‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 214 sur 358 · LÉSIONS PHYSIQUES DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

LÉSIONS PHYSIQUES DE LA JAMBE

La position superficielle du tibia, lequel est en grande partie sous-cutané ; Ses fonctions, qui consistent à transmettre le poids du corps au pied, rendent très fréquentes les lésions physiques de cet os. Aïnsi, les contusions, les fractures se répètent ici très fréquemment. Ces fractures sont quelquefois extrêmement difficiles à réduire, et, quand elles sont obliques, la contention des fragments peut être d’une difficulté extrême ; la réduction a paru tellement difficile à certains praticiens, qu'ils en sont venus à proposer la section du tendon d'Achille pour faciliter cette manœuvre, et l’on sait que M. Malgaigne a proposé de planter un clou sur le fragment supérieur pour le maintenir contre l’inférieur, dans une certaine fracture du tibia (voyez tome IT).

D’après ce que j'ai dit de la position superficielle du tibia, on comprend

que ces solutions de continuité doivent être souvent compliquées de l’issue des fragments. C’est avec les fractures de la jambe qu’on observe le plus souvent les dilacérations artérielles par des fragments, ainsi que les hémorrhagies, les anévrysmes traumatiques qui en sont la conséquence. La fréquence de ces lésions artérielles peut s'expliquer par la présence, à la jambe, de trois artères importantes fortement annexées aux os, et par la fréquence des fractures commirutives de cette partie du squelette, C’est pour combattre un si grave accident qu’on a proposé, tantôt la ligature directe, tantôt la ligature indirecte (dite de Hunter). On sait qu'il ÿ à eu à ce sujet une grande discussion, à laquelle ont pris part les principales célébrités de notre époque, Delpech, Dupuytren, Guthrie, etc. (1).

Ce qui explique la fréquence relative des lésions des artères de la jambe par les fragments osseux, explique leur rareté par plaies ordinaires. En effet, ces artères étant presque toutes très profondes, On conçoit qu'une plaie par instrument tranchant devra être très étendue, très profonde, pour atteindre ces vaisseaux. Mais les instruments piquants, les balles peuvent les atteindre ; bien plus, dans certaines directions, ils pourraient en blesser deux à la fois. Ainsi, un fleuret, une balle, qui traverseraient l’espace interosseux d’avant en arrière, pourraient léser la tibiale antérieure ou la postérieure, ct même

(1) Voyez tome If, Complications des fractures.

les blesser toutes les deux en même temps. Cette circonstance obscurcit singulièrement le diagnostic, et elle donne un grand avantage à la méthode indirecte, celle qui consiste à lier au-dessus de la blessure, puisqu'on ne peut savoir précisément quel est le vaisseau lésé, et s’il est seul lésé.

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