‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 176 sur 358 · CHAPITRE IL. é LÉSIONS VITALES DE L’AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL. é LÉSIONS VITALES DE L’AVANT-BRAS

En traitant des maladies des muscles et de leurs annexes, nous avons dé= crit une maladie des tendons qui a été appelée énosynite crépitante (t. M, p. 483). C’est un premier degré d’inflammation des synoviales tendineuses qui s’observe surtout à l’avant-bras ; elle a lieu sur les points où les tendons se confondent avec les muscles. La partie inférieure et externe de l’avant= bras est le plus souvent le siége de la tumeur allongée, douloureuse, crépis tante, dont il s’agit. Cette crépitation est semblable à celle que produisent une boule de neige, une masse d’amidon qu’on presse dans la main. Les ouvriers livrés à de rudes travaux manuels offrent le plus d'exemples de ténosynite crépitante. Le repos, les émollients font disparaître promptement cette tumeur. Néanmoins on devra plus spécialement noter ici qu’un sujet observé par Boyer eut une semblable maladie du muscle extenseur qui fut incurable et qui étendit convulsivement les doigts de la main droites le malade fut obligé d'apprendre à écrire de la main gauche, car il était bureaucrate.

Des inflammations et des abcès profonds peuvent naître dans cette régions mais le plus souvent ce sont des extensions des phlegmasies de la paume de main qui les produisent. En effet, on connait la difficulté qu'a l'inflammation de se développer en arrière où sont des os, en avant où se trouve une forte aponévrose ; le pus trouve les mêmes obstacles ; la phlegmasie et ses pros duits gagnent donc la face antérieure et profonde de l’avant-bras, et res montent facilement avec une grande rapidité vers le bras, en suivant les gaînes tendineuses des fléchisseurs des doigts. Un empâtement douloureux d’abord, puis une tumeur élastique, agrandissent le diamètre antéro-postés rieur de l’avant-bras ; cette tumeur est le siége d’une douleur tensive. Le tout ayant pris un développement rapide, ces caractères sont suffisants pour étas blir l'existence d’une inflammation profonde de l’avant-bras : on doit même déjà soupçonner la suppuration, Si la tension a légèrement cédé, si vous avez observé immédiatement après encore un empâtement que j'ai appelé œdème de retour, plus de doute, il y a du pus, il y en a probablement en quantité ; vous pouvez inciser même ayant d’avoir constaté le phénomène de la fluctuation. Je dois faire remarquer ici que quelquefois la fluctuation est difficile à produire ; car, par la compression nécessaire à la manœuvre, On étend le pus en couches minces dans les espaces intermusculaires. Or, cé couches soulèvent peu le doigt explorateur, qui est d’ailleurs séparé du pus par une aponévrose résistante s’ajoutant à l'enveloppe cutanée et au tissu ‘ qui la double, lequel tissu peut être infiltré. Si l’inflammation est partie de la main, si le pus s’est d’abord formé dans

OPÉRATIONS QU'ON PRATIQUE SUR L'AVANT=BRAS. 655 cette région, le diagnostic est moins obscur; car, en comprimant alors sur la tumeur de la main, on augmente l'épaisseur des couches de pus à l’avantbras où il est alors plus facile de constater la présence de cette humeur. Il my à pas à balancer encore; il faut inciser sur l’avant-bras dans la direction des tendons des fléchisseurs et vers la ligne médiane, où l'on peut plus facilement éviter la lésion des deux artères principales de cette partie du membre supérieur. Les incisions devront être étendues sans exagération cependant, car mieux vaut pratiquer des contre-ouvertures que de faire d’abord une incision démesurée. Boyer conseille, dans les cas de suppuration simultanée de la main et de l’avant-bras, de pratiquer une incision sur ces deux régions, et de les faire communiquer par un séton qui passerait sous le ligament annulaire. Je crois que si les deux incisions sont suffisamment étendues, on pourra se dispenser de ce conducteur du pus, surtout si l’on veut placer la main pendante, comme le conseillait A. Bérard.

L'avant-bras étant découvert chez la plupart des tanneurs, des bouchers, quand ils travaillent, c’est la partie des membres où l’on observe le plus souvent la pustule maligne et le charbon par inoculation. La gangrène par lésions des vaisseaux, celle qu’on à appelée sèche, sénile, est bien moins fréquente à l’avant-bras qu’à la jambe, ei le plus singulier, c'est que le petit nombre d'exemples de cette espèce de gangrène existant à l’avant-bras a été fourni par des enfants, ce qui fait que l’épithète de sénile est encore moins bien placée ici que quand il s’agit de la même affection de la jambe,

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