurs années, puis elles tombent, et une grande partie, sinon la plus grande, des feuilles trouvées jusqu’à ce jour sont des feuilles ainsi tombées. Les écailles des bourgeons persistent longtemps à la base des pousses annuelles, ou bien ce sont, comme chez les pins, les feuilles membraneuses développées à l’aisselle de rameaux courts qui fonctionnent comme organes protecteurs et tombent bientôt. Les rameaux courts manquent aux feuilles situées à la base de la pousse. Souvent sur les exemplaires vieux, les feuilles primitivement membraneuses se développent comme des feuilles vertes; ces feuilles, ainsi que les branches courtes, font défaut sur les jeunes plantes, qui portent des feuilles disposées en spirale.

Avant d'aborder l'étude des divers groupes du genre Pinus et des formes fossiles présentant une plus ou moins grande ressemblance avec ce genre, mentionnons encore certaines plantes fossiles qui doivent être rapportées en partie aux Abiétinées, en partie aux Taxodinées, et qui cependant, je le pense, ne peuvent rester dans l’un ni dans l’autre de ces groupes. Ce sont les fossiles décrits sous les noms d'Ælatides Heer et de Palissya Endlicher.

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. IT. | 21

329 ABIETINE Æ

ELATIDES Heer.!

Rameaux garnis de feuilles disposées en hélice, linéaires, acuminées, falciformes et recourbées en dedans, décurrentes à la base. Cônes ovoïdes ou cylindriques, écailles strobilaires nombreuses, petites, disposées en hélice, se recouvrant l'une l’autre, coriaces, lisses, acuminées ou se prolongeant en

pointe, sans pétiole.

a Araucaria Brandtiann (Elatides ovalis Heer). — b-c A. Brandtiuna (Elatides Heer), cônes. d À. Brandtiana (Elatides falcata Heer), rameau. Jura brun d’Ust Balei, Sibérie. (Reproduit d’après Heer.)

Hger a distingué 4 espèces : Æ. ovalis, E. Brandtiana, Æ. parvula, par des cônes, et Æ. falcata, par des fragments de rameaux. Quant à ce dernier, H&ERr fait remarquer sa ressemblance avec Pachyphyllum Williamsonis de SCHIMPER (Lycopodites Williamsonis Lindl. and Hutt. Foss. Flora vol. II pl. 93) que je rangerais parmi les Araucaria. Les cônes ont été comparés par Her à ceux de Palissya, Walchia et Tsuga. Les fossiles décrits comme cônes ont sans doute quelque ressemblance avec les strobiles des espèces de Pinus du groupe Tsuga, mais, comme le montrent les figures de HzEer dans l'ouvrage cité, cette ressemblance paraît seulement pour les cônes qui sont incomplètement conservés. Ce sont là, je pense, des Araucariées fossiles, des fleurs femelles peut-être à des stades divers de développement. Il me paraît hors de doute que Æ. parvula Heer : est la partie supérieure des cônes décrits comme Æ. Brandtiana. Parmi les cônes figurés sous ce dernier nom, l'échantillon que représente la fig. 229 € semble être le plus complètement conservé, il montre les pointes des écailles ovulifères semblables à celles de l’ Araucaria imbricata. Pour les autres figures de H&er, le fait n’est pas évident ou du moins ne l’est pas autant (fig. 2294), par suite de leur état de conservation, ou parce que ces pointes ont été brisées en fendant la roche. Parmi les fossiles figurés par Heer, Æ. ovalis seul correspondrait aux cônes d’un sapin appartenant à la division des Zsuga; toutefois on y voit encore les traces évidentes des pointes des écailles ovulifères, d'autre part je pense que l’un (H£ger L c. vol. IV pl. XIV fig. 2, vol. VI pl. VIII fig. 16. 17) a

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