‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 19 sur 358 · DE LA GRAVELLE · texte numérisé non relu

DE LA GRAVELLE

chaque accès de colique néphrétique, soit au bout de plusieurs jours; d’autres rendent des graviers sans coliques néphrétiques. Tantôt les graviers n'occasionnent pas de douleurs au moment où ils traversent l’urèthre, d’autres fois ils déterminent des douleurs vives.

Diagnostic. — Il n’est pas toujours facile. Certains malades affectés de gravelle ne rendent pas de graviers, attendu que ceux-ci peuvent s'arrêter dans les reins, l’uretère, la vessie ou l’urèthre. D'un autre côté, l’urine renferme parfois des dépôts pulvérulents ou cristallins sans qu'il en résulte aucune incommodité ; dans ce cas, il n°v à pas à proprement parler de gravelle.

Il ne suffit pas de reconnaître l’existence de la gravelle, il importe encore d’en déterminer l'espèce. Les caractères physiques des graviers sont insuffsants pour résoudre cette question, c’est à l’analvse chimique qu’il faut avoir r'eCOUrS.

De ce que les graviers ne sont pas toujours expulsés, résulte cette conséquence qu’il est nécessaire d'explorer la vessie chez les graveleux pour s’assurer si les graviers ne se sont pas arrêtés dans cet organe.

Œraitement. — Il diffère suivant que les urines renferment des sables et des dépôts pulvérulents ou des graviers.

1° Lorsque le sédiment sablonneux ou pulvérulent de l'urine ne se forme qu'après le refroidissement du liquide, il y a plutôt prédisposition à la maladie que gravelle proprement dite. On peut se borner à recommander des boissons aqueuses plus abondantes que de coutume, des bains, de légers purgatifs.

2° Lorsque le dépôt sablonneux ou pulvérulent est fout formé au moment de l'émission de l'urine, l'affection reconnaît souvent pour point de départ une surexcitation des reins, d’après M. Civiale. En conséquence, ce chirurgien veut que l’on recherche la cause de cette surexcitation : si elle dépend d'un rétrécissement de l’urèthre ou d’une affection de la vessie, il convient de combattre ces maladies; si elle résulte d’une forte contention d'esprit, on modère les travaux intellectuels; si elle est due à l'équitation, à une marche forcée, à des excès de table, les indications sont faciles à saisir. Dans le cas où l’on ne peut trouver la cause de la surexcitation rénale, et dans ceux où la soustraction de la cause est insuffisante, on applique des ventouses ou des sangsues à la région lombaire; on administre des bains généraux, des boissons légèrement diurétiques, les eaux minérales de Vichy, de Carlsbad, de Contrexéville, de Bussang, de Pougues, etc. (1); des purgatifs. Il importe d’insister longtemps sur les moyens précédents. Le traitement ne semble pas devoir être modifié par la couleur propre au dépôt pulvérulent.

3° La gravelle d'acide urique comporte au début les mêmes moyens que

(1) Voyez, pour ces diverses stations thermales, Durand-Fardel, Le Bret et Lefort, Dictionnaire général des eaux minérales et d’hydrologie médicale. (Paris, 1860, 2 vol. in-8.)

ceux que nous avons indiqués pour les sables et les dépôts pulvérulents. Le malade fera usage d’un régime doux, de purgatifs à dose faible, répétés tous

huit à dix jours; des sangsues et des ventouses seront appliquées sur les reins; les fonctions de la peau seront favorisées par des frictions, des bains, des douches sulfureuses, des sudorifiques internes (Civiale). Plus tard, on administre les eaux minérales que nous avons citées, et, à défaut de ces Caux, des préparations alcalines, notamment le bicarbonate de soude et de potässe dissous dans l’eau ; le carbonate de chaux et de magnésie sous forme pulvérulente, ou suspendu dans l’eau par un mucilage; de la magnésie en poudre ou en bols, etc. S'il se présente dans le cours de la maladie des accidents de colique néphrétique, on les combat par les moyens qe nous ferons connaître plus tard (voyez p. 94).

h° La gravelle phosphatique, grise ou blanche, prend son point de départ le plus souvent dans la vessie, et est due à une inflammation catarrhale de cet organe (Civiale) ; quelquefois les graviers se forment dans les reins. Dans le premier cas, c’est le catarrhe vésical qu’il faut traiter pour guérir la gravelle elle-même. On pratique des injections dans la vessie avec de l’eau tiède, d’abord à des intervalles éloignés, puis plus fréquemment; on remplace l’eau tiède par l’eau froide, s’il existe une atonie de l’organe. A ces moyens, il convient d'ajouter des boissons abondantes, des bains tièdes, des lavements purgatifs, un régime doux et le repos. S'il existe une sensibilité excessive de l’urèthre, on la combat par l'introduction de bougies. Dans le second cas, c’est-à-dire lorsque les graviers ont leur point de départ dans les reins, on applique des ventouses sur la région lombaire, on administre des purgatifs fréquents, des boissons diurétiques et des eaux minérales légère ment sulfureuses.

5° La gravelle oxalique guérit en discontinuant l'usage des aliments contenant de l'acide oxalique; la gravelle d'oxyde cystique, en soumettant le malade à un régime végétal (Magendie).]

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