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Fig. 241.
a b Rajania angustifolia Sw. c Dioscorea versicolor Wall. (D'après nature.)
Peu de fossiles seulement sont attribués aux Dioscoreacées et aux Broméliacées. M. DE SaporTA a décrit une feuille provenant du Tertiaire du sud de la France, de St. Zacharie, qu'il a appelée Dioscorites resurgens; cette feuille, d’après les anastomes à peu près horizontales qui unissent les trois nervures longitudinales parallèles, peut être rangée dans ce groupe (voyez fig. 2414-). De même Majanthemophyllum petiolatum Weber du Tertiaire de Bonn, peut être une feuille de cette famille. On peut se demander si Dioscorea cretacea, du Crétacé de West- Kansas, est bien une feuille de Dioscorée, ce pourrait être une feuille de Pistia? Le pétiole des Dioscoréacées comme celui des Smilacées, est articulé, cependant on peut voir que cette articulation se fait toujours près de la base du pétiole, jamais à la base du limbe. Les formes vivantes sont des plantes volubiles dont les fleurs ont les sexes séparés et qui, à peu d’exceptions près, habitent les régions tropicales.
On peut attribuer aux Broméliacées le Bromelia Gaudini du Tertiaire de Lausanne, décrit par M. Heer, qui ressemble par la forme et les dents des feuilles à beaucoup de Broméliacées. M. Hrxr compare ce fossile à Puya chilensis R. et Pav. et à P. coarctata Pourr., cependant on trouverait à peine une seule raison pour justifier cette comparaison. Je ne connais d’ailleurs pas
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ENANTIOBLASTÆ 355
de tiges volubiles chez les Broméliacées. Le fragment de tige figuré par M. Hger a pu être un pédoncule floral. Bromelites Dolinskii Schmalh., des argiles à Spondyles de Kiew et des lignites de Jekaterinopolje, ne peut être une Broméliacée, à en juger par la structure du fragment de tige. Les feuilles attribuées à cette famille ne sont pas déterminables avec certitude, mais peuvent provenir de Monocotylédones. Les fragments de tige appartiennent sans doute à des Monocotylédones; pourtant chez toutes les tiges de Broméliacées que j'ai examinées, le corps ligneux central est entouré d’un anneau libérien; les faisceaux fibrovasculaires ont essentiellement la même structure que chez les autres Monocotylédones. Il en est de même de Bromelia Karatas. Pitcairnia primæva Hosius, du Crétacé de Westphalie, est un rameau de Conifère. Les Broméliacées, vivant depuis le sud des Etats-Unis jusqu'au Brésil et au Chili, sont pour la plupart des plantes croissant sur de vieux arbres; les tiges sont très courtes, ou bien ligneuses et plus allongées, les feuilles généralement longues, dentées et épineuses sur les bords, les inflorescences en grappes, les feuilles du haut souvent vivement colorées, les fleurs hermaphrodites avec un périanthe de deux verticilles ternaires ; ovaire infère, semi-infère ou presque supère, à trois carpelles; fruit capsulaire.
2e ordre: ENANTIOBLASTZÆ,
M. Lesquereux a décrit sous le nom d’Æriocaulon (?) porosum des feuilles linéaires-lancéolées groupées en rosettes, provenant du Tertiaire de l’ouest de l'Amérique septentrionale, de Sand-Creek, et que l’on peut comparer à Æriocaulon et à Xyris. Le parcours des faisceaux conducteurs, comme la forme des feuilles, ne s’opposeraient pas expressément à l'attribution de ce fossile à un Eriocaulon à larges feuilles, dont les nervures longitudinales seraient conservées. La présence d’un Æriocaulon dans le Tertiaire de l'Amérique du Nord présente un intérêt spécial en vue de la distribution actuelle du genre. Ses espèces en effet sont pour la plupart tropicales et subtropicales: 3 habitent le versant atlantique de l'Amérique du Nord; l’une Æ. septangulare With. vit aussi en Europe (Ile Skye, Ecosse); une autre, Æ. sexangulare L., au Japon. La première de ces plantes tend à prouver une ancienne connexion entre l'Amérique et l'Europe, et son existence actuelle se déduit de l’époque tertiaire; la dernière espèce témoigne de rapports entre la végétation de l’Asie orientale et celle de l'Amérique du Nord, rapports qui auraient leur explication si l’on trouvait ce genre à l’époque tertiaire dans l’ouest de l'Amérique du nord. D'ailleurs la répartition des espèces laisse présumer de l’origine circumpolaire du genre.
La famille des Centrolépidacées, alliée aux Eriocaulacées, habite aujourd’hui l'Australie et la Tasmanie, la Nouvelle Zélande et l'Amérique antarctique. Cette famille existait-elle en Europe durant l'Eocène et l'Oligocène, comme l'admet M. Marion? c’est douteux. M. Marion est d'avis que Panicum pedicellatum Sap., du Tertiaire de Manosque, n'appartient pas aux Graminées, mais aux Centrolépidées et il désigne ce fossile du nom de Podostachys pedicellata Mar. Des fossiles voisins sont distingués sous les noms de P. ronzonensis du Tertiaire de Ronzon, et de P. saultensis, du Tertiaire de la vallée de Sault. M. pe
3b6 ANGIOSPERMÆ. MONOCOTYLÉDONES SAPORTA à par la suite, acquiescé à cette opinion et a encore rapporté à Podostachys son Panicum minutiflorum. Je ne pense pas que l’on puisse dire au sujet de ces fossiles, en tant que les figures le permettent, autre chose que ce sont peut-être des pédoncules spicifères d’une plante voisine de Centrolepis, ou encore de petites branches d’une Graminée à panicule.
M. Caspary a décrit une fleur, provenant de l’ambre du Samland, qu’il a appelée Comelinacites dichorisandroides ; cette fleur possède 3 sépales, 3 pétales et 6 étamines et a été rapportée aux Comélinacées. Remarquons que les feuilles des Commélinacées possèdent une nervation qui rappelle en partie celle du Majanthemophyllum alternans Heer.
3° ordre: SPADICIFLORÆ.
Tandis que parmi les fossiles des deux groupes précédents presque tous sont incapables d'offrir des points de repère suffisants pour une détermination précise, ou bien sont indéterminables, les circonstances sont plus favorables chez les Spadiciflores. On connaît en effet de la famille des Palmiers' des troncs et des feuilles qui ne laissent aucun doute sur l'existence de ce groupe dans le Crétacé supérieur d'Europe, et dans les formations tertiaires d'Europe et d'Amérique. Une détermination exacte du genre n’est cependant pas toujours possible, car les fleurs manquent souvent et les fruits rapportés à ce groupe ne peuvent servir de base à une détermination exacte; la forme des feuilles seule n’atteint pas toujours le but: d’ailleurs ces organes sont souvent incomplètement conservés. Une autre circonstance rend plus difficile encore la détermination précise des feuilles fossiles des palmiers: les découpures à disposition pennée qui affectent les feuilles, apparaissent peu à peu dans le cours du développement des individus. et les feuilles des vieux individus montrent toujours des divisions plus profondes que celles des jeunes plantes; ces divisions manquent entièrement chez les jeunes. Les découpures pennées sont générales chez les feuilles des vieux individus, cependant on rencontre des feuilles avec pointe bifide (Geonoma), et dans ce cas on peut se demander si on a affaire à un stade de développement ou à un genre déterminé. De plus la découpure du limbe, qu'elle ait lieu suivant le mode palmé ou penné, ne fournit par elle-même, lorsque l’on manque d’autres caractères, aucun renseignement déterminé, puisque des feuilles palmées et des feuilles pennées peuvent se rencontrer dans le même groupe, chez les Lépidocarynées et les Coryphinées par exemple. Une erreur de groupe est donc ici encore possible.
Les racines, sauf pendant la germination et la première année du développement, sont exclusivement des racines secondaires, parfois transformées en épines garnissant le tronc, supportant parfois le tronc suspendu au-dessus du sol. Les
?MarTius, Historia Palmarum. Monachii, 1835, t. L. II. — DRuDE, Verbreitung der Palmen in PETERMANN, Geogr. Mittheil. 1878. Palmæ brasilienses in MARTIUS et EICHLER, Flora brasil. t. IIT. 2. Lipsiæ, 1882. Bot. Ztg. 1876. 1877. — Linnæ4, t. 39. — H. Wenn- LAND, Bot. Ztg. 1879, i
SPADICIFLORÆ 391
troncs des Palmiers sont grêles et arundinacés (rohrartig), parfois grimpants, ou bien élevés et en forme de colonnes, ou encore peu élévés, non ramifiés, sauf Hyphæne, rarement (Geonomeæ) des rhizomes avec ou sans ramification par exemple Sabal).
Les troncs sont parfois recouverts à leur partie supérieure des restes des feuilles mortes. Feuilles terminales, impari-pennées, une seule fois, rarement deux fois pennées, ou bien palmées, laissant des traces foliaires à la chute. Les folioles sont ordinairement linéaires avec une nervure médiane, à bords entiers, rarement dentés ou épineux; elles sont parfois hérissées d’épines à la face inférieure de la nervure ou sur tout le limbe. Plus rarement on a des folioles triangulaires, rhomboïdales avec des nervures radiées. Les folioles des feuilles pennées et des feuilles palmées ont leurs bords dirigés en haut (relevés) comme chez les Borassinées, Caryotinées, Phœænicées, Sabalées, ou encore, dirigés vers le bas (rabattus), comme chez les Calamées, Raphiées, Mauritiées, Cocoïnées, Arécinées, Hyophorbées, Iriartées. Rarement les feuilles des vieux individus sont irrégulièrement pennées, ou bifides à la pointe; en général les données ci-dessus se rapportent seulement à des feuilles complètement développées ; il a été déjà mentionné que la forme des feuilles n’atteint que peu à peu, par degrés, son entier développement. Les folioles terminales des palmiers pennés sont quelquefois transformées en piquants en forme de crochets (Calamus, Des- a re aculeata H. à K. (D'après Loge
. el actris sp. c Livistona chinensis R. Br. d Elæis guimoncus) jouant le rôle d'organes d’at- neensis L. (D'après nature.) tache; ailleurs ces folioles, différant peu des autres comme forme, ont le même rôle que celles-ci (Chamaædorea desmoncoides). En outre les folioles inférieures peuvent se transformer en épines (par ex. chez Phæœnix reclinata, Ph. spinosa), et les pétioles peuvent être bordés d’épines.
Fig. 242.
398 ANGIOSPERMÆ. MONOCOTYLÉDONES
Le parcours des faisceaux conducteurs et des faisceaux libériens est assez uniforme, sauf la nervation radiée des espèces des genres Caryota et Iriartea;
Fig. 243.
a Euterpe oleracea Mart. db Bactris caryotifolia Mart. (D’après Drude.) c Phœnix spec. d Sabal wmbraculifera. (D'après nature.)
on peut le caractériser par la disposition parallèle des faisceaux, dont un plus fort fait saillie sur la ligne médiane de la foliole, ceux des côtés sont moins dé-
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veloppés et entre eux cheminent des faisceaux mécaniques isolés. La forte saillie de la nervure médiane n’est pas toujours causée seulement par le faisceau conducteur, mais quelquefois encore par du parenchyme composé de cellules à contenu incolore, et à parois d’épaisseurs différentes. Dans les nervures très saillantes la bordure libérienne est toujours très développée. Il règne dans la distribution des faisceaux libériens et conducteurs une grande variété, mais nous ne pouvons entrer ici dans un exposé plus étendu. Les anastomoses transver-
sales sont très nombreuses.
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