LÉSIONS PHYSIQUES DE L’AISSELLE
Les lésions physiques qu’on observe à l’aisselle se rapportent surtout
aux plaies, aux déplacements. Les corps étrangers y sont extrêmement rares.
Plaies, déplacements dans l’aisselle.
1° Les plaies de l’aisselle ont toujours un certain degré de gravité. En effet, même quand il ne franchit pas les limites de la région, le corps vulnérant peut blesser le tronc de l'artère, celui de la veine axillaire et les nerfs du plexus brachial; de là des hémorrhagies mortelles dans le plus grand nombre des cas, et des paralysies plus ou moins complètes du membre supérieur. L’instrument qui a d’abord atteint l’aisselle peut, en dépassant les bornes de la région, se diriger en haut et blesser les vaisseaux de la base du Cou, pénétrer dans l'articulation scapulo-humérale, ou bien ouvrir une autre cavité encore plus importante, la poitrine; de là encore des hémorrhagies, puis des inflammations très graves, de l’emphysème. Si ces accidents n'ont pas lieu, on observe toujours des phénomènes qu’on peut expliquer par la nature, la distribution du tissu cellulaire et des plans organiques qu’il unit ou qu’il sépare. Ce tissu cellulaire est lâche et lamelleux pour se prêter aux mouvements de la racine du bras; le sang, qui est mis en contact avec lui, doit donc se répandre au loin. Cette même laxité du tissu cellulaire rend là réunion immédiate des plaies difficile, et elle peut, par les mouvements de la région qu’elle permet, favoriser le vide ; de là un emphysème particulier. Ainsi les tumeurs traumatiques de cette région seront toujours plus ou
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moins étendues ; elles seront produites, dans le plus grand nombre des cas, |
par des infiltrations. Nécessairement les inflammations consécutives à ce traumatisme donneront lieu à des tumeurs ayant ce caractère; elles seront plus ou moins diffuses. Si l’on veut avoir une idée de l’étendue des tumeurs qui naissent dans l’aisselle et de la rapidité de leur formation, on n’a qu’à observer ce qui se passe après la blessure de l'artère axillaire quand l’anévrysme faux primitif se forme. La tumeur est alors promptement énorme.
2° La lésion physique la plus fréquente de l’aisselle, c’est la luxation de la tête de l’humérus, qui déforme complétement cette région; ce sont les variétés de ce déplacement que nous avons appelées sous-coracoïdienne, sousglénoïdienne, etc., dans lesquelles la tête de l'humérus forme une véritable : tumeur dans l’aisselle, qu’on distinguera des autres tumeurs : 1° par sa dureté extrême; 2° par sa mobilisation toujours un peu possible si l’on imprime des mouvements au bras; 3° par l'accident qui précède sa formation. (Voy. t. IT, page 246 et suivantes.)
Je dois mentionner ici la seule tumeur axillaire qui se produit subitement pendant les efforts de réduction de l’humérus. Cette tumeur, qui à d’abord été signalée par Desault, est indolore, sans chargement de couleur à la peau, et disparaît en quelques jours. Dans le cas observé par Desault, on crut d’abord à un anévrysme; puis on admit un épanchement d’air, enfin on supposa avec plus de raison que ce n’était qu’une tumeur sanguine produite par des déchirures de petits vaisseaux. M. Velpeau se range à cette Opinion, qui cependant ne repose encore que sur l’analogie, puisqu'il n’a pas été fait d’autopsie,
Autant les tumeurs de l’aisselle produites par le déplacement de la tête de l’'humérus sont fréquentes; autant celles qui sont dues au déplacement du poumon sont rares. Cette tumeur (pneumocèle) (1) pourrait être produite à la suite de l’usure des deux premières côtes ou d’un plus grand nombre de ces 0$, Je reviendrai sur son diagnostic.