‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 173 sur 358 · SECTION QUARANTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

SECTION QUARANTE-HUITIÈME

Les maladies de l’avant-bras ne présentent rien de bien spécial, si ce me sont celles de la partie inférieure de cette région qui entre dans la composi= tion du poignet dont la pathologie va bientôt être étudiée.

Anatomie,

L'avant-bras commence à deux travers de doigt au-dessous du pli du coude, et se termine à 2 centimètres et demi au-dessus de la paume de là main. Cette dernière limite est indiquée à la région palmaire de lPavant-bras par un pli cutané. Le diamètre transverse est plus étendu que le diamètre antéro-postérieur, mais, en vertu des mouvements de rotation, la face antérieure peut devenir interne et même postérieure. Le sillon médian du pli du coude se prolonge sur l’avant-bras et sépare les deux tiers internes de sa face antérieure du tiers externe. La première partie répond au cubitus et au ligament interosseux, et peut être désignée sous le nom de région palmaire ; la seconde répond au radius, nous lui donnerons je nom de région radiale. Cette distinction n'existe pas à la face postérieure. La peau, le tissu cellulaire sous-cutané, le fascia superficialis, ne présentent ici rien de particulier. L’aponévrose d'enveloppe, fixée latéralement au bord postérieur des deux os de l'avant-bras, forme deux grandes gaînes distinctes pour les muscles de la face antérieure et ceux de la face postérieure. Dans son tiers supérieur, cette aponévrose contracte des adhérences très intimes avec les muscles superficiels; les fibres naissent en partie de sa face interne, et elle envoie entre chacun d’eux des feuillets qui enveloppent leurs corps charnus. Quatre couches musculaires existent à la région palmaire, deux seulement à la région radiale, mais la dernière est commune aux deux régions vers le quart inférieur de l’avant-bras.

1° Région palmaire. — Les muscles de la première couche, au nombre de quatre, sont de dedans en dehors : le cubital antérieur, le petit palmaire, le grand palmaire, le rond pronateur; les trois premiers descendent verticalement ; le rond pronateur se dirige sous un angle de 45 degrés de dedans en dehors et de haut en bas, pour se fixer âu milieu de la face externe du radius. Tous s’insèrent en haut à l’épitrochlée. Un seul muscle, le fléchisseur sublime, forme la seconde couche; il se fixe à l'épitrochlée comme les précédents, et à la partie moyenne de: l’avant-bras ses fibres charnues se séparent en quatre faisceaux qui se supérposent deux par deux. Une lame äponévrotique tendue en avant de ce muscle le sépare de ceux de la couche superficielle, Au-dessous de lui sont deux muscles séparés sur la ligne médiane par un interstice celluleux : c’est le fléchisseur profond des doigts, en dedans: lé fléchisseur propre du pouce, en dehors.

29 Région radiale. — Les muscles de la région radiale descendent de l’épicondyle ét forment une saillié très développée au côté externe de l’avant-bras. Les principaux sont: le long supinateur et les deux radiaux, Au-dessus du faisceau épais que forme la réunion de ces trois museles, le radius est immédiatement recouvert dans son quart supérieur par le supinateur, qui s’enroule autour de lui. Enfin il faut mentionner, à la partie inférieure, le carré pronateur, pétit muscle quadrilatère maäyant que deux travers de doigt de hauteut, étendu transversalement du cubitus au radius, et recouvert d'une lame aponévrotique très mince.

A la face postérieure de l'avant-bras, on né trouve partout que deux couches musculaires. Les muscles superficiels s'insèrent à l’épicondyle, et sont de dedans en dehors : le cubital postérieur, l’extenseur propre du petit doigt, l'extenseur commun des doigts et l’anconé. Tous ces muscles descendent un peu obliquement de dedans € dehors. L’anconé semble être la continuation du vaste externe du triceps brachial et s'arrête au quart supérieur de l’avant-bras. La couche profonde est également

formée de quatre muscles juxtaposés dans l’ordre suivant, en partant du côté externe: Pabducteur, le court extenseur et le long extenseur du pouce, puis l’extenseur propre de l’indicateur. Ces muscles s’insèrent aux os de l’avant-bras et au ligament interosseux par leur extrémité supérieure et se portent un peu obliquement en bas et en dehors. Une aponévrose isole les muscles superficiels de ceux de la couche pro= fonde, comme à la face antérieure. |

Tous les muscles que je viens d’énumérer ont des tendons qui naissent très haut dans l’épaisseur du corps charnu, et à la partie inférieure de l’avant-bras, ils sont complétement dénués de fibres musculaires. Ces tendons sont plongés au milieu d’un tissu cellulaire très lâche, lamelleux, abreuvé de sérosité, et qui, chez certains sus jets, se change en véritables bourses closes. Deux de ces cavités, revêtues de synoviales, existent constamment pour les fléchisseurs des doigts et le fléchisseur propre du pouce, et bien qu’elles appartiennent particulièrement au poignet, nous devons les mentionner ici, parce qu'elles se prolongent jusque sur l’avant-bras.

3° Squelette. — Le squelette de l’avant-bras est formé par le radius et le cubitus; laissant entre eux un intervalle plus large au milieu que partout ailleurs et fermé par une membrane fibreuse appelée ligament interosseux. Le radius, situé au côté externe, exécute autour du cubitus un mouvement de rotation, dans lequel le pre= mier de ces os croise le second, et dans lequel l’espace interosseux est rétréci.

4° Vaisseaux.—L’artère humérale se divise, à la partie supérieure de l’avant-= bras, en radiale et en cubitale. La radiale se dirige vers le bord interne du long supinateur et descend entre ce muscle et le rond pronateur d’abord, puis dans sa moitié inférieure, entre les tendons du long supinateur et du grand palmaire, dans l'interstice celluleux qui les sépare. En arrière, elle est séparée du radius en haut par le court supinateur, plus bas par le tendon du rond pronateur. Le nerf radial est à son côté externe. La cubitale parcourt le tiers supérieur de l’avant-bras, en se di rigeant obliquement en bas et en dedans, sous les muscles épitrochléens, et se place ensuite entre le cubital antérieur et le fléchisseur sublime, en suivant une ligne qui irait de l’épitrochlée au côté externe du pisiforme. Elle est recouverte immédiatement par le feuillet aponévrotique qui revêt le fléchisseur sublime. Le nerf cubital est à son côté interne. Cette artère donne naissance au tronc commun des interosseuses, qui s’en sépare un peu au-dessous de la tubérosité bicipitale du radius, se porte hori= zontalement en arrière et se divise aussitôt en deux branches : l’interosseuse anté= rieure, qui descend au-devant du ligament interosseux, entre le long fléchisseur du pouce et le fléchisseur profond des doigts, et l’interosseuse postérieure, qui passe au= dessus du ligament interosseux, fournit la récurrente radiale postérieure, puis des= cend jusqu’au poignet entre les deux couches musculaires de la région dorsale. Les veines profondes accompagnent les artères ; les. veines superficielles présentent beau: coup de variétés. Un ou plusieurs troncs principaux montent sur les parties latérales et reçoivent de nombreuses branches venant de la partie inférieure de l’avant-bras: Sur la ligne moyenne on trouve l’origine de la médiane commune. Les lympbhatiques suivent la direction générale des courants veineux superfciels.

50 Nerfs. — Le nerf médian se trouve entre les fléchisseurs des doigts auxquelsil fournit des filets, ainsi qu’à tous les muscles épitrochléens. Sa branche principale ess le nerf interosseux qui suit le trajet de l'artère du même nom. Le nerf cubital, d’abord très éloigné de l'artère, se rapproche et se place à son côté interne, Il four: nit au cubital antérieur et au féchisseur profond. Une branche anastomotique l’unil

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